Propagande, Technique et individu (libéral) à l’épreuve du confinement

Mis a jour : le dimanche 10 mai 2020 à 21:25

Mot-clefs: Informatique contrôle social coronavirus
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Ce texte parle de la
propagande, des effets de celle-ci sur l’humain, de la mentalité que
développent les individus dans le monde numérisé entourés d’appareils
(ordinateurs, téléphones etc) et plus généralement de l’individu libéral
dans le contexte du confinement.

« Même la médecine est ambiguë ; si toute la société devait s’organiser en fonction de l’hygiène et du progrès médical, alors elle ne nous donnerait la vie que pour mieux nous la prendre. On peut imaginer, à la limite, une société qui serait mobilisée contre la mort. Mais son prodigieux appareil, technique, bureaucratique et policier, en même temps qu’il nous empêcherait de mourir, nous empêcherait de naître. »

CHARBONNEAU, Bernard. Le système et le chaos. Paris : Economica, 1990, première publication 1973.

  « La propagande tend à faire vivre l’individu dans un univers particulier : il ne faut pas qu’il ait des points de référence à l’extérieur. Il ne faut pas qu’il puisse, pendant un moment de méditation, de réflexion, se situer par rapport à la propagande, ce qui arrivera lorsque la propagande est discontinue. A ce moment l’individu sort de l’emprise de la propagande. Au contraire avec une propagande bien faite, il faut que tout moment de la vie de l’individu soit occupé par cette propagande, affiches et haut- parleurs quand il se promène, radio et journal chez lui, meeting et cinéma le soir. Il ne faut pas que l’individu ne puisse se reprendre, se ressaisir, qu’il reste pendant une période plus ou moins longue hors de la propagande, - car celle-ci n’est pas un coup de baguette magique, elle suppose une imprégnation lente et constante. »

ELLUL, Jacques. Propagandes. Paris. éd. Economica, 1990. 361p. 

 

  Nous en sommes là. Au point précis où nous sommes englobés dans la propagande. Nous sommes saisis dans notre intimité la plus profonde et ne possédons plus d’autres points de repères ; nous sommes agis par elle. Nous vivons au rythme des déclarations et des annonces de restrictions, nous en venons même à les attendre et s’impatienter de leur venue tant l’angoisse nous hante. Les positions du gouvernement en viennent à nous rassurer car dès-lors nous savons quoi faire. Les experts et scientifiques ont tranché ; le débat est clos. Le politique a suivi la voix de ses maîtres, n’a plus besoin d’autres justifications à son action, il a suivi la Seule voie de la Raison : la Science. Comme un seul homme nous adopterons l’organisation scientifique imposée. Nous y adhérons, y croyons et suivrons les instructions techniques. En théorie, la liberté serait de faire reculer les contraintes tout en se fixant celles considérées comme indispensables. Cependant, dans l’état d’exception courante nous n’y tendons déjà pas.. Nous vivons le paroxysme de la société de contraintes, mais de contraintes autonomisées et qui ne sont plus à la mesure de l’homme. Elles sont à la mesure du monde qui les a produites et que seul un état totalitaire et tout puissant peut résoudre en aggravant l’ordre des contraintes. Seule la Technique (Ellul) peut résoudre un problème technique, seule la puissance peut répondre à la puissance. Mais La puissance et La Technique ont un coût : tout plus se paie d’un moins comme dirait Charbonneau. Ce coût c’est celui de la liberté. L’Etat cherchant le moyen le plus efficace pour résoudre la crise n’aura que faire de nos conditions de vies, de ce que nous devons et devrons subir. Le calcul aura raison de nos vies et nous seront parqués dans notre périmètre kilométrique et à distance métrique.  Nous ne sommes que les témoins de l’Histoire.

 

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Pièces jointes

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