Paris - Samedi 15 mai : rassemblement en solidarité avec le peuple palestinien

Mis a jour : le samedi 15 mai 2021 à 10:59

Mot-clefs: Guerre Racisme Répression Resistances antifascisme libérations nationales
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La manifestation a été interdite par le préfet mais l’appel est maintenu

Suite aux déclarations de Darmanin, la manifestation a été interdite par le préfet Lallement, mais l’appel à s’y rendre est maintenu !

Alors que la situation en Palestine est dramatique, qu’Israël intensifie ses politiques d’apartheid et tue des dizaines de Palestiniens et Palestiniennes, la France mène depuis le début de la semaine une nouvelle offensive autoritaire contre le mouvement de soutien au peuple palestinien.

Mercredi 12 mai, c’est le président de l’Association France Palestine Solidarité qui a été arrêté et mis en garde à vue jusque tard dans la nuit à l’issue d’un rassemblement pacifique à Paris rassemblant plusieurs centaines de personnes venues soutenir la résistance palestinienne.

Jeudi 13 mai, le ministre Darmanin prétend interdire la manifestation préalablement autorisée, samedi 15 mai à Paris, pour la commémoration de la Nakba qui marque l’expulsion et l’exil des Palestinien·nes de leur maisons et de leurs terres en 1948.

Le peuple palestinien subit la violence des colons les raids meurtriers à Gaza et fait face aux destruction de ses maisons à Jérusalem-Est plus particulièrement dans le quartier de Sheikh Jarrah. Tout ceci est couvert et/ou organisé par le gouvernement israélien qui entend liquider la présence palestinienne à Jérusalem pour en faire sa capitale au mépris du droit international. Non seulement le gouvernement français n’agit pas et continue ses relations avec ce gouvernement meurtrier, mais il réprime celles et ceux qui souhaitent exprimer leur solidarité avec les Palestiniens et les Palestiniennes.

L’Union syndicale Solidaires dénonce l’autoritarisme de ce gouvernement. Manifester est un droit constitutionnel, un acquis social. Nous ne nous résoudrons pas à l’inaction, nous n’acceptons pas la privation de nos libertés de manifester et de nous rassembler.

https://paris-luttes.info/samedi-15-mai-rassemblement-en-15021#maj62142

Manif solidarité Palestine : la ligne de la Legal Team Paris sera ouverte pour le 15 mai

Pour les urgences, si un·e de tes proches se fait interpeller, tu peux appeler le

07 52 95 71 11

Si tu te fais interpeller, voici des noms d’avocates disponibles sur Paris ce jour là (retenir le nom et le lieu d’exercice).

Barreau de Paris :

  • Servane MEYNIARD

Barreau de Créteil :

  • Coline BOUILLON

Pour faire un don à la caisse de soutien qui permet de payer les frais d’avocat·e·s des personnes interpellées cliquez ici !

Notre mail : stoprepression@riseup.net

Notre page du réseau d’autodéfense juridique collective (RAJCOL) : https://rajcollective.noblogs.org/les-collectifs-locaux/paris/

Pour des conseils d’avant manif, c’est ici :

Conseils d’avant manif en cas d’arrestation  | 15 janvier

C’est bientôt jour de manif. On n’en connaît pas forcément encore le trajet, on ne sait pas s’il y aura du monde ou pas ni s’il faudra sortir les k-way (pour cause de pluie), mais on peut être sûr·e·s d’une chose : de la (...)

Pour une description de la coordination contre la répression et les violences policières, c’est par là :

Bienvenue à la coordination contre la répression et les violences policières !  | 27 janvier

La répression fait rage et votre rage grandit. Vous voulez savoir qui nous sommes, ce que nous faisons, quand, comment et tant d’autres choses… Alors si vous pensez à nous rejoindre nous nous réunissons tous les mardis (...)

La dernière version de notre flyer Sortez Couvert·es :

Sortez couvert.e.s (V6 - jan 2021)  | 3 février

La legal team de la Coordination contre la répression et les violences policières (*) vient d’éditer la version 6 de sa brochure « Sortez Couvert.e.s » (janvier 2021).

Commentaire(s)

> Le pourquoi des manifestations

Le 10 mai dernier, en fin de journée, des groupes armés palestiniens, principalement liés au Hamas, ont tiré plusieurs centaines de roquettes depuis la bande de Gaza. Le matin de ce même 10 mai, les forces armées israéliennes étaient brutalement intervenues sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem (500 blesséEs) et le Hamas avait menacé de tirer des roquettes si lesdites forces armées ne se retiraient pas de l’esplanade — elles sont restées.

Depuis on ne cesse d’entendre des appels au « calme », comme dans ce communiqué du ministère des Affaires étrangères français qui « appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute provocation pour permettre un retour au calme dans les plus brefs délais. » En clair, il faudrait revenir à la situation antérieure au 10 mai.

Le « calme », vraiment ?

Quelques chiffres pour illustrer le « calme » auquel certains se réfèrent :

Entre le 1er janvier 2019 et le 10 mai 2021, 167 PalestinienEs ont été tués par les forces armées israéliennes (contre 12 IsraélienEs tués).

Entre le 1er janvier 2019 et le 10 mai 2021, 330 logements palestiniens ont été détruits par Israël, ce qui a mis près de 1200 personnes à la rue, dont 50% d’enfants.

Entre le 1er janvier 2019 et le 10 mai 2021, plus de 11 500 PalestinienEs ont été arrêtés par Israël, dont plus de 1500 mineurEs.

Entre le 1er janvier 2019 et le 1er janvier 2021, le nombre de colons juifs en Cisjordanie est passé d’environ 438 000 à environ 475 000 (soit une augmentation de 8,5%). En incluant les colons de « Jérusalem-Est » (environ 230 000), la barre des 700 000 a donc été franchie.

Entre le 1er janvier 2019 et le 1er avril 2021, plus de 1200 attaques ont été perpétrées par des colons contre des PalestinienEs et/ou contre leurs biens (magasins, champs, etc.). Soit plus d’une par jour en moyenne.

Ce qu’illustrent ces chiffres, que l’on pourrait multiplier, c’est la situation que vivent au quotidien les PalestinienEs, faite de violences, d’expulsions, d’arrestations, de dépossession.

Et au-delà des chiffres, on pourrait aussi parler des contrôles quotidiens au checkpoint pour quiconque veut/doit se déplacer, des humiliations infligées sur lesdits checkpoints, de l’omniprésence de l’armée israélienne, destinée à rappeler qui est le maître.

Des contrôles quotidiens qui matérialisent l’absence totale de liberté de mouvement, laissée au bon vouloir des autorités israéliennes qui peuvent chaque jour arbitrairement changer les règles et interdire de déplacement n’importe qui.

Sans oublier le blocus de la bande de Gaza, qui dure depuis plus de 15 ans, avec deux millions de personnes enfermées dans un territoire de 365 km2, dont plus de la moitié vivent sous le seuil de pauvreté et 80% dépendent de l’aide alimentaire.

Sans oublier les discriminations institutionnalisées contre les PalestinienEs d’Israël et les PalestinienEs de Jérusalem, à propos desquels plusieurs ONG, donc Human Rights Watch, parlent désormais de « crime d’apartheid » — au même titre que les PalestinienEs de Cisjordanie et de Gaza.

Sans oublier les millions de réfugiéEs palestiniens à qui Israël interdit de revenir sur leurs terres alors que, dans le même temps, les Juifs et Juives du monde entier sont régulièrement appelés à venir s’installer en Israël, à Jérusalem et en Cisjordanie.

Voilà ce qu’ils appellent le « calme ».

Cela s’appelle en réalité l’oppression coloniale.

Et c’est contre cette oppression que les PalestinienEs se révoltent, pour rappeler au monde qu’ils et elles ont des droits et qu’ils et elles n’ont pas l’intention d’y renoncer.

Ils et elles méritent tout notre soutien, tandis que les tenants du « calme » colonial ne méritent rien d'autre que notre mépris.

PS : Les divers chiffres viennent de B'Tselem (ONG israélienne), du Palestinian Prisoners Club (ONG palestinienne) de l'OCHA (département de l'ONU), du PCBS (bureau central des statistiques palestinien) et du CBS (bureau central des statistiques israélien).