Vérité et justice pour Ibrahima, mort à Villiers-le-Bel

Mis a jour : le samedi 19 octobre 2019 à 11:36

Mot-clefs: quartiers populaires bavure crime policier
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La ville où Mouhsin et Laramy avaient trouvé la mort il y a douze ans, dans un accident impliquant la police, est à nouveau en deuil, pour des raisons similaires. Cette fois, c’est Ibrahima Bah, 22 ans, qui a été tué. Un millier de personnes ont marché pour la vérité et la justice, et la famille demande l’accès aux vidéos de surveillance.

Dimanche 6 octobre, à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), Ibrahima Bah, 22 ans, est mort après avoir perdu le contrôle de sa moto. La police lui aurait barré la route, causant l’accident. Or, comme trop souvent, la version des témoins n’est pas la même que celle de la police.

Le lendemain à 17 heures, une marche et un rassemblement étaient organisés par ses proches. Parties du quartier de la Cerisaie, où avait eu lieu le drame, plus d’un millier de personnes, majoritairement des habitantes du quartier, ont défilé silencieusement.

L’atmosphère était lourde de deuil. La marche a pris fin à un carrefour non loin de là. Ce même carrefour où, en 2007, Mouhsin Sehhouli et Laramy Samoura avaient trouvé la mort dans des circonstances similaires, provoquant trois jours d’émeutes pour la vérité et la justice. Ce carrefour est devenu symbolique pour les habitantes et habitants de Villiers-le-Bel, Sarcelles et Garges-lès-Gonesse.

Motards, fumigène et prise de parole

Après un silence déchirant, une cinquantaine de motos sont arrivées en cortège, se sont regroupées et ont fait rugir les moteurs en chœur pendant plusieurs minutes, comme pour signaler leur rage et leur tristesse à tout le quartier.

Une torche à main rouge a été craquée au milieu du cortège puis, soudain, le bruit a pris fin. Les motards ont alors totalement encerclé le carrefour, achevant de bloquer la circulation pour sécuriser le rassemblement.

Plusieurs interventions se sont alors enchaînées au micro.

Diané Bah, le grand-frère d’Ibrahima, a rappelé que son frère n’est pas la première victime des violences policières en quartier populaire, et qu’il est temps que ça cesse.

Assa Traoré, du Comité pour Adama, a annoncé que la famille Bah aura besoin d’un soutien au long cours pour un an, deux ans ou dix ans, car les combats pour la vérité et la justice sont toujours effroyablement longs et difficiles.

La famille va porter plainte, et demander à avoir accès aux vidéos de surveillance.

C’est un long combat qui commence.