D'exil en expulsions et en errance, le quotidien des exilé-es à #Nantes

Mis a jour : le vendredi 16 novembre 2018 à 19:58

Mot-clefs: Répression / squat logement immigration sans-papieres frontieres
Lieux: Nantes

Le nouveau préfet, Claude d'HArcourt, a réussi l'exploit d'expulser les 80 personnes occupants le hall du CHU avec ... 0 policier !

Pour cela, la préfecture a tout simplement fait appel aux agents de sécurité de l'hôpital qui ont fait office de gros bras à la place de la police et à une structure humanitaire, le Samu Social, venu distribuer un papier dont l'entête "préfet" a suffi à faire peur et à déloger tout le monde.

L'utilisation de structure humanitaire et civile pour pratiquer des opérations de police à moindre coût est déjà courante: la Croix Rouge participe à la prise d'empreinte dans les centre de tri en Italie et aux expulsions par avions.

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Ce n'est pas moins de la 9ème expulsions en 5 mois à Nantes qui cible directement les exilé-es après les deux expulsions du Square Daviais, de Cap 44, du lycée Leloup-Bouhier, de la Persagotière, de Bréa, des fonderies et du Square Vertais ...

A chaque fois, cela signifie le début d'une nouvelle errance. Comme avant, l'expulsion du hall des Urgences s'est accompagnée de la distribution d'un papier pour une possible place auprès du 115. Comme avant, le nombre de papiers distribués était insuffisant, il n'y avait aucune traduction et les personnes ont pu obtenir parfois une seule nuit de garantie et dans des lieux éloignés : Trignac, St Nazaire .... bien sur pour des familles sans moyen de transports. Apparemment, toutes les places sont saturées à Nantes !

Pourtant, en juin, deux femmes, l'une enceinte et l'autre avec un bébé se retrouvent sans hébergement après que des vigiles aient été placés à l'entrée de Bréa. Serge Boulanger, secrétaire général de la préfecture, passe un coup de fil et débloque en moins d'une heure, deux places en hôtel pour plusieurs nuits. Comme quoi, lorsque les exilé-es appellent, ils n'ont pas les passe droits de certains ....

Ce même Serge Boulanger a travaillé auparavant à la préfecture de police de Paris et en collaboration avec Anne Hidalgo sur les expulsions des camps de Porte de la Chapelle et du Millénaire. L'utilisation de pierres retournées et de gravats pour empêcher la réinstallation de camps, par les mairies socialistes de Paris et Nantes, sont sans doute une coïncidence ..

Nantes vit une véritable crise de l'accueil et mène une guerre basse mais bien réelle contre les exilé-es.

Bientôt ce seront peut-être les habitant-es solidaires, comme à Briançon, qui seront visé-es, car Nantes Métropole est passée signifier à l'Autre Cantine que le local serait expulsé prochainement ...

Face aux frontières et à l'inhumanité, montrons notre solidarité !

Commentaire(s)

>  Petite précision :

le papier à entête : préfet . Il promettait un hébergement via le 115 grace à l'utilisation d'un code unique et individuel , (c'est pire que jouer sur la peur, c'est jouer sur l'espoir : absolument infect comme méthode ) . Ce qu'il ne disait pas, par contre , c'est que le dit hébergement n'était pas garanti au delà d'1 nuit dans de nombreux cas , et qu'il se trouvait à dache parfois ... Le but principal/réel, étant de sortir les gens du CHU , pas de les aider vraiment .. Cest une dégueulasserie sans nom ! ????????

> #Nantes: Besoin d'aide après l'expulsion des Urgences !

Depuis trois jours, ce sont le même groupe de quelques personnes qui s'occupent de trouver des hébergements, trouver des voitures pour Trignac ou St Nazaire ...

Elles ont fait un super taf et sont fatiguées, elles demandent du relai ! Si vous voulez bien venir donner un coup de main, elles seront heureuses que vous veniez les rejoindre à 19h sur la parking en face des urgences !

C'est le point de rdv des personnes expulsées qui n"ont pas trouvé de places auprès du 115 !

En vous remerciant d'avance !

L'Autre Cantine :) <3