22 août : Les prisonniers palestiniens et leurs soutiens appellent à la mobilisation !

Mis a jour : le vendredi 23 août 2019 à 01:52

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Alors que le prisonnier palestinien Huzaifa Halabiya dépasse les 52 jours de grève de la faim contre son emprisonnement par l’occupation israélienne sans inculpation ni jugement, le mouvement des prisonniers exhorte les habitants à descendre dans la rue le 22 août pour soutenir les prisonniers palestiniens luttant pour la liberté. Dans un communiqué, des prisonniers palestiniens ont appelé la population à se rassembler devant la prison d’Ofer, soulignant que le peuple palestinien « ne restera pas les bras croisés et n’acceptera pas les souffrances persistantes des détenus administratifs en grève ».

La déclaration a également « appelé tous les habitants de la Cisjordanie, de Jérusalem, de Gaza, de la Palestine occupée de 48 et des camps de réfugiés de la diaspora à confirmer ensemble que nous menons une bataille, la bataille de la liberté et de la victoire ».

La section pénitentiaire du Front populaire pour libération de la Palestine a lancé un appel à participer à ces actions dans les villes, les camps et les villages de la Palestine occupée. Il a également demandé instamment « d’activer toutes les formes de soutien et de solidarité arabes et internationaux, notamment avec les prisonniers administratifs engagés dans une grève de la faim illimitée ». La déclaration appelle également à faire comparaître Gilad Erdan, ministre de la Sécurité publique, et d’autres responsables israéliens doivent être traduits devant « des tribunaux populaires et des cours internationales pour leurs crimes contre les prisonniers et le peuple palestinien dans son ensemble ».

La déclaration a également exigé que « le Comité international de la Croix-Rouge et d’autres organismes internationaux concernés assument leurs responsabilités envers les prisonniers. Ces institutions ne peuvent rester silencieuses sur les crimes commis contre les prisonniers ».

Huzaifa Halabiya, d’Abou Dis à Jérusalem, est emprisonné sans inculpation ni jugement sous le régime de la détention administrative israélienne depuis le 10 juin 2018. Il a entamé sa grève de la faim le 1er juillet pour demander sa libération. Sa santé est précaire, d’autant plus qu’il nécessite des soins médicaux spécialisés. Il a survécu à la leucémie et a subi de graves brûlures au cours de son enfance sur la majorité de son corps. Quand il a été arrêté par les forces de l’occupation, sa femme était enceinte. Aujourd’hui, il est le père d’une fille de six mois, Majdal, à qui il n’a pas été donné le droit de la rencontrer.

Il est rejoint en grève de la faim par Ahmad Ghannam, qui est sans nourriture depuis 39 jours. Il est également un survivant de la leucémie détenu sans inculpation ni jugement en détention administrative. De Dura, près d’Al-Khalil, il est marié et père de deux enfants. Sultan Khallouf, du village de Burqin près de Jénine, est en grève de la faim depuis 35 jours. Arrêté le 8 juillet, il a entamé sa grève immédiatement après que les autorités de l’occupation eurent annoncé son transfert en détention administrative.

Ismail Ali, également d’Abou Dis à Jérusalem, est emprisonné sans inculpation ni jugement depuis janvier 2019; il a lancé sa grève il y a 29 jours pour demander la fin de sa détention administrative. Il a été emprisonné dans le passé pendant sept ans par l’occupation israélienne. Wajdi al-Awawdeh, 20 ans, est en détention administrative depuis avril 2018 et est en grève de la faim depuis 24 jours.

Tareq Qa’adan, éminent dirigeant à Jénine et ancien prisonnier qui a passé 11 ans dans les prisons israéliennes, a lancé sa grève de la faim il y a 20 jours. Il a été transféré en détention administrative au lieu d’être relâché à la fin de sa peine.

Deux autres prisonniers ont rejoint la grève : Nasser al-Jada, en grève de la faim depuis 15 jours, et Thaer Hamdan, en grève depuis 10 jours. Tous sont détenus sans inculpation ni jugement en détention administrative.

La détention administrative a d’abord été introduite en Palestine sous le mandat colonial britannique puis a été adoptée par l’État sioniste. Les Palestiniens peuvent être condamnés à des peines d’emprisonnement de six mois au maximum, sans inculpation ni jugement. Ces ordonnances étant renouvelables indéfiniment, les Palestiniens passent donc des années en détention administrative. Parmi les quelque 5 000 prisonniers politiques palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes, il y a environ 500 détenus administratifs. La fin de la détention administrative est une exigence majeure du mouvement des prisonniers.

Les détenus administratifs ne sont pas seuls. Près de 50 autres prisonniers ont lancé des grèves de solidarité afin de faire pression sur les autorités de l’occupation israéliennes pour qu’elles cèdent aux revendications des grévistes. De plus en plus de prisonniers s’engagent à rejoindre la bataille dans les prochains jours.

Les grévistes ont été transférés à plusieurs reprises de prison en prison, jetés à l’isolement et privés de sommeil pour tenter de briser leurs grèves. Leurs conditions de santé se sont gravement détériorées. Halabiya vomit de l’eau, souffre beaucoup dans tout son corps et doit se déplacer en fauteuil roulant. Ahmad Ghannam a perdu au moins 17 kg, a des difficultés à respirer et a une fréquence cardiaque élevée. Les avocats d’Addameer se sont rendus à Ismail Ali le 20 août et ont signalé qu’il avait perdu 14 kig et souffrait de douleurs articulaires graves ainsi que de mains et de pieds jaunes.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun exhorte tous les partisans et amis de la Palestine du monde entier à se tenir aux côtés de ces prisonniers courageux qui risquent leur vie pour la recherche de la liberté et la fin du système injuste de détention administrative. La solidarité internationale peut jouer un rôle important dans le soutien de leur lutte et les prisonniers palestiniens nous appellent à l’action. Toute notre participation, manifestations et pétitions peut jouer un rôle en les aidant à remporter la victoire de la justice et de la liberté.

Le 22 août, partagez votre soutien aux prisonniers palestiniens !

 

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra

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> À Paris, le 11 septembre 2019, avant-première du film de Daniel Kupferstein "Pas en mon nom"

“Pas en mon nom !”, un documentaire sur les juifs critiques envers Israël.

Daniel Kupferstein refuse de soutenir de "manière inconditionnelle" la politique de Tel-Aviv. Pour le réalisateur, très souvent, lorsque les conflits violents reprennent au Proche-Orient, les juifs de France sont appelés à soutenir "inconditionnellement" Israël. Pourtant, a-t-il dit, un certain nombre d’entre eux refusent de s’enfermer là-dedans, parce qu’ils restent attachés à une paix dans cette région du monde.

Dans son documentaire, comme le montre un teaser de 3,51 mn, disponible sur « Vimeo », Daniel Kupferstein est allé à la rencontre d’une douzaine de personnes d’origine juive, de tous âges et de toutes provenances géographiques (Maroc, Algérie, Égypte, Turquie, Allemagne, Pologne...) qui affirment toutes non seulement leur opposition à la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens, mais dénoncent aussi les amalgames et glissements antisémites qui se cachent autour de ce conflit en rendant tous les juifs coresponsables de la politique israélienne. Il veut montrer avec force que ce point de vue ne se fait pas suffisamment entendre en France et notamment dans les médias, alors qu’il pense qu’engager ce débat en France est "nécessaire" pour éviter que "les répercussions de ce conflit et les haines ne nous entraînent sur un terrain ethnique et religieux lourd de conséquences pour l’avenir". Pour lui, on peut être juif et ne pas soutenir la politique d’Israël concernant le sort réservé aux Palestiniens, militant pour une paix "juste" entre Palestiniens et Israéliens.

Cette avant-première aura lieu le 11 septembre (date symbolique) salle Jean Dame, 17, rue Léopold Bellan Paris 75002 (métro Sentier ou les Halles mais attention, c’est toujours difficile de se garer dans les environs)

> La guerre contre l’innocence

La guerre contre l’innocence : Des enfants palestiniens face aux tribunaux militaires israéliens

Le 2 août 2016, Israël a adopté une loi autorisant les autorités à « emprisonner un(e) mineur(e) d’âge accusé(e) de graves délits tels meurtre, tentative de meurtre ou homicide par imprudence même s’il ou elle avait moins de 14 ans ».

La loi a été habilement rédigée de façon à pouvoir traiter des cas comme celui d’Ahmad Manasra, qui, le 7 novembre 2016 (trois mois après la promulgation de la loi), a été condamné à 12 années d’emprisonnement.

Le cas de Manasra, les vidéos – qui ont fait l’objet de fuites – montrant les violences qu’il a subies de la part des interrogateurs israéliens et la sévérité de la sentence qu’il a encourue ont accru l’attention internationale sur les conditions pénibles des enfants palestiniens face au système israélien des tribunaux militaires.

« On voit les interrogateurs israéliens recourir à la violence verbale, à l’intimidation et aux menaces pour infliger manifestement des souffrances mentales dans le but de soutirer des aveux », avait déclaré à l’époque Brad Parker, un juriste et avocat international au service de Defense for Children – Palestine.

La Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant – dont Israël est l’un des signataires depuis 1991 – « interdit la torture et autres traitements et châtiments cruels, inhumains ou humiliants ». Pourtant, d’après «Parker, » les mauvais traitements et la torture d’enfants palestiniens arrêtés par l’armée et la police israéliennes sont très répandus et systématiques ».

Si systématiques, en fait, qu’on peut quasiment dire que les vidéos et rapports sur l’arrestation de très jeunes enfants palestiniens s’accumulent du côté des plates-formes des médias sociaux s’intéressant à la Palestine et aux droits des Palestiniens.

http://www.pourlapalestine.be/la-guerre-contre-linnocence-des-enfants-palestiniens-face-aux-tribunaux-militaires-israeliens/

> "De l’éducation sarajévienne à la cause palestienne" : un portrait de l’opposante israélienne Amira Hass

Connue pour ses articles sans concession sur la colonisation israélienne dans le journal Haaretz, Amira Hass, étant donné sa discrétion, l’est moins pour son parcours personnel, que nous fait découvrir l’article de Rémy Ourdan, envoyé spécial du Monde en Cisjordanie. Ci-dessous des extraits.

"Amira Hass est aujourd’hui désespérée par la situation. Celle qui, il y a vingt-cinq ans, ne croyait déjà pas au processus de paix, voit dans la colonisation israélienne un processus irréversible. « La politique d’Israël, en résumé, c’est : le plus possible de territoires, avec le moins possible de Palestiniens. » Ayant fait son deuil de la gauche israélienne, car « il ne peut pas y avoir de gauche quand on soutient la colonisation et l’apartheid », elle pense qu’Israël « tente de pousser les Palestiniens hors de leur pays par tous les moyens ». Faisant écho aux concepts politiques de la seconde guerre mondiale, elle emploie une référence apparue pour la première fois dans le New York Times en 1992 à l’occasion de la guerre de Bosnie : « C’est de l’épuration ethnique »."

http://www.assopalestine13.org/spip.php?article2322&fbclid=IwAR1eWj3zlC1VHaOf8-E6SibCT3YZMThFs3lNx_TX9vEqQ9qs8tY9R_5qV4M