Update: situation Liebig34 squat (Berlin)

Mis a jour : le lundi 22 avril 2019 à 21:07

Mot-clefs: Répression contrôle social / actions directes squat logement berlin liebig34
Lieux: berlin

Comme beaucoup le savent peut-être déjà, notre contrat de location avec le spéculateur immobilier Padovicz -qui possède plus de 2.000 propriétés à Berlin-, a expiré fin 2018. Depuis lors, nous vivons sans contrat au Liebig34, nous persistons à aimer notre maison et nous sommes prêt.e.s à la défendre. Padovicz et le Sénat ne nous sortiront pas d‘ici non plus, nous ne les laisseront pas prendre notre maison! Aujourd‘hui, nous voulons vous tenir au courant de notre situation actuelle.

Ce qu‘il s‘est passé jusqu‘ici :

Il y a presque un an, en avril 2018, nous avions adressé une lettre à notre propriétaire Gijora Padovicz dans laquelle nous annoncions notre intérêt à rester “ légalement “ dans notre maison après 2018. Il n‘y a pas eu de réponse.
Durant l‘été, le conseiller municipal Florian Schmidt nous a demandé d‘entamer un dialogue avec le propriétaire. Cela a donné lieu à de longues discussions : trop peu comparé à ce que l‘on pouvait en attendre, et trop de ce que nous aurions dû écarter de nos convictions. Néanmoins, la curiosité, l‘intérêt pour l‘information et l‘espoir de trouver des moyens de garder et de sauver notre maison, malgré toutes nos réserves, ont conduit à une rencontre entre quelques individus du Liebig34 et Florian Schmidt. Ce dernier nous a proposé d‘organiser une rencontre avec Padovicz, à laquelle nous avons, en tant que collectif, donné notre accord afin de recevoir des informations directes et concrètes du propriétaire.
En septembre, des milliers de personnes ont manifesté pour défendre le Liebig34 contre la gentrification. En même temps, un appartement dans le Weidenweg 63 -un immeuble vide à proximité appartenant également à Padovicz-, a été occupé. Dans la même période, Florian Schmidt a annulé une première rencontre avec Gijora Padovicz pour en proposer une autre en octobre 2018. La rencontre entre certain.e.s d‘entre nous et Padovicz aura finalement lieu à cette date.
Lors de cette réunion, le propriétaire a clairement exprimé son intention de nous expulser et a précisé qu‘aucune possibilité de négociation n‘était proposée. De plus, il nous a accusés de mener une campagne de diffamation contre lui. La conversation s‘est terminée sans résultat mais avec une intention claire quant à la ligne de conduite à suivre en son nom. Peu après la réunion, en novembre, l‘avocat de Padovicz, Ferdinand Wrobel (qui, selon la page d‘accueil du cabinet, représente „en particulier les propriétaires et les gestionnaires immobiliers“ du bureau de la LASCAR à Kurfürstendamm) a déposé une action en expulsion contre le Liebig 34.

Actuellement :

Le quartier, représenté par Florian Schmidt, a essayé depuis lors de pacifier la situation et de minimiser le risque évident de recrudescence qu‘entraînerait l‘expulsion de notre maison. Selon lui, la situation à Friedrichshain Nordkiez doit être contenue et il essaie d‘établir un dialogue avec Padovicz – sans nous impliquer en tant que collectif – vers un accord qui satisfait les deux parties. Nous devrions, bien sûr, nous taire.
En décembre, on nous a dit que des efforts actifs étaient menés pour trouver une propriété de remplacement pour Padovicz en échange de la maison du Liebigstrasse 34, afin que notre collectif puisse rester dans son emplacement actuel. Nous ne savons pas si cette propriété d‘échange était réellement une possibilité et une offre concrète. Ce que nous savons au contraire, c‘est que le Sénat discute déjà secrètement de la manière dont nous pouvons être expulsés le plus rapidement possible afin d‘éviter une image négative jusqu‘aux prochaines élections. Les politiciens et les propriétaires veulent que nous soyons expulsés. Au niveau juridique, l‘affaire est en cours au tribunal. Cela sera probablement négocié et décidé dans les prochains mois.
Nous ne sommes pas d‘accord avec l‘état actuel des choses. Nous refusons cette hiérarchie et ce contrôle des structures étatiques. Nous ne nous contenterons donc pas d‘une décision „juridique“ ou „politique“. Nous sommes fâché.e.s par le fait que notre espace de vie soit commercialisé tel une marchandise et que la spéculation se poursuive ainsi. Nous sommes en colère parce que des gens sont contraints à l‘isolement. Nous sommes en colère par le fait que nous devrions travailler toujours plus afin d‘avoir le luxe de pouvoir nous offrir un toit au-dessus de nos têtes. Nous sommes fâché.e.s par le fait que ceux qui ont du capital puissent ainsi disposer de la vie d‘autrui tout en restant protégés par le support de l‘Etat dans leurs actions. Nous ne voulons pas seulement sauver notre peau, cette ville toute entière que nous aimons est vendue contre la volonté des gens qui y vivent et la façonnent. Nous souffrons tou.te.s de cette gentrification et de cette répression.
Geisel, Schmidt et Padovicz s‘assoient ensemble à la même table. Nous, les queer féministes dont la maison est en jeu, n‘y sommes pas invité.e.s. Un propriétaire qui possède la moitié de la ville et deux politiciens : trois hommes cis-genre de haut rang qui négocient l‘avenir d‘une maison queer féministe comme si elle leur appartenait sans s‘inquiéter un instant de l‘avis des personnes qui y vivent. Mais nous resterons et nous nous battrons ! Peu importe comment se dérouleront leurs jeux de pouvoir, car la question du nombre d‘hommes cis-genre nécessaire pour décider de l‘avenir d‘une House-Project queer-féministe trouve rapidement une réponse : pas un seul!

Ce que nous voulons :

Nous exigeons que Padovicz nous laisse la maison gratuitement. Au cours des dix dernières années, nous avons payé plus qu‘assez pour la maison, nous l‘avons entretenue et nous y avons tout organisé à l‘intérieur et autour. En 2008, Padovicz a acheté la maison aux résident.e.s* du Liebig 34 et n‘a émis qu‘un contrat de bail pour infiltrer – en connaissance de cause sans doute – le droit du bail d‘habitation. Entre-temps, la valeur de la propriété a considérablement augmenté en raison de la réévaluation du quartier. C‘est très pratique pour lui qui n‘a pas investi un centime depuis dix ans et qui n‘a pas levé le petit doigt. Pour Padovicz, notre maison n‘est qu‘une autre propriété potentiellement rentable. Pour nous, c‘est un abri contre les impositions du patriarcat et du capitalisme. Un lieu où nous essayons de vivre des alternatives à ces formes de domination au-delà de la vie quotidienne cis-sexiste et de l‘état normal d‘exploitation et de hiérarchie. Pour nous, c‘est un lieu de résistance!

Nous exigeons l‘expropriation de tous les spéculateurs immobiliers ! Nous exigeons le transfert de la maison Liebigstraße 34 à ses résidents !
Nous exigeons la préservation de tous les projets menacés, car il ne peut y avoir qu‘une seule solution commune !
Nous exigeons la suppression de la l !

Nous allons tous rester. Contre le patriarcat, la propriété et l‘exploitation. Pour une société libérée basée sur la solidarité !

https://vimeo.com/325552190


Liebig34