C’est beau l’insurrection en jaune. Oui, mais pas que...

Mis a jour : le lundi 17 décembre 2018 à 10:42

Mot-clefs: antifascisme gilets_jaunes
Lieux: monde toulouse

La détermination des gens à contester, bousculer, bordéliser nous a tou·te·s remonté·e·s comme des pendules. Après moultes hésitations nous ne faisons plus semblant d’aller nous frotter à la rue. Pourtant il reste des éléments dérangeants, des choses qui ne passent pas...

La détermination des gens à contester, bousculer, bordéliser nous a tou·te·s remonté·e·s comme des pendules. Après moultes hésitations nous ne faisons plus semblant d’aller nous frotter à la rue. Pourtant il reste des éléments dérangeants, des choses qui ne passent pas...

Ça y’est au final on y est, avec ou sans gilet, plus ou moins actif, mais clairement il y a une participation. Comment faire maintenant pour ne pas tout avaler, pour ne pas se faire déborder par l’enthousiame et laisser de côté à la fois des gens, des attentions et des principes. Nous nous sommes dit que ça valait le coup de partager nos doutes et nos craintes pour savoir comment agir et ou réagir.

Drapeau français et Marseillaise

C’est une constante du mouvement, un incontournable, il faut supporter ces symboles de la nation française un peu partout. Bien évidemment que tout ce qui est « français » n’est pas à l’extrême droite. D’autant qu’à plein de moment le mouvement n’est pas tout blanc et parfois même moins que le milieu militant plus classique. Pourtant quand on parle de problème sociaux, politiques et économiques, la tentation de l’unité nationale est un réel danger. C’est bien la République universelle, la disparition des frontières, la solidarité internationale qui doit nous servir de boussole. Couvrons les Marseillaise par des slogans en faveur des réfugié·e·s, lançons les débats pour ne pas laisser de place à des solutions nationales. Il serait bon aussi que chacun·e fasse circuler les informations sur la présences réelle des groupes fascistes organisés. Il nous faut des informations fiables pour savoir comment agir.

Confusionismes et démocratismes

Le Référendum d’Initiative Citoyenne monte de plus en plus comme LA solution miracle à tous nos problèmes. En effet, enfin nous pourrions avoir droit au chapitre. Le peuple pourrait dicter sa conduite au élite. En plus d’être porté par des confusionistes aux accointances louches comme Chouard [1], c’est une machine à perdre. L’analyse qu’en fait La classe en gilet jaune, qui revient sur l’expérience suisse et d’autres référendums en Europe, est très juste et mérite d’être lue intégralement. Pour résumer, c’est, d’une part, ouvrir une porte à Macron pour s’en tirer à bon compte sans rien lâcher en monnaie sonnante et trébuchante, et d’autre part c’est une machine à perdre. « Ce dispositif est avant tout un bon moyen pour créer de l’agitation sur de faux problèmes de société. En revanche, quand il s’agit de ce qui compte vraiment, nos conditions sociale, de vies, de travail et donc qui met en jeu les profits des riches capitalistes, alors plus question de laisser passer ! C’est qu’au final, on est en plein dans la politique politicienne avec ces dispositifs. Et que ce n’est pas notre domaine. C’est logique, qui d’autres que les politicards ont intérêt à nous dire que la solution est dans les urnes, alors que nous sommes de plus en plus nombreux à nous abstenir, et avec raison ! »
Ensuite, si le refus d’une représentation pour les gilets jaunes a été massif à l’AG de sesquière du dimanche 9 décembre. Le refus du système représentatif est moins claire. Bon tout le monde n’est pas obligé d’être anarchiste, mais ce décalage entre refus de la représentation et volonté que le gouvernement nous écoute peut être une question interressante à poser.

Un "apolitisme" orienté

Les groupes Facebook ne sont pas si ouverts que ça. On a vu comment le RIC prend une place phénoménale en très peu de temps, a contrario essayer de faire passer un article de IAATA.info ou même de Bastamag sur le groupe Facebook Blocage 17 novembre Toulouse est impossible en dehors des commentaires. Et ce même quand il s’agit d’un compte rendu factuel sur les comparutions immédiates, par exemple. Il ne s’agit pas de crier à la censure mais c’est une façon d’orienter la lutte et de lui limer les ongles et les dents. Si nous ne nous préoccupons pas collectivement des inculpé·e·s et des condamné·e·s nous ne pourrons pas continuer. La répression n’est pas un accident c’est l’outil de l’État pour nous faire rentrer à la maison.

Une inclinaison de classe pas consommée

Il semble bien que l’aspect poujadiste des Gilets Jaunes soit aujourd’hui quelque-peu dépassé. La grogne contre « les taxes » a partiellement fait place à une colère sur les conditions de vies, les salaires et pour la dignité face au pouvoir jupiterien qui n’interagit que par la violence policière ou sociale. Quelques scènes de la première AG des Gilets jaunes qui s’est déroulée à Sesquière le 9 décembre interrogent néanmoins : là où une personne qui prennait la parole en se présentant comme syndicaliste était huée, une autre qui se disait patron et élu à la Chambre de commere n’a suscité quasi aucune réaction. Sans en tirer trop de conclusion ça nous semble montré la confusion qui règne encore sur cette dimension.

Notes

[1] voir l’article que nous avons posté récemment sur le bonhomme.

Commentaire(s)

> Pour éviter le confusionnisme

Je l'ai déjà écrit à la suite de l'autre article, mais autant le redire ici, je verrai si on peut le mettre aussi sur iaata.
On peut dénoncer la vie chère en demandant une TVA à 5,5 sur les produits de première nécessité, ça reste poujadiste.
En revanche si on dénonce les marges de la distribution, les banques qui profitent des crédits conso, etc..., Là, le mouvement GJ, changera de cap

> pour éviter le paternalisme

et si on laissait les intéressé-e-s décider de l'évolution de leur mouvement avant de leur coller des étiquettes à priori ?

> ??

Je suis pas sûr du tout, que les ''intéressé:es'' ne soient pas influencé-es en sous main.
Si c'est une volonté spontanée, Dupont-Aignan est le prochain président.

> plus paternaliste que ça tu meurs !

le prolétariat c'est de la merde, ce qu'il leur faut c'est une bonne avant-garde pour leur apprendre ce qu'est la vraie vie et la vraie révolution!

> Fabuleux

Il se passe pas un mouvement, sans paps, précaire s, quartier, ..., Où un groupe anar est dénoncé (parfois à juste titre), de récup', de vouloir organiser la lutte etc....
Là on a un mouvement qui est objectivement, vu les revendications, instrumentalisé par la droite radicale, qui ne s'en cache pas et même le revendique.
Et c'est ce mouvement qu'il faudrait emboîter ???...où laisser se démerder avec tous les farfelu-es de la galaxie ? Y à des camarades investi-es de partout, qui alertent, faut se réveiller là !
Ça veut pas dire, ne pas y aller, mais alerter, bordel !!

> .

"Le prolétariat c'est de la merde, ce qu'il leur faut c'est une bonne avant-garde pour leur apprendre ce qu'est la vraie vie et la vraie révolution!"
Le prolétariat ça existe pas. C'est une invention d'idéologues autoritaires du 19eme siècle.
Par contre les prolétaires ça existe.Et ils peuvent être aussi cons que des bourgeois. D'ailleurs quand on voit les condamnations on voit qu'il y a des cadres sup, même des financiers. Certes ils prennent moins que le prolo ou le précaire, mais bon c'est pas un mouvement prolétaire.
Mais bon les idéologues aiment raisonner par systèmes.

> Les puristes se retrouveront dans les poubelles de l'histoire

c'est une avalanche de vérités de Lapalisse

le mouvement n'est pas révolutionnaire ni anarchiste

les fachos s'y infiltrent

il y a toutes les catégories sociales et tendances politiques

aprés on peut occulter tout ce qu'il y a de positif et en déduire que c'est de la merde

c'est l'attitude classique des POLITICIENS qui dénoncent un mouvement qu'ils ne controleront pas