Solidarité avec notre compagnon anarchiste Pippo Gurrieri, condamné à 6 mois de prison pour son activisme contre le MUOS !

Mis a jour : le lundi 27 janvier 2020 à 11:30

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Solidarité avec notre COMPAGNON ANARCHISTE PIPPO GURRIERI, DE LA FAS (FÉDÉRATION ANARCHISTE SICILIENNE), CONDAMNÉ A SIX MOIS de PRISON pour son ACTIVISME contre le MUOS !

 

Notre camarade Pippo Gurrieri, du journal Sicilia Libertaria, avec qui j’ai œuvré main dans la main en tant que mandatée éditrice des Editions du Monde Libertaire, d’abord pour publier la brochure antimilitariste du Mouvement No Muos « La lutte No Muos » en novembre 2019 aux EdML, puis pour publier notre brochure RI « Pour un anarchisme du XXI siècle » aux Editions La Fiaccola dell’anarchia (édition italienne que nous avons récemment présentée ensemble au salon du livre anarchiste de Florence en octobre 2019, la Vetrina), est aujourd’hui la cible de la justice italienne pour son activisme No Muos. Il m’autorise à traduire et diffuser cette déclaration dans Le Monde Libertaire.


Monica Jornet. Individualità FAI Napoli et Groupe Gaston Couté FA.

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Déclaration sur la condamnation qui m’a été infligée par le Tribunal de Gela

Ce jeudi 16 janvier 2020, le tribunal di Gela m’a condamné à 6 mois de prison pour les faits survenus pendant la marche No Muos du 21 août 2016. Si l’on considère la pléthore de charges retenues contre les 24 camarades impliqués dans cette enquête, le fait qu’au bout du compte, je sois le seul condamné, peut être considéré en soi comme un fait positif.
L’outrage à “l’honneur et au prestige » à agents de la force publique (des policiers en civil sans aucun signe distinctif de leur fonction) dont je me suis rendu coupable en baissant mon pantalon et en leur montrant mon derrière, est une affaire qui mérite, à n’en pas douter, un examen attentif.


Des agents (qui se sont ensuite avérés être des policiers) filmaient sans discontinuer toutes les personnes qui se rassemblaient peu à peu pour participer à la marche, en leur tournant autour de façon provocatrice ; à l’arrivée d’un bus depuis la ville de Catania, la police imposa au chauffeur de n’ouvrir que la porte avant pour ne permettre la descente que par la seule sortie disponible, afin de pouvoir tous les filmer. La police a justifié cette action comme prévention de délits éventuels....
Mon geste a sans aucun doute été une manifestation de protestation envers cette opération éhontée de fichage, qui affectait y compris de nombreux mineurs. Mais il s’est aussi assurément agi d’une façon amusante de montrer de quelle façon les activistes vivent cette longue bataille contre le MUOS, à savoir dans la joie et la bonne humeur, en opposant une insouciance absolue à l’atmosphère sérieuse, lugubre et menaçante que font régner les forces de l’ordre face aux mouvements de contestation.


Ce sont à chaque fois deux mondes qui s’affrontent, et ils ne comprendront jamais notre joie de lutter, qui parfois, comme cela a été le cas, peut même être une façon de faire baisser la tension générée par leur attitude.


Cette condamnation doit cependant être aussi interprétée sous d’autres aspects : conclure la procédure en acquittant tout le monde pouvait passer pour un signe de faiblesse ; en revanche, en condamnant au moins une personne, un signal était envoyé -pour la énième fois- vers qui persiste dans la résistance à l’occupation du territoire sicilien par les États-Unis. Peu importe après tout si le même individu avait déjà été acquitté pour le même « délit » au civil ; ou si, finalement, le seul “trouble” à l’ordre public, ce 21 août 2016, avait été de montrer ses fesses aux caméras de la police scientifique, intervenue quant à elle en force, avec les brigades mobiles et tous les corps annexes, dans la Suberaie et dans la base US pour défendre les installations militaires des Marines.


La Préfecture de police de Caltanissetta a depuis longtemps adopté la maxime de Mao, "frappe-s-en un pour en éduquer cent", et voilà comment tout ça avance, à coup d’arrestations (Turi Vaccaro), d’interdictions de territoire (Giacomo), de condamnations, de procédures judiciaires, comme si une telle lutte pouvait se résumer à un contentieux juridique. Et le fait qu’elle ne puisse être réduite à cela, est non seulement démontré par les années de bataille à Niscemi pour faire fermer une base porteuse de mort, mais plus encore par toutes les résistances en actes en Italie, avec les arrestations et la répression qui les frappe en retour et qui, cependant, au lieu d’en atténuer la force, alimente leur rage et la prise de conscience générale.

Pippo Gurrieri