Emeutes du logement à Jérusalem

Mis a jour : le mardi 6 août 2019 à 11:44

Mot-clefs: logement
Lieux: palestine

Vendredi 26 juillet 2019, dans le quartier Wadi al-Hummus de Jérusalem-Est, des dizaines de Palestinien·ne·s ont participé aux mobilisations hebdomadaires du vendredi, cette fois pour protester en particulier contre les démolitions de logements qui ont lieu de façon intensive ces dernières semaines à Jérusalem-Est, généralement près du « mur de l’apartheid ».

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Des affrontements ont éclaté entre des Palestinien·ne·s et des soldats de Tsahal. Ceux-ci ont inondé le quartier de gaz lacrymogènes, tandis que les pierres pleuvaient sur leurs véhicules blindés.

Le lundi d’avant, le 22 juillet 2019, une dizaine d’immeubles avaient notamment été détruitspar les forces de l’ordre israëliennes.

https://fr.squat.net/2019/08/03/jerusalem-israel-palestine-emeutes-du-logement-le-vendredi-26-juillet/

 

L’occupation israélienne de la Palestine au mois de juillet

Le mois de juillet est passé. C’était un mois particulièrement horrible, surtout après que nous avons vu, terrifiés, la démolition des maisons dans le quartier palestinien Sour Baher au sud de Jérusalem. Mais en même temps c’était un mois ordinaire. C’est-à-dire – les forces occupantes ont envahi 296 fois des communautés palestiniennes, les soldats israéliens ont cogné aux portes, réveillé des petits enfants, semé la terreur. 246 palestiniens ont été arrêtés dans ces rafles, parmi aux 19 mineurs et une femme.

Dans la mer de Gaza les soldats israéliens ont arrêté 4 pêcheurs, parmi eux un mineur. Un bateau a été confisqué.

J’ajoute une rubrique au rapport hebdomadaire : chaque semaine on constate l’apparition de beaucoup de barrages routiers temporaires dans les territoires occupés. Ils génèrent des embouteillages énormes – des voitures prennent des chemins périlleux pour les éviter, des êtres humains sont stoppés et parfois arrêtés. Pendant le mois de juillet on a vu 302 barrages de cette sorte qui ont donné 17 arrestations.

Chaque semaine des colons organisent des pogroms en Cisjordanie. En juillet des colons venant de Yitzhar ont brulé 1500 oliviers qui appartiennent aux familles Huwara et Burin. 80 oliviers ont été coupés et déchiquetés (pendant le shabbat !) par des colonnes de Rehalim. 10 voitures ont été endommagées – des pneus crevés, des voitures griffées, des vitres brisées. 4 citernes d’eau ont été vidangées et détruites.

La semaine dernière 19 détenus ont joint les 8 qui entamaient cette même semaine, leur deuxième mois de grève de la faim. Cette fois-ci, la grève est menée par des détenus du Front populaire de libération de la Palestine. Leur demande est l’abolition de la procédure arbitraire de détention administrative . Les détenus ont publié une annonce qui condamne l’attitude du SPI (service pénitentiaire israélien) envers les détenus grévistes. En réaction à cela les unités « spéciales » du SPI ont envahi les deux sections de la prison Ramon où sont arrêtés principalement des détenus et des prisonniers du Front populaire. Plusieurs prisonniers ont été transférés, et la direction de la prison a menacé de transfert entre prisons (ce qui est un véritable cauchemar) si la grève continue.

Je me focaliserai ici sur un détenu, Muhammad Abou Akhar, puisqu’il a fêté son 25ème anniversaire il y a deux jours, et je veux lui souhaiter une vie de liberté. Le jour de son anniversaire il a achevé un mois où il n’a rien mangé. Abou Akhar est un étudiant et un activiste du camp de réfugiés Dheisheh. Il étudie à l’université de Bethléem – quand il peut y aller. Il est le fils du journaliste et de l’activiste Nidal Abou Akhar, qui a été emprisonné pendant 14 ans (accumulés) et qui a mené aussi une grève de la faim en 2015 lorsqu’il était en détention administrative. Le fils, Muhammad, a été mis en détention administrative en novembre 2018. Son père dit que les autorités pénitentiaires ont offert à son fils de le libérer quatre mois après la fin de la période actuelle de détention s’il arrête maintenant la grève de la faim. Il a refusé. Il a déjà perdu 20 kilos. Il est détenu à l’isolement à la clinique du SPI de Ramle.

Deux détenus administratifs ont mis fin récemment à leur grève de la faim après avoir accepté des accords similaires avec le SPI.

Anat Matar

Commentaire(s)

> Pour info

Si le texte d'intro a bien été publié sur fr.squat.net, le plus long texte qui suit sur le mois de juillet en Palestine n'y a pas été publié. Je ne sais pas d'où il vient. Je le précise juste pour info, car la signature pourrait laisser penser que tout a été publié sur squat.net.

Tous les articles publiés sur fr.squat.net à propos d'Israël/Palestine sont réunis ici, et se focalisent bien entendu sur les questions de logement/squat/propriété/terrains (comme le reste des articles sur le site):

https://fr.squat.net/tag/palestine-israel/

> Pour info

Le texte qui suit l’article de squat.net a été placé après le lien, on ne peut donc pas penser qu’il est de squat.net. Mais comme les commentaires sont tous supprimés il est là comme complément d’info qu’on ne peut pas mettre en commentaire ni en article.

Ça serait plus simple de pouvoir mettre des commentaires pour ne pas encombrer la colonne global, mais c’est pas comme ça que ça se passe, ce complément d’information ne serait pas passé pour « surpublication ». C’est triste d’en arriver là.

> Effacer la Palestine en détruisant les archives

Les intentions américaines et israéliennes combinées à la vulnérabilité des Palestiniens conduisent à un moment historique critique. Israël est maintenant en position de tenter, une fois de plus, d’agir selon la logique de « l’élimination de l’indigène » (selon le mot de l’anthropologue Patrick Wolfe pour caractériser les motivations des mouvements coloniaux comme le sionisme).
En 1948, Israël n’a atteint son but que partiellement. Le mouvement national palestinien et le peuple ont combattu avec succès et continuent de lutter aujourd’hui, contre l’achèvement de cette entreprise.

Mais c’est un moment difficile. A l’étranger, les efforts pour protéger Israël de toute critique s’intensifient.

Les hommes politiques pro-palestiniens sont traités s’antisémites. Une législation particulière apparaît dans différents pays pour protéger Israël de toute critique, de tout activisme, notamment du boycott.

La dissimulation d’archives et la possible destruction de documents révèlent les motifs idéologiques profonds derrière cet assaut contre la Palestine et les Palestiniens. Dans quelle mesure cela a-t-il compromis notre capacité à reconstruire ce qui s’est passé pendant la Nakba et à évaluer son importance aujourd’hui ?

À bien des égards, nous avons déjà connu ça. Israël a pillé les archives de l’OLP en octobre 1982, en a détruit une partie, en a transféré une autre en Israël et en a restitué une petite.

En 2001, Israël a fait une descente à la Maison d’Orient de Jérusalem-est pour voler les archives qui y étaient entreposées.

Aujourd’hui, Israël fait la même chose avec ses propres archives pour nettoyer les preuves de ses crimes passés.

Cela endommagera-t-il notre capacité à reconstruire le passé ?
En un certain sens, non. Les réfugiés palestiniens d’après 1948 n’ont pas eu besoin des « nouveaux historiens » pour leur dire qu’ils avaient été victimes de nettoyage ethnique.

Cependant, la preuve des archives est nécessaire pour révéler l’intention et la planification du crime et pour contextualiser le passé dans une vision plus large de la nature du mouvement sioniste et d’Israël.

Les documents déjà consultés et, dans de nombreux cas déjà numérisés pour la postérité, suffisent à prouver l’intention idéologique sioniste soutient sans aucun doute la tentative d’élimination des Palestiniens, en 1948 et après.[…]

Ilan Pappe

https://www.france-palestine.org/La-derniere-tentative-d-Israel-pour-effacer-la-Palestine