Nantes: choses vues le 17 novembre

Mis a jour : le dimanche 18 novembre 2018 à 21:28

Mot-clefs: Resistances luttes salariales / précarité actions directes exclusion chômage
Lieux: Nantes

Le désormais fameux « mouvement des gilets jaunes », contre les taxes et bien d'autres choses, commençait ce samedi. Extrêmement médiatisé, souvent confus, organisé sur internet et dispersé dans l'espace, ce mouvement non identifiable a réussi son pari : paralyser les flux. Notamment le périphérique nantais et de nombreuses routes dans le département. Nos reporters étaient sur les blocages. Choses vues le 17 novembre à Nantes.

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Le chef du média d'extrême droite Breizh Info, en pleine investigation.

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BLOCAGES

Premier rendez-vous, sur la grande zone commerciale d'Atlantis, le matin. Un point stratégique, que les mouvements sociaux classiques rêvent de bloquer depuis longtemps sans y parvenir. Ambiance bon enfant dans un froid hivernal. Des canapés sont posés sur l'asphalte, des feux sont allumés. Dans un premier temps, le blocage de l'accès principal au centre n'est que partiel. Le jeu consiste à ne laisser passer que les voiture qui affichent un gilet jaune. Au fil des heures, la foule s’épaissit, et le blocage devient quasiment hermétique. Les parkings de la plus grande zone commerciale de la métropole sont quasiment déserts. Seuls quelques cars de CRS sont présents.

A partir de 13H, près de 3000 personnes se réunissent à la Beaujoire, de l'autre côté de l'agglomération, et vont paralyser l'ensemble du périphérique nantais en voiture, en moto ou à pied. Les manifestants occupent les deux sens de la 4 voies. Certains s'offriront la fantaisie de monter le pont de Cheviré en vélo. La dernière fois que le périphérique nantais avait été bloqué remonte à la grande manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2016. Et avant ? C'est arrivé une seule fois, en mars 1997 : des gens du voyage avaient bloqué le pont de Cheviré, après la mort de deux des leurs tués par des gendarmes.

CONFUSION

Une bande de militants d'extrême droite, en gilets jaunes et bonnet rouges, est présente dès le matin. Elle parle beaucoup aux policiers et tente de donner des directives. Composé de trois ou quatre membres, ce groupe se permettra même d'invectiver certains participants, trop jeunes, ou pas assez blancs. Ces individus constituent le seul groupe organisé, au milieu de dizaines de personnes n'ayant pas ou peu d'expérience des mobilisations. Près d'eux, le rédacteur du média d'extrême droite Breizh Info se promène. L'extrême droite tente effectivement de récupérer l'action, mais elle est extrêmement minoritaire et peu influente.

Devant une barricade, une femme d'une quarantaine d'années lance : « Allez, on chante la Marseillaise ». Elle n'est pas suivie. Plus tard, une autre crie contre une voiture de luxe sa haine des « bourgeois ». On croise des visages de jeunes aperçus dans les cortèges de tête, ou dans des manifestations tendues. Sur le périphérique, des manifestants brandissent une banderole qui fait référence aux grandes grèves générales de 36 et mai 68. Plus tôt, une autre banderole, anticapitaliste, s'élevait au dessus d'un pont. La cohabitation de mondes aussi différents parait étrange. Les références sont multiples, protéiformes, au risque d'être confuses. Une seule chose semble faire consensus : la colère va bien au delà du prix de l'essence.

ÉCHO MÉDIATIQUE

Sur le plan numérique, le « raz de marée » annoncé n'a pas eu lieu. Quelques centaines de personnes par blocages. Quelques milliers au plus fort de la journée pour toute la ville de Nantes. Plus de 200 000 dans tout le pays. C'est l'équivalent d'une petite journée de mobilisation syndicale. Pour rappel, lors de journées de grève beaucoup plus importantes, les médias titraient sur «l'échec» de la mobilisation, et ne donnaient que quelques secondes d'images à l'antenne. Comparativement, le «mouvement des gilets jaunes» bénéficie d'une couverture médiatique énorme. Le 17 novembre, c'est un Prime Time en continu sur toutes les chaînes d'information, et de larges tribunes offertes aux partis d'extrême droite sur tous les plateaux. Le contraste avec le traitement des journées de luttes sociales classiques est saisissant.

PUISSANCE D'ACTION

Si le nombre de participants est finalement moins élevé qu'annoncé, la puissance d'action des gilets jaunes est hors du commun. En lançant des appels décentralisés, ce mouvement est parvenu à bloquer de très nombreux points stratégiques. Un véritable maillage partout sur le territoire, y compris dans les petites communes, alors que les mobilisations classiques se concentrent dans les grandes villes. Cette décentralisation décuple le pouvoir de nuisance et l’efficacité du blocage. Elle rend impossible le contrôle de la situation par le gouvernement.

Alors que les manifestations syndicales se dispersent sagement à l'appel des centrales, il n'y a pas d'heure de fin le 17 novembre. Certains promettent de dormir sur la route, voire de tenir plusieurs jours, de multiplier les actions. Au niveau de la porte Océane, des affrontements avaient lieu à la tombée de la nuit, et une partie des routes restaient paralysées. Grandes barricades en flammes contre lacrymogènes. Une conflictualité qui rompait enfin avec la bienveillance insupportable entre bloqueurs et forces de l'ordre.

A suivre ...

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Commentaire(s)

> Annonce Militant/Militante de mouvement social

Militant/Militante motivé/e cherche mouvement social.
Je suis au chômage technique depuis un an, je fais tout genre de mouvement, je suis attiré par les masses, je suis doué/e pour le discours politicien fourre tout, je suis prêt à tout pour répandre tout type d'idées. Possibilité de emménager domicile plus prêt du poste d'embauche.
Disponible sur toute l'année sauf été.

Merci de me contacter sur
militant.e@parti.nr

> Réclamation courtoise

Chers administrateurs et administratrices d'indymedia,

Nous vous avons demandé, il y a plus d'un an déjà, d'arrêter de publier nos textes sur votre site, puisqu'il ne sert plus que de défouloir et de déversoir à bile pour un microcosme radical en voie de décomposition.

Ces derniers jours, deux de nos textes sur les "Gilets Jaunes" ont à nouveau été repris (sans nous demander) sur ce site. Les habitudes n'ont pas changé : vide argumentaire sidéral, absence totale de nuance, attaques malhonnêtes et critiques abjectes.

Tant qu'indymedia ne servira qu'à régler des comptes virtuels sous couvert d'anonymat, veuillez cesser d'y publier nos textes.

Bien cordialement,

Nantes Révoltée

> De quoi avez vous peur?

De quoi avez vous peur Nantes Révoltée?
Les critiques que parfois vous essuyez ne sont pas toutes super, mais elles expriment teoutes des divergeances de pensées. Est cela qui vous chagrine?
Vous n'êtes pas menacés ni attaqué autrement que par des mots. Est ce les mots qui vous dérangent?
Je pense que ce sont vos propre éléments qui envoient vos textes (que je trouve très intéressants pour certains) sur Indy. Alors au lieu de vous en prndre aux Modos, et à la libre circulation des idées (tant qu'elles restent dans la charte du média), ne devriez vous pas réfléchir un peu?

> Troooop la trouille

Non, ce ne sont pas des personnes de Nantes Révoltée qui publient les textes sur indy, pour plusieurs raisons que le commentaire de Nantes Révoltée explicite parfaitement ci-dessus. Pour d'autres raisons qui ne seront pas publiées parce qu'il n'est pas utile que les flics se gorgent d'informations personnelles du milieu militant.
Je n'en peux plus du côté déversoir pourri de ce site. Tu parles de critiques? Le commentaire précédent ne critique pas, il dégueule, il est ridicule, dédaigneux, hautain, il croit tout savoir, il sort des mots pour faire mal... j'appelle ça une imbécilité digne de breizh info. La plupart des échanges de commentaires sont vides de fond politique, parce que les "critiqueurs" ne peuvent pas s'empêcher de gigoter derrière leurs écrans en "critiquant" de façon puérile et stérile, sans aucune volonté de débat, de construction de lutte par ce débat. La plupart des commentaires n'appellent même pas de réponse tellement ils sont petits, ridicules, exaspérant de vide.
Si la critique nous faisait peur, il y a bien longtemps que Nantes Révoltée n'existerait plus. Je déteste qu'on me dise que j'ai peur de la critique; mon féminisme implique que vos critiques insipides propre à un milieu militant renfermé sur lui-même et sûr de sa vérité ne me fassent ni chaud ni froid, alors ne vient pas fanfaronner en disant que Nantes Révoltée a peur des critiques.
Fait le gugusse derrière ton écran en croyant que tu apportes quelque chose au "débat" si tu veux, mais ne vient pas te plaindre quand des femmes et des hommes expriment le souhait de ne pas participer au dégueuloir de puérilité que t'alimentes allègrement.

> révoltée !

Nantes révolté est en colère!
faudrait pas montrer ses textes parce qu'ils sont pas a destination de n'importe qui.
s'ils atterissent sur indymedia, ils sont lu et commenté
et ça Nantes révoltée n'aime pas...

bon sinon ce texte qui se veux impartial ou construit comme tel pour le quidam (un peu de critique et de belles citations!) ne dit rien, si ?
il se trouve donc que les blocages des gilets jaunes ont été exactement ce que leur autre texte prévoyait, un peu facho mais pas trop, et ya même des gens qui étaient anticapital
si, si !

nantes revoltés s'ennuirait elle ?,
allez les gens ya plein de trucs a faire, (pas forcement très médiatique ou palpitant, mais ya de quoi s'amuser encore non ?)
z'avez même le droit de ne rien faire, c'est pas pire...
et ça fait du bien a tous le monde !
perdez-pas votre temps avec les uniformes jaunes, bleus verts...

> v'là le niveau du débat

Ben oui, un commentaire parlait des "éléments" de Nantes Révoltée, alors je reprends sa terminologie dégueu.

nanana, tu es au courant que sur la page fb Nantes Révoltée, il y a des gens qui commentent? Nan parce que ton commentaire est particulièrement à côté de la plaque, alors je préfère préciser.

Je ne vois pas pourquoi Nantes Révoltée ne pourrait pas décider d'où vont ses textes. En tout cas, vos commentaires stupides constituent la meilleure preuve de ce que dit Nantes Révoltée: les commentaires n'apportent rien au débat, ils sont juste lé dégueuloir attérant de personnes qui ne savent pas que faire d'autre de leur vie que de lâcher des commentaires inintéressants tout juste bons à alimenter les embrouilles d'un milieu soi-disant radical qui est en train de sombrer dans un gouffre sans fond.

> Commentaire caché

On a caché un commentaire parce qu'il ramenait une vieille histoire sans lien avec le texte présent.

On ne pense pas (selon nos dernières discussions sur le sujet) qu'il y ait de raisons de refuser un texte de Nantes Révoltée (à moins qu'il soit sous copyright), peu importe qui l'a posté.

On regrette bien des fois certains commentaires qui ne font pas franchement avancer un débat. Cela dit les rejetter tous en bloc pour ces quelques uns pourris et ne répondre à rien ne l'aide pas non plus.

> The last one

Pourquoi Indy Nantes est il le dernier ? Pourquoi tout les autres ont ils changés de formule et évolués pour mettre fin à cette dérive qui ne profite pas aux débats mais bel et bien à l'état qui se joue de nos divisions ?

> les mutus

Les mutus soi-disant anti-autoritaires c'est encore pire!

> Fuck Off Facebook

Pour rappel, des alternatives libres et décentralisées aux réseaux sociaux existent aussi : Diaspora (vs facebook), Mastodon (vs twitter), Peertube (vs youtube).
Si vous n'arrivez pas à vous passer ni de votre ordinateur, ni des médias (dits) sociaux, ne serait-il pas urgent que vous utilisiez ces outils plutôt qu'engraisser les gafam (avec vos données, l'argent de la pub, des statistiques, etc.) ?
Youpi ! un nouveau monde s'ouvre à vous !

> "vieille histoire"?? Pardon??!!

Ah ben voilà, on passe au crachat sur fb, là va falloir m'expliquer le rapport. Personne a NR n'a jamais dit que seul fb était trop bien dans les luttes. On a fait le choix de s'en saisir, ce n'est évidemment pas le seul possible, on n'a jamais dit le contraire. Indy n'est pas du tout critiqué pour son côté secure évidemment, mais pour tout ce qui a été dit précédemment.

La fameuse "histoire" du 15 août 2017 (je déteste ce terme parce qu'il minimise le problème politique, mais bon...) est précisément l'un des éléments qui pousse Nantes Révoltée à demander à ce que ses textes ne soient pas publiés sur Indy. Est-ce que vous pouvez concevoir que, pour les personnes qui ont été frappées par le mec dont il est question, dont font partie des femmes soit dit en passant, c'est juste très énervant et/ou douloureux de voir les textes de Nantes Révoltée être publiés sur Indy sans que nous l'ayons voulu?
(le mec en question n'est pas un modo d'indy, je précise, je ne voudrais pas engendrer de confusion). Il y a des raisons très précises qui font que nous ne souhaitons pas voir nos textes sur Indy, je suis vraiment navrée d'avoir à vous le rappeler.
"Vieille histoire", vous osez dire ça? C'est surtout une histoire jamais réglée, qui n'a jamais débouché sur aucune excuse ni explication. Il est question, à la base, de femmes agressées, puis d'hommes et de femmes frappé-e-s par l'agresseur...cette "histoire" n'est pas "vieille", elle est et c'est bien tout le problème. Je trouve vos propos très problématiques.

> la révolution en marche (arrière)

Eh ben, la y'a tout qui est parti en vrille a cause de ma petite contribution à la critique mesquine des orgas "partisanes"...
pour la première fois, je présente mes excuses directement aux/à les modo, pour le boulot que je déclenche, et les éventuelles répercussions personnelles ou de milieu.

Juste - pour le débat - je vois que NR a rejoint ZAD Nadir (et un de ses chefs, BM, qui commente au-dessus) dans son antipathie face à Indymedia, dans un lapsus de temps assez proche. Ce qui me rappelle de tout un tas de choses merdiques passées dans un lapsus de temps assez proche sur Nantes et NddL, assez récentes pour que je n'aie pas le besoin de le rappeler aux gens en question, ici.

C'est normal que la critique soit osée et que les critiqué.e.s, notamment ceux et celles dans des orgas, les prennent à mal, surtout quand se trouvent face à ses contradictions.
Mais que tout un parti - selon mon point de vue, c'est des attitudes telles qui définissent un parti politique - essaye de museler par le boycott un des rares médias de publication ouverte qui relayent des articles et communiqués qui ne sont pas biaisées par sa propre orga, c'est ça qui m'est énervant (si c'est ça le débat en ce moment).

Beaucoup d'agissements ne sont pas favorables à la mentalité disciplinaire du parti. Ni favorables à l'agrandissement quantitatif d'une organisation politique qui a par but de prendre le pouvoir, soit-il par des élections, municipales ou législatives, comme par une destitution, institutionnelle ou révolutionnaire. On peut le comprendre. Vous n’êtes des anarchistes et personne ne vous a demandé de l’être.
Mais foutez moi la paix si vous venez faire la morale de ce qui est bon ou pas pour vos démarches, tant que personne mette en cause un.e de vous (pas l'orga) nominative ou graphiquement - ce qui ne se passera pas tant que vous ne reproduisez la même merde reac' que BM et ses potes ont fait a la zad.

Après faut aussi se le dire, je ne sais pas si NR n'est pas au courant de qui critique ses articles sur Indy, mais il serait au courant si ça serait sur facebook...ce que, a part sa publication papier d'un graphisme HQ mais à la prose médiocre, reste son seul organe de com' officiel.

Et pour revenir au premier commentaire et sa polémique, oui,
A MON AVIS (ça n’intègre personne d'autre) les gilets jaunes méritent des réflexions, positives ou négatives, et peut être des interventions, directes ou indirectes, sur les blocages ou ailleurs.
Mais pas car c'est la masse qui vous dit que je vais pas me foutre de la gueule de votre poursuite du quantitatif à tout prix, ou car c'est un megaphone médiatique pour vos pratiques/rhétoriques, ou car ça s'inscrit dans les conditions Du Programme Du Parti (blocage de l’économie, spontanéisme virtuel, le bloom et l'insurrection 2.0, etc).
Je me fous de votre gueule (gentillement, en faite, pour ce que je pourrais blablater), pour quand, une fois de plus, vous vous remportez trop dans votre délire mouvementiste auprès d'associations, syndicats ou groupes facebook, et vous tombez dans l'impasse, vous vous rappelez qu'au debut, il y avait quelque chose d'autre, dans l'agitation et la subversion d'un quotidien expandu et pas cerné dans l'espace et le temps des mouvements. Attendez vous à que le prix de l'essence baisse 15 centimes pendant 6 mois, voilà.
ça semble presque bienveillant ce que je dit, mais ce ne l'est pas, car perso, vous faites de plus en plus de merde institutionnaliste pour les gens de la ville qui vous "représentez".
heureusement je n'ai pas le temps de regarder votre fcb toutes les semaines pour chequer les commentaires... je tiens à indy, ça sera toujours et commeme un autre niveau.

ça pourrait vous ennuyer mon commentaire la.
mais pour que ça passe mieux par la traquée, voici un petit dessin par engels sur les "embrouilles de milieu" au 19eme siecle. bonne digestion.
https://en.wikipedia.org/wiki/Die_Freien#/media/File:Die_Freien_by_Friedrich_Engels.jpg

> Esprit du copyright, es-tu là ?

Les petits propriétaires du contenu de cet article peuvent toujours porter plainte en justice contre Indymedia Nantes, on saura le degré de leur "révolte". Mais qu'ils/elles cessent de se plaindre d'Indymedia sur Indymedia, c'est grotesque !

> suite

La contestation organisée par les « gilets jaunes » est déroutante. Partant d'un malaise social bien réel, elle est souvent confuse et même parfois dangereuse. Parmi les milliers de blocages organisés depuis samedi 17 novembre, des défoulements collectifs, racistes et homophobes, ont eu lieu.

En Picardie, le véhicule d'un couple gay a été pris à parti et brisé, alors que plusieurs gilets jaunes hurlaient des insultes homophobes. Dans la même région, une conductrice musulmane a été la cible d'une agression islamophobe. Des gilets jaunes ont arraché son voile, pendant que d'autres faisaient des grimaces racistes. Des comportements comparables ont été observés à Besançon, à Cognac, et sans doute dans d'autres communes.

Ces agressions ne peuvent être tenues pour des « débordements » ou des « faits divers ». Ce sont des actes graves, inqualifiables, et même révélateurs du climat ambiant. Si ce mouvement n'est pas d'extrême droite dans son ensemble, un nombre non négligeable de participants tiennent des propos d'extrême droite. Et parfois passent à l'acte. Dans l'ouest, la situation est loin d'être aussi alarmante qu'ailleurs, même si des groupuscules d'extrême droite ont tenté d'infiltrer certains blocages sans parvenir à les influencer réellement, au milieu de très nombreuses personnes qui manifestent pour la première fois, sans maitriser les codes militants. Le groupe facebook qui coordonne les actions dans en Loire-Atlantique est par ailleurs saturé de publications en faveur de la police.

Ces comportements racistes, sexistes, homophobes, ne sont pas propres aux «gilets jaunes». Lors du mouvement des «Indignés» qui avait occupé des places en 2011, et les rassemblements de « Nuit Debout » en 2016, des individus tenant des propos confus étaient présents. Dans les cortèges syndicaux et même révolutionnaires, il n'est pas non plus rare d'entendre des insultes homophobes. Pour autant, l'ampleur du mouvement des « gilets jaunes », et son apolitisme proclamé peut servir d'incubateur. Notamment dans les coins déjà gagnés par l'extrême droite.

Ces agressions sont avant tout des symptômes de la société actuelle. La droite et l'extrême droite ont conquis l'hégémonie politique. Des chroniqueurs ouvertement racistes passent quotidiennement à la télévision. Des politiciens islamophobes bénéficient de tribunes dans tous les médias. Les débats sont polarisés sur l'Islam et l'immigration. Le président réhabilite Pétain. La propagande sécuritaire est omniprésente, à la fois dans les reportages anxiogènes et les séries policières.

Bref, l'immense majorité des français baigne dans un bouillon idéologique réactionnaire, venu d'en haut, servi par les puissants depuis des années. En face, il n'y a pas de contre discours audible. Nous avons perdu la bataille culturelle. La déconstruction n'est pas innée.

Nous ne gagneront pas ce combat en regardant ailleurs. Tous les terrains doivent être investis pour reconquérir l'hégémonie culturelle, faire entendre à nouveau au plus grand nombre les idées d'égalité, de partage, d'émancipation. Et faire disparaître l'extrême droite, où qu'elle se trouve.

> Merci pour ces textes.

Moi, je n'ai pas de compte Facebook, et je suis bien content d'avoir pu lire c'est deux articles de Nantes Révoltée.

Je suis souvent en désaccord avec NR, mais là, je dois dire que j'ai vraiment apprécié ces articles. Je ne suis pas forcément d'accord non plus, mais je trouve que ça pose des questions très pertinentes, et j'ai été agréablement surpris par les bilans critiques que faisaient NR et par l'exposé de doutes et de questionnements plutôt que des évidences péremptoires. (C'est peut-être souvent le cas, mais je ne lis pas souvent leurs articles et j'avoue que je n'avais pas cette image d'elleux, désolé).

Désolé que ça ne plaise pas à NR que ces textes soient publiés sur Indy, mais moi je trouve ça super. Merci à la personne qui les a postés. Et merci à NR de les avoir écrit.

> Surprenante Révoltée.

C'est assez surprenant de lire les reactions virulantes de Nantes Révoltée que je ne peux lire qu'ici, ayant quitté facebook pour son trollage incessant et sa mouchardise. J'ai donc cherché ces autres articles pour voir les autres commentaires sans doute plus violent que le premier, vu qu'il ne vole pas haut. Si d'autres veulent s'amuser : https://nantes.indymedia.org/search/find_content?search%5Bsearch_terms%5D=Nantes+R%C3%A9volt%C3%A9e
Je constate que la plupart des articles ne sont pas commentés, et quand ils le sont, ils sont rarement critiqués.
Mais surtout, au delà de ça, lire de tels textes basés sur la critique, et lire des personnes qui s'en réclament refuser la critique (car visiblement les "modos" font leur boulot) ça fait bizarre. Comme l'impression qu'en fait Nantes Revoltée déteste indymedia (surement pour une histoire de critiques non effacées) et préfère filer sa substance à la plus grosse entreprise capitaliste et flic du monde plutôt qu'être présent sur un site libre et sécurisé (mon bloqueur de traceurs ne relève aucune requête ce qui est très très très rare actuellement!) Ca donne un truc comme "Ho je déteste ces clous, j'aurai qu'à refuser d'utiliser un marteau!"
Franchement, c'est mega décevant de la part de Nantes Revoltée. Mais tellement dans l'air du Temps de la Confusion.

> Allez y pour vous faire entendre!

J'ai été présent dans ma localité à ce mouvement, il y avait 3 fafs, beaucoup de gens qui venait pour la 1ere fois en manif, et d'autre plus habitué(e)s. LA dimmension politique de ce "mouvement" dépend de nos localitéservices. Ça m'étonne pas que l'on soit deboussolé(e)s. Mais en tant q'antifa, j'irai, pour ne pas laisser la place aux fachos.
Bon courage à vous tous!

> pas mieux mais

""Nous ne gagneront pas ce combat en regardant ailleurs. Tous les terrains doivent être investis pour reconquérir l'hégémonie culturelle, faire entendre à nouveau au plus grand nombre les idées d'égalité, de partage, d'émancipation. Et faire disparaître l'extrême droite, où qu'elle se trouve.""

oui c 'est très juste ,faut prendre le peuple comme il est et ne pas le fantasmer.Nous sommes bien seuls et à contre courant dans ce début de siecle avec ces idées communistes. je n'y était pas sur ces blocages,mais je comprends la colére et le besoin de faire quelque chôse de collectif.

comment gagner l'égémonie dans ces rassemblements ?
et comment ne pas être utilisés par le pouvoir et les fachos ?
pas facile.

> Lundi AM publié quelque chose de bien! hurrah!

Un texte génial par signé x a été publié sur lundi am, pour une fois il a un truc intéressant et pas si hautif

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres, aujourd’hui les braves gens sont partis bloquer l’économie. Nous pouvons enfin écouter la radio. On y parle d’un bordel monstre ni ami, ni ennemi, pour lequel nous n’avons pas dû nous lever à 6 heures, aller en prison ou à l’hôpital. Aujourd’hui en zieutant BFM au kebab nous n’entendrons pas comment les nôtres se sont faits écraser, nos victoires oubliées, nos messages transformés. Nous n’entendrons pas le débat sur la violence, nous n’entendrons pas parler de division entre bons et mauvais manifestants, ni d’ultra-gauche ou de mouvance anarcho-autonome. Non.

https://lundi.am/Rejouissons-nous-camarades

> essence pas chère

Mais ils sont seulement venus voir vos tronches se faire réprimer GJ! Keep calm et allez vous faire défoncer a la concorde. Bisous breizh info für kinder

> Salut les modo·e·s

C'est possible de virer ce commentaire de gros faf ? https://nantes.indymedia.org/articles/43620#comment-296615

A mon sens y en aurait d'autres à supprimer aussi, mais celui-ci est est particulièrement gerbant !!!

> @NR

Également très satisfait que les articles de Nantes Révoltée soient postés ici. Je trouve en effet problématique que NR ait pour démarche d'orienter les gen·te·s vers Facebook. Pour ce qui est de la republication ici des articles de NR, malgré la demande que cela ne soit pas fait, encore une fois, NR démontre son incapacité à comprendre en quoi consiste l'open publishing ainsi que les intérêts que cela représente, notamment par rapport à un site web type Mutu.
Mais franchement, à choisir entre Facebook et un Mutu nantais, y'a pas photo : lancez-vous ! Il y a bien de la place pour Indy et un Mutu sur Nantes.

Enfin, sur le fond de l'article, les gilets jaunes, je trouve le contenu produit par NR assez éclairant sur pas mal de choses, moi qui ne sait trop que faire de ce «?mouvement?». Que NR s'y intéresse est éloquent, en dehors de l'argument évoqué de ne pas laisser la place aux réacs. On est dans le mythe de la révolte «?populaire?» (le mot est important) spontanée, négation du mouvement social, construit de longue lutte, porteur de démarches politiques qui ne sont pas le fruit du hasard. NR fait bien, dans un des commentaires plus haut, d'évoquer les Indigné·e·s et Nuit Debout. En effet, ces mouvements relevaient également d'un certain spontanéisme et étaient pas mal détachés du mouvement social «?traditionnel?». D'où, également, les réacs, les confus, une nécessité de réinventer la roue par refus de puiser dans une culture politique (qui vient de l'apolitisme revendiqué par ces mouvements) et au final un héritage bien mince pour nos révoltes et nos alternatives.

En tous cas, merci à Indy d'exister, de permettre de chacun·e puisse y contribuer (dans les limites de la charte et des intérêts des luttes sociales), sans quoi, perso, je n'aurait pas autant avancé sur le sujet des gilets jaunes aujourd'hui.

> suite..

Ah et puis, autres problèmes des Gilets Jaunes et en quoi s'y investir me semble hasardeux :
- Comme dit dans mon commentaire précédent, c'est une révolte « populaire ». J'emploie ce terme car, effectivement, la question de la lutte des classes et même toute réflexion sur les dominations et oppressions sont totalement évacuées de ce mouvement. D'où qu'on y retrouve des racistes, des homophobes, des personnes qui soutiennent la flicaille, le petit patronat « vraiment trop en galère » mais dont les salarié·e·s ne sont pas les moins exploité·e·s. On est dans un certain interclassisme qui est celui qui fait entonner la Marseillaise à la France Insoumise. Juste révélateur.
- Enfin, ce mouvement des gilets jaunes, surmédiatisé en regard de son succès très limité d'un point de vue numérique, fait du mal aux luttes, grèves, occupations et alternatives qui se jouent aujourd'hui comme hier et j'espère comme demain (mince, il est tard, je devient lyrique). Il détourne l'attention, pompe inutilement les force de celleux qui s'essayent à... le récupérer, il faut bien dire les choses comme elles sont. Tout ça pour nourrir des visions romantiques de la révolte, du peuple, etc. Franchement dommage.

Bon, je commence à être terrassé de fatigue, à plus les pirates !