Pour en finir avec une mobilisation des Gilets Jaunes en baisse !

Mis a jour : le dimanche 10 février 2019 à 18:07

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Naturellement, la mobilisation d'hier des Gilets Jaunes "serait" à la baisse. Pourtant, Policiers en colère compte 240 000 manifestants à 15 heures 30, soit un chiffre définitif supérieur. La manip ne nous a pas échappés. Il y a un mois, le syndicat de Police donnait son chiffre à 18 puis 17 heures, comptant 4 manifestants sur le même espace géographique. Certainement sur consigne du gouvernement, il publie désormais son chiffre à 15 heures 30, ce qui lui permet de l'amputer d'UN QUART l'ampleur de la mobilisation. 240 000, cela veut donc dire 300 000 bien tassé. D'autant qu'il y avait 10 000 gilets jaunes à Bordeaux. Et que, curieusement, les chiffres de l'Intérieur, bien que grossièrement minorés, sont bons : 6000 à Toulouse (compter le double), 5000 à Bordeaux, 4000 à Paris...La résistance des gilets jaunes tient le choc.

 

Personne parmi les "commentateurs" pour rappeler que les GJ se sont mobilisés mardi dernier, soit 4 jours avant : 300 000 gilets jaunes et gilets rouges dans toute la France. Et qu'une moindre mobilisation dans la même semaine n'est pas scandaleuse en soi. De toute façon, la messe est dite : les médias aux ordres de l'Elysée peuvent traiter autant qu'ils veulent les GJ de "minoritaires" et de "violents", cela n'a et n'aura aucune incidence sur leur courbe de popularité dans l'opinion. Les français leur font massivement confiance, point barre.

Autre procès venimeux instruit par les médias vendus : LCI reproche ce matin aux gilets jaunes leurs "dégradations et violences"(sic). Mais qui a arraché sauvagement la main de ce jeune gilet jaune hier, sinon la Police, dont les gendarmes ne veulent plus faire partie ??? Qui a déployé des "détachements d'actions rapides" (DAR), en réalité des nervis pour endiguer la révolte ? Quand le 8 décembre 2018, les GJ sont nassés sur les Champs Elysées, dans l'impossibilité d'en sortir, on voit des groupes d'hommes encagoulés, armés, recrutés sur le seul critère de la violence, attaquer chaque groupe de GJ, en tirant dans toutes les directions. Les GJ tombent les uns après les autres explique Nantes Révoltée. C'est donc l'hôpital qui se moque de la charité, les hyperviolents du système, les utilisateurs forcenés du flasball (cf oeil éborgné de Jérôme Rodrigues) ou de la grenade de désencerclement ( cf main arrachée hier et décès de Rémi Fraisse), qui donnent des leçons de morale à ceux qu'ils traitent comme des "êtres jetables" comme écrivait Aimé Césaire, comme les anciennes métropoles traitaient les Peuples colonisés (dixit Éric Werner). La Police menant une véritable guerre de basse intensité contre les militants pacifiques.

Et pour bien enfoncer la matraque dans la plaie qu'elle a ouverte, on a droit à tous ces commentaires des "zélites" du moment : l'ivrogne et ami de Macron Berleand déclarant délicatement sur RTL que "les Gilets Jaunes le font chier"(sic). Jean Quatremer parlant de "ce mouvement de beaufs poujadistes et factieux"(sic) (cf Le Monde diplomatique de février 2019, dans l'article "Lutte des classes en France" de Serge Halimi et Pierre Rimbert). "Ces hordes de minus, de pillards, rongés par leurs ressentiments comme par les puces" (Frantz-Olivier Giesberg, cf Diplo op cot). Tandis que Julliard s'alarme : "combien de morts ces nouveaux beaufs auront-ils sur la conscience ?(Dilplo op cit) ". Tandis que Vincent Trémolet de Villers s'alarme : "les bas instincts s'imposent au mépris de la civilité la plus élémentaire" (Diplo op cit).

La prolophobie abjecte de tous ces médiacrates, oeuvrant au seul service du système et de l'immobilisme social, traitant la France d'en bas de pelés, de galeux de la fable, juste bonne à voter Le Pen est une forme de violence symbolique, qui vaut certainement une voiture incendiée, et dont personne jamais ne parle, y compris sur les réseaux sociaux, comme de paroles "normales", "allant de soi".

Que la "haute" classe nous traité de sous-merdes, elle n'empêchera pas l'essentiel. Avec les 13 journée de mobilisation le samedi, la grève du 5 février, l'occupation des ronds-points, le Peuple français, jusque là invisible, méprise de tous, se réveille et lutte pour son émancipation, à travers les gilets jaunes, comme aurait dit Alain Badiou dans son ouvrage : "Qu'est ce que le Peuple ? ", édition La dispute, 2014. Nous vivons un moment rare : le Peuple en mouvement, conscientisé, se battant pour une vie meilleure, est une REINVENTION du Peuple traditionnel, juste bon à voter une fois tous les 5 ans. En rupture total avec le corps électoral passif, amorphe, qualifié abusivement de "Peuple français", mais en réalité, ne servant à rien.

Commentaire(s)

> Mais qui prend au sérieux les fantasmes fascistes des "Policiers en colère" ?

"Maintenant dans chaque racaille ou dans chaque sauvageon se cachent potentiellement un Merah ou un Nemmouche. En 2005, lorsque j’ai dénoncé le caractère religieux des émeutes, parlé d’intifada et demandé l’intervention de l’armée dans les banlieues, j’ai été très durement critiqué."

Interview de Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police, accordée à NationsPress.info, et fièrement reproduite dans la rubrique "Notre projet" du site de France Police/Policiers en colère

> Le peuple ne peut être que nationaliste !

Le « peuple » n’est qu’une expression de la bourgeoisie pour décrire « tout ce qui n’est pas la bourgeoisie dans la société capitaliste », et c’est donc un terme NATIONALISTE, ce que d’ailleurs le bouquin de Badiou, Khiari & co cité dans le texte confirme pleinement - en rajoutant les absurdités racialistes de Khiari au passage. Que ces deux staliniens défendent le nationalisme sous la forme du « peuple » n'a d'ailleurs rien d'étonnant.

Par conséquent, l'idée de « peuple » ne tient aucun compte du fait qu'en son sein il y a différentes classes sociales, qui n’ont pas du tout les mêmes intérêts ni les mêmes perspectives ; les paysans et la petite-bourgeoisie n’ont politiquement rien à voir avec le prolétariat ! Le mépris de classe de la grande bourgeoisie ne va pas aux prolos, comme le dit le texte, mais bien à la petite-bourgeoisie qui dirige ce soi-disant « mouvement » des Gilets jaunes !

Politiquement, ce « mouvement » n’en est pas un : il n’y a pas deux Gilets jaunes d’accord entre eux, il n’y a aucune discussion parmi eux, sauf sur Face de Book - la belle affaire ! - pas d’AG, pas de direction politique claire - et ça ne veut pas dire qu’il leur faut un porte-parole : si déjà ils savaient ce qu’ils veulent !

C’est pour cela que les Gilets jaunes 1) sont incapables d’avoir un poids face au gouvernement, et 2) qu’ils n’ont aucune perspective claire, à part demander à l’Etat d’arrêter de les pressurer - comme si ça pouvait suffire ! Et comme si la bourgeoisie pouvait le faire !

Donc le « peuple » des Gilets jaunes n’a aucune réalité politique claire, c’est une masse informe et nationaliste qui se trimballe avec des drapeaux tricolores en manif et accepte les pires insanités racistes en son sein sans trop broncher. « Emancipation du peuple » ? Quel tissu de calembredaines ! Le peuple ne peut pas être « conscientisé » puisqu’il n’a aucune unité et aucune réflexion collective ! Il n’y a aucune « émancipation du peuple » possible, il n’a pas de projet à part demander la baisse des taxes et que l’État l’écoute un peu plus à travers le RIC ! C’est ça, « l’émancipation »? C’est ça, la « vie meilleure » que d'après ce texte les Gilets jaune revendiquent ?

Le projet « d'émancipation », il concerne la classe ouvrière, il est international et il signifie renverser l'État, pas lui demander de nous écouter ! Toutes choses que pas un Gilet jaune n'a seulement osé envisager…

> N'importe quoi

Bah bravo, se baser sur les chiffres farfelues de "policiers en colère" un pseudo syndicat d'extrême droite..