Mobilisation internationale du 8 au 11 novembre : prisonnier-e-s palestinien-ne-s

Mis a jour : le lundi 4 novembre 2019 à 23:52

Mot-clefs: antifascisme fascisme antisionisme
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Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, dont est membre le Collectif Palestine Vaincra, appelle tous les partisans de la justice en Palestine à organiser des manifestations, des actions, des tables d’informations, des rassemblements, des campagnes d’affichage et des mobilisations du 8 au 11 novembre afin de revendiquer la liberté des prisonniers politiques palestiniens luttant pour la liberté – et leur vie même – dans les prisons de l’occupation israélienne.

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Khalida Jarrar, principale féministe palestinienne, femme de gauche et parlementaire, a été saisie à l’aube du 31 octobre 2019 par les forces d’occupation israéliennes. Ces forces lourdement armées ont envahi son domicile avec plus d’une douzaine de véhicules militaires et 80 soldats huit mois seulement après sa dernière libération des prisons israéliennes. Elle y avait été emprisonnée pendant 20 mois, sans inculpation ni procès en détention administrative. Au cours de l’emprisonnement de Khalida, plus de 275 organisations du monde entier ont rejoint l’appel à sa libération. Des manifestations et des mobilisations dans le monde entier ont mis en avant son cas. Il est temps d’agir à nouveau et d’exiger la libération immédiate de Khalida !

Heba al-Labadi est une Palestinienne de 24 ans de nationalité jordanienne. Elle est en grève de la faim depuis le 24 septembre 2019 contre sa détention administrative – emprisonnement sans inculpation ni jugement. Elle est l’une des 425 Palestiniens détenus sans inculpation ni jugement, dont beaucoup passent des années en prison sous des ordonnances de détention administrative renouvelées indéfiniment. Au total, plus de 5500 Palestiniens emprisonnés par l’occupation israélienne. Heba al-Labadi a entamé sa grève de la faim après cinq semaines de durs interrogatoires faisant appel à des techniques assimilables à la torture, notamment la privation de sommeil, des menaces contre sa famille, des violences verbales. Heba est emprisonnée par l’occupation israélienne depuis le 20 août, date à laquelle elle est entrée en Palestine avec sa mère pour assister à un mariage à Naplouse.

Samer Arbeed est détenu à l’hôpital Hadassah après de graves tortures par Israël, soumis à des interrogatoires et à des passages à tabac brutaux qui lui ont fait perdre connaissance pendant des semaines. Il a été enchaîné à son lit et a même été gazé dans sa chambre d’hôpital par les forces israéliennes malgré le fait qu’il ait 11 côtes cassées et une pneumonie ainsi qu’un dysfonctionnement rénal si grave qu’il nécessite maintenant une dialyse. Il n’avait souffert d’aucune de ces conditions médicales avant d’être capturé par les forces d’occupation israéliennes le 25 septembre, bien que son épouse ait été témoin des soldats de l’occupation commençant à le battre immédiatement après son arrestation. Il a été interdit de visites d’avocats et ses avocats n’ont pas été informés qu’il était gazé. Dans un rapport médical remis par l’unité de soins intensifs de l’hôpital, il a été noté que la santé des poumons de Samer s’était encore détériorée à cause de la contamination de son appareil de ventilation.

Khalida, Heba et Sameer se sont organisés, indépendamment les uns des autres, pour défendre les prisonniers palestiniens. Khalida est l’une des plus éminents défenseurs internationaux des prisonniers palestiniens et de leurs droits. Elle a également été vice-présidente du conseil d’administration de l’association des droits de l’homme et de soutien aux prisonniers d’Addameer. Heba a écrit et fait campagne pour les prisonniers politiques palestiniens et a appelé à leur libération, y compris celle de Georges Abdallah, emprisonné en France pendant 35 ans. Samer Arbeed a travaillé bénévolement pour des organisations qui revendiquaient la liberté des prisonniers. Auparavant, il avait été pris pour cible pour son travail.

Du vendredi 8 au lundi 11 novembre, défendez Khalida, Heba, Samer et les milliers de Palestiniens détenus derrière les barreaux. La torture, les détentions arbitraires et les mauvais traitements sont pratiqués à la vue du monde et nous devons parler et nous tenir aux côtés de ces Palestiniens qui revendiquent le respect de leurs droits les plus fondamentaux.

Liberté pour tous les prisonniers palestiniens ! Liberté pour la Palestine !

http://www.ism-france.org/temoignages/Mobilisation-internationale-du-8-au-11-novembre-liberte-pour-Khalida-Jarrar-Heba-al-Labadi-Samer-Arbeed-et-tous-les-prisonniers-palestiniens--article-20984

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> Le Char et l'Olivier, une autre histoire de la Palestine

Mediapart est partenaire du film documentaire Le Char et l'Olivier, une autre histoire de la Palestine, qui sort ce mercredi 6 novembre.

L'histoire de la Palestine, de son origine à aujourd'hui, loin de ce que les médias appellent le conflit israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations unies, juristes en Droit International mais aussi, témoignages de simples citoyens... Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et idées reçues !

Des faits historiques irréfutables qui restent pourtant méconnus du grand public : découvrez ce documentaire édifiant, au cinéma le 6 novembre.

LE CHAR ET L'OLIVIER, UNE AUTRE HISTOIRE DE LA PALESTINE, au cinéma le 6 novembre.

En partenariat avec AFPS - Association France Palestine Solidarité, Fédération Artisans du Monde, Basta, média indépendant, l'Humanité, La Cimade, Mediapart, Le Mouvement de la Paix, MRAP, Orient XXI, Plateforme Palestine, Politis.fr et Union Juive Française pour la Paix UJFP.

https://blogs.mediapart.fr/edition/complices/article/251019/le-char-et-lolivier-une-autre-histoire-de-la-palestine

> Les prisonniers de l'état raciste

Près de 7000 prisonniers palestiniens et parmi eux, des femmes, des enfants et des personnes âgées souffrent dans les prisons israéliennes. Beaucoup d’entre eux ont été condamnés à la prison à vie alors que d’autres ont passé plus de trente ans derrière les barreaux. Le combat des prisonniers palestiniens vise essentiellement à améliorer leurs conditions de détention très dures, conditions qui ne sont que moyens de leur infliger la mort lente, mort physique ou psychologique.

Entassés dans de minuscules espaces, privés d’une alimentation convenable et de soins médicaux dignes de ce nom, ils ne peuvent pas avoir accès aux livres et sont contraints de n’écouter que les informations de la radio israélienne alors que la télévision leur est interdite. Par ailleurs, de nouveaux médicaments sont testés sur eux, une chose qui, combinée aux mauvaises conditions de vie, induit chez beaucoup de prisonniers des maladies chroniques ou des infirmités définitives.

Les visites familiales sont souvent entravées ou tout simplement annulées au hasard et sans préavis. Quand elles sont permises, les autorités pénitentiaires utilisent des barbelés pour maintenir une distance d’au moins un mètre entre les prisonniers et leurs familles.

Une des armes les plus dangereuses utilisées par Israël contre les prisonniers palestiniens est la torture psychologique infligée par le biais de la détention administrative : on est prisonnier mais on ne fait l’objet d’aucune accusation ou de procès. La détention administrative peut être renouvelée indéfiniment et peut durer des années avec privation de visites familiales pendant des mois. Des maladies mentales chroniques en ont souvent résulté.

Des statistiques récentes révèlent que plus d’un million de Palestiniens dans les territoires occupés ont été faits prisonniers par Israël à un moment ou à un autre de leur vie. Ce fait signifie qu’en moyenne, au moins un membre de chaque famille palestinienne a été arrêté et fait prisonnier.

Depuis 1967, début de l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza par Israël, 218 prisonniers palestiniens ont été tués dans les prisons israéliennes. Soixante-quinze d’entre ont été victimes de meurtre prémédité, sept ont été tués par balles, soixante-deux sont morts de négligence médicale et soixante-treize ont succombé à la torture.

Les femmes prisonnières, quand elles sont enceintes, doivent accoucher dans des conditions très dures dans un hôpital de fortune aménagé dans un local de la prison sous la supervision d’une infirmière. Il y a eu des cas de femmes attachées au lit avec menottes alors qu’elles accouchaient. Les bébés restent en prison avec leur mère.