Un photographe proche de la police gaze des manifestant•e•s

Mis a jour : le lundi 28 septembre 2020 à 11:20

Mot-clefs: Médias Répression
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Lors de la manifestation de La santé en lutte du 13 septembre, outre les nombreux cas de violence policière, les forces de l’ordre ont aussi décidé d’armer un photographe et de le laisser s’attaquer au manifestant•e•s. Tout simplement.

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En effet, lors de ce rassemblement on a pu apercevoir un photographe se balader derrière les lignes policières et prendre des photos de manifestant·e·s. Jusque là, rien de vraiment anormal, à part peut être une étonnante complicité entre deux métiers qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Sauf que, plus tard dans la manifestation, le même homme, juste à côté du Commissaire Vandersmissen, utilise une gazeuse sur un manifestant (qui, par ailleurs, était au sol et immobilisé). Ce photographe nommé Philippe Bourget est en fait un habitué des manifestations bruxelloises et est également très proche de la police belge, sur laquelle il a même sorti un livre de photographie il y a quelques années.

 

Il est effarant de constater la différence de traitement réservé aux journalistes en fonction de leurs opinions politiques ou, tout du moins, du type de lien qu’ils et elles entretiennent avec la police. Ceux et celles qui tentent de documenter les violences policières en manifestation se font matraquer (on se souvient par exemple de l’agression policière subie par ODP news lors de la manifestation BLM à Bruxelles (1)) ; à l’inverse les photographes complaisants reçoivent des gazeuses pour s’attaquer aux manifestant·e·s au côté des policier·ère·s. Pour rappel, la gazeuse est considérée comme une arme prohibée en Belgique.

 

Cet événement n’est pas sans rappeler la fameuse affaire Benalla en France où, là aussi, une personne sans la moindre accréditation s’était amusé à jouer au maintien de l’ordre de manière violente. Le phénomène Bourget n’est donc pas un cas tellement isolé.


Pour l’instant, le commissaire Vandersmissen a été écarté jusqu’à la fin de l’enquête administrative sur le dossier.

Bien que la nouvelle est réjouissante, nous nous devons de rappeler qu’il ne s’agit que de l’arbre qui cache la forêt : la police se permet de plus en plus de choses, et ce n’est pas seulement dû à ce violent Commissaire. Le fait qu’ils se permettent d’aussi gros abus en dit long sur le sentiment d’impunité qui règne dans leurs rangs.

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