Zone à Détruire - appel à dissoudre l'insoluble

Mis a jour : le lundi 17 février 2020 à 16:15

Mot-clefs: Guerre aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Notre-Dame-des-Landes

Ceci est un appel émanant de combatant.e.s de la ZAD pendant les dernières expulsions par la main de l'État français.

Ceci n'est pas seulement un appel à se dissocier définitivement des institutions et organisations politiques existantes dans ce morceau de terre, comme aussi à effacer, par la parole et par l'acte, son légat: nuisible pour les luttes contre l'État et le Capital, nuisible de par ses précedants pour la défense et propagation des espaces libérés, nuisible pour les relations humaines et vivantes dans n'importe quel possible contexte revolutionnaire.

Plus jamais du sang versé et des compagnon.ne.s enfermé.e.s pour défendre la cause de traîtres et opportunistes dans des espaces et mouvements de lutte - soit-elle territoriale, revolutionnaire ou émancipatrice d'un ou plusieurs aspects de ce monde.

Plus jamais des diktats autoritaires, para-étatiques et humilliants pour tout anti-autoritaire, revolutionnaire ou refractaire à ce monde se battant pour la liberté et non pas pour les interêts d'une supposée raison ou cause supérieure.

Nous autres peuvent relayer cet appel suivi de la ville ou région.

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ZAD - appel à dissoudre l'insoluble

Nous autres e veulent plus des révolutions sanglantes pour un nouveau Pouvoir encore plus performant que son predecesseur.

Nous autres se sont battu.e.s contre l'avancé des agents de l'État français sur un territoire que quelques un.e.s pourraient considérer libre de cette institution, avant les accords entrepris par les agents du para-État Zadiste.

Nous autres sont parti.e.s, sinon blessé.e.s ou menoté.e.s, dêgouté.e.s par les invectives non pas de l'État français, mais du para-État zadiste, qui a empêché la lutte de se poursuivre sinon d'exister, empêché de défendre les lieux que chaque un.e vennait défendre, empêché de reprendre ou reconstruire les lieux qui étaient pris ou détruits par l'État, le français. Et finalement, qui a détruit et pris des lieux à ses propres réfractaires dans la lutte contre l'aeroport, et son monde.

Nous autre ont été mal-traité.e.s, pendant et après les expulsions.

Des agents Zadistes ont: invité Nous autres à (re)partir aprés 4 jours et les premiers accords signé.e.s. Coupé les ravitaillements à la fin de la deuxième semaine. Collaboré activement avec l'État français, dans l'expulsion des dernièr.e.s résistant.e.s : à la Saulce dans un premier temps - en insultant les efforts de qui prennait au sérieux la défense de ce point; à Lascar dans un deuxième temps -  en tirant ou justifiant dans des concertations des tirs de fusil à pompe contre des barricadiè.r.e.s; aux Domaines Libéré.e.s, en s'opposant à ses ré-occupations immediates, organisant même des rassemblements pour son abbandon; encore à Lascar, 22 mai 2018, des blindés entrent par Bellevue, sans aucune alerte, au dos des compagnon.ne.s qui se battaient entre Rohanne et l'Ambazada, les fonçant dessus: cette manoeuvre concertée fini avec une main arrachée et l'abbandon de la plupart des soutiens le soir même ou le lendemain.

Aujourd'hui, Nous autres ne veulent plus entendre des appels à se défendre d'expulsions par la main d'une quelconque entité Étatique ou para-Étatique qui est née parmi les cendres de ce que un jour Nous autres ont défendu. Nous autres veulent la fin de cette Zone qui n'est plus à Défendre depuis l'abbandon de l'aéroport et l'accaparement de ces terres et propriétés concerté avec l'État français. Soit par une auto-dissolution soit par une dissolution forcée, cette Zone est devenue à Détruire.

Le poignon du funds de dotation sera soit intégralement versé à ces contribuables, soit à des fonds anti-répression, à des prisonnier.e.s du conflit social en cours, et à des expériences émancipatrices partout dans le monde - qui ne collaborent pas aux efforts de la répression étatique.

Si cela - la dissolution de la ZAD et le versement des fonds de dotation - ne sera pas effectué avec la date boutoir du 17 Janvier 2021 au 9 Mars 2021, Nous autres font appel à des actions diffuses à l'encontre des noms et adresses du para-État zadiste et ses relais.

Nous autres font appel aux lieux existants se démarcant de la présente démarche Zadiste de ne pas collaborer avec les autorités locales et de se défendre par tous moyens necessaires face à toute eventuelle agression. Nous autres ne vous viseront pas.

Nous autres ne sommes pas Un, Nous autres sont des centaines et Nous autres sont partout.

 

Mort à l'État, mort à la ZAD, et vive l'anarchie.

Commentaire(s)

> Article en débat.

Je met en débat pour avoir l'avis des autres modos, mais je suis pas convaincu de l'intéret de relayer un texte qui menace de faire la même chose que ceux que le texte dénonce.

> pareil

Les appels de ce type c'est pas ce qui se fait de plus émancipateur et effectivement combattre ce qu'on dénonce par les mêmes méthodes ça mène pas bien loin : "Nous autres font appel à des actions diffuses à l'encontre des noms et adresses du para-État zadiste et ses relais."

> 17.01.2021

Ce ne sont pas des menaces, mais des conséquences.
Ou vous voyez des conséquences à ces agissements...?

> Nom, adresse, date de naissance et métier.

https://nantes.indymedia.org/articles/48918

D'ailleurs, cet article a deja des noms, des adresses, et plus qu'une menace, une pratique qui s'est reproduit plusieurs fois les dernières années. Ce ne veut pas dire que je sois contre sa publication, mais plutôt pour que les gens qui l'ont écrit ne passent pas inaperçues toute leur vie.

Je sais que vous êtes dans une situation délicate, mais hey, c'est Indymedia!

> Et la...

Cet article est en passe de sortir en anglais espagnol et italien sur divers sites dont Indymedias, par les mains de Nous autres (qui ont participé aux expulsions), mais des gens se demanderait bien quelle contorsion ortographique y'a besoin pour que ça débute ici?

> Zad – Réaction suite à l'incendie au hangar de l'avenir

communiqué d'habitant.es de la zad suite à l'incendie du hangar de l'avenir à la ferme de Bellevue.

Au cours de la nuit du 26 au 27 février un incendie allumé volontairement a détruit partiellement un appentis dans le « hangar de l'avenir » sur la ferme de Bellevue. Heureusement, une personne a vu le départ de feu. Les pompiers sont intervenus mais il s'en est fallu de très peu que la charpente principale prenne entièrement feu et que l'ensemble du bâtiment soit détruit. Des personnes vivent et dorment juste à côté dans les espaces contigus et auraient pu se trouver pris dans l'incendie.

Le « hangar de l'avenir » a été construit à la main par des dizaines de charpentières et charpentiers. Il a été levé comme un défi le 8 octobre 2016, au moment où le gouvernement menaçait de venir raser la zad quelques semaines plus tard. Des dizaines de milliers de personnes l'entouraient alors en affirmant qu'elles le protégeraient. Des centaines de main se sont relayées depuis 4 ans au cours de « chantiers écoles » réguliers pour achever petit à petit sa construction. Le « hangar de l'avenir » est un espace qui sert aujourd'hui entre autres à construire des habitats et infrastructures pour les différents habitant.e.s et activités de la zad. Grâce à cet espace, le mouvement maintient aussi une prise en charge collective de la forêt de Rohanne, empêchant ainsi que cette dernière soit réintégrée dans une planification forestière classique.

Alors que nous avons arraché ces lieux aux menaces d'expulsion, ce n'est pas l'État qui a tenté cette fois-ci de détruire les infrastructures communes mais fort probablement des individus animés par de mauvaises fables politiques. Il y a un an, le tractopelle qui servait à réaliser les travaux sur les différents lieux de vie a été incendié. Plus récemment, des véhicules l'ont aussi été juste devant des maisons alors que leurs habitants dormaient. Ce nouvel incendie survient alors que des réseaux sociaux vecteurs de haine diffusent de manière incessante des récits calomnieux sur la zad post-abandon. Depuis quinze jours, les réactions suite aux conflits d'usages (causé par des chiens non tenus, menaces avec arme...) au Rosier sont déformées et montées en épingle en ce sens.

Des espaces comme le site Nantes Indymedia, se sont employés, au cours des dernières années et encore très récemment, à relayer divers appels et commentaires invitant à « brûler la zad » et ses habitant.e.s. Ces « médias » (1) colportent avec un zèle de procureur un récit diabolisant et des mensonges factuels sur de soit-disant « traîtres » et « collabos ». Ceci à propos de personnes qui ont résisté durement sur le terrain face à la répression d'État et ont opté entre les expulsions du printemps 2018 pour une négociation collective - alimentée par un rapport de force constant - afin d'obtenir des baux stables sur les terres, plutôt que de se résoudre à la destruction de l'ensemble des lieux de vie de la zad. Ces personnes ont tout fait pour que le plus de lieux habités soient préservés et pour maintenir une communauté large et hétérogène. Elles ne sont en tout état de cause pas responsables des choix tactiques différents qui n'ont malheureusement pas permis - face aux tanks - de faire réellement obstacle à l'expulsion de certains lieux de vie.

Nous sommes conscient.e.s que la zad est un espace qui a incarné une telle somme d'espoir qu'elle a aussi engendré des déceptions et des douleurs. Mais il est temps aujourd'hui de sortir du binarisme stérile des catégories fantasmées de "légalistes" ou d'"invendus". Les personnes et lieux de vie que des pamphlets appellent à lyncher, attaquant par là tout le mouvement pour l'avenir de la zad, résistent encore aujourd'hui pour continuer à faire de ce territoire un espace de mise en commun face aux destructions du vivant, de solidarité face au monde marchand, d'habitats collectifs autoconstruits et une base de soutien aux luttes. Ce territoire est toujours sous pression mais sans cesser pour autant de déborder des normes dans lesquelles les institutions voudraient l'enserrer. Il suffit de passer un peu de temps sur place pour s'en rendre compte.

Pourtant il apparaît une fois de trop aujourd'hui que certains individus sont animées par un désir de dégradation vengeur et sortent parfois des
méandres des réseaux sociaux pour le concrétiser lâchement, en se trompant d'ennemis. Nous sommes profondément affligés, après avoir défendu la zad pendant des années face à Vinci et à l'État, d'avoir à le faire aujourd'hui face au nihilisme de certains individus. Nous sommes atterrés par la complaisance de certains à alimenter de loin des fictions haineuses, avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut avoir ici comme dans d'autres combats. Nous voulons pouvoir nous consacrer à nous battre contre les institutions et corporations qui bousillent la terre et enchaînent les vies plutôt que de devoir se protéger de personnes qui s'emploient à saboter les rares possibilités de communauté de vie et de lutte durables.

Nous appelons les multiples personnes et collectifs avec qui nous nous sommes liés dans ce combat et pour qui l'avenir de la zad a toujours un sens à la plus grande attention et au soutien. Nous appelons à continuer à construire un monde désirable sur la zad face à ces nouvelles attaques.

{Des habitant.e.s de la zad réuni.e.s suite à l'incendie au hangar de l'avenir.}

(1) Il est nécessaire de clarifier à ce sujet le rôle joué par le compte facebook « nonaeroportNotreDamedesLandes / zone à défendre de Notre Dame
des Landes». Ce compte qui cherche à maintenir l'apparence d'un compte « officiel » du mouvement et de la zad est actuellement tenu par une/des personnes qui n'y habitent absolument pas, qui se targuent d'une forme d'impartialité, mais dont le parti-pris malveillant ainsi que la propension à relayer sans aucune vérification mensonges et appels haineux est largement avérée.

> Feu divers

La modération d'Indymedia ne permet pas à Nous autres de répondre, surement par crainte de conséquences à niveau local. Pas de souci

Nous autres peuvent que reitérer le sérieux de l'appel pour la période comprise entre le 17Janvier 2021 et le 9 Mars de la même année.
Et de s'en rejouire pour des faits divers que Nous autres sont desolé.e.s de ne pas pouvoir s'en exprimer plus.

> 6 mois de débat, ça se fête !

6 mois de débat, ça se fête !