(Allemagne - Gorleben) La police empêche une commémoration digne de la mort de Sébastien Briat – récit du rassemblement

Mis a jour : le samedi 10 novembre 2018 à 15:02

Mot-clefs: Ecologie anti-repression
Lieux: - allemagne gorleben

Il y a 14 ans, le 7 novembre 2004, l'activiste anti-nucléaire français Sébastien est mort en essayant de bloquer un transport Castor de déchets nucléaires vers Gorleben (Allemagne). Cet accident tragique a été et reste une blessure profonde dans l'histoire de la résistance locale contre le site de stockage de déchets radioactifs.

Depuis lors, un petit groupe de personnes du mouvement anti-nucléaire se réunit chaque année le 7 novembre pour commémorer la mort de Sebastien. Cela prend généralement la forme d'une veillée le long de la ligne Castor. Cette année encore, il s'est réunit pour une commémoration collective à la gare de Dannenberg.

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Il y a 14 ans, le 7 novembre 2004, l'activiste anti-nucléaire français Sébastien est mort en essayant de bloquer un transport Castor de déchets nucléaires vers Gorleben (Allemagne). Cet accident tragique a été et reste une blessure profonde dans l'histoire de la résistance locale contre le site de stockage de déchets radioactifs.
Depuis lors, un petit groupe de personnes du mouvement anti-nucléaire se réunit chaque année le 7 novembre pour commémorer la mort de Sebastien. Cela prend généralement la forme d'une veillée le long de la ligne Castor. Cette année encore, il s'est réunit pour une commémoration collective à la gare de Dannenberg.

En arrivant mercredi, nous nous sommes retrouvé.e.s au milieu d‘un spectacle grotesque offert par l'Etat : plusieurs policiers en civils, dont au moins un appartenant aux services de renseignements, deux brigades d‘intervention de Lüneburg et Braunschweig (soit 120 policiers ! ) et des forces de police locales se sont placées sur le parvis et dans les rues adjacentes de la gare.

Lorsque les 10 personnes rassemblées pour cette veillée funèbre ont voulu se rendre sur le quai avec 2 bougies funéraires, des thermos, un accordéon et une banderole enroulée, une chaîne de police en tenue de combat leur a bloqué l'accès. L'interdiction d'accès au quai n'a pas été justifiée. Au lieu de cela, le directeur de l'opération (ou plutôt le chef de cette troupe ubuesque) a essayé de forcer l'un.e des participant.e.s à se déclarer comme organisateur.trice. Lorsque nous avons rejeté cette demande, la police a répondu qu'il ne serait pas possible d'aller sur les quais mais que nous pouvions rendre notre hommage sur le parking.

Que s‘est-il passé ensuite ?
Autour de tasses de thé et de chocolat chaud, nous avons débattu de l'état du mouvement et bien sûr de l'irrévérence de cette opération policière complètement excessive. Il s'en est suivi une discussion spontanée sur le projet français d‘enfouissement des déchets nucléaires à Bure, où la construction d'une ligne Castor est en cours, et quelques chansons à l'accordéon. Au fil du temps, le groupe de personnes endeuillées est passé à 15 membres.

La commémoration collective a duré environ une heure. Bien que nous ayons été peu, un grand merci à tou.te.s ceux et celles qui étaient présent.e.s !

Un point reste nébuleux. A partir de quelle évalutation discutable de la situation a t-il été décidé de mettre en place ce dispositif de flics coûteux et disproportionné ?

Le fait que les autorités locales continuent à se ridiculiser régulièrement par des opérations de police inappropriées malgré la suspension temporaire des transports Castor n'est pas nouveau. On se souvient des 80 policiers lourdement armés qui ont déccroché une banderole (légale) au Gasthof Meuchefitz¹ au lieu de simplement passer un coup de téléphone. Ou encore de la brutale descente de police contre les participant.e.s d'un concert de rue à Hitzacker². Et nous pourrions encore citer bien d'autres exemples...

Cependant, la question se pose réellement : pendant combien de temps encore, la section spéciale de la police locale³ va être dirigée de façon aléatoire et paranoïaque, par des personnes manifestement guidées par des motifs privés et carrièristes ?

Nous sommes engagé.e.s depuis des décennies dans les luttes contre l'energie nucléaire et nous ressentons la perturbation par près de 200 policiers armés de la veillée en hommage à notre compagnon décédé comme largement inappropriée et indigne ! Le prétexte utilisé de vouloir clarifier des questions sur le droit de se rassembler est plus que douteux au vu de la mise en scène orchestrée par le pouvoir.

Dans les journaux locaux, la société civile de Lüchow-Dannenberg s'indigne actuellement de la dégradation de plusieurs monuments aux morts par des anti-militaristes au nom du respect des morts, l'est-elle autant par l'interdiction de cette commémoration ?

Nous avons des doutes...

Suivant la devise de cette année en mémoire de Sébastien : " Tristesse, rage et resistance", il nous reste à dire : vous pouvez déranger notre deuil, la rage restera ! Et elle se renforce de plus en plus avec une répression comme celle d‘aujoud‘hui.

Amour et force à nos camarades à Bure, dans la forêt de Hambach et partout où on lutte contre la répression étatique et les projets industriels insensés !


Monique Lapolice

(Article original en allemand : https://de.indymedia.org/node/25800)

Notes

1 - Gasthof-Meuechefitz : lieu collectif situé à Meuche et partie prenante de la contestation anti-nucléaire locale

2 - Hitzacker :  village dans lequel habite l'un des chefs de la police locale et où un concert avait été organisé juste devant sa maison. La musique ne lui avait visiblement pas plu

3 - Dans le Wendland, une section spécial de la police a été créée pour lutter contre les activités anti-nucléaire. Depuis l'arrêt des transports Castor, cette section spéciale essaie de conserver son job en enquêtant sur les activités anarchistes dans la région. Depuis le concert organisé devant la maison du chef de la police, ils sont devenus complétement paranoïaques...

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