[Street Medics] Compte-rendu évolutif et non exhaustif du samedi 5 janvier à Nantes et St Nazaire

Mis a jour : le lundi 7 janvier 2019 à 13:41

Mot-clefs: Répression
Lieux: Nantes Saint-Nazaire

Les street-médic nantes étaient présents à st-Nazaire et à Nantes.

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A st-Nazaire,
le gaz a été utilisé en grande quantité, à la fois sous forme de gazeuse et sous forme de grenades lacrymogènes.
Très peu de blessés sont à déplorer, une personne à eu un tir tendus de grenade lacrymogène dans le mollet occasionnant un bleu et une femme est tombé au niveau d'un chantier en tentant d'échapper à une charge des gendarmes mobiles.

Nous rappelons que les mouvements de foule sont très dangereux, si à un moment il faut courir, le mieux est de le faire sans pousser les personnes autour et de vérifier si personne ne tombe.

A Nantes :
(en vrac, parce que c'est compliqué de tout mettre dans l'ordre)

le gaz à aussi été omniprésent.
une personne marchant à l'aide d'une cane à été bousculée violemment à terre par un CDI devant le siège de france 3.

Un personne âgé à prise en charge par le pharmacien de la place de la cathédrale à cause des gazs.
Un hématome a la main gauche suite à un palet lacrymo.
Une femme à pris une grenade lacrymo sur le crâne, capsule complète sans plaie ouverte, en état de choc.
Soin d une brule premier degré.
Une blessure LDB sur l'épaule gauche.
Un coup de matraque dans un bras.
Une fille en détresse à cause des gaz + angoisse qu'on a calmé et qui est reparti avec une amie à elle.
Une désencerclante sur le flanc gauche.
Un coup de matraque dans le dos dans une des petites ruelles à droite du cours des 50 otages.
Au niveau de duchesse Anne, juste après les barricades lorsque les flics ont tirés leurs lacrymo, une personne à reçu juste au dessus de l'œil l'embout contenant les palets de lacrymo.

Une personne a prit un palet de lacrymos sur le coté gauche du front a la pref en début d'aprem, les pompiers ont quand même été appelé car il y avait une plaie (pour être sur). Au final pas besoin de points de suture et il est bien rentré.

Dans un resto style fast food cours des 50 otages, des manifestants (50 environ) s'y réfugient pour éviter les gazages et les gli f4, des palets rentrent : moment de chaos, des gens suffoquent au sol, comme agonisant parfois. On sort dans une cours d'immeuble derrière, la police rentre (Bac+CDI) par le resto et une porte de garage. Des gens sont tabassés au sol, sur la tête... tout le monde est mis a plat ventre ou assis main sur la tête, avec des gens qui pour certains sont asthmatiques. Bcp de blessés, physiques autant que psychologiques (une personne témoigne avoir reçu trois coups de matraque, avant même d avoir eu le temps de s'allonger), avec très peu de moyens médicaux.

de plus des personnes ont été témoins d'une personne fauché par un véhicule de la cdi, aux alentours de 18h , au niveau de l'arrêt de tram commerce direction place du cirque alors que le cortège était au niveau de la fnac. La personne a traversé la route pendant que les véhicules de police manœuvrais pour faire demi tour . Un des véhicule a accéléré quand elle était a leur niveau. Les personnes qui se sont portés a son secours ont étés matraquées.

Nous rappelons que pour des conseils juridiques concernant les blessures infligées par les forces de l'ordre, l'assemblée des blessés 44 est disponible et à jusqu'à mardi pour déposer un dossier d'attaque de l'état, toute personne blessée peut y participer, alors n'hésitez pas !

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> TÉMOIGNAGES : FRAPPÉS ET HUMILIÉS DANS UNE ARRIÈRE-COUR

Il s'est passé samedi 5 janvier un événement d'une exceptionnelle gravité à la fin de la manifestation. Une séance de punition et d'humiliation collective dans une cour privée, à l'arrière d'une enseigne de fast food, le long Cours des 50 Otages. En dehors de tout cadre légal. C'était à 18H30, à la fin de la manifestation. Une trentaine de manifestants pris au piège par les gaz ont été molestés, d'autres frappés au sol à l'abri des regards. Un jeune homme a eu les deux chevilles fracturées en tentant de s'enfuir. Tous ont eu très peur. Témoignages :

J., manifestante : « Un premier gazage nous a obligé à reculer avec un ami et sans s'en rendre compte, nous nous sommes retrouvés piégés, attaqués par la BAC. Ils ont lancés de la lacrymogène pour nous asphyxier sans qu'on puisse partir ! On ne voyais plus rien, on ne pouvait plus respirer, les gens couraient comme des lapins, et quand on regardait en l'air ça ne s'arrêtait pas de pleuvoir. On ne pouvait plus sortir du nuage. Je criais « stop arrêtez, on a compris ! » mais ça ne s'arrêtait pas. Un petit groupe s'est réfugié dans le resto près de l'Hippopotamus. Tout le monde était en train de s'étouffer, les gens étaient par terre, affalés sur les tables. Des personnes sont allées derrière le bar pour nous servir de l'eau, du Maalox ... puis les salariés nous ont ouvert la porte de derrière, ce qui nous a permis de reprendre nos esprits. Certains sont ressortis par devant. Nous somme restés, pensant pouvoir passer par derrière... Mais les CRS sont venus nous chercher, en hurlant : « Plus personne ne bouge ! C'est fini les conneries ! » On nous a obligé à nous allonger par terre. J'ai pris trois coups de matraque gratuitement. Autant vous dire que je ne représentai aucune menace. J'ai gueulé sur le mec pour qu'il arrête de me taper. Ils m'ont fait vider mon sac, viré le masque. Un CRS a voulu écraser mon téléphone... Décidément, il n appréciait pas qu'une femme puisse être là. On est sortis un par un, ils nous ont pris en photo avec une pancarte avec notre nom, prénom adresse. Je ne suis pas la seule à m'être pris des coups de matraque. On étais juste K.O. C'était de la vengeance pure et simple. »

Une manifestante : « Vers 18H30 on décide avec mon copain de retourner une dernière fois avec le groupe de Gilets Jaunes vers la préfecture. Feu d'artifice, ambiance sympa, quand arrivent les lacrymogènes … On recule sur le boulevard, coincés par les CRS et la BAC de tous les côtés et obligés de se réfugier dans un restaurant en crachant nos poumons … On essaie de fuir par l'arrière cour et on constate qu'il n'y a pas d'issue. 5 minutes après, les CRS débarquent et avec une vingtaine de manifestants nous avons bien du rester 30 minutes allongés par terre par 3° avant que la BAC n'arrive et procède à l'identification par photo de tout le monde. Désormais, on est fichés dans leurs dossiers. »

Un manifestant : « Fin de manif, nasse avec charges de la BAC et GLI F4. Gazage intense. Quelques dizaines de personnes environ se réfugient dans un fast food. Impossible de faire autrement, des palets de lacrymo rentrent dans la pièce. On voit des gens suffoquer, l'endroit est petit, il n'y a pas de fenêtres.
On entend des « je vais mourir ». Une issue est trouvée sur une cour, avec une porte de garage. Le bâtiment se retrouve cerné. Les condés arrivent : 20 mecs de la CDI [Compagnie d'Intervention]. Matraquage à tout va sur des mecs au sol. Les gens sont foutus au sol avec les mains sur la tête. Contrôles, photos et des interpellations. C'était très tendu surtout les blagues sur Zyed et Bouna, alors qu'il y a un transfo énorme dans la cours. Très flippant ! »

Un manifestant : « Je fais partie des personnes qui étaient dans la cour. Une personne a été hospitalisée à cause de l'asthme. Nous nous sommes réfugiés dans le restaurant car l'air était irrespirable et on ne voyait plus rien... J'ai pu sortir mon téléphone discrètement. Ils m'ont menacé de jeter ou casser le prochain téléphone qu'ils trouveraient. On était piégés ... Le chef des CRS a tapé un gars dès qu'il est rentré dans la cour. Il nous insultait. »

Un photographe : « Énorme traquenard avec prise en sandwich. La BAC a vidé ses munitions et fait des tabassages. Certains, dont moi, ont eu de la chance de pouvoir s'en tirer. »