Déclaration des Féministes de l’Abya Yala face au coup d’état en Bolivie

Mis a jour : le vendredi 22 novembre 2019 à 00:25

Mot-clefs: Racisme Répression Resistances fascisme impérialisme
Lieux:

Les Féministes de Abya Yala, sommes debout, avec les femmes, et le peuple de Bolivie.


Nous rejetons le coup d’Etat, et la réaction raciste, misogyne, coloniale et patriarcales des commandos civiques.

Nous rejetons l’ingérence impérialiste au Abya Yala, avec ses politiques violentes, putschistes et guerrières.

Nous appelons les féministes du continent et les mouvements des droits humains et populaires, à soutenir un dialogue qui garantisse le respect de la volonté du peuple et permettre de trouver une sortie politique et pacifique au conflit pour la Bolivie.

75000437_1398548533646892_7534224062910824448_o-medium

Durant ces jours où les peuples de l’Abya Yala se soulévent face à la crise politique, sociale, économique, financière, culturelle et au patriarcat capitaliste et colonial, en exigeant que les « transnationales », les pays impérialistes, le FMI cessent d’exploiter, piller et imposer leurs lots de conditions et d’exigences, ces mêmes acteurs qui alliés aux secteurs bourgeois, racistes, patriarcaux et oligarchiques promeuvent le coup d’état en Bolivie.

Les actions appelés à tort « civiques », attaquent tout spécialement les femmes indigènes, qui pendant ces années de processus de changement ont réalisé des démarches pour la dignité, la récupération de leurs droits et leurs identités.

Le peuple bolivien a bien des choses à débattre sur les politiques du gouvernement d’Evo Morales. Mais il est inacceptable que face à ses débats, on permette des réponses putschistes, racistes et fascistes, que nous connaissons que trop bien sur le continent.

En dépit des propositions faites par Evo Morales, en convoquant des instances nationales et internationales afin de vérifier le processus électoral, et en ouvrant le dialogue pour assurer la paix, il est clair que ceux qui manipulent politiquement ces commandos « civiques », les Mesa et Camacho, ne sont pas disposés à dialoguer, ni à trouver une solution politique et pacifique.

Ils ne le feront que sous une intense pression nationale et internationale. Nous appelons à constituer ce dialogue et à l’accompagner depuis tous les peuples du continent.


En tant que Féministes de l’Abya Yala, nous écoutons avec attention les voix des femmes originaires, des peuples indigènes, des féministes communautaires antipatriarcales, des secteurs sociaux les plus modestes, qui aujourd’hui se voit menacé.e.s par l’avancée raciste et fasciste.

Nous nous indignons face aux actions des bandes « civiques » stimulé par Camacho et Mesa qui nous rappelle les violences coloniales.

Nous exigeons que les forces policières qui se sont alliés au coup d’état, soient démantelées. Nous exigeons que les gouvernements du monde se prononcent contre le coup d’état. 


Nous les peuples, avons de la mémoire et nous construisons ensemble le « Jamais plus ! ».

En tant que Féministes de l’Abya Yala, engagées dans la lutte quotidienne pour la vie, nous nous opposons aux positions de ceux qui au nom du féminisme s’unissent à des politiques putschistes, coloniales, patriarcales et racistes.
Pas une femme Originaire frappés$e par les bandes racistes.


Jamais plus de coup d’état dans l’Abya Yala


Ni coup d’état ni coup aux femmes !

https://rebellyon.info/Traduction-de-communiques-sur-la-21339

Commentaire(s)

> L’Union Européenne soutient le coup d’Etat en Bolivie !

L’Union Européenne a reconnu la présidente auto-proclamée de Bolivie, Jeanine Añez. De son côté, le Parlement européen se refuse à qualifier de « coup d’Etat » le putsch civico-militaire de ces derniers jours.

Au niveau du Parlement, les groupes des conservateurs, des libéraux et des écologistes se sont opposés à une motion visant à qualifier ce qu’il se passe en Bolivie de coup d’Etat. Du côté de la Haute-représentante de l’Union pour la politique étrangère, la sociale-démocrate Federica Mogherini, elle a déclaré en session plénière du Parlement que « l’UE soutient une solution institutionnelle qui permette qu’il existe un gouvernement intérimaire qui prépare de nouvelles élections et évite un vide de pouvoir qui aurait des conséquences pour tout le pays ». Il s’agit d’une manifestation claire d’ingérence impérialiste visant appuyer la droite et l’extrême droite boliviennes qui tentent d’imposer un nouveau gouvernement réactionnaire en capacité de redéfinir le régime politique, qui liquide, par la force, les acquis arrachés par la lutte des classes populaires et qui améliore plus encore les conditions d’investissement des multinationales européennes et étatsuniennes dans le pays.