Palestine. Ces firmes françaises qui participent à la colonisation

Mis a jour : le vendredi 22 juin 2018 à 13:34

Mot-clefs: Resistances libérations nationales
Lieux: palestine

Un nouveau rapport vient d’être publié sur la contribution d’entreprises françaises à la colonisation israélienne des territoires palestiniens. Plusieurs organisations (Association France Palestine Solidarité, CFDT, CGT, FIDH, Al-Haq, LDH, Solidaires, Plateforme des ONG pour la Palestine) dénoncent la participation de trois entreprises françaises, Egis et Systra, deux filiales d’établissements publics (SNCF et RATP ; Caisse des dépôts et consignation), et Alstom, dans la construction du tramway de la ville de Jérusalem.

Les deux premières sont des sociétés d’ingénierie qui participent activement aux études de ces nouvelles lignes et à la coordination des différents acteurs chargés de leur mise en œuvre. Quant à Alstom, il s’agit déjà d’un acteur majeur de la première phase de construction du tramway, et qui a répondu aux appels d’offres de la seconde. Ce rapport est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il montre que, au-delà de ses déclarations, le gouvernement français n’agit pas réellement pour mettre en échec la colonisation israélienne alors qu’il en a les moyens. La résolution 2334 du 23 décembre 2016 du Conseil de Sécurité de l’ONU « demande à tous les États (…) de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ». Maryse Artiguelong, vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et de la FIDH, fait d’ailleurs remarquer que « cette implication de deux filiales d’entreprises publiques et d’Alstom paraît d’autant plus scandaleuse que ces entreprises sont soumises à la loi sur le devoir de vigilance et ont pris des engagements pour le respect des droits de l’homme, en signant le Pacte mondial des Nations unies ». Ces textes ne sont pas facultatifs mais les engagent à ne pas se rendre complices de violations flagrantes du droit international ! »

La direction d’Alstom semble le subodorer puisque, selon nos informations, elle a fait appel à un des consultants pour étudier la question et savoir si son activité dans le cadre de la construction d’une ligne du tramway décidée par le gouvernement israélien et s’étendant dans Jérusalem-Est serait de nature à être considérée comme une atteinte aux droits de l’homme. Le rapport des consultants n’a jamais été publié. Contacté par l’Humanité, Alstom n’avait pas réagi au moment d’écrire ces lignes. Mais on peut remarquer qu’aucune des entités françaises citées dans le rapport, et particulièrement celles dépendant d’une entreprise publique, n’ont daigné répondre aux sollicitations des auteurs du rapport.

Le gouvernement français masque ses responsabilités
Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), a ainsi commenté l’enquête : « Comment comprendre l’inaction du gouvernement devant la participation d’acteurs publics à la colonisation israélienne – totalement illégale – qu’il dénonce par ailleurs de façon récurrente ? Il est temps de passer de la parole aux actes. » Il s’agit bien d’actes politiques, alors que, dans le même temps, le gouvernement français masque ses responsabilités en subventionnant une aide humanitaire à Gaza via la Jordanie – aide certes nécessaire – mais qui masque le véritable problème : la colonisation. « Par leur participation à la construction du réseau de tramways qui relie Jérusalem-Ouest aux colonies israéliennes implantées dans Jérusalem-Est, palestinienne, les sociétés visées et leurs actionnaires publics contribuent directement à la perpétuation et au développement de la politique de colonisation israélienne, en dépit du droit international », notent les organisations à l’origine du rapport.

http://www.ujfp.org/spip.php?article6470

Commentaire(s)

> Une série d’importantes villes espagnoles expriment leur soutien en faveur des droits palestiniens

Au cours des deux dernières semaines, une série de villes importantes de toute l’Espagne ont exprimé un fort soutien en faveur des droits palestiniens. Elles ont toutes dénoncé la décision du président Donald Trump de déplacer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem et ont critiqué le dernier massacre israélien des Palestiniens à Gaza.

Madrid, capitale et plus grande ville de l’Espagne, a voté une motion condamnant « l’usage disproportionné et aveugle de la force par Israël …contre les civils palestiniens » et a appelé à la « fin immédiate » du « siège illégal » suffoquant 2 millions de personnes à Gaza.

Barcelone, la deuxième plus grande ville de l’état espagnol, a appuyé l’appel palestinien à cesser d’armer Israël jusqu’à ce qu’il mette fin à ses flagrantes violations des droits humains palestiniens. Le conseil municipal a voté de manière écrasante en faveur d’un complet embargo militaire et a appelé le gouvernement espagnol à garantir son exécution .

Valence, capitale régionale, est maintenant la plus grande ville du monde à avoir voté pour devenir une zone franche de l’apartheid israélien et à soutenir explicitement le mouvement BDS pour les droits palestiniens.

Pampelune, une autre capitale régionale, a voté une résolution qui soutient le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers. Elle a aussi appelé le gouvernement espagnol et l’Union européenne à imposer des sanctions contre Israël et à couper les liens diplomatiques avec ce pays. Elle a exprimé sa solidarité avec les manifestants palestiniens participant pacifiquement à la Grande Marche du retour à Gaza et a fermement condamné l’armée israélienne pour avoir tué plus d’une centaine de Palestiniens et en avoir blessé des milliers.

Terrassa et Badalona, respectivement les troisième et quatrième plus grandes villes de Catalogne, ont aussi appelé le gouvernement espagnol à cesser d’armer Israël, compte tenu des ses récents massacres de Palestiniens à Gaza et de ses durables violations des droits humains palestiniens. Elles ont exhorté les autres pays, de l’Union européenne ou au-delà, à mettre en place un embargo d’armes contre Israël et à annuler le traitement préférentiel de ce pays.

Ana Sanchez, une des organisatrices du Comité national palestinien BDS, la plus grande coalition des la société civile palestinienne, dirigeant le mouvement global BDS en faveur des droits palestiniens, a déclaré :

« Quand des gouvernements centraux échouent à protéger les droits humains, les conseils municipaux portent une immense responsabilité et ont l’opportunité de jouer un rôle historique du côté de la justice. Barcelone, Valence, Pampelune, Badalona et Terrassa ont chacune montré comment les peuples peuvent mobiliser leurs villes pour soutenir de manière efficace la lutte palestinienne pour la liberté et la dignité. ‘Penser globalement, agir localement’ n’est pas une maxime usée, mais une stratégie clairvoyante et une référence morale pour guider le monde dans lequel nous voulons vivre.

Je suis confiante que le nombre de villes agissant afin de s’opposer à toutes les violations flagrantes des droits humains continuera à grandir en Europe et au-delà. Elles joueront un rôle critique pour mettre fin à l’apartheid israélien. »

Des villes plus petites agissent aussi. Trebujena, une petite ville d’Andalousie, est devenue une zone franche de l’apartheid israélien le mois dernier. Salt, en Catalogne, vient de voter cette semaine une motion en faveur d’un embargo militaire. On s’attend à ce que d’autres villes suivent.

Le Comité national palestinien BDS (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Il conduit et soutient le mouvement global pour le Boycott, le désinvestissement et les sanctions, en faveur des droits palestiniens.

https://www.bdsfrance.org/une-serie-dimportantes-villes-espagnoles-expriment-leur-soutien-en-faveur-des-droits-palestiniens/