Saint Nazaire : retour sur la marche contre les violences faites aux femmes

Mis a jour : le mardi 26 novembre 2019 à 10:13

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Un retour sur la marche contre les violences faites aux femmes le samedi 23 novembre à Saint Nazaire

Samedi après-midi, nous étions environ 500 à marcher contre les violences faites aux femmes, à Saint Nazaire. Étaient présents des associations, des collectifs mais aussi et surtout des gens révoltés par le sexisme et la violence quotidienne. Il y avait des femmes des hommes et des enfants, de tout âge et parfois venus de loin. Nous avons chanté en choeur l'hymne des femmes, nous avons pleuré à l'évocation du dénombrement macabre de ces femmes (et enfants) mortes sous les coups de leur (ex) mari, nous avons crié des slogans comme "nous sommes fort.e.s et fièr.e.s, féministes radicales et en colère", nous nous sommes couchés et avons honoré toutes celles et ceux qui subissent cette violence au quotidien. J'ai été émue de voir autour de moi des femmes et amies qui ont vécu les pires horreurs mais qui se sont relevées. Nous n'oublierons jamais, c'est un combat du quotidien mais un pas de plus vers l'apaisement.

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un article sur Antoine Planchenault, agresseur récidiviste, patron du Back café à Saint-Nazaire

Notre collectif Guerrières de l'Ouest a pris la parole devant un bar contre cet homme qui bénéficie impunément de son aura de patron pour asseoir son emprise sur les femmes. Malgré qu'il est déjà été reconnu coupable pour des faits de violences, de vol et de dégradation de biens, et que certaines de ces victimes bénéficient de mesures de protection, il a eu l'audace d'essayer de se joindre à notre marche. Puis plus tard de profaner un discours méprisable envers une de ses victimes.
Agresseur comme patron il s'agit du même homme. A bientôt pour ton prochain procès!

Samedi après-midi, nous étions une trentaine à tenter de déprogrammer la séance du film J'accuse de Polanski. Abjectes, ce sont ces hommes et ces femmes qui au lieu de construire un dialogue constructif nous ont craché leur haine à la figure. Venus la pour un "simple divertissement". Les propos ont bien vite dérivés sur des discours sexistes, d'une violence extrême. J'aurais espéré voir quelques spectateurs se lever et quitter la séance, ce n'était pas le cas. Je crois que ces gens la ne changeront jamais malheureusement, ils ont intégrés, hommes comme femmes, un discours patriarcal et paternaliste dans lequel certaines choses doivent rester de l'ordre du privé. Ils nous ont scandé le traditionnel " c'était il y a 40 ans", "tu n'y étais pas", " c'était une autre époque".. Parce qu'il y a 40 ans sodomiser une petite fille de 13 ans c'était acceptable? Parce que comme c'était il y a si longtemps elle devrait avoir oublié?? Nous n'oublierons jamais les gestes qui ont été portés sur nos corps, vous nous avez détruit(e)s de vous être approprié le droit de faire de nous votre chose. Je revendique aujourd'hui fièrement que mon corps m'appartient. Une femme nous a impunément craché à la figure que "si elle avait été violée, elle n'en parlerait pas". Ce discours haineux a brisé quelque chose en moi. J'ai eu le courage de parler à l'époque et de porter plainte il y a quelques mois contre celui qui m'a fait des attouchements. Mais qu'en est il de toutes celles et ceux que vous condamnez en tenant ce discours? Je ne dirais jamais que le chemin de la réconciliation est facile, nous sommes rongés par la honte et la culpabilité, mais cela doit changer. Les victimes doivent être écoutées et soutenues, il faut aussi établir un vrai dialogue de fond sur des questions de sexualité, de consentement, de respect de l'autre et de son corps et donner à chacun et chacune d'entre nous la force de se battre, et évidemment que les agresseurs soient punis à leur juste hauteur en prenant en compte toutes les décisions de justice.
Nous avons été escortés vers la sortie par des policiers.

Lundi soir, je marcherais une fois de plus contre les violences faites aux femmes à Nantes à 18h.

source : https://www.facebook.com/Guerrières-De-lOuest-107233700659422/

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