Des gilets jaunes... à la grève générale

Mis a jour : le vendredi 7 décembre 2018 à 12:17

Mot-clefs: luttes salariales / précarité actions directes exclusion chômage
Lieux: Brest

Communiqué de l'Union Départementale Cgt-Force Ouvrière du Finistère

Cela fait trois semaines que les gilets jaunes ont fait irruption sur les ronds-points et dans les rues des villes de tout le pays.

C’est la première fois qu’un mouvement d’une telle ampleur adopte les méthodes d’action que nous défendons depuis plusieurs années : blocage de l’économie, action directe, auto-organisation à la base, refus d’être « raisonnable » et de se limiter sur les revendications.

Nous ne pouvons que nous en réjouir. Comme nous l’espérions depuis longtemps, les travailleurs et les travailleuses, qu’ils et elles soient salariés, précaires, intérimaires, chômeurs, chômeuses ou retraités, ont décidé de prendre leur destin en main et de s’organiser pour faire aboutir des revendications qui sont aussi les nôtres : augmentation des salaires, défense de la Sécurité sociale et des retraites, refus de payer pour les riches, etc.

Nombreux sont les militants syndicalistes qui se sont engagés dans le mouvement. Nous, Union Départementale cgt-FO du Finistère, affirmons que nous n’avons aucunement l’intention de « récupérer » le mouvement comme certains le craignent. C’est aux personnes mobilisées de décider.

Il faut désormais se donner les moyens de gagner : pour cela, le mouvement doit s’étendre à l’intérieur des entreprises. Les salariés du transport routier sont appelés par leurs fédérations FO et CGT à la grève dès dimanche soir.

Nous appelons l’ensemble des travailleurs, salariés, chômeurs, retraités, à rejoindre les mouvements et notamment la manifestation appelée par les gilets jaunes brestois :

Samedi 8 décembre à 14h
Place de la Liberté à Brest

Nous appelons nos militants, adhérents et sympathisants à organiser dès aujourd’hui des Assemblées Générales dans leurs entreprises et à lutter par tous les moyens qu’ils jugeront nécessaires, notamment la grève, pour bloquer le pays. Nous respecterons ainsi la résolution générale du Congrès de Lille :

« Compte tenu de l’extrême gravité de la situation […] le congrès considère que la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle est aujourd’hui nécessaire, y compris par la grève. […] Il appelle toutes les structures FO, tous les militants, à rester réactifs et mobilisés.

Résister, revendiquer, reconquérir. »

Commentaire(s)

> Des méthodes qui sont une impasse !

« C’est la première fois qu’un mouvement d’une telle ampleur adopte les méthodes d’action que nous défendons depuis plusieurs années : blocage de l’économie, action directe, auto-organisation à la base, refus d’être « raisonnable » et de se limiter sur les revendications. »

Ah bon !? Les syndicats viennent maintenant nous faire la retape des méthodes de « lutte » des Gilets jaunes, ce qui représente clairement le principal poison de ce soi-disant mouvement, qui n'a aucune unité et présente clairement toutes les tares de la « lutte » des petits patrons.

D'où sort l'idée que le « blocage » de l'économie permettrait de l'emporter ? Vous croyez réellement que Mai 68 ou la lutte anti-CPE l'ont emporté après avoir « bloqué » l'économie - ce qui d'ailleurs en soi relève du fantasme le plus pur ? Le « blocage », c'est surtout des points de fixation pour ceux qui luttent, qui y sont bloqués parce qu'ils ne peuvent en bouger et surtout qu'ils ne peuvent participer au mouvement par ailleurs, ni aller discuter et décider de quoi que ce soit puisqu'il faut « bloquer » et que c'est là un point qui ne se discute pas ! Le « blocage » de l'économie bloque surtout les bloqueurs !

C'est quoi, « l'action directe »? Aller sur les péages, les ronds-points, se taper avec les flics ? Et tout cela sert à quoi exactement ? De quel rapport de force l'« action directe » procède-t-elle, puisqu'en fait on n'en arrive uniquement à… se taper avec les flics, ce qui en soi NE SERT À RIEN ?

« Auto-organisation à la base »? Quand on sait comment les syndicats, FO notamment, cadenassent toute AG, tout processus de décision des salariés eux-mêmes, à chaque fois qu'ils se mettent à la tête d'un mouvement, on comprend à quel point cet élément revendiqué par FO est un mensonge !

« Refus de se limiter dans les revendications »? Tant qu'on n'a pas parlé des MOYENS de la lutte, on peut revendiquer tout ce qu'on veut, même que Macron démissionne ! S'il n'y a pas de rapport de force, et si le mouvement n'échappe pas à l'emprise syndicale, revendiquer tout et n'importe quoi ne sert que de dérivatif !

Une fois de plus, les syndicats officiels viennent nous montrer à quel point ils sont la principale arme de l'Etat contre tout mouvement des exploités. S'il y a une chose dont il faut se souvenir, c'est que les Gilets jaunes sont une impasse pour la lutte, et du reste l'évolution actuelle le montre clairement…