Appel à une solidarité internationale

Mis a jour : le mercredi 9 janvier 2019 à 21:42

Mot-clefs: Guerre Répression contrôle social actions directes anti-repression gilets_jaunes
Lieux: partout

La CAJ étant partie prenante de cet appel nous le relayons ici afin que chacun puisse le diffuser à ses contacts.
Nous invitons les inculpés et proches d’incupés à nous contacter ainsi que les caisses ou comités antirep d’autres villes afin de coordonner nos actions et s’entraider pour la solidarité à mener.
Nous sortirons prochainement quelques récapitulatifs de la répression en cours et des RDV pour se capter !

La caj

Appel à une solidarité internationale

Depuis le 17 novembre dernier, un mouvement social inédit a pris forme un peu partout en France. Nous autres, participants dits « Gilets Jaunes », occupons, bloquons, prenons la rue, attaquons les forces répressives, sabotons, discutons et rêvons de meilleurs lendemains ! Ce mouvement se caractérise pour beaucoup par l’action de ses participants. Ce retour en force de la pratique de l’action directe est évidemment craint par le pouvoir qui préfère que les exploités de ce monde restent dociles tout en participant aux diverses farces électorales. Parce que nous nous sommes organisés à la base, en refusant d’avoir des représentants, nous avons empêché le pouvoir d’avoir les relais habituels pour affaiblir la lutte.
L’État ne peut plus compter que sur sa police pour nous faire rentrer chez nous. Et il l’utilise comme jamais… Nous vivons depuis plusieurs décennies une explosion des politiques sécuritaires à l’échelle planétaire. Ces dernières servent la classe capitaliste qui se protège comme dans un ultime instinct de survie, et en cela, lutter inclut des pratiques et des moyens pour s’en défendre. Nous devons faire face à de nouvelles armes pour la police, de nouvelles lois créant de nouveaux délits, de nouvelles prisons. L’arsenal répressif est en constante augmentation ici et l’application répétée ces dernières années de l’État d’Urgence a fini de donner carte blanche à la police et la justice.
Les niveaux de répression atteints depuis quelques semaines sont affolants et visent clairement à instaurer la peur de lutter en nous mutilant et en nous enfermant. Il est impossible de faire un décompte précis car nous ne pouvons recueillir toutes les informations pour le moment. Nous pouvons néanmoins affirmer qu’il y a déjà eu : des milliers d’arrestations dont certaines donneront lieux à des procès plus tard, des centaines de condamnations et plusieurs dizaines de personnes envoyées en prison. De nombreuses enquêtes ont également été ouvertes concernant notamment des pillages et des incendies. Nous comptons aussi déjà une personne tuée percutée par une grenade lacrymogène, plusieurs personnes dans le coma suite à des tirs de flashball à la tête, 4 personnes qui ont eu la main arrachée (par des grenades GLI F4 contenant du TNT), 12 personnes éborgnées, dont une ayant perdu définitivement l’audition et plus d’une centaine de mutilés divers (fractures, visages en miettes, joues arrachées etc.).
La grande majorité des personnes condamnées sont des ouvriers, avec ou sans travail, et le plus souvent sans argent et isolées. Pour nous autres révolutionnaires il est extrêmement important d’exprimer une solidarité en acte avec les condamnés et les prisonniers, d’exiger leurs libérations. Des outils existent dans plusieurs villes pour exprimer cette solidarité (collectifs anti-répression, caisses pour les prisonniers…) et le mouvement revendique une amnistie générale... Néanmoins, vu l’ampleur de la situation nous risquons d’être débordés en terme de moyens. C’est pour cela que nous lançons cet appel aux camarades révolutionnaires du monde entier, pour vous dire que tout soutien (financier, pratique, politique…) est le bienvenu car il permet de faire vivre des positions contre le nationalisme dans le mouvement en cours, ce qui est primordial quel que soit notre côté de ces frontières à combattre.

Des révolutionnaires de quelques villes de France

Pour nous contacter : solidarity2019@riseup.net
Nous nous chargerons de diffuser les actions et autres événements de solidarité ainsi que l’argent qui sera récolté.

Pour un aperçu de la violence de la police (mis à jour) :

https://desarmons.net/index.php/2018/12/11/recensement-provisoire-des-blesses-graves-des-manifestations-du-mois-de-decembre-2018/

l'appel sur iaata.info: https://iaata.info/Appel-a-une-solidarite-internationale-3009.html

Commentaire(s)

> .

Ça me dégoûte, qu'est-ce que c'est ce besoin de mettre en avant que les gens touchés par la répression sont des ouvriers ? Et quand c'est des RSAistes qui étaient foutus en taule sous la loi travail, vous êtiez où ? Vous avez été solidaires ?

Sérieusement, on dirait que les gens viennent de naître et découvrent la répression et les violences policières ! Vous avez conscience de tous les gens que la police tue ? Vous avez conscience de tous les blessés à la ZAD, ou pendant la loi travail, etc ????? Pourquoi ça ne vous touchait pas à ce moment là, et maintenant que ce sont des pecnos ça vous touche plus ??? C'est assez incompréhensible cette différence que vous faites entre les individus touchés par la répression ... d'autant que vous regardez même pas comment les gens avec qui vous êtes solidaires réagissent face à la répression justement. Peut-être que vous défendez des personnes qui vont en balancer d'autres, ou qui vont jouer les innocents, ou qui vont s'excuser devant un juge, dire qu'ils savent pas pourquoi ils ont fait ce qu'ils ont fait ... la solidarité ça devrait être sélectif, non pas sur qui, mais sur l'attitude des gens face à la répression, et aussi quelque part parfois c'est quand même mieux de vérifier les idées des gens ... parce que j'imagine facilement que vous allez vous solidariser avec des conspis ou autres sans le savoir.

> et hop là

Eh oui. Les mêmes Gudards qui défonçaient la gueule des étudiants il y a deux ans sont devenus par le miracle des GJ des camarades à défendre. Misère du totoisme.

> Vous déconnes pas un peu là ??

Ok, pour dénoncer l'emploi 'd'ouvrier', qui est en plus l'échos des médias mainstreams pour qui :' les gilets jaunes c'est la France qui travaille'.
Ce qui me gène le plus dans le texte c'est l'appel aux révolutionnaires, alors que ce mouvement n'est en rien une révolution sociale.
Une fois cela dit, pour celleux qui soutiennent le mouvement il me paraîtrait inadmissible de conditionner la solidarité à une opinion politique. Quand je milite contre les prisons, c'est pas par adhésion aux idées d'un bon paquet des salopards qui y sont. C'est contre le principe même. Si je milite contre la peine de mort c'est pareil. Et contre la répression des mouvements populaires, c'est sans conditions aussi.
Je cotiserai pas pour Esteban morillo, mais je souhaite aussi qu'illes sorte de taule avec tout le monde (pas lui seul, bien entendu), et qu'ille participé à leur destruction. Le bastion social je souhaite qu'il disparaisse par la lutte (au besoin physique) contre ses idées de merde. C'est pas pour perpétuer leur solidarité conditionnelle...
Si vous êtes pas gilet jaune participez pas (c'est mon cas), mais le discours des commentaires ci dessus, je ne peux l'accepter, désolé.

> Nazis?

Bah si c'est pour s'allier avec n'importe qui et n'importe quoi moi je préfère m'allier avec Macron qu'avec des nazis.
Mais certains sont prêts à soutenir la vague qui va les engloutir. C'est déprimant d'assister à ce suicide. Si tu crois que Morillo va demander la destruction des prisons tu me fais bien rire. Quand il sortira, lui et ses potes s'ils sont au pouvoir se chargeront de t'y foutre en tôle. Ou contre un mur. Et le mouvement actuel est le leur. Pas le tien.

> C'est écrit

J'en suis pas des GJs, je soutiens localement un groupe GJ, qui a pris le parti dès le départ, y compris sur une banderole en tête de manif' position contre le racisme. Ça reste un groupe droitier dans ses revendications, mais aussi par beaucoup d'aspect social. Dans un confusionnisme plus proche de la bouillie idéologique que du hachi-parmentier gauchiste.
Les totos GJs (donc celleux qui participent) sont face aux problèmes maintes fois posés de leur positionnements, je vais pas les plaindre. Maintenant illes se démerdent, y en a même sur PLI, qui se trouvent un peu seuls et qui nous appellent 'les copains' (et plus 'les bureaucrates anars-staliniens-récupérateurs'). Bref les totos, anars, ..., qui se sont investis à fond avec les GJs, ont fait leurs choix, je vais pas les blâmer ni regretter de pas les avoir suivi.

Maintenant tu vas m'expliquer comment tu ouvres les prisons DANS une nouvelle société issue de la révolution sociale. Tu rejuges tout le monde ? Selon les lois de l'ancienne justice de ton pays (si oui, va voir Macron effectivement) ? Plutôt selon tes lois révolutionnaires (dans ce cas, regardes du côté des stals qui défilaient aussi contre la loi 'travail'. Eux aussi te réservent un sort des plus funestes, mais eux c'est après que tu les ais aidé) ?
Ou bien tu te dis que si ce moment arrive, tu as suffisamment confiance en tes idées, pour que la libération de certain-es crevard-es, ne pose pas de problème grâce à la vigilance collective (qui face à certaines situations à risques devra prendre quelques décisions radicales, ça me paraît inévitable).

Après j'ai pas trop envie de me fritter avec toi, hors mis sur la solidarité conditionnelle, j'ai plutôt tendance à te rejoindre ;-)

> enemmis?

Dans une société révolutionnaire j'ouvre toutes les prisons. Et même les crevards devront sortir. On remet les compteurs à zero sauf pour certains cas qui relèvent plus de la psychiatrie et qui devront être aidés dans ce sens. Si des problèmes se posent, et ils se poseront, on trouvera d'autres solutions que l'enfermement. Il y a plein de solutions on va pas en discuter ici.
Là on est pas dans une société anti autoritaire. On est dans le cadre d'une lutte et je pense que les moyens doivent s'adapter aux buts et que les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis pour faire court.

> Et alors ?

Tu fais le tri quand tu soutiens les migrant-es ? Tu désarrêtes que des antiautoritaires en manif' ? ...
Encore une fois, j'y suis pas dans ce mouvement, mais celleux qui ont choisi de s'y investir peuvent maintenant difficilement faire autre chose que de la solidarité face à la répression, et au travers il y aura probablement des sympathisant-es d'ED (à minima).
Je regrette pas d'avoir passé quelques samedis devant la télé moi.

> en travers de la gorge

Y a quelques temps de çà y avait un tract comme celui-ci:
https://badkids.noblogs.org/post/2016/07/21/jusquici-tout-va-bien/
qui circulait, avec lequel je suis totalement d'accord, d'ailleurs, qui appelait à se positionner clairement face aux identitaires, qu'ils soient de gauche ou de droite.

Et, là des groupes politiques qui a l'époque semblaient combattre ces identitaires appellent avec enthousiasme à rejoindre ces gilets jaunes et se revendiquent eux-mêmes gilets jaunes!

Je comprends pas, y a une grosse incohérence là-dedans !

> doutes

"Tu fais le tri quand tu soutiens les migrant-es ? Tu désarrêtes que des antiautoritaires en manif' ? ..."

Je les individus dans un cadre politique. Je pense que chez les anti autoritaires il peu y avoir de sacré pourritures et chez les fafs, peut être, quelques personnes qui ne sont pas si nazes individuellement. Mais dans un cadre politique je juge les idéaux défendus. Je suis pour la libre circulation, y compris des personnes dont je ne partage pas les opinions. Quand je défend un migrant, sauf si c'est un ou une pote, je défend son droit à circuler.
Pareil pour les manifestantes, si je suis dans la manif c'est parce que je soutiens , au moins en partie les revendications ou le sens de celles-ci. Si je vais à une manif CGT, même si je suis critique de la CGT, j’irais la pousser pour qu'elle soit plus "révolutionnaire" parce que je sais que le sens des revendications est celui-là. Je m'en fous si la cégétiste à coté de moi à voté FN. Ça me ferais chier mais ce qui compte c'est qu'elle soutien une lutte qui ne va pas dans le sens du FN.
Là c'est pas pareil, c'est moi qui vais aller soutenir des gens qui vont dans le sens du FN. Ça a déjà été analysé je reviens pas dessus.
Sur la solidarité, je suis allé devant des comicos parce que même si je suis pas d'accord avec eux j'ai des potes qui sont allés avec le GJ. Et j'avoue que ça m'a fait chier de crier "libérez nos camarades" alors que je savais pas qui était dedans. Et je me suis demandé, si des personnes étaient sorties, si j'aurais salué la sortie des pourritures identitaires.
Par ailleurs , si je trouve une seule chose de positive à tout ça , c'est que , peut être des gens qui appelaient à la répression et soutenaient la police, vont peut-être réfléchir. Mais même là j'ai des doutes. Peut être à la marge. Mais le discours: "c'est pas leur faute c'est le gouvernement qui ordonne" me laisse sceptique quand à leur prise de conscience de la fonction politique de la police.
Moi aussi je suis resté à la maison un certain nombre de samedis. Ça m'a fait chier, j'ai eut des doutes, mais quand je vois le Brésil je me dit que j'ai bien fait.
Contre Dilma Roussef (etje défends pas le PT) les libertaires brésiliens se sont alliés aux "classes moyennes" et aux fachos. On voit le résultat.

> J'avais pas bcp de doutes

Mais on est bien, sûr les mêmes positions.
Ce mouvement n'a pas trop évolué et il était problèmatique depuis le début. On diverge peut-être sur le 'timing', maintenant on est sûr de la présence faf et de son influence. Au départ certain-es justifiaient leur investissement pour les éjecter. Ça a peut-être marché à Toulouse ?
Bon de là à un appel aux révolutionnaires internationaux !!
Il se prépare sûrement des justificatifs compliqués.

Je pense Quand même que ce mouvement apporte déjà bcp pour la subversion, et peut encore réserver des surprises (tournant social plus affirmé).