[Récit] Du "déménagement" de Bréa à la libération des enfermés !

Mis a jour : le dimanche 7 octobre 2018 à 22:19

Mot-clefs: Racisme Répression / prisons centres de rétention squat logement anti-repression immigration sans-papieres frontieres
Lieux: - Nantes Rennes

Récit de jeudi 4 octobre 2018 au samedi 6, reprenant les éléments suivants :

- "déménagement" expulsion et rafle à l'ex-ehpad Bréa, occupée suite à l'expulsion de l'université (Censive et Château du Tertre) puis devenue "centre d'hébergement" géré par France Horizon courant mars : https://nantes.indymedia.org/articles/42894

- manifestation de soutien aux exilé.e.s en réaction : https://nantes.indymedia.org/articles/42919

- enfarinage de Johanna Rolland, en réaction : https://nantes.indymedia.org/articles/42921

- libération des 4 camarades sans papiers enfermés au CRA (centre de rétention administrative) de Rennes

43294913_2288707138081826_4359639453254287360_n-medium

43267708_2288707008081839_8860719816017707008_n-medium

43328173_2288706901415183_9099244509883006976_n-medium

43298274_2288706871415186_528491259006812160_n-medium

43443958_2288706798081860_5798690429285171200_n-medium

43260385_2288706751415198_1859832456778088448_n-medium

43192217_2288706701415203_366495731235684352_n-medium

43358340_2288706651415208_3814300351805259776_n-medium

43278510_2288706611415212_6650182620728524800_n-medium

43330211_2288706564748550_4493292337220288512_n-medium

43392987_2288706518081888_8972843974549045248_n-medium

43331192_2288706481415225_7502549911758438400_n-medium

43321010_2288706428081897_5242932278341926912_n-medium

43281627_2288706204748586_6469070919372374016_n-medium

43354267_2288706084748598_1740029863089143808_n-medium

Jeudi matin, 7h00, une armée de flics est déployée dans le quartier Graslin. Tout est bouclé, l'ancien EHPAD de Bréa va être expulsé... Un matelas est brulé en signe de protestation. À peine le temps de réunir leurs bagages que les copaines montent dans les bus affrétés à l'occasion pour les déplacer vers un centre de tri ou sont remis.e.s à la rue sans solutions de relogement (étrangement, pas un mot dans la presse locale pour ces personnes qui se retrouvent sans toit). Sur place, on demande à des représentant.e.s connu.e.s de Nantes Métropole Habitat comment récupérer les affaires des gens, comme l'insuline de cet homme... On nous ignore, on nous méprise. Dans l'incompréhension et le stress générés par l'expulsion, l'association France Horizon fait signer aux habitant.e.s de l'ex-EHPAD le règlement du CAES (le texte est en français). Les exilé.e.s non francophones pour une grande partie d'entre-elleux ne sont tout simplement par informé.e.s sur les conditions de semi-enfermement du dit CAES et que ce centre n'est qu'une étape pour "évaluer les situations administratives" entre "bons" et "mauvais" exilé.e.s. Trier des humains, comme on trie des marchandises ! Voilà le credo des institutions. Toi tu iras ici (CAO, PHRADA, CADA...), toi tu iras en CRA... Pas de quoi y voir une victoire... Rappelons que la mairie et la préfecture s'étaient gargarisées dans les médias la veille de la manif du 31 mars contre toutes les expulsions en promettant la création un centre d'hébergement inconditionnel.

Et parlons CRA justement. Cet opération de police est aussi l'occasion pour la préfecture et la mairie d'organiser une rafle. Un bus de soixante place est spécialement affrété pour le commissariat central de Waldeck-Rousseau. Bien que terrible, l'ironie résidera dans le fait que le bus ira bien au comico... avec deux exilés à son bord (les autres camarades arrêtés ayant été transportés dans les voitures de la police nationale). Devant Waldeck, les soutiens venus attendre une éventuelle sortie des camarades et surveiller les départs de véhicules de flics en direction du centre de détention seront à trois reprises sous le coup de tentatives d'intimidation par les keufs avec à la clé des contrôles d'identité et des photos prises avec un gros objectif depuis les fenêtres du commissariat. Bilan de cette journée macabre : une dizaine de camarades exilé seront interpellés, 4 seront incarcérés au CRA de Rennes. Une soixantaine de personnes n'ont plus de toit et plus de 120 personnes seront envoyé.e.s vers un centre de tri.

Vendredi tôt le matin... Pour celleux qui avaient trouvé.e.s refuge sous le square abrité des fonderies, le réveil est brutal, arrosage des plantes allumé, vols des couvertures par les fonctionnaires de polices et de la mairie nantaise, grilles fermant l'espace et privant de l'abris celleux qui dorment à la rue. Les expulsions et les arrestations ne suffisent pas ! Les autorités continue sans cesse de traquer et intimider les exilé.e.s et leurs alli.é.es. Le soir, un rassemblement de soutien contre les expulsions, les incarcérations et déportations, est appelé et réunie plus d'une centaine de personnes. Le cortège déambule dans le centre ville sans la présence omnipotente des condés, passe par les rues piétonnes, devant l'ancienne école des Beaux Arts (toujours vide et surveillée 24h/24 par une boite de sécurité privée), puis la mairie de Nantes. On chante des slogans, on demande la libération des C(R)Amarades. On invective les agents de la TAN, réseaux de transports actifs dans l'expulsion du camps square Daviais. On chahute des flics dans les camions de CRS stationnés place du commerce. Rejoignant la distributions de bouffe ayant lieu devant l'Hotel Dieu, en chantant, là c'est la provocation. Des flics en voiture banalisée s'arrêtent, ouvrent leurs fenêtres et d'un air moqueur commentent l'arrestations de nos ami.e.s la veille. Ni une, ni deux, effervescence collective. Les manifestant.e.s zbeulent gentillement la voiture des policiers terrorisés. Un second véhicule de la police placé derrière se permet même de lancer une grenade lacrimo à main pour se dégager de la pression des manisfestant.e.s. On est véneres, et il y a de quoi.

Samedi crêpes et anti-rep : au marché de la petite Hollande, il y a du monde et du "beau" monde. Effectivement la maire de Nantes, Johanna Rolland, et son équipe sont présentes pour échanger avec les habitant.e.s du quartier sur le thème de la participation citoyenne en démocratie. Pas de chance pour Jojo, un mystérieux commando F.A.R.I.N.E organise une attaque d'une extrême violence à l'encontre de la maire à l'aide d'une arme de destruction massive... Du blé moulu. Trop insupportable pour la classe politique et médiatique qui fait front commun pour condamner les violences. De Rugy (ou de Ruglyphosate, on ne sait plus trop) en tête pour dénoncer l'attentat enfariné de ces militants extremistes. Quelle blague... La violence, c'est celle que nous vivons dans les systèmes de contrôle, de surveillance et de gestion des individu.e.s. La violence c'est les politiques racistes appliquées par la ville et le gouvernement français avec son lot d'humiliations, d'exclusions, d'expulsions, d'incarcérations et de déportations. La violence c'est l'Etat et toutes les institutions qui incarnent les figures d'autorités et appliquent les lois sécuritaires. A Rennes, comme la journée précédente, une team de soutien part rendre visite aux camarades enfermés en CRA. L'après-midi, c'est le moment pour les copains de passer devant le juge des libertés et de la détention à la cité judiciaire en centre-ville. On va savoir si la procédure d'enfermement a été respectueuse des droits des personnes. L'atmosphère est tendu, des flics de la police aux frontières sont présents en nombre dans les couloirs du palais de justices. Six personnes passent en delibéré, elles ressortiront toutes pour vices de procédures. Poooww, pooww la PAF est en PLS. Le représentant de la préfecture de Nantes fait grise mine. Nos potes sont libre, et ne seront pas déportés aujourd'hui... On rentre ENSEMBLE à la maison. Il y a de la joie mais on ne peut oublier tou.te.s les adultes et enfants enfermé.e.s dans ces centres en attente de leur libération ou leur expulsion du pays.

No borders, no nations, stop deportation !

Commentaire(s)