De la nécessité de combattre l’islam politique

Mis a jour : le mardi 10 septembre 2019 à 12:39

Mot-clefs: Resistances / -ismes en tout genres (anarch-fémin…) antifascisme genre sexualités
Lieux:



Les attentats islamistes comme ceux de Paris dans les locaux de Charlie Hebdo, de Montrouge et de Vincennes ont entraîné une vague d’indignation non seulement en France, mais aussi dans beaucoup de pays du monde.

Des rassemblements spontanés se sont formés ici ou là pour se terminer par de grandes manifestations du 11 janvier 2015 partout en France, regroupant environ 4 millions de participants. Autant les rassemblements du 7 janvier, voyant jusqu’à 100 000 personnes en France dont 35 000 à Paris devaient être soutenus par leur caractère spontané, autant les manifestations du 11 janvier étaient récupérées par divers partis politiques et surtout l’État avec un cortège de chefs de gouvernements qui n’ont que faire de la liberté d’expression ou tout simplement des droits humains les plus élémentaires dans leurs propres pays.

Les événements de Paris ont déjà fait couler beaucoup d’encre, plusieurs centaines d’heures de débats y ont été consacrées aussi bien dans les médias dominants qu’alternatifs. Il y en aura certainement beaucoup d’autres prochainement. Souvent, on veut savoir si les musulmans en général et celles et ceux de France en particulier peuvent vivre avec les autres en respectant certains principes comme la laïcité, le droit au blasphème, etc., qui ont d’ailleurs été conquis par de longues luttes séculaires ou pas. énormément de questions sont posées sur la nature de l’islam pour savoir s’il peut être réformé ou actualisé, peut-on avoir un islam des Lumières demandent les uns, qu’est-ce qui est « islamophobe » ou ne l’est pas, interpellent les autres. Force est de constater que la question essentielle et primordiale n’est pas posée dans ces débats et échanges, bien que celles exprimées aient bien sûr leur place.

Les attentats de Paris, de Montrouge et de Vincennes ne sont pas seulement l’œuvre de trois délinquants musulmans qui se seraient radicalisés dans les prisons françaises ou qui aurait fait des voyages pour se former militairement dans des zones de conflits comme le Yémen. L’origine de ces actes doit être recherchée plus loin dans le temps (janvier 2015) et dans l’espace (prisons françaises et pays en conflits).

Religions-medium
la religion nie l'individu

 

 

L’islam politique remonte à des périodes historiques très lointaines, jusqu’à la prophétie de Mahomet. Mais, dans cet article, nous nous limiterons à une époque beaucoup plus proche, qui a vu se former des États ouvertement islamiques, lesquels n’existaient pas auparavant.

L’islam politique et la formation des États islamiques contemporains sont surtout la résultante de contradictions importantes de deux superpuissances qui se battaient pendant de longues années pour contrôler le monde et mettre la main sur les richesses des pays que chacune avait sous son joug. Il s’agissait de l’Union soviétique et des États-Unis, sans oublier le rôle de leurs « alliés ». Les réalités historiques d’une quarantaine de dernières années montrent que l’islam politique s’est mis sur le devant de la scène internationale par deux coups d’État au Pakistan et en Afghanistan et une révolution essuyant un échec en Iran.

 

  • PAKISTAN

Nous sommes au Pakistan dans les années 1970. Ali Bhutto prend le pouvoir en 1972 suite à des élections démocratiques. Un an plus tard, une nouvelle Constitution est adoptée. Bhutto lance des nationalisations et une réforme agraire. Il interdit aux militaires d’avoir des postes décisionnaires politiques. Ce ne sont pas seulement les patrons des banques et des grandes entreprises nationalisées et des militaires qui s’opposent à Bhutto, c’est aussi les religieux qui n’acceptent pas le « socialisme » de celui-ci qui donnerai surtout, selon eux, trop de libertés aux femmes dans un pays musulman. Plusieurs partis se liguent contre Bhutto, mais il regagne en 1977 les deuxièmes élections du Pakistan. L’opposition conteste les résultats en déclenchant des émeutes. Finalement, le 5 juillet 1977, le général Zia Al Hagh impose la loi martiale au Pakistan. Deux ans plus tard, il interdit tous les partis et fait pendre, le 4 avril 1979, Ali Bhutto.

Le général Zia Al Hagh ne se contente pas de simples interdictions de partis politiques et de la pendaison de son prédécesseur laïc ; en s’appuyant sur les mollahs pakistanais, il impose les lois islamiques à la société en instaurant entre autres, la zakât (impôt islamique) et la charriah qui permet les châtiments publics comme les coups de fouet. Il interdit aux femmes d’apparaître tête nue à la télévision. Il instaure la peine de mort pour les blasphèmes contre Mahomet alors que jadis cela n’existait pas dans le droit pakistanais. Bref, il fonde la première république islamique de l’histoire, qui s’appelle encore de nos jours République islamique du Pakistan. Il ne s’arrêtera pas là.

 

  • AFGHANISTAN

 

Quand, le 27 avril 1978, deux partis proches de l’Union soviétique instaurent une « république démocratique populaire » en Afghanistan par un autre coup d’État que les partis communistes prosoviétiques qualifiaient de « révolution », le général Zia Al Hagh prend le soin de transformer le Pakistan en base arrière de formation et d’armement de militants islamiques qui seront connus plus tard sous le nom de Taliban (étudiants en théologie islamique).

Il ne sera pas seul dans cette tâche, l’argent saoudien, qatari et d’autres émirats du Golfe coulera à flot. L’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques, qui commence le 24 décembre 1979, renforce la politique de soutien financier et militaire des Talibans.

Est-ce que le général Zia Al Hagh aurait pu réussir son coup d’État sans le soutien des pays occidentaux et en particulier les États-Unis ? Est-ce que les Talibans afghans auraient pu prendre le pouvoir en Afghanistan entre 1996 et 2001 pour saigner encore plus les populations après tant d’années de guerre ?

 

Une réponse claire est donnée en avril 2009 par Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, s’exprimant devant le sénat américain : « Nous avons en quelque sorte une histoire d’entrée et de sortie du Pakistan. Laissez nous rappeler que ceux contre qui nous menons une guerre aujourd’hui étaient payés par nous-mêmes. Nous les avons aidés, il y a trente ans, car à cette époque nous nous battions contre l’Union soviétique. Elle avait envahi l’Afghanistan. Nous ne voulions pas qu’elle contrôle toute l’Asie centrale. Nous avons conclu à cette époque-là qu’il fallait faire quelque chose. Le président Reagan et le Congrès à majorité démocrate se sont donné la main pour utiliser l’ISI [NDLR : les services secrets pakistanais], l’armée pakistanaise, les modjahédin [NDLR : ici les Talibans, mais littéralement ceux qui font le djihad] et l’Arabie saoudite et son islam wahhabi pour que nous puissions faire échec à l’Union soviétique. Les Russes ont perdu des milliards de dollars et l’Union soviétique s’est effondrée. Ce n’était donc pas un mauvais investissement… »

L’islam politique apparaît donc au Pakistan et en Afghanistan pour que les Américains puissent vaincre les Soviétiques.

 

  • IRAN

 

Mais il y a un autre événement majeur qui renforce l’islam politique presque au même moment, c’est la révolution iranienne qui commence en 1978 et aboutit un an plus tard par le renversement du régime du chah (roi en iranien) et met fin à plus de deux mille cinq cents ans de royauté en Iran. Ici l’interventionnisme des États occidentaux est beaucoup plus subtile, mais leur but est identique : renforcer l’islam politique contre les Soviétiques. De larges couches de populations descendent dans les rues partout en Iran. Le chah les réprime. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont morts. Le remplacement de plusieurs premiers ministres par le chah ne change rien. Les manifestations continuent par des millions de gens, surtout à Téhéran, qui compte jusqu’à 4 millions de participants à chaque fois. Les slogans sont restés longtemps pendant la révolution les mêmes : « Mort au Chah et vive la liberté. » Les manifestations ne suffisent pas.

D’importants mouvements de grèves ouvrières sont déclenchés et le jour où la grève générale illimitée des ouvriers pétroliers commence, qui met fin à la principale source des revenus du pays, le chah lui-même sent sa fin. Il viendra dire qu’il a entendu la voix de la révolution. Il promettra aux journalistes étrangers que les libertés politiques seront aussi larges en Iran qu’en France. Mais plus personne ne le croit. Les gens dans les quartiers et les ouvriers dans les usines commencent à s’organiser dans les shoras ou les conseils. Ces conseils ont d’abord pris la forme des comités de grève dans les usines et ateliers.

Les quartiers et usines apprennent à s’autogérer et subvenir à leurs besoins dans une situation de crise. Cela ne remplit toutefois pas un grand vide, celui d’une alternative politique après le renversement du régime du chah. Car ce dernier avait interdit tous partis et groupes politiques indépendants d’opposition, surtout après le coup d’État de 1953 fomenté par la CIA contre le gouvernement nationaliste de Mossadegh. L’opposition est très hétéroclite. Elle comprend aussi des mollahs et en particulier un ayatollah qui s’appelle Khomeiny, relégué en Irak par le chah en 1965 alors qu’il s’opposait à ses réformes agraires ou l’octroi du droit de vote aux femmes.

Les mollahs surfent sur l’inexistence de groupes politiques organisés en proposant aux populations leur vaste réseau de lieux de culte, en particulier les mosquées. Les répressions sauvages de l’armée du chah s’arrêtent soudain avant même que le régime du chah soit renversé par une insurrection armée populaire qui n’a duré que deux jours, les 10 et 11 février 1979. Pourquoi les répressions militaires des manifestants s’arrêtent avant la fin définitive du régime du chah ? Que s’est-il passé ?

Le régime du chah était une véritable marionnette qui exécutait presque à la lettre les politiques occidentaux et surtout américaines en Iran et dans la région. Les tortionnaires de la Savak (la police politique) du chah étaient formés par leurs collègues israéliens. Les Américains utilisaient le chah, nationaliste comme tout bon roi, contre les autres pays de la région pour la plupart Arabes. Le chah était fier d’être le gendarme de la région. Il prenait un plaisir sans fin d’appeler l’Iran, « l’îlot de la stabilité ». Mais ni les Américains ni les autres pays occidentaux qui ont eu et ont toujours des intérêts économiques énormes dans cette région du monde ne soutiendraient sans condition leur pion au détriment de ceux-ci.

Le 8 janvier 1979, un mois avant le renversement du régime du chah, les agences de presse publient une dépêche sur une conférence qui a eu lieu en Guadeloupe. Jimmy Carter, président américain, James Callaghan, Premier ministre anglais, Helmut Schmidt, chancelier allemand, et Valéry Giscard d’Estaing, président français, étaient les convives de cette conférence. Ils devaient discuter des événements d’Iran, du Cambodge, d’Afrique du Sud, d’Afghanistan, de Turquie et de l’influence de l’Union soviétique dans le Golfe persique.

Jimmy Carter dira plus tard : « Je me suis aperçu que les trois autres dirigeants ne soutiennent plus le chah… ils disaient que le chah devrait partir le plus tôt possible. » Giscard d’Estaing dira aussi : « James Callaghan a fait une analyse réaliste de la situation en disant que le chah est fini. »

Deux jours avant la conférence de Guadeloupe, les Américains envoient un général, Robert Huyser. Il restera un mois en Iran mais ne rencontrera qu’une fois le chah. Le reste du temps, ils s’entretiendra avec les généraux de l’armée du chah pour les informer que, désormais, ils ne devaient plus réprimer les manifestants, sinon ils ne recevraient plus aucune pièce ni de munitions, sachant que toute l’armée du chah était formée et équipée par les Américains.

Pour sa part, Valéry Giscard d’Estaing avait envoyé Michel Poniatowski en Iran pour avoir une idée plus précise de la situation. Il a aussi un rapport que Sadegh Ghotbzadeh avait envoyé à l’Élysée. Ghotbzadeh était un proche collaborateur de Khomeiny. Ce dernier était bien d’accord pour que l’élysée reçoive le rapport. Ce rapport est envoyé une semaine avant la conférence de Guadeloupe et répond à une question de l’Élysée : en cas de victoire, quelles politiques choisira l’ayatollah Khomeiny ? Un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères français dira que Giscard d’Estaing était tellement content du rapport de Ghotbzadeh qu’il proposera à Carter de discuter immédiatement avec l’ayatollah Khomeiny.

Et le chah écrit lui-même dans ses mémoires : « Plusieurs semaines avant la conférence de Guadeloupe, l’on m’a mis la pression pour partir d’Iran… Je crois que la France et l’Allemagne ont accepté la proposition des États-Unis et de l’Angleterre pour que je sois expulsé d’Iran. La conférence de Guadeloupe était le “Yalta du Moyen-Orient” sans l’Union soviétique… » Pour une fois, le chah avait raison. Les principales puissances occidentales ont accéléré le processus de son départ en aidant les religieux islamiques prendre le pouvoir, car elles craignaient la radicalisation de la révolution et surtout la période postrévolutionnaire. Personne d’autre ne pouvait mieux étouffer la réalisation des revendications révolutionnaires que le clergé iranien ayant pris de fait le leadership du mouvement.

Ainsi la deuxième république islamique a été créée, et c’est elle qui existe aussi de nos jour : la République islamique d’Iran.

Mais cette seconde république islamique ne sera pas comme la première, qui restera dans les limites que ses pourvoyeurs avaient tracées.

Non seulement elle commencera à réprimer toute opposition sérieuse à son instauration, mais en plus elle décidera d’« exporter la révolution islamique » partout, selon les dires explicites de Khomeiny, pour former l’« oumma » islamique que l’on peut vaguement traduire par communauté des musulmans.

Les mollahs iraniens iront encore plus loin et diront que l’Iran est « l’oumm al ghora » de tous les pays musulman-e-s, c’est-à-dire la mère de tous les pays musulmans ! Khomeiny décrètera aussi que l’État d’Israël doit disparaître et cela non pas à cause du problème palestinien, mais surtout parce que, pour lui, Israël, un État confessionnel comme le sien, occupe la seconde Mecque des musulmans, qui est Jérusalem et sa fameuse mosquée.

Toutes ces prétentions ne plaisent guère aux autre pays islamisés comme l’Arabie saoudite. Car l’Iran des mollahs est à forte majorité chiite, alors que les autres sont sunnites. Et pour le wahhabisme saoudien les chiites sont encore plus mécréant-e-s que tous les autres mécréant-e-s qui pourraient être les juifs ou les chrétiens.

La République islamique de Khomeiny, qui s’appuyait à ces débuts sur un soutien populaire assez fort, bien que par défaut, trace sa voie et va de l’avant.

 

  • IRAK

 

La guerre que déclenche Saddam Hussein en septembre 1980, pour durer pendant huit longues années, devient une occasion en or pour les mollahs iraniens pour stabiliser leur régime et d’étouffer sans peine toutes les revendications populaires postrévolutionnaires. Les prétentions des mollahs iraniens à former la « communauté des musulman-e-s » en exportant la révolution islamique sont un véritable fer de lance pour réveiller toutes les forces réactionnaires de la région qui commencent à considérer l’islam comme un moyen qui pourrait changer les choses en leur faveur. Elles n’auront pas beaucoup de mal à recruter des masses considérables de militants qui ont été privées justement pendant des dizaines d’années d’instructions et d’éducation à cause des régimes politiques pourris jusqu’à la moelle.

Des gens à qui les moyens d’acquérir une conscience politique moderne ont été refusés par des dictateurs comme les généraux pakistanais, les rois saoudiens, les émirs du Golfe et même des présidents de républiques comme Saddam Hussein en Irak, Assad en Syrie, Moubarak en Egypte, Ben Ali en Tunisie et Kadhafi en Libye. La raison politique pour laquelle les populations restent assez inertes quand les puissances « modernes » renversent leurs gouvernements pour certains de ces pays comme l’Afghanistan, l’Irak et la Libye à coup de bombes les plus sophistiqués ou remplacent leurs dictateurs pour d’autres comme en égypte est aussi à rechercher dans cette vérité de non-formation de conscience politique et de se fier aux forces les plus obscurantistes. L’on parle beaucoup de ces soi-disant jeunes musulmans qui rejoignent les groupes sanguinaires depuis les pays européens, mais l’armée de l’État islamique compte plusieurs dizaines de milliers d’autres qui y ont adhéré sur place.

Lorsque les États-Unis ont attaqué l’Irak en 2003, le seul État qui a profité le plus de la situation ne fut que la République islamique d’Iran. Elle a réussi à placer ses pions chiites au sein du « nouveau » gouvernement irakien qui, à son tour, a commencé à réprimer les populations sunnites. Car, pour ce gouvernement, comme en Iran, les chiites sont majoritaires et doivent décider de tout. L’Iran des mollahs a pu ainsi renforcer ses ambitions expansionnistes en Irak grâce à l’attaque et l’envahissement de ce pays par les États-Unis. Cela paraît paradoxal, mais c’est la réalité.

 

 

  • L’islam politique de ces derniers temps a pris des allures confessionnelles très inquiétantes.

 

Les mollahs iraniens financent les groupes islamiques chiites comme le Hezbollah libanais, qui est un véritable État dans l’État au Liban, les Houthis au Yémen, des groupes chiites au Bahreïn, une pléthore de milices chiites en Irak, etc. Ils soutiennent le maintien du régime d’Assad en Syrie, qui est leur allié stratégique pour sa proximité à Israël. Ce n’est donc pas étonnant d’entendre un haut gradé des Pasdaran de la Révolution islamique iranien dire : la profondeur de notre défense stratégique est la Méditerranée.

Face aux mollahs chiites qui veulent toujours constituer l’« oumma » à condition qu’elle soit sous leur direction, il y a aujourd’hui une multitude de groupes islamiques salafistes qui veulent faire la même chose mais à leurs bottes avec à leur tête l’État islamique (l’ex-Daech) ou Al Qaïda qui ont été financés non seulement avec l’argent saoudien, qatari ou plus récemment turc, mais aussi les complicités occidentales qui continuent encore. Personne n’a oublié que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français soutenait encore ouvertement en décembre 2012 un groupe islamique qui s’appelle le Front Al Nosra et qui se bat contre le régime d’Assad. Par contre ce front est ni plus ni moins que la branche d’Al Quaïda en Syrie.

Il faut aussi préciser que les différences entre les chiites et sunnites concernent surtout les problèmes de succession de Mahomet, par contre, s’agissant de la charriah, leurs clivages sont négligeables. En Iran chiite, les condamnations à la mort s’appliquent par pendaison, alors qu’en Arabie saoudite sunnite, on coupe les têtes au sabre. En Iran chiite, les mollahs ont inventé des machines pour couper les doigts ou les pieds de condamnés, alors que, peut-être, en Arabie saoudite sunnite on le fait avec des couteaux mal aiguisés ! Sinon, en Iran chiite comme en Arabie saoudite, les femmes sont obligées de porter le hijab, elles n’ont pas le droit de se marier sans accord de leur père ou frère, la polygynie est autorisée, l’alcool est prohibé, des arts comme le chant des femmes ou la danse sont interdits, etc.

Il sera trop simple de dire que l’essor des groupes islamiques, qu’ils soient à la tête des États comme en Iran et même en Turquie ou qu’ils soient dans les champs de bataille comme en Irak, en Syrie ou en Libye, est dû seulement aux politiques occidentales ou bien à la non-conscientisation des masses populaires de ces pays à cause des dictatures. Des groupes politiques qui ont existé ou existent encore dans ces pays portent aussi une lourde responsabilité. Dans les pays à majorité musulmane comme l’Iran, l’Irak, l’Égypte et même la Syrie, il y avait des partis communistes assez importants en forces militantes. L’histoire montre qu’ils n’ont jamais voulu mener une politique indépendante car, d’une part, ils ont été trop inféodés au grand frère « soviétique », qui ne pensait qu’à ces propres intérêts économiques et géopolitiques, et, pour une autre part par leurs blocages idéologiques. Quelques exemples historiques sur l’Iran pourraient peut-être aider à éclaircir ce propos. Le clergé chiite en Iran a eu un rôle assez néfaste et déjà rétrograde dans les événements de 1905 à 1911 qui sont connus sous le nom de la révolution constitutionnaliste. Au cours de cette révolution les gens ont pris part aux luttes contre la cherté de la vie, mais ils demandaient aussi plus d’équité en exigeant un parlement ou bien un ministère de la Justice. Une figure importante du clergé est un mollah qui s’appelle Cheikh Fazlollah Nouri. Il s’oppose ouvertement aux libertés que les gens veulent conquérir en disant que « la liberté en islam est une forme d’apostasie ». D’autres religieux chiites feront tout leur possible pour que, s’il y a ministère de la Justice, les lois soient fondées sur la charia islamique.

Le parti communiste d’Iran fut fondé en juin 1920 par des acteurs politiques comme Heydar Amou Oghli qui faisait partie des dirigeants de la révolution constitutionnaliste. C’est un parti qui est dans la lignée des partis communistes pro-bolcheviks. Cela n’empêche pas un autre dirigeant de ce parti, Avtis Soltanzadeh, d’écrire ceci en 1922 : « Les théories du califat ou de la hiérarchie cléricale mais aussi du panislamisme sont certes profondément réactionnaires. Mais ces théories mobilisent les couches inférieures musulmanes contre le capitalisme occidental et au premier degré contre la domination britannique, c’est pourquoi elles jouent relativement un rôle révolutionnaire. Car elles accélèrent la désagrégation du capitalisme mondial et affaiblissent les bases de la domination londonienne. » Soltanzadeh écrit ces lignes alors qu’il est considéré comme un dirigeant « gauchiste » du PCI ! Il participera au deuxième congrès du Komintern et se fera élire dans sa commission exécutive. Il fera aussi partie des douze membres sur quinze, du comité central du PCI qui seront exclus pour leurs désaccords avec les autorités soviétiques et du parti communiste d’Azerbaïdjan. Il critiquera les politiques soviétiques sur l’Iran en janvier 1922 mais restera à l’Institut bancaire soviétique jusqu’en 1927. L’Union soviétique de Staline dissoudra le parti communiste d’Iran en 1932. Staline accusera Soltanzadeh de positions antiléninistes et le fera exécuter le 16 juillet 1938 pour « espionnage au profit de l’Allemagne » !

Un second parti communiste, qui prendra le nom du parti Toudeh d’Iran, sera créé en 1941. C’est un parti encore plus prosoviétique que le premier. Lorsque le gouvernement nationaliste de Mossadegh nationalise le pétrole, le parti Toudeh (parti des masses) a des désaccords avec lui car peu de part de la manne pétrolière est prévue pour l’Union soviétique. Le parti Toudeh, seul parti de gauche de l’époque, dispose d’un réseau de militants considérables. Il a une organisation militaire secrète constituée de soldats et de nombreux officiers au sein des armées, mais il ne sera pas assez réactif contre le coup d’État de la CIA contre Mossadegh qui fera tomber son gouvernement et revenir le schah qui avait fui le pays. Le parti Toudeh sera de fait, à l’époque, sur la même ligne que le clergé chiite contre le gouvernement nationaliste de Mossadegh, un clergé dirigé par un ayatollah s’appelant Kachani.

Le parti Toudeh, qui a fêté ses soixante-quatorze ans en octobre 2015, défendra le régime des mollahs jusqu’en 1983 alors qu’ils ont commencé la répression de toutes les oppositions quelques mois après la chute du schah en février 1979. L’opposition du parti Toudeh contre la République islamique commence au moment où elle en finit avec les autres et vient le taper lui aussi. Mais pour quelle raison le parti Toudeh a-t-il soutenu pendant plusieurs années le régime des mollahs ? Parce que, selon ce parti, la République islamique d’Iran est « anti-impérialiste » et l’on pourra l’aider à cheminer vers le socialisme par la voie de croissance non capitaliste ! Étrange similitude idéologique entre cette position et celle de Soltanzadeh cinquante-sept ans plus tôt, n’est-ce pas ?

L’on a essayé de voir que le problème concernant l’islam n’est pas seulement un problème de savoir si cette religion est réformable ou actualisable. Il s’agit d’un problème politique qu’il faut tâcher de résoudre. L’islam comme toutes les autres religions, surtout monothéistes, n’est pas réformable. Il est complètement impensable d’attendre un islam des Lumières. Car les dogmes religieux ne se discutent pas. Le Coran pour l’islam est la parole de Dieu (Allah) figée à jamais. Le christianisme n’a pas plus évolué que l’islam ou le judaïsme. Les changements sociaux et sociétaux se sont imposés au christianisme par de longues années de luttes séculaires. Sans séparer la sphère publique et les États de la religion, quelle qu’elle soit, aussi bien en France qu’en Irak, qu’en Iran, qu’en Arabie Saoudite, etc. Aucune amélioration n’est envisageable. Ce ne sont pas que des États islamiques comme ceux d’Iran ou d’Arabie Saoudite qui soutiennent l’islam politique, ce sont aussi des États prétendument laïcs comme ceux de l’Occident qui ont soutenu l’islam politique dans le cadre de la « realpolitik » et de l’« ennemi de mon ennemi est mon ami ». C’est donc contre l’islam politique, sous toutes ces formes confessionnelles, qu’il faut concentrer les efforts. Mais comment ?

Nous avons vu que les partis, souvent nationalistes ou marxistes, dans les pays à majorité musulmane ont été mis en faillite par leurs propres politiques et idéologies, sans parler de répression dont ils étaient l’objet par les gouvernements ou les interventions des puissances mondiales. Toutefois les populations de ces pays n’ont aucune confiance en ces partis, non seulement à cause de leur faillite nationale mais aussi à cause de tout ce qui s’est passé dans les pays de l’ex-bloc de l’Est. C’est une des raisons pour lesquelles elles se tournent encore vers les groupes islamiques dans l’espoir que leur quotidien changerait. Et ce n’est pas fini. Arazbeyk Maldaïev, directeur de la commission d’État aux Affaires religieuses du Kirghizstan, a dit ceci récemment : « Les dangers de l’essor des groupes extrémistes se multiplient en Kirghizstan. » Il a essayé d’assurer les journalistes que les Taliban ou Al-Qaïda ne peuvent pas intervenir en Kirghizstan. Ces propos recoupent ceux dans une autre ex-république soviétique : le Tadjikistan. Le journal tadjik Emrooz News a relaté le fait que plus de 300 Tadjiks sont allés en Irak et en Syrie combattre dans les rangs de l’État islamique (ex-Daech). Ce journal a dévoilé aussi que l’État islamique (ex-Daech) a envoyé 70 millions de dollars pour le djihad dans une vallée du Tadjikistan, la Forghaneh. Cet argent aurait été envoyé avec un groupe de paramilitaires composés de 100 personnes qui dépendent de l’État islamique (ex-Daech), un groupe installé à la frontière afghano-tadjik.

Malgré ce tableau obscur qui est la réalité des pays dits musulmans, de l’Afrique du Nord jusqu’à la Chine et ses Ouïgours, l’espoir existe que les choses changent dans le sens de l’Histoire pour la liberté et l’égalité véritables. « Le printemps arabe » a annoncé à la face du monde l’existence des groupes libertaires aussi bien en Égypte qu’en Tunisie. Ce sont des groupes qui ont de longs chemins à parcourir certes, mais ce sont aussi des groupes qui n’ont pas existé auparavant. Les Kurdes du Rojava, qui viennent de libérer la ville de Kobané après plusieurs mois de combats acharnés, sont un autre exemple de l’espoir que l’on peut avoir dans une partie de cette région du monde, bien que beaucoup d’anarchistes critiquent à juste titre le « confédéralisme démocratique » développé par Ocalan ou le passé de celui-ci. En Iran, après presque quatre décennies de règne néfaste islamique, des individus libertaires et de tout petits groupes d’anarchistes commencent à militer dans des conditions extrêmement difficiles et dans la clandestinité.

 

++

 

Alors que, jusqu’à la chute du régime du schah, les livres critiquant l’islam se comptaient sur les doigts d’une main et étaient interdits par le schah lui-même, une bibliothèque assez fournie de ce genre de textes en persan est aujourd’hui sur Internet ou se vend sous le manteau, souvent sous forme de polycopiés. La traduction de quelques titres de livres pourrait être assez révélatrice… Et l’Homme créa Dieu, séparati>on de la politique de la religion, critique du Coran, critique des lois juridiques, politiques et économiques de l’islam, la liberté est de cri>tiquer l’islam, Les chansons anti-religieuses, Voltaire, philosophe antireligieux, analyse rationnelle du droit,> de la loi et de la justice en islam, testament de Dieu, le Coran, paroles de Mahomet, le Coran, sans aucun message pour nous, etc.

 

----

*

Il est donc évident que combattre l’islam politique, au pouvoir ou dans les champs de bataille, est une nécessité de notre époque. Nous avons donc affaire à une question politique qui doit être prise en considération. Soutenir les luttes qui sont menées indépendamment des politiques des États, petits ou grands, puissants ou faibles, a toute son importance. Sinon il y a eu des caricatures avant Charlie Hebdo et il y en aura d’autres, même si ce journal cesse d’exister. Le pape, les ayatollahs chiites, les muftis sunnites ou les rabbins doivent un jour ou l’autre apprendre, si possible, à respecter la liberté d’expression des caricaturistes, des auteurs ou de simples gens qui désirent voir, lire ou s’instruire car les athées n’ont jamais restreint ou pire encore tué des personnes qui déversent encore et encore leurs idioties religieuses dans les églises, mosquées, synagogues ou temples.

 + + +

 

La lutte contre l’islam politique est donc une lutte qui doit être menée parallèlement, à celle contre la religion elle-même, sans tomber dans le piège des termes un peu fourre-tout comme islamophobie.

 

Les médias de la République islamique d’Iran ne cessent de qualifier d’islamophobe la nouvelle caricature de Mahomet dans Charlie Hebdo tout en accolant ce mot à musulmanophobe.

 

- Combattre l’islam politique nécessite une alternative politique. Il ne suffira pas de proposer l’autogestion à cor et à cris. Il ne suffira pas non plus de se rassembler autour de slogans qui paraissent, au premier regard, assez mobilisateurs comme « Je suis Charlie ». L’émotion passée, nous avons bien constaté que beaucoup de forces qui ont brandi ces trois mots n’étaient absolument pas fréquentables politiquement, alors que beaucoup d’autres qui ont refusé de les porter étaient de véritables défenseurs des libertés et de la liberté d’expression en particulier, et vice versa. Les athées et les anarchistes ne sont pas contre les musulmans, elles et ils ne sont pas par conséquent musulmanophobes. Elles et ils sont contre les religions islamiques, chrétiennes, juives et toute autre religion qui sont les formes de soumission et d’aliénation les plus flagrantes et inacceptables.

C’est pourquoi des termes comme islamophobie prêtent souvent à confusion devraient être évités.

  • Le chemin sera long dans la lutte contre l’islam politique, mais il est tout ouvert devant nous !

Commentaire(s)

> Article refusé.

Il manquait juste la citation de la source pour que ce texte ait pu être validé.

> Article en débat.

Je le met en débat alors, pour laisser une chance de mettre la source en commentaire.

> Réponse à la FA : L’islamophobie est bien une forme de racisme

Que vient faire ici un article de 2015 sur l'attentat contre Charlie et ses conséquences, 4 ans et demi après, alors que le sujet a été débattu avec des dizaines d'articles ? Et toujours pour affirmer que l’islamophobie n’est pas un racisme et qu’il ne faut donc plus employer ce terme ?

Les anarchistes se sont exprimés à l'époque sur l'islamophobie, et ont donc autant de droits à donner une opinion différente :

L’islamophobie est bien une forme de racisme

Le racisme qui frappe spécifiquement les musulmanes et les musulmans a un nom : l’islamophobie. Il faut le combattre au nom de la liberté d’opinion et du droit des minorités à vivre dignement.

Loi sur la burqa, référendum suisse, saccage de la mosquée de Castres, débat nauséabond sur l’identité nationale… les attaques islamophobes ont été légion ces derniers mois. « Islamophobes » c’est-à-dire, notamment depuis le 11 septembre 2001, les attaques contre une minorité religieuse – les musulmanes et les musulmans – qu’il semble autorisé aujourd’hui de soupçonner et montrer du doigt en permanence.

Le vote suisse contre les minarets démontre bien que ce rejet de l’islam est fondamentalement xénophobe et identitaire, tandis que la burqa dérange moins pour son aspect patriarcal que parce qu’elle elle est portée sur le territoire français. Les musulmans sont toujours perçus comme extrémistes. Par exemple, le terme même d’« islam modéré » est opposé à un islam qui serait par nature fondamentaliste. Parle-t-on de catholicisme, de protestantisme ou de judaïsme modéré ? Non ! Tout semble bon pour assimiler les musulmans à une nébuleuse criminogène : peur du terrorisme, peur des jeunes, peur de l’immigration, et même peur du « verlan » et des « casquettes à l’envers » dans le cas de Nadine Morano [1] amalgamant musulmans, immigrés et jeunes de banlieues.

C’est pourtant un fait incontestable : 4 millions de Françaises et de Français ont un dieu qui s’appelle Allah, font le ramadan, et parmi eux 400 000 environ vont à la mosquée et mangent hallal. Les nostalgiques de la « France éternelle » ne peuvent admettre ce fait social. Mais comme une partie du « peuple de gauche » n’arrive pas non plus à le digérer, on peut dire que l’islamophobie est aujourd’hui le meilleur cheval de Troie de la réaction dans ce pays.

Gênée aux entournures
Et l’extrême gauche ? La dénonciation de l’islamophobie lui pose problème. Elle est terrorisée à l’idée d’être taxée d’« islamo-gauchisme », et gênée aux entournures par cette implacable réalité : dans certains cas, s’opposer à l’oppression d’une minorité, cela peut être synonyme de défense de la liberté religieuse… et de la construction de temples (avec minarets) !

Le projet communiste libertaire n’est pas de décréter comment il faut vivre, se comporter, ce qu’il faut penser et croire ou non. Aussi, si les libertaires combattent la prétention des états-majors religieux à dicter leur loi et l’ordre morale à la société, il n’est pas question de limiter la liberté individuelle de culte. Beaucoup de militantes et de militants athées doivent être au clair avec cela s’ils veulent pouvoir se solidariser avec les musulmans, sans avoir l’impression d’être pris dans une contradiction éthique. Il y a quelques préjugés à surmonter pour défendre le vivre-ensemble et s’engager pleinement auprès des victimes de l’islamophobie sans être obligé de rappeler à chaque fois notre combat contre l’aliénation religieuse comme s’il fallait se justifier.

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Debat-L-islamophobie-est-bien-une

Voir aussi :

"À la suite des attentats des 7 et 9 janvier dernier, l’islamophobie s’exprime sans retenue, tant de la part d’individus que de l’État. Violences aux personnes, attaques de lieux de culte, et surtout, propos racistes divers, du Crif à ­Sarkozy, jusqu’aux radicaux de gauche proposant une loi pour l’interdiction du voile à la crèche. Retombée perverse de la loi ­Cazeneuve sur le terrorisme (votée à la quasi-unanimité des député-e-s, seul le groupe EE-LV s’étant abstenu) : trois enfants de 8, 9 et 10 ans ont été convoqués au commissariat pour « apologie du terrorisme ».

Réaffirmer l’ordre xénophobe
L’islamophobie que nous constatons depuis plusieurs années, bien que prenant de plus en plus les aspects de la stigmatisation d’une minorité religieuse, est avant tout la construction d’un racisme respectable qui avance avec des arguments progressistes pour se légitimer, en brandissant la laïcité et/ou le féminisme. Si le racisme est moralement condamné en France aujourd’hui et les discriminations juridiquement dénoncées, l’islamophobie (entre autres) est une arme des classes dominantes et de leur laquais intello-médiatiques pour réaffirmer l’ordre xénophobe et postcolonial en France. Ordre qui fut ébranlé par les mouvements de l’immigration et des quartiers populaires (à partir notamment des marches pour l’égalité). Ainsi lors des grèves des travailleurs immigrés de Talbot-Poissy en 1984, le gouvernement Mauroy parlera de grève manipulée par des « intégristes » (sic).

Il ne faut donc pas réduire la question de l’islamophobie à un problème de psychose momentanée, mais y voir une construction dans la durée d’un racisme sournois, racisme d’État légitimé par une partie de la gauche avant que le FN n’en fasse son cheval de bataille. C’est un rouleau compresseur idéologique qui autorise la suppression des libertés, la justification des guerres impérialistes et des discriminations (lois de 2004, refus du droit de vote des étrangers). Comme toutes les discriminations, elles facilitent la précarité et l’exploitation du prolétariat et sont un formidable écran de fumée pour faire passer les mesures antisociales (loi Macron actuellement, hier les mesures sur les retraites) et diviser les travailleurs.

La gauche divisée
Enfin, l’islamophobie est un racisme qui divise la gauche et le mouvement social. On ne peut que se réjouir du caractère unitaire des ripostes qui ont eu ou vont avoir lieu (meeting du 6 mars à Saint-Denis, convergence pour le 21 mars « Ensemble contre tous les racismes et le fascisme », « Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation », forum à Gennevilliers le 9 mai 2015) . Mais après plus de dix années de divisions sur cette question, tout n’est pas réglé.

On a pu encore le constater le 6 mars avec l’appel de l’UOIF au meeting de Saint-Denis. Il faut refuser le chantage qui a suivi dans certains médias à ce propos pour discréditer les participants. Clarifions les choses : nous combattons sans ambiguïté les positions réactionnaires portées par l’UOIF (laquelle a participé aux Manifs pour tous et qui appelait au meeting du 6 mars, probablement sous la pression de sa base populaire qui subit l’islamophobie de plein fouet) mais il aurait été absurde de vouloir mener ce combat en refusant la présence... d’organisations musulmanes.

Alternative libertaire a tranché la question en appelant au meeting sur la base de l’appel intitulé « Contre l’union sacrée, pour une union antiraciste et populaire » :

dénonçant « une mythique "unité nationale" » visant à « diviser ceux qui devraient être unis et à unir ceux qui devraient être divisés » ainsi qu’à « réunir en un seul camp les classes dominantes de France et les Français qu’elles exploitent pour les opposer aux populations issues de l’immigration » ;

dénonçant dans la foulée « l’offensive libérale de grande ampleur qui se traduit en France par l’adoption de la loi Macron et l’accentuation des politiques d’austérité dont les premières victimes sont les couches populaires ».

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Racisme-antimusulman-Riposter-a-l