On ira dormir chez eux

Mis a jour : le mardi 26 novembre 2019 à 10:17

Mot-clefs: mouvement
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Nous ne voulons plus squatter, nous ne voulons plus vivre dans les 12m2 du Crous.

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Nous vivons dans des logements trop petits et trop chers, des fois humides et souvent froids, notre logement est régulièrement au centre de nos problèmes. C’est la galère quand on doit payer le loyer, c’est la galère de faire la vaisselle dans la douche parce que la cuisine est à l’extérieur. Les loyers sont trop chers et nous ne gagnons pas beaucoup en travaillant, alors des fois nous n’avons pas d’autre choix que de squatter des logements vides. Ces habitations, bâtiments administratifs et entrepôts ne sont pas occupés car ils sont insalubres et trop dangereux pour être légalement vendus ou loués par leur propriétaires, alors nous nous y installons illégalement.

Dans les squats il y a toujours des problèmes. Des problèmes de chaudière, d’éclairage, il arrive que l’eau traverse le plafond. Nous détestons ces endroits. Il faut tout le temps faire des travaux et se barricader quand la police se pointe. Squatter c’est la merde, on le fait parce qu’on a pas le choix.

Le 20 novembre, à l’assemblée générale de Tolbiac à Paris était votée à majorité comme revendication la « réquisition des logements vides pour les étudiants dans le besoin ». C’est autant de personnes qui n’y ont pas vécu et qui ne dormirons jamais dans les anciens bureaux d’un pôle emploi, mais qui nous disent que l’occupation de bâtiments bricolés et amiantés est la solution à nos problèmes de logement. Qu’ils y aillent eux, parce que nous nous ne voulons plus y vivre.

A l’assemblée générale du Mirail à Toulouse, ce jeudi 14 novembre était votée à majorité comme revendication la « nationalisation des logements étudiants ». Mais qui est-ce qui parle ? Qui sont ces 400 personnes qui approuvent ? Parce que nous concernant, force est de constater qu’au Crous ou chez un particulier, en HLM public ou résidence étudiante privée, nous n’avons et n’aurons en ville jamais que de quoi louer 15m2 ou nous entasser dans des colocations où il faut refaire la peinture et économiser l’eau chaude.

Le débat de la nationalisation ou privatisation des logements est un débat de bourgeois, un débat qui concerne la gestion du parc immobilier, la gestion de la propriété. La nationalisation des logements qu’ils soient pour les étudiants ou non n’a rien a voir avec l’abolition de la propriété. Les logements pourraient même être gratuits dans le Capital, que ce ne serait pas pour nous, les bourgeois achèterons simplement notre force de travail moins chers, moins ce que nous aurait coûté notre logement s’il était payant. Ces préoccupations ne sont pas les nôtres, elles concernent la gestion du Capital, de la propriété, et ne concernent en rien l’amélioration de nos conditions de vie.

Dans le même genre était votée a majorité comme revendication « la création de 100 000 places en logement Crous par an » Mais de quels logements nous parlent ils ? La création de 100 000 logements pour qui ? Ils nous parlent bien ici de ces cases de 12m2 pour les étudiants sans ressources qui touchent la bourse et/ou qui doivent travailler pour vivre. Les questions du parcage et de la concentration du prolétariat sont des préoccupations de la bourgeoisie, il s’agit pour elle de savoir comment elle peut nous exploiter et nous presser a moindre coût. C’est l’Etat qui nous encadre et qui nous circonscrit dans des espaces toujours plus détériorés.

Des logements il y en a et ce n’est pas notre problème. Ce qui nous importe c’est notre condition de vie dans ces chambres et studios, elle va en se dégradant et la construction de nouveaux logements n’annonce rien concernant son amélioration. Nous voulons gagner plus en travaillant moins, nous voulons vivre dans plus grand et payer moins cher, avoir le chauffage l’hiver, la clim l’été et l’eau chaude toute l’année. Pour ça il faut se battre et personne ne le fera pour nous. Nous devons lutter en partant de nos problèmes, en partant de notre condition, dans notre logement comme dans le travail. Les grèves de loyers, grèves du travail, arrêts de la production et de la circulation des marchandises sont nos armes pour nous battre contre nos proprios et nos patrons, pour ça nous devons nous retrouver et nous organiser, parce que l’arrêt du travail s’organise, il ne se décrète pas.

Les bourgeois se préoccupent de savoir comment et où ils vont pouvoir nous loger, mais pour nous la vie reste une galère aimerions bien les déloger, parce que c’est bien chez eux que nous voulons vivre. Nous voulons la villa du patron et la maison du banquier, nous voulons leurs piscines chauffées et leur lits en 200x200. Nous voulons tout leur prendre.

Nous ne voulons plus squatter, nous ne voulons plus vivre dans les 12m2 du Crous.
Nous allons nous organiser et nous battre.

Assemblée de lutte mercredi 27 à 12h30 en amphi 9 au Mirail (université Jean Jaures, bâtiment Arche)

Facebook : Mirail Autonome en Lutte
#OnIraDormirChezEux
#OnEchangeNosMaisons

Link_go https://iaata.info/On-ira-dormir-chez-eux-3773.html

Commentaire(s)

> Tout crâmer !

Les prolétaires veulent depuis toujours "la villa du patron", "la maison du banquier", ... alors iels ont trimé pour des raclures, les enrichissant en même temps, participant à la construction du monde capitaliste à leur manière, aidant au saccage de l'environnement ou à la sécurité dans les magasins et dans la rue, ... tout ça pour se rapprocher de leur idéal. Et quelques-un·e·s y sont parvenu·e·s ! Et puis iels se sont reproduit·e·s, leur progéniture a pu aller à la fac (non vous ne serez pas maçon·ne, plombier·e ou peintre comme nous, d'ailleurs tu n'aimes pas beaucoup "faire des travaux", "les problèmes de chaudière", "refaire la peinture").
Mais maintenant le nouveau prolétariat veut "la clim", des "piscines chauffées" et des lits king-size, demain le dernier iphone, un SUV neuf, et se refaire faire le nez ?

Ce texte de bourgeois·e-qui-ne-s'assume-pas-vraiment est plutôt risible (je me demande encore si c'est pas une blague).
Allez, encore un petit effort, la fac est bientôt finie, et quand tu auras ton diplôme, tu pourras oublier ce petit coup de colère et à ton tour, travailler, peut-être te reproduire et atteindre ton petit idéal, sans jamais avoir à réparer une chaudière ou refaire les peintures, laissons ça aux (vrais) prolétaires !

De notre côté, dans nos squats que tu détestes, on projettera toujours de crâmer les villas des patrons et les maisons des banquiers, ou de balancer des remorques de purin dans leurs piscines, fais gaffe de ne pas être dedans ce jour là, toi qui veut vivre chez eux !

À mort la bourgeoisie,
À bas le prolétariat !
Classes pas classes.