Nantes: Répression du mouvement étudiant

Mis a jour : le jeudi 17 mai 2018 à 09:14

Mot-clefs: Répression / lutte étudiant-e-s lycéen-ne-s mouvement
Lieux: Nantes

Depuis le début du mouvement étudiant, la présidence de la faculté et la préfecture tentent d'intimider les étudiant-e-s mobilisé-e-s. Chaque acte posé, même le plus minime, se voit fermement condamné par communiqué adressé à tou-te-s les étudiant-e-s et des plaintes sont déposées. Ainsi, des personnes prises au hasard parmi les étudiant-e-s et lycéen-ne-s mobilisé-e-s reçoivent des convocations au commissariat et des menaces de sanctions disciplinaires pour la pendaison d'une effigie de Macron, quelques jets de peinture sur la présidence ou l'enfarinage d'un doyen qui menaçait depuis des semaines des étudiant-e-s. Ces menaces ont un fondement politique, visent à faire peur et à empêcher la contestation en isolant des personnes précises des autres dans le but de casser toute solidarité. Il s'agit clairement de réprimer un mouvement d'ampleur et pas de chercher à rétablir un ordre fantasmé. On a pas vu Olivier Laboux porter plainte quand des fascistes ont attaqué des militant.e.s et exilé.e.s qui occupaient le château du Tertre, quand Didier Delorme a menacé des étudiant-e-s couteau en main, ou quand un étudiant mobilisé a été agressé avec un pied de chaise lors d'un blocage.

Le début des partiels a marqué le franchissement d'un cap dans la répression. En plus d’appeler les flics pour matraquer à tout va des étudiant-e-s devant les lieux des partiels, la présidence de l'université ne se prive pas d'interpeller des personnes par leur nom, de les insulter, de prendre en photo celles et ceux qui décident de boycotter les partiels et d'opérer un fichage administratif leur permettant de menacer des étudiant-e-s de commission disciplinaire ou de les empêcher de s'inscrire l'année prochaine. Certain-e-s vont même encore plus loin en livrant des informations aux flics, noms et visages, qui procèdent ensuite à des interpellations. Mardi devant la Trocardière, deux personnes ont été embarquées et ont passé jusqu'à 30 heures en détention. L'une d'elle est poursuivie pour outrage sur un membre de la présidence et a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de pénétrer dans l'enceinte de l'université, jusqu'à son procès au mois de juin, une mesure complètement disproportionnée et inédite pour ce type d'infraction. L'autre a été arrêté alors qu'il s'en allait en voiture, klaxonnant au passage les étudiant-e-s pour manifester son soutien, un policier s'est alors jeté sur sa voiture pour l'interpeller, il est également convoqué au tribunal.

Contre toutes les répressions, qu'elles soient policières, judiciaires ou administratives, nous appelons à rester solidaires et à nous mobiliser jusqu'à ce que toute poursuite soit abandonnée à l'encontre des étudiant-e-s mobilisé-e-s et leurs soutiens. Nous appelons également à une manifestation jeudi 17 mai, dans la foulée du rassemblement à 14h devant le commissariat de Waldeck pour soutenir le lycéen convoqué suite à la pendaison de Macron.

Commentaire(s)

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Ce mercredi 16 mai dans le centre de Naoned/Nantes, un membre de la société - http://www.agpsecurite.fr/ - de sécurité AGP sécurité événementielle (sécu privé à la trocardière - lieu d'examen alternatif sous flicage) a menacé gravement des étudiant-e-s hors de la fac ou des lieux d'examens ...

Comme nous ne sommes ni des MJS-PCF-FI-UNEF-SUD et que nous ne "dealons" pas de "paix" ou d' "arrangements" avec ces sociétés; une riposte est prévisible

> Un communiqué des étudiantes et étudiants en histoire de l'Université de Nantes

Pour des conditions d'examen décentes.

Comme vous le savez, depuis quelques heures, les examens pour les formations Histoire, Histoire de l’art, Sociologie et de l’IGARUN devront passer dorénavant leurs examens en devoir maison. Outre l’illégalité de cette décision, car légalement, la forme des examens devant être décidée au moins un mois avant la tenue de ceux-ci, elle est totalement ciblée et répressive. Il est spécifié dans ce mail que les UFRs de Psychologie, FLCE et Lettres et Langage passeront leurs examens dans les conditions actuelles, sur table et sous présence policière. Par cet acte, la présidence de l’Université de Nantes écarte les UFRs les plus engagés dans la lutte contre la loi ORE et ceux ayant massivement boycotté les examens. Chacun.e sait en effet que ceux-ci ont montré le plus de visibilité au cours du mouvement social de par leur engagement. Puis, tout récemment, ce sont ces filières qui ont exprimé leur ferme désapprobation aux conditions dans lesquelles se tiennent les examens à l’heure actuelle. Pourtant, il n’en est rien. Cette décision, autant inégale et partiale soit elle, vise à diviser le mouvement et écarter les éléments “perturbateurs” de la bonne tenue des partiels. La persévérance dont fait preuve la présidence de l’Université de Nantes au maintien des examens de fin d’année, malgré le stress et les violences causées par la présence policière aux abords des bâtiments, prouve son indifférence à la condition des étudiant.e.s et à la morale de tout un chacun.
Concrètement, comment cela va-t'il se dérouler ? Le jour de l’examen prévu, un mail contenant le sujet de l’examen sera envoyé à 8h. L’étudiant.e devra rendre sa composition avant 19h le soir même. Les serveurs Madoc risquent alors d’être saturés, qu’adviendra t-il des copies ayant été envoyées après le créneau imparti, les étudiant.es concerné.es seront-ielles sanctionné.es ? Le flou est le plus total, tout comme l’incertitude que ressent la présidence à prendre ses décisions. De plus, que feront les étudiant.e.s qui ont deux voire trois épreuves à passer dans une journée, alors que d’autres n’en ont qu’une ?
La forme de la tenue des examens, à partir d’aujourd’hui, nous est inacceptable. Comment peut-on penser que tou.te.s les étudiant.e.s aient un accès internet à leur domicile ou même soient en possession d’un ordinateur pour pouvoir rendre leurs devoirs ? Cette réflexion est abjecte. La course à la bibliothèque universitaire est donc lancée, les places seront cher dans les jours prochains pour la possession de la trentaine des ordinateurs mis à disposition, alors que plus de 2 000 étudiant.e.s sont touché.e.s par cette décision. De même, la semaine qui vient de s’écouler fût extrêmement éprouvante pour l’ensemble des étudiant.e.s, comment peut-on se dire que ce vendredi, ils seront prêt à passer une, deux voire trois épreuves dans la journée dans des conditions acceptables ?

En conséquence, nous exigeons l’annulation des partiels en ligne et sur table des tiers-temps qui sont censés se tenir demain le vendredi 18 mai 2018. Nous voulons également l’annulation de tous les partiels passés durant la semaine du lundi 14 mai au jeudi 17 mai 2018. Par la suite, nous ne voulons plus d’examens sur table distanciels. Au regard des événements de la semaine, nous exigeons une prise de position, par écrit, de l’UFR HAA sur les conditions déplorables et inadmissibles dans lesquelles nous devions composer. Nous demandons aussi l’assurance pour les boursiers et boursières, au cas où ils.elles n’auraient pas émargés pour une épreuve, qu’ils.elles n’auront rien à rembourser ou quoi que ce soit d’autre. Pour ne pas pénaliser les étudiant.e.s qui ont des obligations après le 29 mai, nous exigeons également le respect du calendrier universitaire. Dans ce prolongement, les recours en justice contre les étudiant.e.s s’étant mobilisé.e.s cette semaine sont inacceptables, nous demandons le soutien de l’UFR en leur faveur.
Pour mettre en oeuvre ce que nous exigeons, nous proposons la réception simultanée pour toutes et tous les étudiant.e.s de leurs sujets d’examen, afin de soustraire la tenue inacceptable des examens sur table à des DM anonymes, avec pour date limite le 29 mai. Pour préserver l’équité, et en plus des DM, nous proposons l’assurance d’un 10 sur 20 pour toutes les épreuves annulées ou à annuler.

Les étudiantes et étudiants en histoire réuni.e.s le 17 mai au soir.