Modes de luttes - Appel à renseigner nos pratiques

Mis a jour : le lundi 10 février 2020 à 09:30

Mot-clefs: Resistances luttes salariales mouvement gilets_jaunes
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Le but de ce texte est de poser, au départ pour moi-même et dans un sens pratique, les façons d’agir utilisées actuellement, afin de me positionner dans cette période d’agitation sociale. De ça, un début, très modeste, de synthèse des mode de lutte de la séquence actuelle est née. Cette idée part du constat que certains opprimé.e.s cherchent quasiment continuellement à combattre le système qui les oppriment par les moyens qu’iels ont à leurs dispositions et qu’iels créent collectivement. Toutefois, nous sommes souvent bloqué.e.s avant d’agir, que faire, comment agir, quelle forme d’action pour quel but... ? Quels moyens d’action ont fonctionné, selon quels critères, quelles sont leurs limites … ? J’ai donc mis sur papier les pratiques de camarades qui m’ont paru pertinente, tout en laissant le texte le plus accessible possible afin qu’il puisse servir à un maximum de personnes différentes. Les analyses posées ici, pour vraiment trouver leurs sens, devront être en permanence réactualisées, affinées, réorganisées et enrichies par d’autres points de vue, vivant d’autres réalités (le mien étant homme petit-bourgeois blanc cis hétéro d’affinité marxiste libertaire).

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J’ai donc dû exclure plusieurs questions. Par exemple, je ne compte pas dans ce texte m’arrêter sur les débats violence / non violence ou légalité / non-légalité, le sujet a déjà été abondamment abordé depuis 2016 en France, n’est certes pas fini, mais semble commencer à être dépassé, au moins dans le champs de la lutte purement sociale (exclusion de la lutte environnementale de cette avancée majeure pour l’instant). Les curseurs de la légitimité sont encore beaucoup trop dictés par les réactions des dominants, c’est donc en travaillant sur nos pratiques que nous pourront faire changer l’appréhension de ces questions. Le cortège de tête est venu questionner le rapport à la violence et la légalité, et laissant un espace libre , offensif et visible aux manifestant.e.s souhaitant s’y joindre. Il faut donc prendre les moyens d'action pour ce qu'ils sont et savoir s'en servir intelligemment, sans projeter notre idéal sur tel moyen, ni nier les limites d’un autre. Il ne faut donc pas, selon moi, refuser une action parce qu’elle n’est pas parfaite politiquement, ce ne serait que le reflet d’une pureté morale, ou permettre à l’autoritarisme de s’installer confortablement dans les luttes autonomes, ni s’entêter dans des formes d’action faisant totalement disparaître la lutte et sa conflictualité de nos pratiques. Je pense qu’une certaine ligne de conduite tel que « les moyens justifient la fin » est plutôt de bon conseil quand il s’agit de choisir nos modes d’action, mais la pureté qu’elle implique tend à rendre cette phrase problématique, mais est ce qu’une phrase suffirait un jour à résumer la complexité de l’action sociale ?

Je pense que pour cela, il faut tout d’abord partir individuellement de où l’on est, et d’inscrire cette pensée au sein des luttes collectives et donc laisser l’espace au sein des luttes pour les expérimentations, par définition imparfaite. Cela ne veut pas dire que des paroles de militant.e.s aguerri.e.s, d’universitaire ou de quelconques « expert.e.s » ne seront jamais intéressantes, mais qu’iels parlent de leurs points de vue, que leurs paroles sont situées et propre à elles-même. Malgré leurs éventuelles bonne-fois, ces paroles ne pourront être la parole de chaque individu.e. Les luttes ont pour objectif de faire changer nos réalités, de les améliorer. Les réflexions sur nos pratiques doivent être en permanence remise en cause afin de garder une optique de lutte réel, et non celles de personne ayant à un moment, et peut être contre leurs gré, devenu des représentant.e.s.

Le texte est organisé de façon pratique et sur un plan stratégique. Cette forme est critiquable, mais répond à la problématique que je me suis posé. D’autres questions engraineraient d’autres formes à la réflexion, soulèveraient d’autres actions et donc d’autres limites.

 

LES SPHÈRES D’ACTION

Si l’on veut s’attaquer directement au capitalisme, il y a, selon moi, des cibles correspondantes à chacune de ses actions à avoir en tête, et chacune de ces cibles correspondent à une certaine partie de l’existant du spectacle en cours. Pour schématiser, ces parties fonctionnent comme des organes, ils sont en interaction permanente, mais pourrait presque être indépendant, bien que cela affaiblirait énormément son bon fonctionnement par rapport à sa situation actuelle. Chacune corresponde à une sphère du capitalisme qu’il a à analyser par le biais d’études, ses sens, pour connaître son état de santé. Les dangers qui lui font peuvent ensuite être traiter par ses membres (les usines, les flics, les administrations …).

Il faut toutefois pas prendre cette métaphore trop au sérieux et nié la capacité régénérative du capitalisme nettement supérieur à n’importe quel corps. Le but de la comparaison n’est pas de recalquer le fonctionnement d’un individu biologique pour l’appliquer au capitalisme, mais seulement de s’en inspiré pour sa complexité et d’utiliser ces composants pour penser le monde. Le but est de le voir comme un agencement de cellule, qui ensemble réalise des actions, et que viser la tête pensante, comme c’était le cas du mouvement ouvrier, n’est pas possible, que cette même tête est bien trop vaste et diffuse pour être touché dans sa totalité. Il semble y avoir pour l’instant 4 sphère d’action principalement utilisés pour faire pression pour l’instant :

- la production et sa conséquence, la consommation : sphère d’action utilisée par le mouvement ouvrier occidentale, il semble plutôt adapté aujourd’hui pour les zones de production matérielle (Asie du sud-est …) ou quelques secteurs en France (énergie ...). Localement, aujourd’hui une grande partie de la production se limite au service qui peuvent servir comme moyen de pression mais les actions doivent être repensé, quand la production matérielle nécessitait de la main d’œuvre pour vraiment créer de la plus-value, les services utilisent aujourd’hui la main d’œuvre comme une annexe ordonnançant et gérant la production mais celle-ci reste relativement autonome (par exemple EDF n’a pas directement besoin d’un grand nombre de technicien pour que l’électricité arrive chez les clients, les techniciens sont la pour agir sur l’infrastructure et donc la circulation). D’autres secteurs, comme les hôpitaux, permettant au capitalisme d’avoir des travailleurs en bonne santé, permettent aussi aux individus d’être en bonne santé, leurs blocages, pouvant être un moyen de pression fort, entraînent une conséquence que les travaileurs.euses ne souhaite pas et sont donc bloqué face à cela. La consommation, elle renvoi très clairement aux capacités données par le système. Il est toutefois possible de s’en saisir vraiment à condition de changer la règle imposée par le système et d’imaginer collectivement comment pesé sur la consommation, quelles espaces mettre en place pour une consommation qui nous renforce et affaiblit la production capitaliste. C’est à dire, de ne pas renvoyer à l’individu atomisé sa responsabilité face à la production actuelle qu’il ne contrôle pas du tout.

- la circulation : sphère d’action semblant se développer assez récemment afin de réagir à l’augmentation et à la délocalisation de la production. La circulation est donc totalement dépendante de la production et pourrait y être incluse (comme production d’accessibilité au capitalisme qui a éloigné une partie de son corps), mais elle paraît beaucoup plus accessible que les usines maintenant délocalisées et peut être traité séparément. Ce moyen d’action se concentre sur le fait que le capitalisme n’est pas une organisation avec une tête centrale à abattre, mais bien un agencement de cellule ayant une grande quantité d’interaction permanente. Les exemple les plus récents d’action sur cette sphère sont les station de métro au Chili, les rond points et péages d’autoroute puis récemment les transport en France et l’aéroport à Hong-Kong

- la reproduction : c’est, selon moi, la sphère d’action qui est aujourd’hui le moins développé, hormis concernant l’idéologie où nous avons vu un fort développement des propagande contestataire (éditeurs, revues, sites d’informations, vidéos …), les autres biais de la reproduction ne sont aujourd’hui que peu investit. Un biais semble assez inaccessible, celui de l’investissement, et de la reproduction direct du capital, les investissements semblent compliqués à bloquer aujourd’hui et l’expropriation de capital (braquage …) se sont énormément complexifier avec le développement de la sécurité informatique, il faut donc pour cela avoir des connaissances très élevé ou réussir à toucher des point précis compliqué à avoir. Le dernier biais qui paraît intéressant est la reproduction de la force de travail, et où les féministes ont déjà bien défriché cette espace. La démarche de la grève des femmes qui se dessinent aujourd’hui, est très intéressante, selon moin quant à leurs moyens d’action contre le capitalisme et le patriarcat dans cette espace les touchant presque uniquement. Reste à savoir quelle forme cela prendra.

- le politique : C’est une des formes majeures qu’a pris le mouvement en cours, perturber le spectacle politique et électorale. Aujourd’hui orienter contre LREM, ces actions devront se généraliser contre toute forme de représentation pour éviter le changement de guignol.e permanent que nous subissons depuis bien trop longtemps. Les politiques sont désormais des produits de consommation servant à être détester par tout le monde pour faire le sale boulot. Comme les gilets jaunes l’ont fait au sein de leur mouvement en attaquant les personnes voulant les représenter. Chaque individu voulant nous extraire du processus de responsabilisation politique et d’autonomisation devra être écarter par la force si il le faut, pour que nous puissions vivre sans médiation avec le monde.

 

MOYEN D'ACTION

Il est important pour des luttes « victorieuses » d’avoir une bonne conscience de nos moyens d’action et de leurs différents niveaux d’influence. Bien évidemment, une fois dans le concret, chacune de nos actions seront actives sur plusieurs niveaux, mais il semble important de clarifier nos moyen et de connaître précisément leurs impacts, comme il est important de connaître les outils utilisés pour que nos actions réussissent.

Pour penser les moyens d’action il faut avoir conscience qu’ils sont le reflet de la situation propre à chaque moment et à la localité dans laquelle ils sont utilisés. Chaque pays, populations et période devront les appliquer à leurs façons afin de répondre à leurs problématiques. Je ne pense pas qu’il faille prendre des moyens d’action comme immuables, c’est à dire comme ayant toujours les mêmes avantages et inconvénients, mais comme une réponse à une réalité, et c’est par rapport à cette réalité qu’il faut les penser. Certains moyens d’action ne seront jamais totalement émancipateur, certainement même que aucun moyen d’action n’est totalement émancipateur, il n’ont que leurs intérêts dans une situation précise.

Il me semble aujourd’hui évident que dans une certaine mesure, les moyens justifient la fin, mais cette affirmation ne doit pas devenir dogmatique au risque de faire apparaître la notion de pureté dans nos luttes, et de hiérarchisation des individus. L’intérêt des moyens d’action doit être de penser la conflictualité présente dans le but de l’orienter vers l’autonomie des individus.

J’essayerai dans cette partie de détailler les niveaux d’action qui me paraissent cohérent d’analyser.

 

Stratégique (long terme) :

On commencera ici par l’analyse la plus large, le long terme, car il n’y a aujourd’hui que peu de perspective sur le sujet, et principalement dans des pays comme la France. Il y a bien eu des moments où les mouvements sociaux ont réussi à imposer un calendrier sur du long terme (Algérie, Soudan, Printemps arabe …) mais ils sont toujours resté cantonné à leur État qu’il ont plus ou moins réussi à renverser. La réalité kurde et zapatiste est un peu différente, ils ont réussi à imposé une organisation qui leur était propre sur leur zone, du moins pendant un certain temps pour les kurdes, mais la réalité actuelle des kurdes risquent un jour de s’appliquer aux zapatistes. Le jour où l’état décidera réellement de reprendre le pouvoir la bas et y fera une réelle attaque militaire, la réalité zapatiste risque de disparaître. L’internationalisme doit être réinventer afin d’avoir de réels changements politiques et non simplement remettre à zéro les systèmes hiérarchisés. Il faut, je pense, le penser non pas dans le but d’une révolution mondialisée, mais comme un principe de solidarité active entre opprimé.e.s capable de faire exister nos voix mondialement.

La stratégie de victoire en vigueur jusqu’à maintenant était la théorie de la révolution qui a été mise à mal pour deux raisons principales. Son orientation transcendantale la rendant comme une cause supérieur à chaque individu.e et créant une réalité aliénante, d’un coté et sa notion de victoire, qui était assez souvent assimilé à un système identique au capitalisme mais étant autogéré au mieux, comme dans le cas de la grève générale expropriatrice, voir toujours hiérarchisé comme se fut le cas en Russie. Cette vision a été énormément critiqué depuis les années 60 (autonomes, écolos ...). Il n’est plus aujourd’hui possible de nier les interactions qu’il y a entre rapport social de production et rapport aux milieux, la si mal nommé nature, l’extériorité planétaire, et loutil, l’extériorité technique. Cette stratégie n’a pas pu être vraiment actualisé par le manque d’occasion de toucher sa réalité depuis bien longtemps. Une/des nouvelle/s théorie/s stratégique/ devra/ont prendre acte de ces deux critiques dans le but de pensé une production post-capitaliste et les relations qui vont avec.

 

Tactique (moyen terme) :

Il me semble que c’est le niveau d’action qui s’est le plus développé ces dernière années. De nouvelles perspectives se sont ouvertes après la réorganisation violente du capitalisme de la fin du siècle. La grève n’a plus l’air d’être ressenti comme un droit par les travailleurs et les limites de la lutte syndicale à l’intérieur des entreprises semblent bien réelles pour une transformation radicale de la société. Autour de ces constats semblent se dessiner de nouveaux formats de lutte, avec eux-aussi, comme pour les formes précédentes, leurs limites et leurs avantages.

Refonte de la temporalité : alors que le mouvement ouvrier s’était depuis bien longtemps arrêté sur les actions principalement réduites aux période de travail. Une phénomène assez nouveau à cette échelle semble s’être développé ces dernières années, les moments de contestation se sont emparé de temps qui ne sont plus les temps économiques des contestataires. Ceci va bien évidement avec le déclin de la grève, mais fait prend à contre pied le discours disant que la contestation n’existe plus, car le syndicalisme peine à mobiliser. La contestation renaît dans une nouvelle forme qui semble plus accessible aujourd’hui. On peut faire apparaître ces formes suite aux réflexions des années 60, qui ont été matérialisés par les autonomes des années 70 qui ont commencé à faire sortir la contestation des usines et la faire apparaître dans d’autre pans de la vie. Ce phénomène s’est récemment développé avec les occupations de places ou d’autres espaces publics. Il est possible d’y voir un alignement de la contestation à la transformation de le vie des exploités. Ce qui permet d’utiliser des moments rassembleurs pour agir, comme au Soudan ou en Algérie où le jour de la prière a été utilisé comme levier de mobilisation, ou le moment de consommation du samedi par les gilets jaunes. Bien sur cela a des conséquences sur la pression économique que l’on peut avoir mais semble permettre, je ne sais pas vraiment comment, a une contestation de se généraliser ce que l’appel à la grève général n’a pas réussi à faire depuis bien longtemps (dans ce cas les centrales syndicales au sûrement aussi leurs par de responsabilité).

Lutte libératrice

J’entends par lutte libératrice, les luttes qui ont pour but de sortir du système de façon assez radicale pendant un plus ou moins long moment.

- la réappropriation / le squat : c’est un peu la forme prise par le besoin d’espace pour les luttes. Par le passé les bourses du travail, la construction de logement pour les ouvriers ou les occupations d’usine avaient été mis en place plus ou moins dans le même but. L’occupation vise une durée assez longue d’emblée pour ne pas être que symbolique, une occupation n’a guère d’intérêt sur une durée courte, hormis dans le but de mettre à sac un espace ciblé. Il paraît compliqué d’imaginer une occupation sur un grand espace sans une composante insurrectionnelle vraiment très puissante. Globalement, elle se limite à un faible espace, mais permet un atout non négligeable au sein d’une lutte. Par ces endroits, des lieux d’organisation, de réappropriation de l’espaces, de remise en cause du quotidien et du domestique peuvent être expérimenté.

- ZAD partout, ou les zones libérées : c’est, pour moi, le phénomène le plus abouti du squat pour le moment. Elle permet de libéré un espace bien plus grand, mais ne semble pas vraiment réalisable en une fois, seul un processus assez long permet d’arriver à ce niveau, et des affrontements réguliers avec les flics semblent inévitables. La ZAD et Exarchia, bien que les deux mises à mal aujourd’hui, sont très certainement les endroits les plus aboutis dans cette optique, et qui selon moi, et malgré quantité de défauts, ont le plus tendu vers une orientation stratégique qui est, je pense, notre lacune actuellement. Leurs différences sont a décrypter et très certainement fertile pour nos pratique. Alors que la ZAD s’est développé dans une zone très peu habité, Exarchia se trouve en ville, entraînant expérimentations rurales dans l’une et urbaines dans l’autre. Il paraît toutefois assez facile de détruire ces espaces pour l’Etat et la marchandise au moment où ils en ont décidé. D’autres exemples, moins visible et moins globale, existent tel que l’Ariège en France ou Navarre en Espagne, mais reste cloisonner aux endroits abandonnées par le capital et où seul le quotidien individuel est attaqué.

- l’insurrection / la révolte : ce sont des formes utilisées depuis bien longtemps, elles visent un espace assez grand dans le but de donner un réel espace de liberté. La durée, est quant elle, très variée car il est compliqué de tenir un grand endroit longtemps. Le développement des moyens de répression et l’entrée des techniques militaires dans la gestion de civil des dernières années semble rendre ce moyen bien plus compliqué. Le meilleur exemple en France est l’utilisation des tanks et des canons à eau changeant le rapport de force. Par ces outils le pouvoir a réussi a développer sa réactivité et sa puissance de façon non négligeable et les techniques utilisés par le passé (baricades, pavés …) semblent plus que limité.

- l’insurrection classique : c’est ce qui est a presque été en œuvre au Chili, l’attaque violente, permanente et déterminé d’une multitude de personne, allant jusqu’à incendié des lieux de pouvoir.

- l’insurrection politique : c’est la méthode mise en place par les zapatistes, où la prise des armes à permis de créer un rapport de force pour pouvoir commencer à négocier, avec l’État, leurs autonomies.

Les cible

Au sein des mouvements insurrectionnelles, deux grandes catégories de cible peuvent être dégagées :

- les quartiers riches et de pouvoir : ce sont les quartier pris pour cible par les GJ, bien que nous soyons en terrain hostile, la pression sur le pouvoir développé par ces attaques n’a guère d’égale

- les quartiers pauvres, ceux où nous sommes ou où nous pouvons être. La lutte la plus représentative de cette technique est de nouveau les Zapatistes qui ont utilisé le soutien de la population locale et le peu d’intérêt économique qu’a l’endroit. Ils ont, par ce moyen, réussi à garder cette endroit pendant déjà 25 ans, même si le pouvoir tente régulièrement de recoloniser cette zone.

Les techniques

Les techniques recenser ici sont des moyens de provoquer une situation pré-insurrectionnelle, elles ne permettent pas d’aller au bout du processus insurrectionnel toutes seules.

- Be water : le but de cette technique est de pouvoir zbeuler sans avoir de violents affrontement avec les flics, risquant d’entraîner des blessures ou de la répression. Les manifestants se donnait un point de rendez-vous, puis se dispersait assez rapidement, puis réapparaissant à un/des autre/s endroit/s. Cette tactique a été mise en place à Hong-Kong en 2019, ça a été une des premières phase de leur mobilisation, Ce sont eux qui lui ont donné ce nom. Le mouvement anti-CPE dans certaines villes en France a aussi utiliser ce moyen pour pouvoir réaliser des manif’ sauvages longues alors que le rapport de force avec la police ne le permettait pas.

- Éclore partout ou l’action diffuse : pourrait se traduire par l’action locale. Ça a été un des point forts de gilets jaunes, souvent oublié devant leur capacité à attaquer les Champs-Élysées et les grande ville en général, leur capacité à rassemblé jusque dans les endroits où il n’y a que peu d’activité de lutte. Bien que tous ces foyers de lutte n’ont pas bloqué totalement la circulation, l’aspect diffus de leur présence, la diffusion d’information et la création d’espace politique ouvert ont eu un impact assez fort sur les possibilités qui on exister au début de ce mouvement. Actuellement une variante numérique numérique est en train d’être tenté sur des sites internet, où des réflexions sont entamé pour savoir comment participer à la lutte actuel alors que la production, sur laquelle nous agissons, est autonome, c’est à dire qu’elle n’a pas besoin de travailleur en permanence pour fonctionner. C’est pour l’instant très limité et dans un certain nombre de cas ne s’arrête qu’à afficher un bandeau sur le site, mais cette technique peut permettre le passage d’information ou juste de réaliser une permanence de la lutte. Toutefois tant que ce mouvement ne se généralisera pas sur une quantité de site assez large et ne bloquera pas réellement le monde numérique cette action n’aura que peu d’impact. Concernant les Hong-Kongais.e.s, leurs actions semblent avoir utilisé cette technique de manière plus abouti que les Gilets Jaunes car elle est intervenu après plusieurs mois de lutte, les organisations locales ont donc très facilement réussi a effectuer des points de blocage et d’occupation efficace.

 

Luttes syndicales

J’entends par luttes syndicales, des luttes qui ont pour but d’améliorer le niveau de vie générale immédiatement, par l’action au sein des structures actuelles. Cela ne veut pas dire qu’elles soit forcément réformistes, mais qu’elles partent de structure qu’elles ne pourront très certainement pas dépassé. Même en renversant le système en place, d’autres structures, tel que la technique capitaliste, resteront en place et pourront avoir des conséquences non désirées tant qu’elles seront actives.

Bien que cette idée soit pas très bien vu dans le milieu anarchoïde et autonome en ce moment, elle me paraît intéressante quant à son développement dans son optique radical au sein de la zone de production majeur dans le monde, l’Asie du Sud-Est.

- Grève générale : dans sa conception la grève générale était un moyen de préparer la révolution par l’arrêt du travail et avait pour fondement l’autogestion et l’expropriation des capitalistes. À chacun selon ses moyens, de chacun selon ses besoins. Il semble aujourd’hui compliqué d’arriver à cette situation, certain diront que les syndicats en sont responsable d’autre que la grève ne sert plus à rien suite à la reconfiguration capitaliste, d’autres qu’elle doit être préparée, le débat reste ouvert et les facteurs sont sûrement nombreux et entremêlés.

- Grève diffuse : ça serait les formes qu’on pris les grèves tel qu’elle l’était avant le développement de la CGT et l’arrivé de la grève générale, ou alors la forme qu’elle est actuellement en train de prendre, avec, pour l’instant, des secteurs et des populations qui se relaient de façon non organisée. Certes limité, cette tactique permet de garder une conflictualité permanente et un esprit de lutte fort.

 

Agitation armée coordonné

L’agitation armée par du constat qu’il ne faut pas attendre les masses et donc un quelconque mouvement social pour agir, la pratique s’est donc développé autour de petit groupe de personne ayant confiance les uns les autres. Les groupes ne se connaissent souvent pas entre eux pour limiter la répression et pour que chacun puisse garder à porter de main la structure, et le pouvoir qu’elle induit, que le groupe n’aliène pas l’individu. Le plus gros avantage de cette technique est qu’il est possible de faire beaucoup de dégâts avec très peu de personne, mais peu avoir comme contre-coût de sortir de collectif plus large de contestation.

Cette forme d’action est souvent citée comme extrêmement libératrice pour l’individu, et l’est certainement plus que toute autre forme de lutte, car les moyens d’agir sont presque totalement remise dans les mains de chacun. Son autre principale avantage cité est son efficacité, il est assez simple de pouvoir réellement constater par nous même les dégâts effectués, chose qui est plus difficile dans un mouvement de masse, ou l’efficacité est plus parsemée.

Les questions de la revendication, de la propriétés ou de la réappropriation des actions, ni celles des techniques utilisées (jambisation, enlèvement, meurtre, braquage, incendie, bombe ...) ne seront aborder ici, la question a déjà été abordé depuis très longtemps, et il serait très compliqué pour moi de les résumer. Ces questions font ressortir toutefois bien les dynamiques de pouvoir et de privatisation de la force armée au sein des luttes.

- Guérilla militaire : cette forme de lutte a pour but d’harceler, de créer des embuscades contre le pouvoir et ses sbires pour empêcher son fonctionnement. Le terme militaire est choisi pour son orientation d’organisation tel qu’on a pu le voir en œuvre au sein des Brigade Rouge par exemple. Les partisans de cette forme d’action ont tendance à s’éloigner de la réalité sociale, en ce positionnant comme une avant-garde révolutionnaire, ayant une vie totalement clandestine.

- L’international noire : le rôle de cette international est de coordonné des groupes qui n’ont aucune vocation à se connaître mais qui puisse agir ensemble selon leurs volontés, contre un ennemi commun ou dans un but de solidarité active avec des camarades attaqué par le pouvoir. L’exemple le plus abouti est la FAI/FRI (Fédération Anarchiste Informelle / Front Révolutionnaire Internationale). Cette forme de coordination est né en Italie des suites des actions d’ALF/ELF (Animal Liberation Front / Earth Liberation Front) au États-Unis et en Grande Bretagne principalement. Le principe de base, l’informalité, signifie que chaque individu doit pouvoir s’impliquer dans chaque actions de la lutte selon son libre choix, que malgré le choix de la lutte clandestine, la vie reste la chose la plus importante, et que l’action doit même être libératrice, alors que sa vision au sein des brigade rouge reposait sur l’efficacité et donc l’aliénation. Il n’existe donc pas de structure formelle, vu comme oppressante, et la complicité est ce qui régit les relations. Les compa grecques (conspiration des cellules de feu… ) ont été très impliqué.e dans cette forme ces dernières années, réalisant nombre d’attaque contre des structures de pouvoir, et ont réussi à répondre de façon virulente contre des forces oppressives alors même qu’iels n’étaient sur les lieux de l’oppression (attaques d’ambassade).

 

Opérationnel (court terme) :

Alors qu’au niveau tactique la créativité semble être bien présente, le niveau opérationnel reste globalement bloquer au mode d’action existant depuis déjà un moment. Peut être que ce sont les actions symboliques et les actions du cortège de tête qui en France on été seul véritable foyer de créativité, alors que les petites actions ont été énormément réduites au changement du quotidien par toute une frange de la population, et non orienter directement dans la lutte. Il semble toutefois y avoir des connexions se faisant entre les nouveaux quotidiens et les luttes plus « classique ». La ZAD, malgré la victoire finale de la marchandise, semble avoir été le terreau le plus fertile pour cela ces dernières années, où une grande diversité de point de vue ont pu créer un grande variété de pratique (productions collectivisées et démarchandisé, émancipation individuelle et collective et expérimentation en tous genres...)

Toutefois, je pense qu’il nous faudra réinventer un certain nombre d’action, permettant un blocage plus efficace du monde, sans se limiter à une zone restreinte tel qu’une ZAD, et tel qu’il a évolué, le tout en se basant sur notre histoire de lutte. Le droit de retrait utilisé par les cheminot depuis l’été dernier, semble être un moyen offensif de faire une grève sauvage en remettant directement la faute sur la hiérarchie et l’organisation capitaliste. D’autres actions peuvent être imaginer afin de s’adapter au transfert de l’économie à une réalité mondialisé. Comme on le voit avec le blocage des ports lors de la grève actuelle, il est très facile pour le pouvoir de contourner cela en faisant passer les marchandises par les ports des pays voisins. La question, souvent mal posée, n’est pas comment faire en sorte que d’autres pays nous rejoignent lorsque l’on lutte, mais comment, lorsque l’on lutte, nous pouvons les aider contre leurs luttes contre le capital et éventuellement emmener la conflictualité chez eux/elles et leur permettre une lutte victorieuse. Cette question n’est qu’un exemple nous permettant de repenser la faciliter qu’a le capital a à sortir des frontières nationales, alors que nos luttes restent souvent cloisonnées au sein d’un pays.

 

- Le blocage de l’économie :

- Le blocage simple : blocage ou barrage filtrant et sa vision numérique qui n’existe plus vraiment depuis la fin de l’offensive des anonymous et leurs attaques DdoS coordonnées.

- La gratuité : les auto-réductions, les péages gratuits ou tout autre action de ce type ont une double portée, empêcher l’économie de fonctionner tout en laissant, qui veut, utiliser les infrastructures en place gratuitement. Bien évidemment ces actions n’ont pas vocation à contredire radicalement le système, mais à le gêner, et attirer la sympathie de « l’opinion ».

 

- L’attaque direct au capitalisme :

- Détruire : les sabotages et attaques

- Reprendre : expropriation/reprise individuelle : un exemple assez intéressant est arrivé récemment en France où des camarades ont rédigé un guide afin d’aider au braquage numérique d’une banque, mais rien ne dit s’il a déjà été utilisé.

- La communication par la masse : C’est ce qui a été un des moyens d’action principale des syndicats, faire des manifestations les plus grosses possibles pour impressionner. Le cortège de tête est né de la contestation de l’appropriation totale des manifestations par les syndicats et la mise en avant de leurs revendications. Cette réponse à permis d’apporter une plus grande liberté de revendication et d’action et d’arrêter de se cloisonner à l’arrière des manifestation. Depuis le mouvement des gilets jaunes et la grève actuelle ce format se remet en cause sans cesse pour garder son intérêt face à l’augmentation de la répression. Des appels à des débordements générales de manifestation, des rester dans la manifestation sans faire « bande à part » pour subvertir toute la manifestation, ou plus récemment à organiser des manif autonome qui rejoignent le cortège syndicale quand bon lui semble, sont proposé, et qui pour l’instant n’ont pas l’air d’être suivi.

- La communication par la sympathie : Les actions symboliques ont cet effet de créer de la sympathie et permette à un grand nombre de personne de reproduire ces actions. Elle n’ont pas pour but de renverser le système mais de taper juste, ce qui peut créer une dynamique de question réponse entre collectifs / villes…

 

- La création d’espace libéré et de contre pouvoir :

- Libération de l’espace et du temps : grève ponctuelle, production et habitation démarchandisé, occupation, réappropriation de l'outil de travail

- Libération du pouvoir politique, espace de contre-pouvoir / assemblé locale de lutte : on peut citer pour le cas de la France, Nuit Debout, les ronds-points et les inter-pro qui ont été des lieux d’expérimentation collective et lieu de création d’action et de forme de lutte très intéressant. Ces lieux ont pour effet de mettre en place assez facilement des nouveaux moyens d’actions, comme le cortège de tête l’a été en 2016.

- La dénonciation : c’est la forme qu’a pris le mouvement #metoo. Le premier effet, est sûrement le plus important, a permis pour les femmes concernées de se sentir moins isolées, et de lancer une vague de dénonciation jamais vu auparavant. Bien que le mouvement a eu du mal a prendre une forme permettant des avancées concrètes, il a libéré énormément de femmes et ne cesse de s’étendre créant une base certaine pour l’attaque du patriarcat dans le futur.

 

Outils :

Il est compliqué de citer tous les outils à notre disposition. Chaque mouvement social réussi souvent à s’inventer ses propres outils ou a se réapproprié a sa façon des outils déjà existant. Toutefois, la diffusion des outils reste un point faible, et le processus de transmission d’information entre plusieurs villes, ou pour de nouveaux arrivants au sein des mouvements sociaux ne me semble pas très fluide, sûrement par le manque de permanence de la conflictualité actuellement dans ce type de lutte. Notre faible capacité à réaliser cela a tendance à créer un groupe de militant spécialisé connaissant ces outils offensifs ou défensifs, et d’autres totalement démuni, comme l’ont été les gilets jaunes face à la répression au début de leur mouvement.

 

Levier d’action

J’entends par levier d’action, un moyen d’augmenter notre force de frappe par un apport extérieur. La solidarité à souvent jouer se rôle que ce soit contre la répression ou dans la lutte. Ces formes, hormis la caisse de grève, restent encore peu développer, mais il est possible d’imaginer des actions allant dans se sens :

- Sabotage solidaire : comme le sabotage de la LGV qui a été réalisé la veille de la grève de 5 décembre ou les sabotages de trottinettes électriques, alternative aux transports en commun, pendant la grève. Cela permet de garder un agenda qui est propre aux saboteur.euse, iels ne sont pas obligé d’avoir de période intense d’action pendant les mouvements sociaux, mais seulement d’agir en fonction de l’environnement qui l’entoure. Il est aussi possible d’expliquer comment saboter notre travail comme des éboueurs l’ont fait au début de leur mouvement pour compliqué leur travail qui est sous-traité.

- Sortir des moments de travail : Les exemples des gilets jaunes, du Soudan ou de l’Algérie ont montré que les des moments spécifiques de lutte sont plus rejoignable par la lutte que les moments de travail actuellement.

- Pratique caritative dans la lutte : J’entends par cela le soutien financier ou l’approvisionnement alimentaire aux personnes qui luttent. Ces actions n’auront jamais un grand effet, seul les rejoindre dans la lutte permet d’une quelconque façon permet réellement de les soutenir, mais un coup de pouce est toujours le bienvenue.

 

Force d’action

Il y deux forces d’action possible au sein de la lutte, la masse et la déter’ (je ne détaillerai pas ces deux forces car d’autres l’on déjà fait, et je ne me risquerai donc pas à le faire). Souvent ces forces sont opposées, on choisi l’un ou l’autre. Je pense que pour qu’une lutte réussisse son offensive, c’est uniquement avec l’alliance de ces deux forces, le moment où, ce qu’on appelle le milieu militant aujourd’hui, ne se pense plus en dehors du social, mais bien intégrer à lui. Bien que cette extériorisation peut avoir un intérêt afin de conserver certaines pratique en période d’absence de lutte radicale, cette extériorité est vite limitante sur notre liberté d’action, en tant que radicaux, en terme générale. Ce phénomène intervient souvent lorsque l’on attend le soulèvement des masses, chose peu constructive. Il faut être capable d’agir lorsque les masses agissent, mais ne pas les attendre quand il ne se passe rien, trouver des moyens d’action qui nous sont propres à chacun lorsque l’on veut agir.

 

ORGANISATION DE LUTTE ET ÉPISTÉMOLOGIE POPULAIRE

Je ne m’arrêterai que très brièvement sur le sujet car le sujet est bien trop large pour le paragraphe d’un texte. Un des phénomènes limitant des luttes actuellement est très certainement l’organisation et la prise de décision, qui sont généralement réduite à deux formes, l’une autoritaire, l’autre anti-autoritaire, et dont les erreurs de l’une comme de l’autre ont tendance à être reproduite de façon perpétuelle en raison du manque de connaissance facilement accessible. Cela a pour conséquence que ces deux tendances essaye d’imposer leur fonctionnement aux luttes naissantes sans les laisser trouver leurs organisations propres. Il est bien évident qu’il ne faut pas nier les autoritarismes quand ils arrivent, mais ne pas imposer un anti-autoritarsime sommaire me paraît une base de lutte nécessaire. La lutte contre l’autoritarisme doit être effectuer de façon transversale, par l’accès à l’information qui en découle d’un coté, et par les moyens d’y répondre de l’autre.

 

OUVERTURE

Le travail est loin d’être fini et ne le sera sûrement jamais, il est sûrement bourré d’erreur du fait qu’il est le reflet de la pensée que d’une seule personne avec sa propre position sociale, mais le but premier était de proposer une forme pouvant aider à cerner les façons de lutter aujourd’hui et être capable de nous les approprier pour des mouvements émancipateurs.

Une échelle que j’ai pas vraiment traiter est celle de l’outil, comment s’en servir, se les fabriquer... Des camarades ayant écrit un texte sur le braquage numérique de banque va dans se sens là, et peut permettre une ouverture de mode d’action à d’autres personnes en recherche d’outils de lutte.

Pour être accessible, cette réflexion se doit de rester simple. Cela ne veut pas dire que des réflexions plus pousser ne peuvent pas être réaliser, mais que par sa simplicité, ce texte doit permettre de s’ouvrir sur de nouvelles pratiques.

La question stratégique que j’ai choisit de poser oriente les réponses très profondément. Cette approche a tendance à orienter les choix de lutte dans une optique longtermiste et efficace, niant d’autres problématiques, tel que, l’inclusivité, les différentes localités ...

La question reste ouverte.

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