Pinkwashing à la marche des fiertés de Grenoble : on riposte !

Mis a jour : le mardi 5 juin 2018 à 14:53

Mot-clefs: Guerre Resistances / libérations nationales genre sexualités
Lieux: grenoble

Le pinkwashing (« lavage en rose ») est une stratégie politique utilisée entre autre par l’État d’Israël.

Il a pour but de mettre en avant son traitement soit disant exemplaire des LGBTI afin de se faire passer pour tolérant et progressiste, tout en passant sous silence la guerre et les atteintes aux droits humains.

Par cette stratégie, Israël cherche à détourner l’attention sur la domination coloniale des Palestinen-ne-s et le régime d’apartheid (attaques récurrentes des territoires palestiniens, Gaza sous embargo, continuité de la colonisation, bombardements des populations, emprisonnements massifs, atteintes aux droits élémentaires, …).

Israël se veut un pays gayfriendly pour les gays riches occidentaux. Mais la promotion d’un « paradis gay » est en décalage avec les réalités des minorités sexuelles en Israël où, en dehors de « la bulle Tel-Aviv », l’homophobie (notamment religieuse) persiste.

L’armée de Tsahal, une des armées les plus puissantes du monde, se revendique gayfriendly, veganfriendly, … voulant nous faire oublier qu’elle massacre des gens chaque jour.

Il y a deux semaines, le lundi 14 mai, des soldats israéliens ont assassiné 60 manifestant-e-s de la bande de Gaza et en ont blessé plus de 2700 qui protestaient contre l’inauguration de l’ambassade états-unienne à Jérusalem.

Contrairement à ce qu’Israël proclame, l’État refuse d’accorder la protection internationale et des permis de séjours aux LGBTI palestinien-ne-s qui viennent demander l’asile.
Les LGBTI palestinien-ne-s sont des cibles de choix pour les services secrets israéliens, pour les faire chanter et en faire des informateur-ice-s.
Israël enseigne à ses soldats comment exploiter les cas d’homosexualité ou de bisexualité.

« Nous ne pouvons pas exiger des droits des homosexuels
là où les droits fondamentaux des individus sont absents »
Georges AZZI, membre de Helem, association LGBT Libanaise dénonçant le pinkwashing.

Nous luttons contre le régime colonial d’Israël et contre le soutien des pays occidentaux (notamment la fRance) à ce régime.

Nous refusons que nos luttes, nos identités et nos vies soient utilisées pour justifier des guerres et la domination d’autres personnes. En fRance (et en europe), pendant que l’État s’affiche comme défenseur des droits des personnes LGBTI ou des femmes, il diffuse une propagande islamophobe, refuse les droits de base aux personnes exilées et mène des politiques migratoires meurtrières et racistes.

Pas de guerre en notre nom !
Contre le pinkwashing
et en solidarité avec le peuple palestinien !

Le 26 mai 2018, au début de la marche des fiertés, un char commercial appartenant au bar le Vocalise (1 rue Pierre Arthaud, Grenoble) diffusait sur écran géant et en boucle des vidéos promotionnelles d’un festival à Tel Aviv.

Des camarades sont allé-e-s discuter avec les personnes du char pour leur parler du pinkwashing, de la propagande d’Israël, et du fait que passer ce genre de vidéos n’est pas anodin. Ce à quoi à été répondu que : « C’est trop bien Tel Aviv », « J’ai passé les meilleures vacances de ma vie et je fais pas de politique »,....

Les vidéos ont continué d’être diffusées tout au long de la marche.

À la fin de la marche, des camarades sont allé-e-s éteindre l’écran pour en finir avec cette propagande.

Les vigiles du bar puis ceux de la marche et le staff sont arrivés en nombre pour « protéger » le char et ont rapidement commencé à taper tout le monde. Dans le même temps, on a pu entendre « Vive Tel Aviv » parmi l’équipe du Vocalise.

Ils ont vite appelé les flics à la rescousse qui ont immédiatement gazé, cogné, traîné par les cheveux, étranglé, et matraqué des personnes. Une camarade a été arrêtée et menottée au milieu de la foule sur dénonciation des organisateur-ice-s.

Elle a été emmenée en garde-à-vue 20 heures pour « dégradation et violence en réunion » et est sortie le lendemain avec un rappel à la loi.

Pendant tout ce temps, beaucoup de gens continuaient à faire la fête comme si de rien n’était.

Comme beaucoup de gens n’avaient pas compris ou pas vu les actions qui venaient d’avoir lieu, des personnes ont pris la parole pour expliquer la situation. Il a été difficile d’y parvenir et quand enfin cela a pu être possible, un char commercial n’a pas hésité à monter le volume de la musique, tentant d’empêcher la prise de parole publique, et engageant la fête à continuer dans la plus grande indifférence.

Les vigiles et le staff ont joué le rôle des flics du début à la fin, avec une nervosité et une toute puissance digne des services d’ordre et des milices privées. De tout évidence, ces organisations sont là pour défendre avant tout les intérêts de bars capitalistes et non l’intégrité des personnes présentes dans la marche.

Rien d’étonnant, ça fait longtemps qu’a été oublié d’où venaient les prides.

Pour rappel historique : en juin 1969, ce sont les émeutes de Stonewall Inn qui sont à l’origine des marches des fiertés. Elles ont été déclenchées par une énième descente de flics dans ce bar new-yorkais. S’en sont suivies plusieurs nuits d’émeutes où des putes, des trans’, des dragqueens, des gouines et des pédés se sont battu-e-s contre les flics.
Alors : flics, fachos, hors de nos prides !

Nos luttes ne s’arrêtent pas à nos identités.
Nous continuerons à être des "troubles-fête" tant que les prides continueront à se vouloir apolitiques.

Tant que l’émancipation des LGBTI occidentaux continuera à se mesurer en nombre de chars commerciaux présents aux marches des fiertés.
Tant que la propagande coloniale continuera à y être exhibée.

Transpédégouines contre le pinkwashing,
en soutien à la Palestine.

https://cric-grenoble.info/infos-locales/article/pinkwashing-a-la-marche-des-fiertes-de-grenoble-on-riposte-579

Commentaire(s)

> Comment Israël a utilisé le « pink washing » pour attirer les gays et changer son image

Tel Aviv, nouvelle capitale gay ? Dans son livre Mirage gay à Tel Aviv (éd. Libertalia), le journaliste Jean Stern a enquêté sur la politique du pink washing de la ville et d’Israël. Une stratégie de communication à plusieurs dizaines de millions d’euros pour masquer selon lui une réalité bien moins rose.

NEON, magazine arc-en-ciel : Pourquoi ce livre ?

Jean Stern*, anti pink washing : Il y a eu deux facteurs déclencheurs. Le premier, en 2013, avec le premier mariage d’homosexuels en France : deux militants montpelliérains se sont dit oui, filmés par le monde entier. Et quelques jours après, je me rends compte qu’ils ont été invités à Tel Aviv, qu’ils sont partout, à la une des journaux, sur internet, reçus à l’ambassade de France en Israël. J’ai trouvé extraordinaire qu’un pays comme Israël, qui ne reconnaît pas le mariage civil, et encore moins le mariage homo, invite des mariés français. A la même époque, j’avais de plus en plus de relations qui partaient s’éclater à Tel Aviv malgré le coût du séjour. Le deuxième point, c’est qu’en 2015, à Oakland (Nouvelle-Zélande), la Gay Pride avait deux invités d’honneur : l’armée néozélandaise, et un cortège de l’ambassade d’Israël. Ils étaient là pour vendre la destination gay. Une dizaine de queers radicaux a interrompu la manifestation avec des slogans contre l’occupation en Palestine et le service d’ordre, composé de Gardiens de la foi [militants évangélistes gays, assez puissants dans les pays anglo-saxons] les ont expulsés. C’est la première fois de ma vie que je voyais des gays expulser des gays d’une manifestation gay.

C’est quoi, le pink washing ?

En bon français, on dirait « lave plus rose ». C’est inspiré d’une opération menée depuis le début des années 2000 sous la pression des écologistes : le green washing, qui consistait à afficher des performances environnementales autant que mettre des plantes vertes dans le hall de l’immeuble. Le pink washing s’en est directement inspiré et Israël en a fait un atout maître, non pas pour se faire connaître, comme Berlin [les deux villes ont fait appel au même cabinet de marketing spécialisé, Out Now], mais pour changer son image.

Est-ce qu’Israël est devenu plus gay-friendly pour autant ?

Israël reste très homophobe, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 47% des Israéliens considèrent que l’homosexualité est une maladie, contre moins de 10% en France et moins de 5% en Espagne ou en Belgique. Israël est un pays fracturé, d’abord entre laïcs et religieux, puis gauche et droite, colons et non colons, et aujourd’hui entre les hétéros et les gays. Tel Aviv a joué le rôle d’aspirateur à gays dans ce contexte car beaucoup étaient ostracisés, victimes de violence. Mais Israël reste un pays fondamentalement homophobe, dans une région fondamentalement homophobe.

Comment s’est mis en place le pink washing ?

En 2008-2009, Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères (et ancien agent du Mossad, notamment à Londres et Paris) n’ignorait rien des problèmes d’image de son pays. Ils ont mis en place une cellule « Brand Israël », avec des grandes agences. Ils ont identifié deux leviers : la High Tech ; et Tel Aviv, ville laïque et ouverte. C’est devenu très vite la ville de la fête, « la ville qui ne dort jamais », et plusieurs diplomates leur ont dit qu’il y avait un modèle de ville gay à vendre. A partir de 2009, il y a donc eu des campagnes d’invitation de journalistes gays et du marketing direct dans les médias LGBT. C’est un investissement estimé à environ 180 millions de dollars sur cinq ans. Les touristes ont commencé à arriver massivement en 2011-2012. A cette époque, il y avait 7000 ou 8000 touristes gays étrangers pour la Gay Pride. En 2017, c’était plus de 35 000.

Cette image a été volontairement utilisée pour masquer la politique dans les territoires palestiniens ?

Tout à fait, d’ailleurs les autorités ne s’en cachent pas. Les concepteurs de cette campagne disaient « il faut chasser la guerre et le mur dans l’esprit des gens, et le remplacer par la fête et les beaux garçons ». C’est totalement conscient. Brand Israël a été conçu comme une arme de riposte envers ceux qui s’opposent à leur politique. Et, comme le disent les autorités elles-mêmes, « après, vous serez des ambassadeurs ». Du Tel Aviv gay, certes, mais finalement d’Israël.

Quel est le public visé par ces campagnes, avec lequel vous n’êtes pas tendre, parlant de “cynisme de classe” ?

Ils ont compris qu’il y avait une mutation sociologique chez les gays occidentaux. Avec la lutte contre le sida, il y avait une radicalité assez forte, mais elle a disparu au tournant des années 2000. Les gays ont alors assumé de plus en plus ce qui au fond les intéresse : leur patrimoine, leurs droits, leur statut de couple. Ils ont assumé l’embourgeoisement. Avant, ils allaient au Maroc, en Egypte, en Tunisie. La radicalisation du monde arabe, la répression qui a changé la donne en Egypte au début des années 2000, ou le durcissement de la société marocaine vont créer un appel d’air pour Tel Aviv, qui répondra « vous voulez du soleil, et de l’Orient ? On a. Et aussi des jolis garçons pas farouches ».

>> Ils ont voulu me rendre hétéro : mon séjour dans un stage masculiniste pour « réorienter » les homos

Vous affirmez d’ailleurs que la campagne joue aussi sur nos références fantasmatiques…

L’homme juif est double en Israël : il y a le pur produit de l’armée, ce qu’on appelle le sabra, un garçon formé par la terre d’Israël, musclé et virilisé, et pour lequel Ben Gourion, fondateur d’Israël, employait le terme « d’homme musclé ». A l’inverse, les dirigeants sionistes considéraient que les juifs d’Europe et du Maghreb étaient trop féminisés. Vous avez donc deux types d’homme, et on a offert aux fantasmes occidentaux ces clichés, à la fois le sabra musclé et la folle orientale. Men of Israël a été l’un des plus gros succès de l’industrie porno des vingt dernières années.

L’un des leviers de cette politique est l’armée. Mais est-elle vraiment si ouverte ?

Oui, et elle a très bien compris comment en faire un atout. Elle mène des campagnes fascinantes avec des soldats qui se tiennent par la main sur la page Facebook de Tsahal, ou des tournées de l’armée israélienne sur les campus américains. En avril dernier, une officier trans est venue faire une tournée sur les campus pour expliquer à quel point l’armée israélienne est géniale avec les trans. Mais elle a oublié de raconter sa mission, qui est de mettre la pression sur une population bédouine dans le désert du Néguev.

Pourquoi Israël cible les homos ?

Ils se sont dit qu’il y avait une cible marketing qu’ils n’utilisaient pas, alors que les homos n’allaient plus dans les pays arabes. En plus, il y a une infrastructure hôtelière très importante à Tel Aviv : la ville est pleine à Pessah [la Pâques juive] et au mois d’août. Entre les deux, ils se sont demandé « quel événement pourrait-on vendre ? ». Le génie de Tel Aviv a été d’intégrer tout ça de façon municipale : le Centre gay et lesbien est municipal, la Gay Pride est entièrement financée par la mairie, etc. C’est presque unique. Depuis peu, ils attaquent le deuxième étage de la fusée, avec les hétéros branchés.

Ce pink washing ne permet-il pas, malgré tout, à la condition des homos israéliens de changer ?

Bien sûr : la Gay Pride de Tel Aviv est une étape dans le parcours de l’émancipation et de la libération. Mais il ne faut pas se leurrer : les gays israéliens en ont soupé du pink washing. J’ai plus rencontré de gens contre le pink washing en Israël et évidemment en Palestine qu’à Paris. Arrive une nouvelle génération de très jeunes, très influencés par les théories queers et par les connexions entre Israël et Berlin, qui est une ville beaucoup plus radicale. On a vu apparaître quelques messages sur les murs, des mouvements déploient des banderoles dans les Gay Prides en soutien à la Palestine. Il y a une prise de conscience.

* Jean Stern est journaliste. Il a participé à la fondation du premier mensuel gay français, Gai Pied, en 1978, et a travaillé à Libération, La Tribune ou encore Le Nouvel Economiste.

https://www.neonmag.fr/interview-comment-israel-a-utilise-le-pink-washing-pour-attirer-les-gays-et-changer-son-image-493924.html

> Pink-killing ? Pink Hate ?

Quel situation pour la communauté LGBTIAQ+ à Gaza ou en Palestine ?

> -

Pas flamboyante.

Si tu es concerné par la lgbtsi-phobie je comprends que tu n as pas envie de defendre la palestine.

Mais quio? tu soutiens Israel?

> Hypocrisie

Dénoncer le pinkwashing d'Israel sans dénoncer le pink-killing du Hamas c'est être hypocrites

Se servir de ( ou récupérer) la cause LGBTQIA+ pour vos combats nationalistes religieux = No

> Bouffonneries

On ne peut pas dénoncer l'Etat raciste sans que ses fans rappliquent pour nous parler des "nationalistes" et des "religieux" palestiniens. C'est monotone et c'est du trollage répétitif.

Les trolls ont beaucoup de choses à cacher :

https://grenoble.indymedia.org/2018-02-25-Presentation-discussion-autour-de

https://iaata.info/Rencontre-avec-Jean-Stern-autour-du-livre-Mirage-gay-a-Tel-Aviv-2073.html

Le sionisme est incompatible avec l'antifascisme.