Macron au CRIF : ou l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme contre le mouvement social

Mis a jour : le jeudi 28 février 2019 à 01:34

Mot-clefs: Racisme Répression Resistances antifascisme gilets_jaunes
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Après une première séquence qui a vu la lutte contre l'antisémitisme instrumentalisée contre les Gilets Jaunes, devenue le coupable idéal de la hausse des actes antisémite, il semblerait que Macron compte désormais ouvrir une nouvelle phase : sous couvert de lutte contre l'antisémitisme, il s'agit de criminaliser l'ensemble du mouvement social.

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Emmanuel Macron s’est rendu au dîner du CRIF, mercredi 20 février. Rappelons, tout d’abord, que la venue même d’une personnalité politique devant une organisation comme le CRIF n’est en aucun cas une évidence. Ainsi, François Mitterrand considérait qu’il s’agissait d’une entorse à la laïcité comme l’explique cet article de France Info. Il refusait d’y participer en 1988 considérant que le CRIF, qui s’arrogent le droit d’être les seuls représentants de la communauté juive hexagonale, est une institution dont la dimension religieuse n’est pas absente.

Pour Macron, « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme »

Arrêtons-nous tout d’abord sur la première mesure « forte » proposée par Macron, celle qui consiste à assimiler antisionisme et antisémitisme. Le président a ainsi annoncé la France adoptera, désormais, dans ses textes de référence une définition de l’antisémitisme qui contienne la référence à l’antisionisme : « La France, qui l’a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en œuvre la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah » (intégrant l’antisionisme) » , se défendant « d’ empêcher de critiquer la politique du gouvernement israélien », pour mieux justifier cet amalgame qui n’en est plus un, étant donné que selon Macron, l’antisionisme est un antisémitisme. 
Ainsi, un cap est franchi. Si Macron avait déjà ouvert le bal de l’amalgame l’an dernier lors de la en commémorant le 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv à Paris, le 16 juillet 2017, le trait d’union entre l’antisémitisme et l’antisionisme – qui n’est selon eux qu’une « nouvelle forme » d’antisémitisme, aura sa transcription, selon le patron de LREM, dans une résolution qui sera soumise aux parlementaires : « l’Assemblée émet ainsi un avis sur une question déterminée, mais cela n’a pas le caractère contraignant de la loi », explique le Jdd.

La visée, sous-jacente, est de mobiliser la rhétorique de la lutte contre l’antisémitisme pour renforcer l’appareil répressif, législatif et policier, contre les mouvements sociaux. En dernière analyse, il s’agirait même, selon François Sureau, avocat proche de Macron, et connu pour avoir dénoncé vertement la poussée liberticide du gouvernement, d’une instrumentalisation qui vise à préserver l’ordre établi sous prétexte que la lutte contre celui-ci reviendrait à verser dans l’antisémitisme : « Ces événements lamentables nous invitent d’abord à ne pas être dupes, et d’abord pas des réactions intéressées des vigilants, y compris gouvernementaux, qui paraissent se servir du cri antisémite pour conjuguer abusivement défense des juifs et défense d’un ordre injuste, de ce monstre social dont parlait Simone Veil. Il ne suffit pas de relever que l’antisémitisme a partie liée avec la dénonciation du monde de l’argent pour se croire tenu quitte des horreurs du monde de l’exploitation, et ce serait enfermer les juifs une autre fois que de faire de leur destinée le ciment. »

Plus, encore, "Il s’agit de préciser et raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants, de leur permettre de mieux lutter contre ceux qui cachent, derrière le rejet d’Israël, la négation même de l’existence d’Israël, la haine des juifs la plus primaire", explique Macron dans son discours. Signe que s’il n’y aura pas de modification de la loi, elle aura bien vocation a être utilisée par la justice, l’encourageant à considérer l’antisionisme comme de l’antisémitisme.

Une offensive contre l’association de Boycott BDS

L’analyse de l’instrumentalisation en cours est en cela confirmée par la nature des déclarations suivantes d’Emmanuel Macron, qui ont toutes concerné, d’une façon ou d’une autre, de nouvelles privations de liberté en prétendant lutter contre l’antisémitisme (et la "haine" en général). Si deux de ses mesures phares (la dissolution de plusieurs groupuscules d’extrême-droite, et le renforcement de la judiciarisation d’internet), annoncés comme des mesures « fortes » par Macron, étaient en réalité prévues depuis bien plus longtemps - conférant à ces annonces un caractère opportuniste qui n’avait rien à voir avec la lutte contre l’antisémitisme, l’annonce selon laquelle il n’y aura plus « aucune concession » quant à l’association de boycott, nommée BDS signe la véritable singularité de ce discours comme le premier acte du trait d’égalité fait entre antisionisme et antisémitisme, encourageant ainsi la justice à faire de même.

L’annonce de la dissolution du Bastion social, du réchauffé d’il y a 2 mois.

Premièrement, donc, la dissolution de groupuscules d’extrême-droite : "Parce que la période met en cause ce que nous sommes, la France doit tracer de nouvelles lignes rouges » a déclaré Macron. « J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l’action violente", ciblant « pour commencer » des groupuscules d’extrême-droite » : Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18. Tout d’abord, comme Mediapart le précise, cette décision était déjà prévue bien à l’avance : « Depuis plus de deux mois, la décision était dans les tuyaux du ministère de l’intérieur et le motif de la dissolution de ce mouvement né des décombres du GUD (Groupe Union défense) n’était pas son antisémitisme, mais son incitation à la constitution d’un groupe armé… lors de l’acte III des « gilets jaunes ». Ensuite, la mesure est hautement symbolique. Outre l’ironie de l’histoire qui fait que Macron commémore lui-même Pétain, qualifié de « grand soldat », le gouvernement voudrait faire croire que l’arme législatif suffirait à lutter contre l’extrême-droite, alors que les politiques anti-sociales, et la rhétorique nationaliste de ce dernier sont les carburants de la montée de l’extrême-droite tant sur le terrain institutionnel que dans la rue. Comme s’en étonnait l’éditorialiste à l’Opinion, et spécialiste des questions de sécurité, Jean-Dominique Merchet dans un tweet : « #Macron « Besoin de commandement », « forces organiques », « âme des peuples » : l’étonnant vocabulaire politique du président de la République. » Un vocable, en effet, qui emprunte sans fards au champ lexical politique de l’extrême-droite.

Par ailleurs, et là est la « subtilité » et toute l’ambiguïté charriée par le discours de Macron, celui-ci cible « pour commencer » les groupuscules d’extrême-droite. Le déploiement de ce genre de lois pour cibler directement les mouvements sociaux a été une constante, sous couvert, là encore, de lutter contre « la haine » – haine propagée, et entretenue au premier chef par Macron, et sa police.

Et cette instrumentalisation, et généralisation, dans ses conséquences concrètes, ne se fait pas attendre. Autre mesure phare annoncée par Marcron : la lutte contre la « haine », sur les réseaux sociaux, à travers le renforcement de l’arsenal législatif et policier. Un texte qui reprendra en réalité les conclusions d’un rapport sur lequel planche le gouvernement depuis près d’un an, et qui s’inscrit dans la lignée de la précédente charge menée par Macron contre l’anonymat sur internet. Amalgamant totalement la question des « fake news » et de la possibilité d’être anonyme sur les réseaux sociaux, il avait en effet expliqué envisager une « levée progressive de toute forme d’anonymat ». S’il ne s’est pas étendu sur les moyens concrets d’application de cette levée de l’anonymat en ligne, il n’est pas difficile d’en deviner la teneur. Par exemple la nécessité d’envoyer une copie de ses papiers d’identité pour créer ou conserver un compte sur Facebook ou Twitter. Une logique qui avait d’ores et déjà été condamnée par la Quadrature du Net – défendant les libertés sur Internet – en la personne de Félix Tréguer : « Emmanuel Macron oublie que l’anonymat constitue un droit associé à la liberté d’expression et de communication et au droit à la vie privée. Il est reconnu comme tel au niveau international, notamment par la Cour européenne des droits de l’Homme ».

Cette fois, Macron revient à la charge, sous prétexte de lutte contre l’antisémitisme, comme si l’anonymat était la cause des propos haineux et racistes tenus sur internet. Une offensive qui pourrait prendre un tour directement policier, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi ayant en effet évoqué une possibilité de de porter plainte sur internet contre les propos haineux, condamnables par la loi, exhortant par ailleurs les entreprises du net à collaborer avec les services de police et de justice pour pouvoir.

Faut-il le préciser : ce n’est nullement l’anonymat qui contribue à tenir des propos haineux, racistes. Ce serait bien même le contraire. Ceux qui propagent leur haine sont connus de tous, et protégés non par l’anonymat, mais par l’impunité même dont ils jouissent du fait de leur rang social ; ces noms, nous les connaissons tous, ce sont ceux de Marlène Schiappa, qui assimilent le Mariage pour tous et le fondamentalisme islamique, ceux d’un Finkilekraut, d’un Zemmour, d’un Macron qui s’autorise des « petits phrases » anti-pauvres ; c’est la haine, physique celle-là, de la police, contre les Gilets Jaunes depuis le début du mouvement, et, surtout, contre les jeunes de banlieue, contre toutes les minorités.

Commentaire(s)

> fait

précision : ce media ( «révolution permanente» ) est celui de trotskistes du NPA

> indy pas qu'anar

et alors ? tu crois indymedia c'est qu'anarchiste tu te trompes camarade c'est ouuvert à tous texte qui rentre dans la charte

> >>>

# Indymedia et indépendance :

Indymedia est un réseau ne dépendant d'aucune organisation syndicale, politique, religieuse ou autre. Le rôle d'Indymedia est de faciliter l'accès de touTEs à une information libre et indépendante : le collectif Indymedia Nantes n’est pas neutre politiquement (ça se saurait) mais se revendique sans dogmatisme politique dominant. En aucun cas Indymedia ne peut se lier avec les sphères politiques ou économiques institutionnelles : il ne peut y avoir de publicité sur le site. Le nom d'Indymedia ne peut servir à aucune opération commerciale. Indymedia ne peut faire de partenariat avec aucune entité dont la vocation est de faire du profit. Indymedia ne peut se faire le soutien officiel d'aucune organisation ou candidat. Toute personne peut participer à Indymedia. Il n'y a aucune obligation pour cela d'être membre d'une organisation quelle qu'elle soit, ni de restriction pour les membres d'organisations. La participation au collectif Indymedia Nantes se fait individuellement, et non en tant que membre d'une organisation.

Extrait d'Alternative libertaire qui sont pourtant un peu des cousins:
Depuis quelque temps on voit fleurir sur les réseaux sociaux les articles du site Révolution permanente, qui se proclame « nouveau site d’information d’extrême gauche ». Mais est-il vraiment pertinent ?

Ce site est réalisé par le CCR (Courant communiste révolutionnaire) du NPA, un courant fortement lié au Partido de los trabajadores socialistas (PTS) argentin, et dont le site Internet sert d’ailleurs de modèle à Révolution Permanente [1]. Le PTS est une des nombreuses scissions du Movimiento al Socialismo, créé par la figure tutélaire du trotskysme argentin Nahuel Moreno, qui passa sa vie à osciller selon les opportunités entre lambertisme, sandinisme et péronisme de gauche.

Le site Révolution permanente est surtout la vitrine du CCR. Il fait preuve d’un activisme sans relâche, d’une lutte à l’autre, faisant parfois d’un fait divers un fait politique, ne reculant ni devant les titres et images racoleurs, ni les sources douteuses. Dernièrement, il n’a pas hésité à reprendre sans critique le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui insinuait un accord des organisations syndicales pour que des CRS encadrent le carré de tête, communiqué qui a abouti à l’attaque des services d’ordre syndicaux lors de la manifestation du 17 mai à Paris.

De fait, la rupture avec les directions syndicales est un axe politique central, un leitmotiv pour ce courant, quitte à relayer l’intox policière. Pour le CCR et pour d’autres courants léninistes dogmatiques, les syndicats ne sont qu’un premier stade de conscience de classe, incapables de politiser la lutte. Seul le parti peut le faire, en organisant les masses à travers des comités de lutte créés pour l’occasion.

https://www.alternativelibertaire.org/?Site-Internet-Revolution

> Mauvaise foi et indépendance

On a rarement vu un argumentaire d’aussi mauvaise foi. Tout ce qui est dit sur Révolution permanente est tout aussi valable pour Alternative libertaire. C’est pas pour rien que notre procureur les appelle « cousins », en nous donnant par là même les limites de son « raisonnement ».

Cet article ne fait pas la promotion de Révolution permanente et n’est en contradiction avec aucun des points de la charte Indymedia, c’était dont pas la peine de la rappeler, sinon pour créer la confusion. Mais quand le contenu ne plait pas il faut trouver d’autres raisons.

Sur l’instrumentalisation de l’antisémitisme par le pouvoir, Révolution permanente et AL sont sur les mêmes positions, et j’ose espérer que c’est aussi le cas d’Indymedia. Si d’autres personnes pensent le contraire, elles feraient mieux de le dire franchement au lieu de se trouver des prétextes.

> Je crois qu'on se trompe

En essayant d'apporter une critique et/ou réponse politique aux faits et dires de la macronnie. Je dénonce souvent un individualisme libéral, prégnant (y compris dans les milieux contestataires, souvent confondus avec l'individualisme anarchiste).L'individualisme libéral, ne reconnaît pas de caractère politique (entendu dans le sens des idéologies théorisées), à ce qui oriente les sociétés. Il préfère y distinguer, l'individu-e, et ses actes ou choix en fonction d'une ''morale''. Il y a eu un article d'un-e anar-vegan relayé ici même sur indy nantes, qui posait bien le problème (vis à vis de l'antispécisme surtout). En gros ''il n'y a pas une morale, mais chacun-e a la sienne''.

Sur les propos de la macronnie, (de macron, à schiappa, en passant par philippe, griveaux, darmanin, ...), on a de multiple illustrations qu'illes partagent à peu de chose près une même idée de la ''morale''. La macronie n'est pas ''en même temps'' de droite et de gauche, elle n'est ni l'une, ni l'autre. Il se trouve que le caractère individualiste, la rend plus proche de la droite.

Prenant ça en compte, je pense que même l'analyse de l'UJFP (l'assimilation de l'antisionnisme et de l'antisémitisme est en accord avec le ''lobby sioniste''), est biaisée. Pour moi ça serait plutôt ce ''lobby'' qui a compris que pour faire avancer ses visions politique, il fallait avancer des idées basées sur la ''morale''.

Pour moi c'est une perte de temps d'essayer de faire une analyse politique, de ce que régurgite la macronie, on peut y opposer un point de vue politique, mais essayer d'opposer une analyse politique à des propos moraux, est une perte de temps.

> c'est jamais une perte de temps de faire une analyse politique

c'est pas très compliqué, est-ce qu'il y a ou non une instrumentalisation de l'antisémitisme (et pas seulement par le pouvoir et les sionistes), et si oui est-ce qu'on peut la dénoncer ?

> ouais, c'est assez mal exprimé

c'est sûr que mon expression est un peu confuse.

J'essaie de reformuler. Instrumentalisation, je suis pas sûr, parceque ça voudrait dire justement qu'il y a un raisonnement politique derrière qui voudrait soutenir le sionisme. Et ça j'en suis pas sûr du tout. Si j'étais sûr de ça en fait, j'aurai pas réagi. Si israël rebalance demain des bombes au phosphore sur la palestine, je pense qu'ils sont tout autant capable de sortir des trucs bien sévères. En campagne, macron dénonçait la colonisation de l'algérie comme un crime contre l'humanité, maintenant il aurait pris partie pour un état colonisateur qui n'hésite pas à bombarder des bâtiments internationaux refuges, etc...

Du coup, je pense que face à leur discours il est bon de re affirmer des positions politique. Mais essayer de comprendre le pourquoi du comment et de l'analyser, j'ai des doutes (pas d'absolu certitude, mais je m'interroge beaucoup).

Voilà j'espère que c'est mieux exprimé. Affirmer une position politique oui, par contre analyser politiquement leurs élucubrations ??

> trop fort

"ça voudrait dire justement qu'il y a un raisonnement politique derrière qui voudrait soutenir le sionisme. Et ça j'en suis pas sûr du tout"

si le soutien au sionisme c'est pas politique, c'est quoi alors ? c'est juste sentimental ?

sur ce qu'est le sionisme :

Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale, par Alain Gresh

http://www.pourlapalestine.be/antisionisme-antisemitisme-et-ideologie-coloniale/

> C'est encore pas ce que j'ai dit

Le soutien au sionisme peut être politique bien sûr. Le soutien macroniste à l'amalgame: antisionisme = antisémitisme, je suis pas sûr du tout.

D'ailleurs après le cinéma Finkielkraut, il y a eu soutien, puis recul (de Macron), puis resoutien au CRIF ou ce jour là. Si t'as des idées politique claires, tu fais pas tous ces revirements.
https://www.midilibre.fr%2F2019%2F02%2F19%2Femmanuel-macron-se-prononce-contre-la-penalisation-de-lantisionisme%2C8024503.php&psig=AOvVaw391WM8BGdbELknWEPtGXU2&ust=1551544055970539

Perso je vois plutôt une réaction, à la prise à parti d'un-e individu de sa classe sociale, par une ''foule haineuse''.
Et je pense que c'est pas le seul sujet, qui illustre leurs déclarations.

> Tract pour la manif GJ de demain

Fâchés, pas fachos

Une campagne politique et médiatique orchestrée par le gouvernement a eu lieu à la mi-février dans le but de faire passer les Gilets Jaunes pour des antisémites.
Premier acte, une pluie de commentaires annonçant une « montée », un « accès » ou une « explosion » de l’antisémitisme. Commentaires injustifiés car le nombre d’actes antisémites varie d’une année sur l’autre et celui de 2018 reste inférieur à la moyenne des 19 dernières années.

Acte eux, tags, tombes vandalisées – typiquement antisémites– sont montés en épingle et attribués sans preuves aux Gilets Jaunes. Chez le GJ, les comportements haineux sont courageusement et collectivement combattus. Si bien qu’après avoir été voués au poujadisme et à diverses récupérations d’extrême droite contre les migrants, les juifs, nous avons beaucoup déçu les commentateurs en ne portant que des revendications d’ordre social et démocratique pour tous.

Le détournement médiatique de faits et la manipulation de l’opinion publique pour nous discréditer systématiquement ne sont pas acceptables !

Acte trois, le raciste et sioniste inconditionnel Alain Finkielkraut reçoit une bordée d’insultes méritées, où contrairement à ce qu’a dit le porte-parole du gouvernement, le mot ‘juif’ n’est pas employé. La bien-pensance s’agite, un Académicien immortel traité de haineux…

Acte quatre, toute la ‘classe politique’, celle-là même qui ne cesse de se déconsidérer auprès des citoyens qui souffrent, se retrouve unie pour un morceau d’éloquence pour s’opposer à l’antisémitisme, mais sans dire un mot de l’enfermement coupable dans le soutien à l’Etat raciste qui maltraite les Palestiniens depuis sa création.

Acte final, le dîner du CRIF, où Macron annonce que dénoncer l’État d’apartheid israélien, c’est de l’antisémitisme, et où il reçoit les félicitations de Netanyahou premier ministre d’un gouvernement d’extrême droite. Il vient de salir une nouvelle fois les GJ en les désignant
Pourtant, c'est bien ce gouvernement qui, récemment, entreprenait de réhabiliter le maréchal Pétain, chef du régime collaborationniste de Vichy. C'est bien cette même classe politique qui trouvait peu à redire des hommages rendus à Maurras ou à Céline, écrivains violemment antisémites. L'antisémitisme est une affaire bien trop grave pour la laisser à celles et ceux qui, jour après jour, s'emploient à stigmatiser et à réprimer les minorités. Le sommet du cynisme est atteint avec le glissement dangereux consistant à attribuer la montée de l'antisémitisme au «communautarisme musulman », comme n'a pas manqué de s'y adonner une partie de la classe politique. Le racisme structurel n'est ni le fait des Gilets jaunes, ni le fait des minorités. Il est celui de l'État qui organise une société inégalitaire et violente.

Gilets Jaunes particitant.e.s à la campagne BDS
Boycott-Désinvestissement-Sanctions Pour le respect des droits du peuple Palestinien