Parcoursup, lycées, facs : le gouvernement en guerre contre la jeunesse

Mis a jour : le vendredi 7 septembre 2018 à 08:51

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Lieux: france

« Non, aucun élève ne sera sans affectation […] il y aura de la place pour tout le monde »

Ce sont les mots de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédrique Vidal, le 27 juin dernier à propos de Parcoursup.

Nous étions à la fin du printemps, après plusieurs mois de mobilisation intense dans toutes les université de France contre la sélection à l'entrée de l'université. Le gouvernement imposait à coups de matraques et d'intimidation sa plate forme Parcoursup, qui mettait officiellement fin à l'accès aux études supérieures pour tous les bacheliers.

Deux mois plus tard, de fait, Parcoursup est une véritable catastrophe. Le gouvernement a menti. L'avenir de dizaines de milliers de jeunes a été sacrifié. En quelques chiffres :

- 49 523 jeunes sont sans proposition ou en attente
- 8961 sans réponse positive
- 178 622 ont quitté la plateforme faute de solution

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Face à cette situation inadmissible, des soubresauts ont déjà lieu quelques jours après la rentrée. Un blocus a été organisé dans un lycée de Caen mardi 4 septembre. Il s'est heurté, comme toujours, à la répression policière, mais cette mobilisation démontre que la colère des lycéens ne s'est pas éteinte avec l'été.

En parallèle, le ministre de l'éducation Blanquer lance une attaque de grande ampleur contre l'enseignement. Il compte généraliser l'évaluation des établissements en fonction de leurs « performances » – ce qui renforcera l'inégalité et la ségrégation entre les lycées pauvres et ceux des quartiers aisés – , mais aussi d'instaurer des « salaires variables » pour les profs qui deviendront donc des mercenaires de l'éducation payés au résultat, au service de proviseurs qui deviendront des managers. Il annonce aussi des suppressions de postes massives dans l'éducation publique.

Plusieurs médias titraient à la rentrée sur « les écoles privées qui ne désemplissent pas », ou sur « le succès de l'enseignement privé ». 150 nouvelles écoles hors contrat sont créées cette rentrée, sans compter les écoles privées supérieures, où de les bacheliers sont de plus en plus nombreux à s'inscrire, parfois faute de place à la fac.

La logique est claire : un enseignement de qualité réservé aux plus riches :

- D'un côté, le gouvernement introduit des logiques du monde de l'entreprise dans l'enseignement public, avec la privatisation progressive des universités où l'introduction de méthodes managériales dans les lycées. En même temps, les moyens sont baissés pour les élèves les plus en difficulté, ce qui impactera en premier lieu les quartiers les plus pauvres.

- D'un autre côté, le gouvernement organise une pénurie de places dans l’enseignement supérieur pour pousser de plus en plus d'élève à se tourner vers le privé. Ceux qui seront capable de payer, et parfois de s'endetter, pourront continuer à étudier. Les plus pauvres seront éjectés de l'éducation, et propulsés immédiatement, sans diplôme, sur un marché du travail de plus en plus précaire et impitoyable.

C'est ce monde que construit Macron et ce gouvernement. C'est ce monde qu'il s'agit de combattre. Une grande journée de mobilisation nationale est d'ors et déjà fixée le 9 octobre.

D'ici là, organisons nous !

Des sources :
https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/caen-parcoursup-le-lycee-malherbe-bloque-5951197

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/09/02/01016-20180902ARTFIG00129-blanquer-veut-des-profs-plus-performants.php

https://www.sudradio.fr/societe/pourquoi-lecole-privee-seduit-de-plus-en-plus

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