Voyage en Giménologie (Des Fils de la Nuit aux Cousins de la Pénombre)

Mis a jour : le jeudi 12 septembre 2019 à 03:41

Mot-clefs: -ismes en tout genres (anarch-fémin…)
Lieux:

Ce ou cet(te) article a été refusé d'après la charte. Un commentaire explique les raisons de ce refus.

Après la parution du livre d’Antoine Gimenez et des Giménologues, nous avons correspondu avec ces derniers pour prolonger quelques questions parmi toutes celles que ces excellents Souvenirs de la guerre d’Espagne suscitent et alimentent.

Cette réflexion en commun a été interrompue de notre fait, compte tenu de l’inexplicable et inquiétante bienveillance dont témoignaient les Giménologues à l’encontre de personnages comme Gilles Dauvé, et, pire encore, de Paul Rassinier. Dans ces conditions, on cesse de se sentir proche, mais bien plutôt loin, même « plusloin » (site hébergeant initialement les Giménologues), voire « troploin » (site de Gilles Dauvé).

Le lecteur de la correspondance que nous publions pourra prendre connaissance en détail de la façon dont ces circonstances se sont fait jour, inattendues, certes, mais non moins instructives. Les Giménologues, ce sont ici Myrtille et Vincent, les Amis de Némésis Jean-Pierre et Fabrice.

De ces échanges finissant en eau de boudin, nous retenons l’amère confirmation du succès encore persistant de l’opération Faurisson / Guillaume, menée il y a pourtant un quart de siècle. La façon massive, grotesque et impardonnable dont une partie de l’ultragauche[1], souffrant d’une véritable infirmité de naissance de par son adhésion à un folklore néo-bolchevique tout à fait muséographique, s’était laissée entraîner, plutôt activement, dans le sillage d’un leurre théorique aussi évident n’est décidément pas du nombre des blessures susceptibles de guérir : une fois qu’on a donné dans un tel panneau, au point de s’en être fait le représentant de commerce hexagonal, le retour à une lucidité sans phrases et sans précautions dilatoires semble décidément impossible. Cela, on le savait déjà à propos de Dauvé et consorts, puisque même lorsqu’il devint impossible de conserver le silence sans étouffer sous le discrédit, toutes les réserves alambiquées qui se succédèrent illustrèrent que la clarté et la franchise resteraient à jamais hors de portée, pour ne pas dire hors de visée. Pour que ces cercles d’ultragauche puissent prolonger leur action, et adopter comme activité principale la recherche permanente et ininterrompue, ad nauseam, d’une définition labellisée du « communisme » tout en imaginant et en ressassant les entraves suffisantes pour ne pas y parvenir, il fallait d’abord montrer patte grise. Mais ce qu’on ne savait pas encore, c’est que la maladie était capable de se propager au-delà de ces cercles, par exemple chez des personnes plus proches du milieu libertaire. Le virus était donc transmissible au-delà des murs des chapelles, et même aujourd’hui, on le découvre encore en train de couver là où personne, à vrai dire, ne l’attendait.

L’introduction du négationnisme dans la mouvance ultragauche s’était déroulée en opération de désinformation parfaitement et durablement réussie puisque le faux dissident y était apparu comme renversement du faux officiel, et donc, illusoirement, comme apparence du vrai. Sa seule vérité, au-delà de ce qu’il affectait d’énoncer, était sa fonction, celle d’un leurre dont, comme on verra à la lecture, certains ne parviennent toujours pas à appréhender la nature, au point d’en rester paralysés, au mieux, ou sympathisants, au pire. Même plusieurs décennies plus tard, d’interminables semi-justifications des errances passées peuvent encore aller jusqu’à défendre la mémoire de l’ineffable Rassinier. La fréquentation assidue du sympathique Gimenez et un travail indiscutablement honnête et scrupuleux pour établir la vérité en Espagne n’auront pas suffi à tarir le goût pour de médiocres falsifications en France, ce qui est quand même très inquiétant, puisque ce qu’un esprit tolère vient toujours mesurer l’étendue de sa perte. En d’autres termes : la vérité, on l’aimerait plus contagieuse.

Le lecteur en jugera par lui-même, pièces en main, et il constatera aussi que de tout cela, nous ne lui fournirons aucune explication évidente, ni même satisfaisante : la raison étant tout simplement que nous n’en disposons pas nous-mêmes, et que nous l’abandonnerons en compagnie de la question.

Il reste que, comme on sait, les Giménologues entretiennent un site Internet (www.plusloin.org/gimenez, puis http://gimenologues.org) sur lequel ils prétendent publier les courriers qui leur sont adressés. Est-ce leur site qui manque de mémoire, ou bien seraient-ce plutôt eux-mêmes ? Où sont passés les octets ? En tout cas, il est clair que nos échanges, de même que tous les autres qui mettent en cause ou font paraître un conflit, n’y seront jamais publiés. Le lecteur des Giménologues en sera pour ses frais, de même probablement que quelques Giménologues eux-mêmes, pas forcément avertis de tout. On aime la critique, mais pas chez soi.

Toutefois, avant de faire connaître ces correspondances, nous avions pris la précaution de marquer un délai d’attente raisonnable, de façon à permettre aux Giménologues d’ajouter une sorte de réponse. Mais devant le silence qui vient éloquemment clore cette discussion, nous n’avons plus aucune raison pour ne pas livrer maintenant ces échanges au public.

 

Les Amis de Némésis Le 1er novembre 2006

 

[Dans les courriers qui suivent, nous n’avons conservé que les passages touchant spécifiquement aux questions telles que la révolution espagnole, le dépassement du travail, les collectivisations, les citations et l’appréciation de Dauvé et Rassinier, d’autres thèmes théoriques abordés, et nous avons enlevé les données plus personnelles, les formules de politesse, les récits de voyage e tutti quanti. Les passages ne figurant pas sont signalés par des points de suspension entre crochets].

 

Télécharger au format PDF : correspondance.gimenologues

Commentaire(s)

> Article refusé.

ce truc est sur internet depuis 2006...

Les commentaires ne sont pas autorisés pour article.