Le Venezuela dans le viseur de l’impérialisme

Mis a jour : le jeudi 7 mars 2019 à 13:50

Mot-clefs: Guerre anti-impérialisme
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Donald Trump, soutenu par l’administration américaine, est peu à peu en train de révéler aux yeux de tous que son « America First » (« L’Amérique avant tout ») n’est en réalité rien de plus que le slogan d’un impérialisme renouvelé.

Embourbé dans une crise politique et économique qui ne va qu’en s’aggravant, le Vénézuela souffre aujourd’hui d’une série de problèmes majeurs. Aucun d’entre eux, cependant, n’est aussi catastrophique pour les classes populaires Vénézuéliennes que le lent coup d’état orchestré par le gouvernement Trump contre Nicolas Maduro. Coup d’état ayant pour but, au moins en partie, de faciliter l’accès des entreprises américaines aux nombreux puits de pétrole Vénézuéliens.

Sans surprise, l’initiative est unanimement soutenue par les gouvernements de droite de l’Amérique Latine tout entière, qu’il s’agisse de Macri en Argentine, de Bolsonaro au Brésil, de Piñera au Chilli ou de la majorité du « Groupe de Lima » au Vénézuela.
Alors que les États-Unis font tout leur possible pour isoler le gouvernement Vénézuelien, entraînant des conséquences dramatiques pour les classes populaires, la Russie et la Chine ont, elles, déclaré leur soutien à Maduro, se servant du Vénézuela comme d’un tremplin pour mettre à mal l’hégémonie des États-Unis dans la région. Comme ce fut le cas de la Syrie, le Vénézuela est en train de devenir le théâtre d’un nouvel affrontement géopolitique entre puissances internationales.

Après deux décennies de guerre au Moyen-Orient, l’impérialisme américain s’en retourne dans son arrière-cour avec un renouveau d’entrain pour un interventionnisme agressif tel qu’on ne l’avait pas vu depuis les années 80. Cette attaque envers les peuples d’Amérique latine exige de notre part une opposition anti-impérialiste renouvelée et renforcée.

Les « faucons » sont de retour 

Il est malheureux, mais peu surprenant, d’observer que les soutiens les plus enthousiastes pour un coup d’état au Venezuela sont certains des va-t’en-guerre les plus reconnus de l’administration américaine : ceux qui, avec le soutien des médias libéraux et de la majorité de l’administration du parti Démocrate, menacent plus ou moins ouvertement le gouvernement Maduro depuis les débuts de la crise vénézuélienne. En effet, l’origine véritable du soutien américain au coup d’état Vénézuelien se résume à trois individus : John Bolton, Elliot Abrams, et Marco Rubio.

John Bolton, l’actuel conseiller à la sécurité nationale et ancien ambassadeur aux Nations Unies sous George W. Bush, est connu pour être l’un des plus fidèles laquais de la bourgeoisie. Ancien chercheur résident à l’American Enterprise Institute, entre autres, Boston est friand des lobbies et autres think-tanks conservateurs. Il est également un fauteur de guerre reconnu, ayant entre autre soutenu les interventions militaires en Irak ou en Libye, et se trouve aujourd’hui en faveur de bombardements américains contre l’Iran et la Corée du Nord.

Bolton, quant-à-lui, n’a jamais laissé de doute quant à ses opinions sur le Venezuela : interrogé en Janvier par Fox Business, il déclarait : « Cela ferait une grande différence pour les États-Unis, économiquement parlant, si des entreprises américaines pouvaient investir et produire sur les capacités pétrolières du Venezuela ».

Elliott Abrams, représentant spécial des États-Unis au Venezuela, est lui un criminel de guerre néoconservateur qui, tel le spectre des administrations américaines passées, s’en retourne à l’ingérence dans la politique latino-américaine.
Il est notamment connu pour avoir tenté de camoufler le massacre d’un millier d’hommes, de femmes et d’enfants par des escadrons de la mort financés par le gouvernement des États-Unis au Salvador, lorsqu’il était secrétaire d’état assistant aux droits de l’Homme et aux affaires humanitaires sous Reagan, et pour avoir aidé à l’organisation et au financement caché des Contras, des groupes paramilitaires au Nicaragua chargés de noyer dans le sang la révolution sandiniste.

Marco Rubio sénateur de l’aile droite du parti républicain, dit représenter les intérêts des cubano-américains conservateurs qui « haïssent l’alliance Caracas-Havana », et voit en la chute possible de Maduro un moyen d’affaiblir le gouvernement cubain.
Par-dessus tout, l’offensive de Trump contre le Vénézuela génère une nouvelle vague d’énergie au sein du parti républicain et au sein de la communauté latino-américaine de droite en Floride. Mike Pence, le vice-président, ainsi que les plus influents républicains de Floride ont pour projet de manifester à Miami ce samedi afin d’afficher leur soutien à Guaidó, pensant assurer ainsi le soutien de l’électorat local à Trump lors de la prochaine campagne présidentielle.

Les mensonges de Donald Trump se font de plus en plus apparents : il avait en effet assuré lors de sa campagne présidentielle que, s’il gagnait, les États-Unis cesseraient leurs interventions internationales. Si l’annonce du retrait des troupes de Syrie et du Yémen s’accordait avec la rhétorique non-interventionniste qu’il avait affiché avant d’être élu, Trump se trouve aujourd’hui à recycler les manœuvres politiques des faucons va-t’en-guerre qui ont à plusieurs reprises financé des coups d’état à travers le monde. Là se trouve le véritable sens du slogan : « America First » (« L’Amérique avant tout »)

L’arrière-cour de l’impérialisme bipartisan

Cependant, cet enthousiasme pour la guerre ne s’entend pas que dans les bureaux du parti républicain : le même parti démocrate et la même presse libérale qui s’accordaient hier à dire que Trump devait être destitué applaudissent aujourd’hui son offensive contre le Venezuela. Comme indiqué par Jeremy Scahill dans l’Intercept, au sein du parti démocrate et des médias libéraux qui lui sont fidèles, la ligne politique dominante est celle selon laquelle « Maduro est un dictateur communiste corrompu. Il doit être renversé pour que le Venezuela redevienne un pays libre. Le rôle central qu’ont joué les États-Unis dans la déstabilisation du Venezuela, que ce soit sous Bush ou Obama, et maintenant sous Trump, n’est qu’une arrière-pensée, ou n’est pas évoqué du tout ».

Hugh Hewitt, l’un des commentateurs préférés de la chaine MSNBC, a déclaré à Meet the Press : « Il est beaucoup plus important d’arrêter le gouvernement Maduro que le nôtre. Je pense que Donald Trump est sur ce point un leader, et qu’il y arrive parce que Boltron et Pompeo sont allés voir Bolsonaro et Duque. C’est cela qui va nous rapprocher. »

Le sénateur démocrate Whip Dick Durbin semblait parler au nom de l’establishement bipartisan lorsqu’il a soutenu la décision de Trump de reconnaître Guaidó, déclarant lui aussi son soutien au président autoproclamé.

Au moins deux des potentiels futur candidats démocrates aux élections présidentielles, la sénatrice Kirsten Gillibrand et le parlementaire John Delaney, soutiennent également Guaidó. Même si ils restent opposés à une intervention militaire, ils s’accordent à dire que les actions du gouvernement Trump vont dans le bon sens. Adam Schiff, membre du Conseil de Renseignements, a récemment déclaré que Trump avait raison de reconnaître Guaidó comme président légitime, et de nombreuses figures du parti démocrate, telles que Debbie Wasserman-Schultz, Elliot Engel ainsi que l’ancienne membre du secrétariat à la santé et aux services à la personne, Donna Shalala, sont eux lancés dans une campagne contre Maduro.

Le commentateur libéral Bill Maher, ancien soutien de Bernie Sanders en 2016, puis d’Hillary Clinton, a mis des mots sur le ressenti de la plupart des politiciens du parti démocrate : « Aujourd’hui le Venezuela a quelqu’un, un leader de l’opposition qui s’est enfin révélé, et nous le soutenons. La Russie nous a menacés, car eux soutiennent le dictateur. C’est la doctrine Monroe ! C’est notre arrière-cour ! Et maintenant, la Russie nous dit de quitter le Venezuela, car ils sentent qu’ils le peuvent, car ils se sentent enhardis ? Et ça ne vous dérange pas ? »

Sanders, de son coté, a écrit trois tweets au sujet de la tentative de coup d’état au Venezuela , liant la situation actuelle du Venezuela à l’interventionnisme passé des États-Unis au Chilli, au Guatemala, au Brésil et en République Dominicaine, s’attirant les foudres des médias. Cependant, il concentre la majeure partie de sa critique contre Maduro, et non contre la politique historique d’impérialisme des États-Unis. De manière plus importante encore, la réelle contradiction se trouve être qu’il est fort possible que Bernie Sanders fasse sa prochaine campagne présidentielle au sein-même du parti qui encense aujourd’hui Guaidó.

Derrière l’offensive de Trump contre le Venezuela se cache les intérêts bipartisans de l’impérialisme américain qui, dans le passé, a financé des coups d’état et des dictateurs en ligue avec les États-Unis afin de s’assurer le droit de profiter des ressources naturelles de l’Amérique Latine.

L’hégémonie américaine dans la région n’est cependant plus ce qu’elle était, et dans son offensive contre le Venezuela, les États-Unis se trouvent une fois de plus opposés à la Russie et à la Chine.

Le Venezuela et la géopolitique

Depuis l’auto proclamation de Juan Guaidó au titre de président ce mercredi 23 janvier, la crise au Venezuela a acquis une dimension internationale. La crise vénézuélienne semble être au cœur des préoccupations du gouvernement Trump et de tout un secteur de l’administration américaine. Les États-Unis, cependant, ne sont pas la seule puissance à intervenir dans la région.

Les liens économiques qui lient le Venezuela à la Russie et à la Chine sont profonds : le Venezuela doit à ces deux pays plus de 120 milliards de dollars. Comme expliqué par un commentateur de Fox News : « Les liens étroits entre la Russie et le Venezuela datent du gouvernement Chavez. Dans les années qui ont suivi, le Venezuela a été l’un des seuls pays à soutenir les interventions russes en Syrie ou en Ukraine. De manière plus importante, l’entreprise pétrolière d’état Russe, Rosneft, porte un intérêt tout particulier au gouvernement Maduro ».

En 2017, Rosneft a fait l’acquisition de près de 50 % des actions de Citgo, une firme pétrolière basée aux États-Unis et appartenant au PDVSA, la compagnie pétrolière d’État du Venezuela. La vente de ces actions est pour le Venezuela un moyen de rembourser ses dettes auprès de la Russie, et donne à cette dernière un grand pouvoir de décision dans l’Amérique Latine.

Pour sa part, la Chine a injecté près de 65 milliards de dollars dans l’économie du Venezuela au cours des dix dernières années, et a non seulement aidé à la constructions d’usines d’automobile, de téléphonie et d’infrastructure, mais a aussi vendu des quantités non-négligeables de matériel militaire au Venezuela, tels que les véhicules utilisés par la garde nationale.

Même si la dimension exacte de ces antagonismes géopolitiques reste pour l’instant floue, il est certain que les conséquences militaires de la crise vénézuélienne risquent d’avoir des conséquences graves sur la scène internationale.

Une base de surveillance de satellites chinoise se trouve dans la base aérienne de Guarico. La Russie, elle, est fortement présente dans les réseaux informatiques de la base Navale de La Orchilla : voilà pourquoi la menace de Trump d’expédier 5.000 soldats en Colombie n’est pas à prendre à la légère. Même si les États-Unis ont pour l’instant exclu la possibilité d’une intervention militaire imminente, Trump a déclaré dimanche dernier au sujet du Venezuela que l’option militaire était toujours une possibilité.

Il est désormais su que les 20 millions de dollars « d’aide humanitaire » au Venezuela ne serviront pas à soulager les souffrances du peuple vénézuélien, mais plutôt à renforcer la tentative de coup d’état menée par Guaidó et l’opposition de droite : rien de bon ne peut surgir de cet affrontement international au Venezuela. Même si Trump est encore aujourd’hui dans la tourmente et doit faire face au shutdown de son gouvernement, il reste largement soutenu au sujet du Venezuela, que ce soit au sein de son propre parti ou même chez la large majorité des démocrates, qui cherchent à élargir l’influence de l’impérialisme en Amérique latine depuis plusieurs décennies.

L’héritage du Chavisme

Le Venezuela traverse une importante crise sociale et économique : la récession dure depuis plus de cinq ans. En 2018, l’inflation était estimée à plus d’un million de pourcents. Les salaires atteignent à peine les six euros de l’heure, et 87 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

La production de pétrole est passée de 3 millions de barils par jour en 2014 a à peine 1,15 millions par jour en fin 2018. Les coupures d’électivité se multiplient, et le nombre de réfugiés vénézuéliens a atteint les 3 millions en 2018. La majorité de la population ne peut manger qu’une fois par jour, et la malnutrition affecte 68 % de la population. Alors que tout cela se passe, les riches vénézuéliens qui ont profité du Chavisme ont gagné plus de 600 milliards de dollars.

Dans un tel contexte, le soutien populaire à Nicolas Maduro a radicalement chuté.
L’impérialisme comme l’opposition de droite tentent alors de tirer avantage du mécontentement populaire, alors que les sanctions américaines contre le Venezuela enfoncent encore un peu plus les classes populaires dans la misère. Les limites de la politique impérialiste et de ses alliés intérieurs sont en trois points : il faut d’abord remarquer que l’insatisfaction massive envers le gouvernement ne s’est pas traduite en soutien populaire à Juan Guaidó. Deuxièmement, l’armée Venezuela reste fidèle, à quelques exceptions près, à Maduro. Troisièmement, comme précisé plus haut, le soutien chinois et russe à Maduro du fait des intérêts des deux nations au Venezuela.
Les médias de droite tentent d’expliquer que la crise du Venezuela est due au caractère socialiste, voire communiste, du gouvernement Maduro. Dans son discours au sujet de l’état de l’Union, Donald Trump a annoncé : « Nous soutenons le peuple Vénézéuelien dans sa noble quête de liberté et nous condamnons la brutalité du régime dont la politique socialiste a plongé cette nation, autrefois la plus riche d’Amérique Latine, dans la pauvreté abjecte et le désespoir ».

Cependant, les problèmes actuels du Venezuela émanent précisément du fait que le Venezuela n’est pas, et n’a jamais été une nation socialiste. Ni Chavez ni Maduro n’ont exproprié la propriété capitaliste entière. Tous deux ont maintenu une économie basée sur la rente d’un produit, le modèle des semi-colonies qui produisent pour les grandes puissances capitalistes. Ni Chavez ni Maduro n’ont placé les industries partiellement expropriées sous le contrôle des travailleurs.

L’économie du Venezuela est basée sur l’exportation de pétrole. Lors des meilleurs années du gouvernement Chavez, entre 2004 et 2013, l’économie s’est fortement développée grâce à la hausse des prix au baril. Depuis 2014, les prix du pétrole ont fortement chuté, emportant avec eux l’économie toute entière du Venezuela. C’est cette crise économique qui a révélé la véritable face du Chavisme.

La fortune accumulée lors de la hausse de prix au baril n’a pas été utilisée pour diversifier l’économie, surtout pas les secteurs très faibles de la production de médicaments et de nourriture. De plus, la bourgeoisie vénézuélienne et les investisseurs étrangers n’ont pas été expropriés : des mots de Maduro lui-même, plus de 3000 compagnies pétrolières sont toujours opérationnelles au Venezuela. Les expropriations réalisées par Chavez ont été accompagnées de réparations très élevées pour les entreprises concernées, et ces secteurs n’ont jamais été mis sous contrôle des travailleurs, mais aux mains d’une bureaucratie chaviste de plus en plus corrompue.

Loin d’amorcer la transition du pays vers le socialisme, la présence et l’influence de capitaux étrangers dans le secteur pétrolier n’a au contraire cessé de croître.
Même si il s’est trouvé antagoniste aux intérêts impérialistes, le Chavisme n’a jamais aboli la propriété privée, qu’il s’agisse de celle de la bourgeoisie locale ou étrangère. Paradoxalement, Chavez utilisa à de nombreuses reprises la rhétorique de la « révolution bolivarienne » et du « socialisme du 21ème siècle » pour s’assurer un soutien populaire. De ce fait, la « révolution bolivarienne » à en réalité été aux antipodes du socialisme et a détournée les masses populaires (qui aujourd’hui souffrent de la répression d’un régime qu’ils avaient eux-mêmes défendus courageusement il y a quelques années seulement) d’une perspective réellement révolutionnaire.

D’une manière moins importante, l’héritage du chavisme joue aujourd’hui le même rôle réactionnaire que le stalinisme après la chute de l’URSS et la restauration capitaliste dans les anciens pays de l’est, accompagnée de l’association systématique de toute tentative socialiste au stalinisme. La droite tente de peindre la crise du Venezuela comme une tragédie socialiste et si la gauche s’associe au projet chaviste, alors elle laissera des gouvernements qui n’ont rien à voir avec le projet socialiste la représenter.

Mener la batailler contre l’intervention impérialiste au Venezuela ne veut pas dire soutenir le bonapartisme agressif de Nicolas Maduro et du régime chaviste. Cependant, la ré-émergence d’un large mouvement anti-impérialiste combatif, tel que cela fut le cas lors des années 60 et 70 à l’occasion de la guerre du Vietnam, est aujourd’hui une nécessité.

Pour nous, communistes, l’anti-impérialisme n’est pas une arrière-pensée, mais l’une des pierres angulaires de notre projet.

https://www.revolutionpermanente.fr/Le-Venezuela-dans-le-viseur-de-l-imperialisme

Commentaire(s)

> non merci

Utilisée au singulier , cette notion ( le impérialisme) trahit des incompréhensions ou des simplifications géo-staratégico-politico truc truc fort détestables

> le cynisme de trump et des médias à sa botte

trump affame les vénézueliens avec son blocus et envoie quelques camions de ravitaillement

et de quoi parlent les médias ? de la générosité des démocraties ! on se fout de notre gueule !

> Chronologie des interventions militaires des Etats-Unis dans les Amériques

Les Etats-Unis étant nés d’une révolution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment répandu selon lequel les USA n’auraient jamais été une puissance coloniale contrairement à d'autres impérialismes (Angleterre, France, Russie,…). C’est bien entendu un mensonge: tous des pays impérialistes, hier comme aujourd'hui.

https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/130817/chronologie-des-interventions-militaires-des-etats-unis-dans-les-ameriques

> fait

Suivant leur force, toutes les nations sont impérialistes

> L'impérialisme américain à la manoeuvre

ors d’une grande manifestation de l’opposition, le 23 janvier 2019, le président de l’Assemblée nationale s’est autoproclamé président de la République par intérim. Il s’agit de M. Juan Guaidó, du parti Volonté populaire, la formation la plus à droite, la plus radicale, la plus convaincue qu’une intervention armée est la meilleure méthode pour se débarrasser du chavisme.

De toute évidence, les choses ont été bien préparées, comme le souligne le Wall Street Journal. La veille, le vice-président américain Mike Pence avait invité les Vénézuéliens à manifester contre le président Nicolás Maduro, en les assurant du soutien des États-Unis. Et, quelques heures à peine après l’autoproclamation de M. Guaidó, des camions publicitaires circulaient dans les rues de New York, évoquant la chute de l’« usurpateur Maduro », remplacé par le « président Guaidó ».

Le président colombien Ivan Duque et son homologue brésilien Jair Bolsonaro ont presque aussitôt annoncé que leur pays reconnaissait M. Guaidó. Le Pérou ainsi que le Canada leur ont emboité le pas, tout comme le président équatorien Lenin Moreno et M. Mauricio Macri, le président argentin. Au total, onze des quatorze États du groupe de Lima, créé pour « répondre à la crise vénézuélienne », ont fait de même. Manquent à l’appel le Guyana, Sainte Lucie et, surtout, le Mexique.

https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2019-01-24-Venezuela

> Un texte stalinien très caricatural !

« Cependant, les problèmes actuels du Venezuela émanent précisément du fait que le Venezuela n’est pas, et n’a jamais été une nation socialiste. Ni Chavez ni Maduro n’ont exproprié la propriété capitaliste entière. »

Pour n’importe quel socialiste authentique, l’idée même qu’il puisse exister une « nation socialiste » n'est qu'un mensonge stalinien et rien d'autre ! Le socialisme présupposant la disparition des nations, on comprendra toute l’ampleur de la contradiction. Du reste, tous les révolutionnaires socialistes, Marx, Engels, Lénine, Rosa Luxemburg, Trotsky même, ont toujours combattu tous les nationalismes !

Nous avons donc affaire à un texte rempli des clichés staliniens les plus éculés : il existerait « un » impérialisme, alors qu’il est clair que tous les pays étant par nature capitalistes, ils sont TOUS impérialistes, à la mesure de leurs moyens, comme l’écrit un commentaire précédent. Le Venezuela est donc tout aussi impérialiste que son ennemi états-unien, ou que la Chine ou la Russie qui le soutiennent, et Maduro autant que Chavez étaient des bourgeois dirigeant un pays aussi capitaliste que n'importe quel autre. C’est dire qu’entre Maduro et Guaido, il n’y a pour les exploités aucune différence : l’exploitation et la répression de la classe ouvrière et de tous les opprimés vont continuer de plus belle !

On passera sur le tissu de mensonges là encore tirés du stalinisme sur les Pays de l’Est : l’URSS et ses satellites ont toujours été des pays aussi capitalistes que n’importe quel autre, la guerre du Vietnam a toujours été un conflit impérialiste entre puissances capitalistes, et nos Trotskystes de Révolution permanente ont depuis longtemps abandonné toute vision communiste au profit de la défense d’un capitalisme d’État caricatural ! Cela fait longtemps que les Trotskystes ont trahi l'internationalisme prolétarien au profit d'un soutien « critique » au stalinisme, c'est-à-dire à la plus noire contre-révolution de l'histoire ; ce texte n'en est qu'une expression supplémentaire…

> Pauvre contre révolution permanente

On a même vu les "Trotskistes" de révolution permanente si tenté qu'ils le soient encore vu qu'ils sont jaunis jusqu'au trognon

Encenser un appel des Gilets Jaunes du samedi 29 décembre 2018 ORGANISE PAR LE FASCISTE SYLVAIN BARON ET LE CHOUARDEUX PASCOT

http://lahorde.samizdat.net/2016/04/05/extreme-droite-et-confusionnistes-face-au-mouvement-contre-la-loi-travail/

https://gauchedecombat.net/2019/01/04/encore-un-giletbrun-debusque-parmi-les-giletsjaunes-sylvain-baron-comme-je-ne-suis-pas-etonne/

"Acte 7 : des milliers de Gilets Jaunes conspuent les médias aux ordres du pouvoir et interpellent les journalistes"

https://www.revolutionpermanente.fr/Acte-7-des-milliers-de-Gilets-Jaunes-conspuent-les-medias-aux-ordres-du-pouvoir-et-interpellent-les

CHAPEAU LES "REVOLUTION PERMANENTE ENCENSER UN FAF COMME SYLVAIN BARON C'EST DU PROPRE

CONTRE REVOLUTION PERMANENTE DES "TROSKISTES" TU PARLE LE PAUVRE LEON DOIT SE RETOURNER DANS SA TOMBE

BANDE DE BOUFFONS JAUNES

> Les grands esprits se rencontrent

Qui aurait pu croire que le CCI, farouchement anti-anarchiste, et le Monde libertaire pourraient un jour publier mêmes analyses ? C’est que l’enjeu est tellement important qu’il justifie d’ignorer quelques broutilles idéologiques, il s’agit rien moins que sauver le Monde libre et la démocratie occidentale.

Sur le Venezuela, on dirait des soeurs jumelles. Voir ce magnifique exemple du Monde « libertaire », un journal qui a obstinément soutenu les guerres impérialistes, comparant même la guerre de Libye aux brigades internationales de la guerre d’Espagne.

https://nantes.indymedia.org/articles/44438

Pas une seule fois ne sont dénoncés les USA, Trump, les régimes fascistes et populistes qui entourent le Venezuela, l’extreme droite vénézuélienne qui tire les ficelles de la crise selon la même stratégie qui a amené tous les coups d’Etat d’extreme droite du continent.

Pour quand la fusion ?

> Le putsch et ses soutiens

« Aujourd’hui, 23 janvier 2019, en tant que président de l’Assemblée nationale et au nom des articles de la Constitution, devant Dieu tout-puissant, devant le Venezuela, je jure de prendre en charge formellement les compétences qui reviennent au pouvoir exécutif national en tant que président par intérim du Venezuela ».

Le serment a été retransmis en direct par toutes les chaînes de télévision liées à l’opposition, au Venezuela et à l’étranger, et devant des dizaines de milliers de partisans. Guaidó a certes réussi à remobiliser l’opposition anti-chaviste et ses rassemblements ont été plus nourris que ceux des soutiens de Maduro, notamment dans la capitale, Caracas, à Maracaibo, la grande ville pétrolière de l’Ouest, ou encore à Barquisimeto, capitale de l’Etat de Lara, le fief de l’ancien candidat anti-chaviste aux élections de mai 2018, Henri Falcón. On est loin, néanmoins, du raz-de-marée populaire annoncé sur certaines chaines de télévision en continu en Europe ou aux Etats-Unis.

Le soutien à Guaidó, en effet, vient davantage de ses amis impérialistes et de leurs laquais. Peu de temps après la cérémonie, c’est Trump lui-même qui s’est chargé de faire savoir, par twitter, qu’il reconnaissait comme seul président du Venezuela Juan Guaidó. Un appui qui n’est pas sans rappeler le coup d’Etat anti-chaviste d’avril 2002 lorsque les Etats-Unis de George Bush avaient immédiatement reconnu Pedro Carmona, dirigeant de Fedecamaras, le Medef vénézuelien, comme seul président légitime… Cette fois-ci encore, toute la droite continentale a emboîté le pas aux Etats-Unis. Le bal des démocrates a été ouvert par Mario Abdo, le président paraguayen, fils du secrétaire personnel de l’ancien dictateur Alfredo Stroessner, au pouvoir entre 1954 et 1989. Lui ont succédé le président colombien, Mauricio Macri, pour l’Argentine et, bien entendu, Jair Bolsonaro, le nouveau président brésilien d’extrême droite.

Côté européen, Emmanuel Macron a cru bon de jouer les soutiens à Trump, alors que Berlin, Madrid et Rome, trois acteurs importants pour la crise vénézuélienne, ont adopté une position beaucoup plus prudente. Macron a ainsi twitté, jeudi dans la matinée, que « depuis l’élection illégitime de Nicolas Maduro en mai 2018, l’Europe soutient la restauration de la démocratique ». Puis, se trompant d’un zéro, il a poursuivi en disant son admiration pour le « le courage des centaines de milliers de vénézuéliens qui marchent pour leur liberté ». […]

https://www.revolutionpermanente.fr/Avec-l-appui-de-Donald-Trump-Juan-Guaido-s-auto-proclame-president-du-Venezuela

> je cherche encore

""CHAPEAU LES "REVOLUTION PERMANENTE ENCENSER UN FAF COMME SYLVAIN BARON C'EST DU PROPRE
CONTRE REVOLUTION PERMANENTE DES "TROSKISTES" TU PARLE LE PAUVRE LEON DOIT SE RETOURNER DANS SA TOMBE
BANDE DE BOUFFONS JAUNES "

je cherche encore dans les liens ce qui est affirmé et je ne trouve rien de rien,plus que de l'à peu prés ,c 'est de l'amalgame stalinien,(un comble pour un anar !) c 'est des fakes news comme dit l'autre .

la haine sectaire autorise ce genre d "'inventions" mais ça salit les antioautoritaires . le drapeau noir a besoin de clarté parfois !et pas de mensonges débiles
je remarque que la critiques sur les "erreurs " du passé sont du côté des trots et pas des anars.
dommage

do

> Chouette

Chouette reportage. Dommage qu'on ne puisse pas poster de vidéos sur Indy !

(Bon en vrai, le reportage ne raconte pas grand chose non plus, mais j'aime bien la forme, de faire nos propres JT)

> pourquoi on se décarcasse?

on se demande pourquoi on fait encore des élections

suffit de demander à trump de désigner les chefs d'état qui lui plaisent, on économiserait du temps et de l'argent

> Je vote, tu votes, il ou elle vote…

Aux élections, c'est la bourgeoisie qui vote et elle demande juste au bas peuple de confirmer son choix ! Alors que ce soit Trump ou Maduro qui bourre les urnes, ça ne fait réellement aucune différence pour les prolétaires ! Ni au Venezuela, ni aux États-Unis, ni ailleurs…

> C’est cela, oui…

Inutile d’espérer que le CCI ait quelque chose de plus intelligent à dire que ses éternelles banalités. Qu’est-ce que le vote vient faire là dedans ? Guaido demande à Trump d’augmenter les sanctions contre le Venezuela, c’est à dire plus de misère et de pénuries pour la population. Le but de l’impérialisme et de ses valets, c’est d’amener une misère telle que la seule solution sera un renversement du régime. Pas besoin d’élections ni de guerre ouverte, c’est ce que feint de ne pas voir le CCI et qui montre pour qui il roule.