Procès de l'enfarinage de Johanna Rolland

Mis a jour : le lundi 7 janvier 2019 à 20:27

Mot-clefs: Répression Resistances / anti-repression immigration sans-papieres frontieres
Lieux: Nantes

Ce Mercredi 9 Janvier à partir de 13h00, deux militant.e.s sont appelé.e.s à comparaître au Tribunal de Grande Instance de Nantes dans l'affaire dite de l'enfarinage de la mairesse, Johanna Rolland.

49464927_2353836314902241_2372864990320263168_n-medium

En lien, le communiqué de l'action du commando F.A.R.I.N.E : https://nantes.indymedia.org/articles/42921

Faisons de cet après-midi un moment festif et convivial pour vaincre le morosité de la répression !

Au menu :
Atelier crêpes, chamboule-tout, et goûter partagé.

Ramenez de la farine, de la nourriture et de la boisson (chaude) si vous le pouvez/voulez. Et habillez vous chaudement. L'aprem peut être longue.

Soyons nombreux.euses à venir les soutenir !

Commentaire(s)

> En bref

Alors une première personne était accusée d'outrage contre dépositaire de l'autorité publique (en l'occurrence d'avoir traité Aïcha Bassal, adjointe à la maire pour la « vie associative, l'égalité, et la lutte contre les discriminations » de « petite pute »), un seconde d'avoir envoyé une poignée de farine sur Johanna Rolland, refusé de passer à la signalétique et au prélèvement ADN lors de sa garde-à-vue. Le tout entre le 6 et le 11 octobre 2018.
Les avocats de la défense ont notamment appuyé sur la situation dramatique et urgente des exilé·e·s (qui était le sujet de l'interpellation de J. Rolland ce 6 octobre 2018 sur le marché de la Petite Hollande), la disproportion et l'inadéquation de leurs interpellations et mises en garde-à-vue (violentes), les incohérences et soupçons d'entente dans les témoignages des parties civiles, l’incompatibilité des faits reprochés à la personne accusée d'outrage avec ses convictions féministes…
Après un procès fleuve de trois heures, au cours desquelles Me Chaumette, avocat des parties civiles, n'a pas dû s'exprimer plus de quinze minutes, le juge et ses assesseur·e·s se sont retiré·e·s pendant près de deux heures avant de rendre leur verdict :
- Pour la personne accusée d'outrage, 300€ d'amende et 1€ de dommages.
- Pour celle accusée d'avoir enfariné J. Rolland, 1 mois de prison avec sursis, 150€ d'amende.
Merci de répondre si je me plante. Il y a également des sommes dues au titre du règlement des frais de la partie civile, ainsi qu'une question rapport à la révocation du sursis d'une condamnation précédente, mais là c'est le trou de mémoire…

> complément

En plus des peines décrites ci-dessus :
- les deux personnes doivent payer les frais de justice : 127€ chacun·e
- la personne accusée d'outrage avait eu une condamnation d'amende avec sursis en juin dernier. Cette amende n'est pas révoquée et continuera a donc planer au dessus de sa tête
- Aïcha Bassal et Johanna Rolland se sont vu allouer 1€ de donnages et intérêts (c'est ce qu'elles demandaient)
- Ces dernières ainsi que la mairie se sont vue déboutées de leur demande de prise en charge de leurs frais d'avocats par les accué·e·s

À noter que l'avocat de J. Rolland et de A. Bassal, Yann Chaumette, est régulièrement appelé à défendre des demandeureuses d'asile et qu'il travaille aussi régulièrement pour Nantes Métropole. Il a plaidé :
- le fait que l'hébergement et les repas pour les exilé·e·s ne sont pas de la compétence de la ville mais de l'Etat,
- même si on peut trouver ça insuffisant la ville fait ce qu'elle peut
- la violence que représente un jet de farine, le choc émotionnel de J. Rolland
- le fait qu'en démocratie on peut ne pas être d'accord, mais on doit débattre et non commettre des violences sur des élu·e·s

La proc, elle, a fait une sorte de dissert' sur la légitimité, a elle aussi fait son blabla sur la démocratie, a osé mettre au même niveau des oppression telles que le racisme, l'homophobie, le sexisme avec le fait de s'en prendre à quelqu'un parce qu'iel appartient à un corps (élus, flics), elle parle elle aussi d'un geste violent. Elle demandait 4 mois de sursis pour la personne accusées du "jet de farine" et 600€ d'amende pour l'outrage.

Ni dans la plaidoirie de l'avocat des partie civiles, ni dans le réquisitoire de la procureure ne sont apportés d'éléments matériels permettant de qualifier la violence ou les outrages.

Le rendu a été accueilli par des cris dans la salle (ce qui n'arrive pas souvent et fait vraiment du bien !) et le juge a demandé à la CDI de commencer à nous évacuer "doucement"