Cerfs volants

Mis a jour : le dimanche 8 juillet 2018 à 18:23

Mot-clefs: Resistances libérations nationales
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« N’ayez pas peur des difficultés que vous rencontrez; rappelez-vous que le cerf-volant monte toujours avec le vent contraire, jamais avec celui en sa faveur »

Il y a une guerre à 2 250 kilomètres d’ici. Une guerre combattue à armes inégales. D’une part, l’une des armées les plus redoutables du monde, possédant les armes de guerre les plus modernes et sophistiquées; de l’autre, les survivants d’une population épuisée par une longue occupation. D’une part, un État riche et puissant avec une industrie florissante. De l’autre, un magma d’organisations, de bandes, et de groupes. Des militaires professionnels d’un côté, des combattants en guenille de l’autre. Le premier massacre, les autres résistent.

Le 14 mai, les revendications de ces derniers étaient étouffées dans le sang. A la veille du 70ème anniversaire de la Nakba – la «catastrophe» du retrait de leurs terres – des milliers d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, et enfants, marchaient en signe de protestation à la frontière de la bande de Gaza. Les tireurs d’élite de l’armée israélienne les attendaient. Dès que les manifestants se sont approchés trop près des barbelés, ils ont ouvert le feu : soixante morts, deux mille blessés. Tous Palestiniens. Bien sûr, pas même un soldat israélien blessé.

Savez-vous comment la moitié des médias de masse ont appelé ce tir à la cible? Des « Affrontements ». Comme si ce jour-là n’avait pas été un carnage unilatéral, mais une sorte de duel. David a grandi, maintenant c’est lui Goliath. Il est le plus fort, il le sait, il n’hésite pas à le montrer. Que reste-t-il à faire à ces malheureux*, sinon mourir? Et en effet ils meurent, tous les jours. Mais pas sans résister.

Bien que beaucoup d’entre eux soient nés et aient grandi dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza, bien que beaucoup d’entre eux savent qu’ils n’auront jamais de joie, qu’ils ne verront jamais la sérénité, que tout ce qu’ils éprouveront dans leur vie, c’est le désespoir, ils se résignent pas pour autant. Ils n’ont pas d’armes? Pas d’argent? Ils n’ont aucun moyen? Peu importe, ils ont de l’intelligence et de l’imagination.

Ces derniers jours, des centaines de cerfs-volants se sont envolés de la bande de Gaza. Ils avaient un petit engin incendiaire, attachés à la ficelle. Leur vent défavorable a soufflé vers les territoires israéliens. C’est là qu’ils sont tombés, ces cerfs-volants, c’est là qu’ont surgi les flammes. Plus de mille hectares de récoltes sont partis en fumée. Des millions de dommages.

Voilà ce qu’ont fait ces combattants en guenille*, ils savent qu’ils auront une vie courte, mais ils se battent, ils savent qu’ils vont pleurer, mais ils se battent; ils savent qu’ils vont souffrir, mais ils se battent; ils savent qu’ils sont isolés, mais ils se battent; ils savent qu’ils vont mourir, mais ils se battent. Ils ne pensent jamais à quelles excuses ils ont pour ne pas réagir, ils pensent toujours à la façon de réagir. Et nous? N’avons-nous pas de cerf-volant à faire s’envoler, nous?

https://finimondo.org/node/2199 * straccioni : ce terme plusieurs fois présent dans le texte est difficile à traduire sans perdre la nuance voulu dans le texte d’origine, il s’agit de signifier que les personnes sont non pas littéralement en guenille, mais déchues, privées de moyens ou en situation de survie

Commentaire(s)

> .

Un peuple sans État ? Mais tu sais qu'il y en a des milliers sur la planète qui pourraient se considérer comme ça ? Rien qu'en Europe y en a déjà pas mal ... tiens au hasard, la Catalogne.
Déjà que l'idée de peuple n'est pas sympathique, celle de revendiquer un État ça l'est encore moins ...
C'est super progressiste ton truc ! Tu rejoins l'idée que la multiplicité des États ça rend les gens plus libres ? Non parce que j'ai pas l'impression que les suisses ou les andorrans soient plus libres que les français, et pourtant ils vivent dans des petits États ...

Alors imagine un État palestinien avec le Hamas à ses commandes ... à merde c'est vrai, le Hamas est déjà aux commandes, et on voit combien ils peuvent être de sympathiques défenseurs de la liberté.
Critiquer les saloperies que fait l'État israélien ne revient pas à défendre le nationalisme palestinien ... y a des subtilités qui feraient pas de mal parfois.

> .

Des peuples sans États il y en a pas mal certes, mais des États qui oppriment des peuples au nom d'une supposée différence , religieuse, pseudo raciale, ou culturelle etc... il y en a beaucoup plus. Alors cracher sur des gens qui essaient de lutter contre une oppression réelle, plutôt que contre leur oppresseur j'avoue que ça me fait gerber.Quant au Hamas ou à qui que ce soit d'autre le problème il est pour les Palestiniens pas pour toi.A quel titre te sens tu le droit de dicter aux autres leurs choix ou non choix? Parce que tu leur est supérieur? Se cacher derrière un discours "anarchiste" sélectif pour justifier l'oppression raciste et coloniale de la part de quelqu'un qui ne la subit pas est vraiment abject. Pauvre anarchisme qui ne mérite pas d'être récupéré par des suprémacistes occidentaux dans le but de civiliser les sauvages.

> .

Par ailleurs je ne me permet pas de cracher sur les moyens utilisés par des opprimés pour lutter contre leurs oppresseurs. Je peux les appuyer ou pas mais je ne leur crache pas dessus. Je ne les traite pas de nazis ou je ne crie pas "a bas la Palestine", pas plus que je ne crierais FLN assassins ou A bas l'Algérie par exemple. Même si je n'ai aucune sympathie pour le FLN ou l’État algérien. Mais j'en ai encore moins pour les colons.
L'oppression que vivent les Palestiniens est une oppression de type colonialiste nationaliste.L'oppression de classe est partagée avec les Israéliens mais aujourd'hui ceux ci sont aussi des oppresseurs nationalistes. Qu'ils cessent leur oppression coloniale et la possibilité d'une alliance de classe verra le jour pas avant.

> Un très beau soutien au nationalisme !

Bien sûr, bien sûr, dès lors que l’on parle d’« oppression d’un peuple » par un autre, il n’y a plus de classes sociales, plus d’exploiteurs, et le mot d’ordre des révolutionnaires : transformer la guerre impérialiste en guerre civile - le SEUL mot d’ordre des révolutionnaires pendant une guerre impérialiste - n’a plus cours !

Comme si les prolos palestiniens - il y en a - avaient le choix entre le Hamas et l’Autorité palestinienne ! On n’est pas dans le monde démocratique tel que le rêve Patxaran : la bourgeoisie palestinienne ENTRETIENT la guerre au même titre que la bourgeoisie israélienne, et ce n’est pas Israël qui impose la guerre, c’est le système capitaliste tout entier !

Donc, il ne s’agit nulle part de « dicter aux autres leurs choix », il s’agit de constater qu’en Palestine comme ailleurs la lutte principale est contre les exploiteurs, et que seule l’unité des prolétaires au-delà des frontières permet cette lutte. Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! comme on dit depuis 150 chez les révolutionnaires. La notion de « peuple oppresseur » sort en droite ligne de chez les Staliniens, Maoïstes en l’occurrence, et elle est l’essence de leur défense de la guerre impérialiste, Etats contre Etats, Capital national contre Capital national.

L’histoire des cerfs-volants est évidemment répugnante, puisqu’elle n’est qu’un moyen particulièrement dérisoire de poursuivre une guerre impérialiste - toutes les nations sont impérialistes, de la plus grande à la plus petite, parce que c’est la condition de leur survie dans l’arène capitaliste mondiale, on sait cela depuis un siècle. Mais visiblement Patxaran et sa lamentable tentative de soutenir le nationalisme belliciste palestinien ne le sait pas ! Qui va payer les pots cassés ? Les prolétaires israéliens ET palestiniens, évidemment : Haniyeh et Netanyahou ne risquent rien, eux…

Le FLN n’était déjà en son temps qu’une bande de bourgeois assassins, prêts à tout pour parvenir à s’émanciper de la tutelle de la bourgeoisie française. Qu’est-ce que les prolétaires algériens ont gagné dans l’affaire ? Après 1962, ce sont LEURS bourgeois nationaux qui leur ont tiré dessus dès qu’ils protestaient contre leur exploitation. La belle affaire !

Patxaran peut bien nous soutenir le contraire, dans les faits il préfère certains bourgeois contre d'autres. Grand bien lui fasse ! Pour les révolutionnaires, les exploiteurs ne changent pas de nature parce qu'ils trouvent plus forts qu'eux !

La seule alternative crédible, c'est l'unité des prolétaires contre TOUTES les bourgeoisies : prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! L'ennemi est dans votre propre pays ! Transformation de la guerre impérialiste en guerre civile ! Ça a un siècle et pas une ride…

> Commentaires cachés

Des commentaires trollesque ont été caché. On peut pas comparer les palestinien.ne.s. aux nazis.

> .

"La seule alternative crédible, c'est l'unité des prolétaires contre TOUTES les bourgeoisies : prolétaires de tous les pays, unissez-vous" oui camarade, ce sont de beaux mots. Mais si les staliniens soviétiques et les petits bourgeois americano anglais n'avaient pas défait les nazis et qu'il aie fallu attendre comme le proposaient tes amis trotskystes que tous les prolétaires se soulèvent contre leur bourgeoisie aujourd'hui il n'y aurait plus un seul juif, ni même un trotskyste vivant. Les donneurs de leçons à sens unique arque boutés sur des dogmes idéologiques annonnés comme des mantras ça me fait bien rire. Quand on voit que les troskystes se portaient volontaires pour le STO, dans le but de soulever la "classe ouvrière allemande" ou que les anarchistes sous prétexte que tous les États se valent ont en grande partie collaboré dans les syndicats corpo vichyste ou prôné le pacifisme face à l'armée nazie on voit à quel point on est dans le délire idéologique. Les seuls à avoir sauvé l'honneur des libertaires pendant l'occupation ont été les militants de la CNT espagnole qui n'ont pas hésité à se battre dans les maquis même sils étaient dirigés par les gaullistes . Eux ils savaient ce qu'est le fascisme et ne se gargarisaient pas de mots.

Quant aux "abjects cerfs volants" j'attends avec impatiente ta condamnation des abjects snippers israéliens qui tuent des manifestants désarmés. Mais je peux attendre longtemps à mon avis. Sans parler de ta défense du bon temps des colonies et de l'abjecte comparaison entre l'oppression coloniale française qui réduisait les algériens à des sous hommes immatures et assassinables à merci et l'Algérie d'aujourd'hui qui est certes un État oppressif mais ou le peuple algérien se bat comme le font tous les peuples contre leurs propres États. Aujourd'hui en Algérie la confrontation est une confrontation de classe et c'est trés bien.

> Un très beau soutien au capitalisme démocratique

Que Patxaran soit en train de noyer le poisson en nous mettant l’antifascisme dans les pattes est une chose que l’on doit constater : ça n’a rien à faire dans le débat, ou alors il faudra nous démontrer qu’un des camps en présence en Palestine est semblable aux Nazis : bon courage !

D’un autre côté, nous voyons ici clairement que Patxaran n’est qu’un pur démocrate bourgeois, une girouette sans principes dont la fonction est constamment de nous trouver des ennemis autres que la bourgeoisie à combattre. Allié à De Gaulle et à la bourgeoisie française contre les Allemands, mais ennemi de la même bourgeoisie pour soutenir l’oncle Hö et le FLN algérien ? C’est quoi la cohérence ? Ennemi du fascisme, mais allié pour la circonstance au contre-révolutionnaire De Gaulle, au colonialiste Churchill, à l’assassin de masse Staline et au raciste Roosevelt ? Super ! Grand bien lui fasse !

Les Trotskystes que je considère comme des camarades de combat sont ceux qui n’ont pas trahi Trotsky ; Benjamin Péret et Grandizo Munis par exemple n’ont jamais considéré que le Nazisme était pire que le Stalinisme : c’était la contre-révolution dans un cas comme dans l’autre, et la question n’était pas de combattre ces expressions du capitalisme plus l’une que l’autre, c’était plutôt pour eux de savoir POURQUOI ces deux monstrueuses expressions du Capital ont pu naître. Et la réponse est simple : c’est que le prolétariat avait été vaincu, ce qui laissait à la bourgeoisie tout loisir d’installer les pires dictatures de l’histoire. Et ce ne sont pas les Nazis qui ont écrasé la Révolution en Europe, ce sont les Social-démocrates - ceux que Lénine appelait les Social-patriotes - et les Staliniens ! Qui a abattu les militants du POUM et de la CNT-FAI en Espagne ? Qui a assassiné Trotsky ? Et il aurait fallu s’allier avec ces charognes contre les Nazis ? C’est ce qu’a fait la 4e Internationale trotskyste, et c’est pourquoi cette organisation a été dénoncée par Péret et Munis après la Seconde Guerre comme une organisation bourgeoise, ce qu’elle est toujours soit dit en passant.

Les bourgeois démocrates ont toujours un ennemi pire qu’eux, pire que les autres ; ce que nous raconte Patxaran, on l’a déjà entendu, très fort, en 14/18, avec les Anglais qui nous racontaient les pires exactions des Allemands en Belgique, avec les Allemands qui expliquaient que les hordes russes barbares allaient détruire la civilisation, avec les Turcs qui disaient que les Arméniens allaient assassiner les Musulmans. Rien de neuf sous le soleil !

L’armée israélienne n’est évidemment, tout comme le Hamas, qu’un repaire d’assassins en uniformes, comme n’importe quelle armée bourgeoise qui défend les intérêts de ses marchands de canons. Patxaran ne voit le monde que du point de vue des bourgeois : si tu n’es pas avec moi, c’est que tu es dans l’autre camp ! Ben non, je suis révolutionnaire, TOUS LES CAMPS BOURGEOIS sont contre-révolutionnaire, quelle que soit leur idéologie !

Quant à la colonisation, bien sûr que c’était un système abject, Rosa Luxemburg a écrit un certain nombre de choses là-dessus dans son Introduction à l’économie politique. Mais la décolonisation n’a RIEN CHANGÉ à la situation des prolétaires des colonies, et elle a même détruit le mouvement ouvrier qui y naissait : oui, il y avait des grèves dans les colonies AVANT la décolonisation ; après, il n’y en avait plus ! La cause en est simple : le nationalisme, l’idéologie centrale de la bourgeoisie, celle que défend Patxaran, a balayé le mouvement ouvrier des colonies !

C’est pourquoi d’ailleurs ce contre quoi se bat Patxaran m’indiffère totalement ; ce qui m’intéresse, c’est ce POUR QUOI il se bat, et là, il en est au même niveau que les Trotskystes officiels que pourtant il n’aime visiblement pas : soutien à la démocratie bourgeoise, et on voit après. Pourquoi n’appelle-t-il pas à voter, comme le font les Trotskystes qui sont au moins cohérents sur ce point : ils défendent la démocratie, et par conséquent les élections ?

L’antifascisme est le pire produit du fascisme, son unique but est de soutenir le capitalisme démocratique, celui qui assassine les ouvriers dès qu’ils se mettent à se soulever. Et dans cette optique, le Hamas et l’AP ne valent pas mieux que l’Etat capitaliste d’Israël : les prolétaires qui ont fait grève en 2006 à Gaza, qui ont voulu manifester en soutien aux printemps arabes en septembre 2011, n’ont pas eu l’armée israélienne en face d’eux, mais bien les flics du Hamas ! Et les participants au printemps de Tel Aviv avaient bien mieux que Patxaran compris l’enjeu de leur lutte en expliquant aux jeunes Arabes israéliens qu’ils avaient tous les mêmes intérêts, à la grande fureur du gouvernement israélien, et à celle… des nationalistes palestiniens comme Patxaran !

Choisis ton camp, camarade, et cours : le vieux monde est derrière toi !

> Une question comme ça…

Vu son pseudo et ce qu’il raconte, j'ai l'impression que Patxaran fait partie du petit groupe de la CNT qui défend l’indépendantisme catalan, et, encore plus ridicule si c’est possible, l’indépendantisme basque. J’ai bon, ou bien… ?

> .

La question ne concerne ni l'antifascisme ni le nazisme, mais le pragmatisme dans la lutte. C'est toi qui noies le poisson avec tes délires sur de gaulle etc. Mais quand je lis " Les Trotskystes que je considère comme des camarades de combat sont ceux qui n’ont pas trahi Trotsky" ça va j'ai compris. Je vais pas perdre mon temps à discuter avec un idolâtre du bourreau des prolétaires russes à Pétrograd , à Kronstadt etc...de l'ami des tchekistes, du petit staline manqué.
Ça n'a aucun intérêt. Autant je peux , discuter et militer avec des trotskystes qui auraient fait une véritable critique de leur idéologue autant je conchie les laudateurs du bourreau des peuples qui pensait qu'il fallait exterminer 20% de la population russe pour réussir la révolution.
Quant à la CNT, erreur je n'en fais pas partie. Et je sais faire la différence entre la CNT espagnole et son rôle historique et la CNT française aujourd'hui.
En tout cas cela nous éloigne beaucoup de l'oppression du peuple palestinien et comme manière de noyer le poisson on fait pas mieux.