Harcèlement sexuel, milice privée, détournement d’argent public, convocations policières : à l’université Paul Valéry, tout est permis ?

Mis a jour : le vendredi 8 mars 2019 à 12:39

Mot-clefs: Education Répression / genre sexualités
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Encore une fois, l'université Paul Valéry Montpellier 3 fait parler d'elle, et pas pour le meilleur. On connaissait déjà la volonté inébranlable de la direction de cette université pour imposer au forceps une sélection sociale implacable, que ce soit en Licence l'an dernier comme en Master en 2017. Mais le propre du pouvoir professoral et de la violence institutionnelle, c'est de ne connaitre aucune limite.

Encore une fois, l'université Paul Valéry Montpellier 3 fait parler d'elle, et pas pour le meilleur. On connaissait déjà la volonté inébranlable de la direction de cette université pour imposer au forceps une sélection sociale implacable, que ce soit en Licence l'an dernier comme en Master en 2017. Mais le propre du pouvoir professoral et de la violence institutionnelle, c'est de ne connaitre aucune limite.

Il y a un peu plus d'un an, une responsable de l'université, connue pour vendre à la FNAC des livres « féministes » pour gonfler son compte bancaire, s'illustrait dans la presse locale en encourageant les victimes d'agression sexuelle au sein de l'université à ne pas porter plainte. On apprenait par un communiqué du syndicat des étudiants du campus, le SCUM, que ce sont les étudiants qui ont dénoncé ces propos abjects qui se retrouvent convoqués au commissariat, ce jeudi 31 janvier. Un rassemblement était prévu ce jeudi 31 janvier devant le commissariat de police de la Mosson, afin de soutenir les « lanceurs d'alertes » que l'université tente de contraindre au silence par la multiplication de plaintes.

Mais coup de théâtre, suite à l'appel à rassemblement lancé par le syndicat étudiant, ce dernier à reçu un coup de téléphone l'informant que la convocation était annulé et que la plainte de la responsable de la « mission égalité de l'université Paul Valéry était classée sans suite. Si c'est assurément, comme l'indique l'association étudiante dans un communiqué, « victoire pour les victimes d'agression et de harcèlement sexuel ainsi que leurs soutiens« , c'est clairement insuffisant, puisque cette personne pourra toujours continuer continuera à profiter du poste qui est le sien pour encourager les victimes à ne pas porter plainte contre leurs agresseurs. La direction de l'université, soutenue par plusieurs associations largement subventionnées, a décidé d'enfoncer le clou lors d'un conseil de la vie universitaire le 05 février : une motion de soutien à la responsable de la mission égalité. Comble de l'ignominie, même les élus du syndicat réformiste et « antisexiste » Solidaires Etudiant-e-s ont soutenu cette responsable, se positionnant encore une fois du côté de la direction de l'université et contre les victimes et leurs soutiens. Mais l'université Paul Valéry Montpellier 3 ne s'illustre pas uniquement par son soutien à des responsables couvrant des agressions sexuelles.

Le 11 décembre 2018, on apprenait que la milice privée embauchée par la présidence de l'université pour réprimer violemment les étudiants mobilisés au printemps dernier, l'avait été dans de curieuses conditions. Le journal Médiapart a en effet révélé que l'entreprise, proche d'Alexandre Benalla et d'Emmanuel Macron, avait été embauchée par l'intermédiaire de la responsable locale des « Jeunes Avec Macron ». Cerise sur le gâteau, les 260 000€ de contrat n'ont fait l'objet d'aucun appel d'offres ! Un beau cadeau qui a encouragé plusieurs associations (le syndicat SCUM et l'association anti-corruption Anticor 34) à signaler auprès du Procureur de la République, en janvier 2019, ces curieux contrats. Le SCUM est même allé jusqu'à déposer une plainte contre Patrick Gilli, président de l'université Paul Valéry, pour « détournement de fonds publics » et « favoritisme ». Depuis, une enquête a été ouverte sur ces malversations, et l'université a répliqué en déposant une grotesque plainte contre l'association étudiante.

Si ces faits illustrent à merveille la fonction première de l'institution universitaire, qui est la reproduction du modèle social, ils prouvent surtout qu'il est nécessaire de sortir des constats et du jeu institutionnel afin d'entrer dans une lutte plus spontanée, plus radicale et plus inventive, dépassant les logiques de représentation et de légitimation de l'institution.

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SCALP / No Pasaran 34 Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier

http://www.scalp34.wordpress.com

- Lire le texte sur le site internet du SCALP - No Pasaran 34 : https://scalp34.wordpress.com/2019/02/06/harcelement-sexuel-milice-privee-detournement-dargent-public-convocations-policieres-a-luniversite-paul-valery-tout-est-permis/

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