Justice pour Rémi suite et fin

Mis a jour : le lundi 14 mai 2018 à 01:04

Mot-clefs: Ecologie Répression Resistances
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Suite et fin d'une enquête et d'une « recherche de vérité » de la part de la justice qui n'a jamais vraiment cherché.

Le 14 juin 2018 dans une salle de cour d'appel de tribunal avec plein de bonnes gens sûr de leur bonne foi, aura lieu l'appel au sujet de la mort de Remi tué il y a 3 ans et demi d'une grenade, le non lieu a été prononcé suite a une instruction qu'aurait pu prendre deux ou trois semaines seulement vu les investigations, mais les juges d'instructions ont fait durer ça plusieurs années, ça fait plus sérieux.

Concrètement leurs motivations pour le non lieu c'était : « Fallait pas être là, tant pis pour sa gueule »

Comme d'hab quand les flics sont impliqués, la justice a seulement cherché à les innocenter, au final les seuls témoignages sur les faits sont celleux des gendarmes, les juges d'instructions nous ont pas cherché pour savoir comment s'était déroulé cette nuit, ni même la journée, ni rien, la seule parole qui compte est celles des gendarmes dont on voit pourtant après chaque évènement politique leurs paroles se contredirent et être démentis par des images dans des procès hauts en couleurs où les procureurs réclament de la prison dans tout les cas, parce que c'est leur boulot.
Allez savoir si Rémi était dans le coma depuis 3 ans l'enquête aurait été mené à charge contre lui et un procureur aurait requis sa mise en détention immédiate. Par principe.

Dans ce procès il n'y aura rien.
Rien sur les sommations quand on faisait les feux dans la pente, et qu'il n'y a pas eu 3 sommations pour déguerpir mais bien une bonne dizaine, avec ce type au mégaphone qu'on avait foutu de force là, je sais pas l'ambiance parmi les gendarmes à ce moment là, mais lui voulait pas être là, avec sa voix lancinante, ses hésitations, ses « allez s'il vous plait », rien que le début de la soirée c'était surréaliste, à croire que pour une fois, la dernière chose dont avaient envie les militaires c'était d'intervenir.
En plus c'était quoi toutes ces sommations, c'était pas faute de m'être déjà bien fait gazé, matraqué, menacé, plaqué au sol dans d'autres lieux, j'avais entendu qu'une seule fois des sommations et ça avait rien à voir, ça ressemblait plus à une version pour adultes de 1 2 3 soleil transformé en 1 2 3 gazeusecoupdematraqueLBDpointédanstagueule
D'ailleurs on faisait rien à part des feux, des copines et copains ont commencé à s'enerver à force d'être menacé, mais à part du feu on faisait rien de spécial.

On trouvera rien d'intéressant non plus sur l'emplacement des gendarmes, d'après les témoignages, ils sont restés derrière le portail, à part pour aller chercher Rémi, peut-être bien secourir des gens blessés, ramasser des champignons et d'autres trucs sympa. Le plus surprenant, c'est le coup du feu d'artifice, presqu'aucun gendarme n'en parle, pourtant se prendre un feu d'artifice dans la gueule, de nuit, ça doit marquer les esprits. Ah mais oui, ils se le sont pris où le feu d'artifice ? Ils étaient bien 50 mètres à l'intérieur de la zone avec un camion, et comme ils ne sont pas rentré dans la zone d'après l'histoire qu'ils devaient raconter, valait mieux pas trop en parler.

Pas plus sur les tâches de sang et leurs significations, est ce qu'il est mort à tel endroit, est-ce qu'il a été « posé » et s'est vidé de son sang à un autre, la reconstitution n'a pas pu aider, eclaircir ou contredire la version des gendarmes, car elle n'a simplement pas eu lieu. Après tout pourquoi en faire une alors que les juges d'instructions savaient déjà tout des gendarmes, de la préfecture, et par l'opposant en chef autoproclamé numéro un de la contestation qui sait tout mieux (j'ai oublié son nom à lui, ça fait un bien fou)

Et pis cette ambiance, avec leurs deux gros projecteurs, dans l'espèce de cuvette artificielle où on était, toutes les lacrymos qu'illes jetaient faisaient des colonnes de fumées, c'était impressionnant, et c'était quoi les grenades qui clignotaient rouge qui nous arrivaient sur la gueule même à plus de 100 mètres du portail ? J'étais déjà assez loin du feu de l'action, et j'ai reculé encore un peu après avoir été visé par deux grenades, ça pétaient fort, je regardai tout ça mi-effrayé mi-impressionné, sans bouger, ça m'a réveillé d'un coup. Des gens comme Rémi qui se sont approché béat y en a eu d'autres, ça revenait vite en courant après avoir essuyé un tir de LBD ou une grenade, ça boittait pas mal, et avec leur grenades on en voyait régulièrement tombé par terre sonné par les détonations, toujours quelqu'un pour aller les relever, perso j'ai pas bougé, je sais comment j'aurais été si on m'avait envoyé à la guerre en 14, je me serais pisser dessus plusieurs fois avant d'être fusillé pour l'exemple, j'ai pas trop de doute là-dessus.

Rien ne sera dit non plus à propos de la communication du ministère de l'intérieur, du premier ministre (Valls la fistule), du préfet, du procureur de la république et de toute autre personne au courant des faits dès le début. Le gendarme a su de suite et l'a dit, il a tué quelqu'un, les communicants n'ont fait qu'une chose après, marqué les esprits pour faire prendre conscience à « l'opinion publique » que cette mort est la faute de Rémi. Le communiqué à dix heures le dimanche matin, faisant état d'un mort sur le site sans plus de précision était déjà scandaleux, la suite encore pire. Une autopsie avait déjà été réalisé, chez celleux qui se sentent importants illes savaient toutes et tous ce qu'il s'était précisément passé, mais dans les médias ça disait que peut-être, c'était nous qui lui avions jetés un projectile, peut-être même qu'il avait de quoi faire des explosifs dans son sac à dos, en plus illes le trouvait pas le sac, c'était suspect, tout était suspect, le mot d'ordre de celleux qui nous montrent l'exemple au quotidien c'était « ne dites surtout rien qui pourrait être vrai, on l'a tué, maintenant on fait les chacals et on lui pisse dessus ». Soi-disant on aurait gardé le sac à dos (alors même que des morceaux du sac en lambeau avait été retrouvé, en même temps, pour reprendre les idées du procureur, rien ne permettait de comprendre comment une grenade offensive est pu tué quelqu'un. Ce type devait avoir à peu près le même niveau de culture que moi, gros geek lui aussi il devait se dire que les grenades offensives qu'il utilisait contre son pote dans Worms 2 ne l'avait jamais tué physiquement, donc c'était louche.

Et pis franchement qui d'entre nous aurait vraiment voulu témoigner ? Témoigner là dedans c'est prendre le risque de se faire arrêter la semaine suivante par trois baqueux et de se retrouver en garde à vue pour port d'arme prohibé dès que tu sors de chez toi avec quelque chose qui fait partie de la liste des objets qui sont potentiellement des armes par destination, sans oublier Outrage et Rébellion, tes deux potes quand les flics t'ont éclaté la gueule gratuitement et qu'il faut le justifier sur le PV. Tiens, petit exercice de philo pour tout les premiers de cordée qui passent un bac général « Est ce que ça vaut le coup de témoigner contre la police quand on les as vu commettre un crime, quand on sait que pendant très longtemps on va être emmerdé et menacé par leurs collègues solidaire ? » Visiblement la plupart d'entre nous, présent au moment de la mort ont répondu dans le même sens, il y avait bien deux témoins une époque mais ils ont été emmerdés, je crois qu'ils se sont retiré, à vérifier. Bien sûr on a pas tous les mêmes arguments, celleux qui trouvent que la justice sert à rien, celleux qu'ont peur de plus pouvoir vivre normalement à cause de la flicaille, et pleins plein d'autres raisons.

Remi est mort d'une mort sale, dégueulasse, pourri, une explosion en haut du dos, radical, dès le lendemain ils ont tout tenté pour le rendre et nous rendre responsable de sa mort, la justice n'en a jamais rien eu à foutre de nous, de nos causes, de ce qu'on fait, elle se doit juste d'invoquer des non lieu quand le proc veut, et des peines quand le proc veut, tout ça pour protéger des ptits ministre, des préfets et des ptits suppôts.
Il est mort pour la protection d'un portail par l'état (qui était la dernière chose matérielle encore sur place à proteger, sans compter l'immatériel état de droit, même si pour les histoires de droit dans cette affaire comme dans d'autres la suite à donner raison à ce qu'illes appellent l'état de non-droit), et pas pour des idées.

Tout ça n'est pas près de s'arrêter, et la même histoire pourrait recommencer ça choquerai pas la foule, la seule chance pour un retournement de situation dans la mort de Rémi, ce serait que des gendarmes changent leur versions de l'histoire et disent ce qu'il s'est vraiment passé, pour mettre à mal la version des ministères, mais ça a autant de chance d'arriver que de voir demain, Emmanuel Ier aka Le Majestueux traverser la cour de l'élysée en marchant sur les mains et en rapant Demain c'est trop tard d'mc circulaire.

Je pense que j'ai oublié quelques trucs important, si vous voulez rajouter, contredire, allez-y, on a entendu tellement de version des faits transcris par des gens qui n'y était pas, des témoignages anonymes sur des sites écolos ou même ici et qui étaient des faux, que ç'en est compliqué de ne pas se mélanger, ça a été trop raconté par celleux qui n'y étaient pas, avec des à priori et des infos donné par la pref et les gendarmes, le tout mélangé, gros milk-shake couleur merde, les communiquants de l'état ont très bien réussi leur coup. Je critique pas trop que les informations ai circulé, c'est juste que peu après beaucoup ont racontés l'histoire comme s'illes y étaient, malheureusement très peu de gens présent ont parlé, et les "versions" de l'histoire qui circulaient mélangeaient des choses arrivé et des communiqué de la presse, de la pref, de Valls la fistule, bref, pour moi en tout cas ça a été compliqué pendant longtemps d'avoir une vision à peu près claire.

Un ptit mot de la fin sur le sujet, pour celleux qui s'en souviennent, les gyrophares du samu/pompier qu'ont percé dans la nuit, pour annoncer qu'il était mort, sur le coup j'ai rien compris.

Bon courage si vous défendez la zad en ce moment, je dis ça de loin comme ça, comme un merdeux, tant pis mais je pouvais pas écrire tout ça sans glisser un mot pour tout.e.s celleux qui défendent leurs lieux de vies, dans les champs les forêts tout ce que vous voulez tant que c'est pas à temps plein dans une administration au détriment des autres. Tout seul tes rien face à l'état.

Spéciale dédicace à la policière morte dans la seine récemment, où les supérieurs et le ministère de l'intérieur ont tenté de cacher les circonstances de la mort par tout les moyens alors que c'était de la faute d'une hiérarchie incompétente. Même quand ils se tuent entre eux les morses du désordre opèrent de la même manière que contre les reste de la population, ils mentent et cachent les faits. (si vous êtes sensible ne vous intéressez pas à cette histoire, c'est aussi glauque qu'un JT apolitique de Jean Pierre Pernault). Morale de cette histoire, si vous êtes vous aussi un morse, dans le cas où vos collègues vous tuent, ne comptez pas sur eux pour dire la vérité à votre famille.

Suite et fin d'une enquête et d'une « recherche de vérité » de la part de la justice qui n'a jamais vraiment cherché.

aux modos : si grosse faute vous pouvez corriger ? j'ai relu plusieurs fois mais je suis fatigué là, des bisoux

Commentaire(s)

> deux fois le texte

ouep, mauvaise manip, le texte apparait deux fois à la suite, ça fait très très long comme ça

> Sylvain

Le connard de pacifiste qui était prêt à taper sur des compas pour les empêcher d'être violents avec des voitures de journalistes abandonnées ? Celui qui croyait être le chef de la ZAD ? Il s'appelle Sylvain, ce connard.

> portail

Il me semble que le portail était sur le côté droit du «fort» lorsqu'on regarde dans le sens où tout le monde regardait pendant l'émeute. Que Rémi est mort à proximité du côté qui fait face à la cuvette d'argile ratiboisée, donc qu'il y avait entre lui et les gendarmes qu'un grillage sans portail, et surtout une douve (!!) très profonde. On raconte que la veille lors de l'assaut des vigiles puis de l'algeco, certains se sont fait bien mal en tentant de sauter la douve dans la nuit.

Le truc que j'ai pas très bien compris c'est quels gendarmes ont récupéré Rémi crevé par terre, si c'est les jeanjean de l'intérieur qui sont passés par le côté, par le portail puis qui ont fait le tour, ou si c'est les jeanjean qui étaient sur la butte sur le côté gauche, parce que eux ils pouvaient directement aller sur l'endroit du meurtre (après je sais pas ce que les gens disent aujourd'hui, je parle de l'endroit où il y avait la tache de sang puis plus tard les bougies). À l'époque j'avais l'impression qu'on s'était dit que c'était les jeanjean de la butte qui étaient venus.

En tout cas sur le moment, personne s'est rendu compte de rien. À un moment random, genre 3 du mat', il y a eu une ambulance et puis ils ont juste envoyé un énorme écran de gaz et quand il s'est dissipé il y avait plus personne. Je me rappelle qu'on comprenait rien et que nos deux hypothèses les plus probables c'était que c'était des pompiers envoyés pour éteindre les feux (hypothèse peu crédible vu que tout le monde s'est barré sans éteindre aucun feu), et l'autre qu'un jeanjean s'était blessé et qu'ils l'évacuaient (hypothèse qui semble pas beaucoup plus crédible vu que tout le monde s'est barré). En fait on pouvait pas imaginer qu'il y avait eu un mort.

Tout ce qu'on a fait, c'est qu'on est allés sur le terre-plein entouré de douves où il y a eu des machines puis juste des vigiles puis un algeco cramé puis plein de flics qui protègent un algeco cramé puis plus rien. On est allés sur le fort et on a ri aux éclats. On savait pas qu'on venait de marcher, dans le noir, sur les traces du sang de Rémi.