Nantes : 1, 2, 3, 4 et 5 expulsions en 3 mois !

Mis a jour : le mercredi 19 septembre 2018 à 01:04

Mot-clefs: Répression / squat logement immigration sans-papieres frontieres
Lieux: Nantes

Depuis trois mois, des centaines de tentes d’exilé-es occupent le square Daviais. Les pouvoirs publics ont mené quatre expulsions successivement cet été, demandées par la préfecture et la mairie. La seule aide alimentaire mise en place fut les clubs sandwichs au thon distribués par la Croix Rouge.
Parallèlement des collectifs et associations sur le terrain tentent d’apporter une aide matérielle : tentes, couvertures, vêtements, concerts, installation de douches, et plus de 38 000 repas distribués par les collectifs de l’Autre Cantine et réclament des papiers pour tous et toutes ainsi que des logements décents et inconditionnels.

Ce mercredi 19 septembre, alors que plusieurs associations dont la Cimade et la LDH déposent un référé au tribunal administratif sur le modèle de ce qu’il s’est déjà fait à Calais, pour demander un audit des logements vides et le relogement des exilé-es. La mairie a décidé de torpiller la demande en lançant une grande opération expulsion-communication ! Nauséabond ...

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Johanna Rolland a déposé aujourd’hui un recours pour demander l’expulsion du Square, (contrairement à ce qu’elle avait promis dans les médias) et reloger tout le monde dans … des gymnases ! Elle assure aussi prendre en charge la question alimentaire.

Les réquisitions de gymnase se font normalement lors des plans grand froid ou des catastrophes naturelles

Un hébergement en gymnase, c’est ce que la mairie peut faire de pire : des horaires fixes sans sortie possible le soir, pas d’intimité, des douches collectives, ca résonne au moindre bruit, des vigiles à l’entrée et impossibilité pour les soutiens d’y venir pour l’aide juridique et administrative, les cours de français, les moments entre ami-es. Le camps de Daviais se transformerait en une mise à l’abri dans des centres de semi-enfermement, un contrôle des corps parce qu’ils sont exilé-es.

Si la mairie promet des relogements, quelles en seront les conditions ? Ceux qui sont dublinés, sans possibilité de déposer leur demande d’asile en france, ceux qui sont en situation irrégulière, les mineurs non reconnus, seront ils relogés ? On ne peut qu’en douter fortement car lorsqu’on regarde ce qu’il s’est passé à l’ancien EPHAD Brea, le passage du lieu en centre d’hébergement a empêché les dublinés et habitants en situation irrégulière d’y rentrer à nouveau. Ils se sont retrouvés à la rue et ont été les premiers à occuper le square daviais !

De plus, expulser sans délai et reloger dans des gymnases, c’est aussi casser les liens entre les gens, casser les liens entre les soutiens et les habitant-es, isoler les individu-es, trier selon les situations administratives entre les bons migrants et les indésirables.

Et qu’en sera-t-il des les nouvelles personnes qui arrivent tous les jours ?

Des papiers pour tous et toutes !
Des logements pas des gymnases !

Commentaire(s)

> rdv 6h à daviais jeudi 20 septembre

C’est officiel demain matin le square Daviais sera expulsé. Ce n’est pas une mise à l’abri, mais bien la mairie socialiste de Nantes de concert avec la préfecture qui décide de faire le tri entre les bons migrants et les indésirables, et de les orienter vers des centres de semi enfermement.

Risque de violence policière, appel à mobilisation et à soutien des 6h au square Daviais
Pas d’expulsions sans VRAIES solutions ,
FEU aux frontières

> Nouvelles des exilé.es du square Daviais

Tôt ce jeudi matin a eu lieu l'évacuation du camps sous haute surveillance policière (très rassurant...). Les exilé.es se sont vu.es remettre un papier d'explication, et ont ensuite été embarqué.es dans les bus de la semi-tan vers deux gymnases qui doivent les accueillir pour 10 jours. Passé ce délais...et bien mystère et boule de gomme. (Le lien ci-dessous renvoie vers un article de la presse "non engagée", même s'il résume assez bien ce qu'il s'est passé, son point de vue est bien celui de la préfecture, donc à prendre avec des pincettes.)

https://www.20minutes.fr/societe/2339739-20180920-nantes-evacuation-square-daviais-terminee-600-migrants-transferes

D'après les collectifs de soutien, il n'y a cependant pas assez de place pour tout le monde, et de plus la présence des "forces de l'ordre" laisse craindre la mise en place de l'habituelle logique de tri de la préfecture. Seul un nombre limité "d'élu.es" pourront bénéficier de l'accueil (tout relatif) de l'Etat. Les personnes sous le coup de la procédure dite "Dublin" vivront toujours dans la crainte de se voir renvoyer hors de France, sans même parler des personnes ayant reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF).

Depuis quelques temps, de multiples personnes se mobilisent pour faire évoluer la situation: une pétition circule pour interpeller les pouvoirs publics, des cantines se créent, des élu.es demandent aux maires d'ouvrir des lieux d'accueil...Dernièrement une plainte a même été déposée contre l'Etat en raison de son refus de mettre les exilé.es à l'abri! Le jugement rendu il y a quelques jours leur a d'ailleurs donné raison.

https://www.change.org/p/appel-de-nantes-pour-une-politique-d-accueil-et-d-asile-des-r%C3%A9fugi%C3%A9s-digne-de-la-france

https://www.20minutes.fr/nantes/2339063-20180919-nantes-associations-soutien-migrants-assignent-autorites

Johanna Rolland, maire de Nantes, demande la création de places en CADA (Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile), qui sont gérés par la préfecture et donc l'Etat. Comme d'habitude, la dignité humaine et l'accueil servent de balle de ping-pong dans le jeu incessant du "c'est pas à moi de faire c'est à l'autre" que se livrent nos chers pouvoirs publics.

Nous ne pouvons que trop rappeler que si ces derniers s'arrogent le droit de se comporter ainsi, c'est bien parce que l'Etat a permis l'existence du statut d'indésirable officiellement dans notre "belle" république française...C'est bien l'absence de papiers réglementaires et d'un statut reconnu qui selon la préfecture, légitime son attitude vis-à-vis d'autres êtres humains, et lui permet de piétiner allègrement tous les droits humains. Plus que jamais les frontières isolent et tuent...

Samedi 22 Septembre à 15h00, descendons dans les rues le clamer à en faire trembler les murs de de tous les tribunaux de Nantes: No Borders, No one is illegal!

https://www.facebook.com/events/1894250464217084/