Nantes, 29 Décembre : "trêve des confiseurs" et répression sauvage

Mis a jour : le lundi 31 décembre 2018 à 19:39

Mot-clefs: gilets_jaunes
Lieux: Nantes

Les journalistes aiment appeler la période située entre Noël et le Réveillon : « la trêve des confiseurs ». Durant ces quelques jours, traditionnellement, il ne se passe rien. Le mouvement des Gilets Jaunes a encore fait mentir les certitudes. Des milliers de personnes ont encore pris les rues dans tout le pays contre le régime en place, et multiplié les actions.

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Malgré la période. Malgré la répression. Malgré les mensonges des médias qui, depuis 7 semaines, à chaque échéance, répètent que le mouvement est fini. Malgré le gouvernement, enferré dans un cycle de mensonges éhontés, qui annonce 12 000 manifestants en France, alors qu'ils suffit d’additionner les estimations de 4 grandes villes de l'ouest pour en compter d'avantage.

Plus les représentants du pouvoir disent que le mouvement s'essouffle, plus il s'acharne à continuer.

A Nantes, il y avait 2000 personnes dans les rues, au plus fort de la journée. Beaucoup de monde pour un interlude, deux jours avant 2019. La semaine passée, la préfecture avait été assiégée avec des échelles. Pour se venger de l'affront, l’État avait aligné beaucoup plus de forces de l'ordre, et même un hélicoptère. Avec la consigne de frapper fort. C'est donc un cortège désordonné, confus, qui a d'abord défilé le matin dans la ville puis erré toute l'après-midi dans ce qui constitue une grande nasse le long du Cours des 50 Otages. Sous un déluge de grenades.

Par moment, des petits groupes ont déjoué le piège. Un cortège a réussir à s'échapper, pour manifester au pas de course dans les quartiers protégés. Des gilets jaunes téméraires ont tenté de « briser le cordon » qui encadrait la manifestation. Coups de matraques contre coups de poings dans les visières, suivi d'une charge très violente et d'arrestations.

Dans l'ensemble, ce défilé était très calme, et même passif, alors que la sauvagerie répressive atteignait des sommets. La disproportion entre cette foule dispersée le long du Cours et la violence déployée contre elle était criante. Charges de la BAC, interpellations d'une grande violence sur des groupes statiques qui discutent, rafales de munitions en tout genre. Une véritable partie de chasse contre des proies sans défense.

Cette violence systématique a fait monter la tension au fil des heures. Jusqu'au drame. Après 17H, lors d'une énième charge, un jeune homme s'effondre, foudroyé par un tir de balle en caoutchouc en plein visage. Gisant dans une marre de sang. La police chargeait à nouveau pour éloigner les témoins gênants. Un peu plus tôt, un autre homme avait été évacué après avoir été blessé à la tête. Immédiatement après l'évacuation du blessé, un pompier sortait sa lance à eau, pour faire disparaître les traces. Restait une flaque de sang dilué dans l'eau, dans le caniveau. D'un même geste, le pompier ira éteindre une poubelle en flamme à côté. Faire disparaître le sang, éteindre le feu.

La grande violence de cette scène et les rumeurs les plus alarmantes donneront la rage aux derniers manifestants, qui partiront en défilé sauvage et incontrôlable, beaucoup plus énergique, avec une grande barricade en feu rue Paul Bellamy. De nombreuses grenades explosives, très dangereuses, seront alors envoyées.

Au même moment, quelques manifestants partis vers le CHU en solidarité reçoivent des grenades lacrymogènes. Tout le monde est dispersé aux alentours de 18H. Les blessés sont innombrables. Au moins 14 personnes ont été arrêtés.

La manifestation aura duré plus de 7 heures.

Commentaire(s)

> hem

le bouclier "force & honneur" c'est un peu louche, non ?

> groupe la crim

C'est le titre de l'album du groupe La crim'.

> culture pop

ouais, enfin c'est aussi, si je me trompe pas, la devise des légions romaines (en tout cas dans gladiator),
ça ressemble furieusement à "blood and honnor", ou "honneur de la police" (t'as qu'à wikipedier),
les communiqués des keufs en colère finissent généralement par ce slogan achete-tes-pets-de_points-ça-se-lache france-police point org),
l'honneur est un concept qui sent pas franchement bon, en tout cas j'arrive vraiment pas à en voir le bon côté (non, que ça soit le tire d'un album de qui que ce soit ne me suffit pas), il sert à justifier un paquet de comportements dégueulasse,
quant à la force, c'est aussi loin d'être un exemple de valeurs progressiste, perso ça m'évoque plus les forces de l'ordre, les forces armées, bref, un truc de gros bourrin (ouais c'est pas féminisé).

je me suis battu très fort pour pas dire "fasciste" dans ce commentaire. raté. mais franchement c'est le le premier truc qui me vient à l'esprit quand je lis ce slogan.

> on s'habitue

T'enflammes pas C'était juste un constat. Moi aussi, çà m'a fait bizarre quand j'ai vu le slogan, j'ai eu la même impression que toi. Mais bon, même la crim, c'est pas terrible non plus comme référence!
Faut dire que déjà avec Marcel Campion, le mafieux millionnaire et Booba, on commence à être habitué à ce genre de références dans les manifs nantaises.
Et après on nous dira qu'il faut respecter l'engagement des gens et faut pas critiquer celles et ceux qui se bougent!

> L'honneur

L'honneur , c'est ce qui sert à envoyer tout bon quidam au casse pipe!
L'honneur et le grand foure tout qui sert à remplacer toute pensée et construction politique et a englober toutes les haines issues de toutes les frustrations...
C'est le genre de truc idéal ça ne veut rien dire et ça justifie tout.
C'est effectivement un truc qui sent très mauvais et qui témoigne d'une glissade irréistible vers non pas un meilleur, mais vers un pire.
C'est bien un truc de flic et de faf (quipeut être s'ignore encore...)!
Les leçon des guerres pasées sont bien vite oubliées, malgré les monuments à la gloire des morts aux champs d'honneur, qui devraient nous rappeler une seule et unique chose: rien ne jutifie d'aller se faire tuer au champ d'honneur!
L'honneur est le meilleur argument pour toute les manipulations!