Langue bretonne officielle ! Ai’ta ! démonte des dizaines de panneaux sur 10 tronçons de voies express nationales

Mis a jour : le dimanche 4 février 2018 à 14:27

Mot-clefs: Education / libérations nationales culture art
Lieux: bretagne

Langue bretonne officielle !
Ai'ta ! démonte des dizaines de panneaux
sur 10 tronçons de voies express nationales

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Une fois de plus les droits fondamentaux des breton-ne-s d'utiliser leur langue ont été bafoués par l'Etat français et par des responsables politiques breton-ne-s. Le refus de permettre à des parents de donner un prénom breton à leur enfant démontre une nouvelle fois le travail de sape mis en œuvre, au niveau politique, au niveau des services publics du quotidien et même jusque la vie privée des breton-ne-s.

Au cours de ces derniers mois, les exemples illustrant cette situation ne manquent pas: prénoms Fañch et Derc'hen refusés, emplois aidés supprimés mettant en grande difficulté de nombreuses associations travaillant pour ou en langue bretonne, langue bretonne toujours interdite sur les panneaux de signalisation des routes exploitées par l'Etat et ce malgré ce qui était prévu lors de la signature en novembre 2015 par la soi-disante « Convention spécifique pour la transmission des langues de Bretagne et le développement de leur usage dans la vie quotidienne » entre l'Etat et la région, plainte du préfet de région Bretagne contre des militants de la langue bretonne ayant mené des actions symboliques de démontage de panneaux.

Au niveau de l'ensemble de la Bretagne, seuls 3% des élèvent apprennent la langue à l'école sous forme d'un enseignement bilingue dit paritaire ou en immersion (Diwan) alors que cet enseignement devrait être généralisé. La télévision publique ne diffuse toujours que 1h30 d'émissions en breton par semaine depuis près de 20 ans, l'emploi de la langue bretonne à l'écrit comme à l'oral n'est toujours pas permis dans la plupart des services publics (transports en commun, hôpitaux, poste, démarches administratives, médias...), etc.

La tolérance du prénom Derc'hen accordée en fin de compte par un procureur, suite à l'indignation générale du peuple breton, constitue une humiliation supplémentaire car aucune mesure politique de fond n'a été prise. Nous ne pouvons en effet pas accepter que le respect de nos droits fondamentaux tienne au bon vouloir d'un simple fonctionnaire qui considère que seule la langue française a droit de cité en France.
Pendant que nous devons lutter pour défendre des maigres acquis obtenus quelques années auparavant, la situation de la langue bretonne continue à stagner, dans de nombreux domaines, ce qui l'amènera petit à petit à sa perte, si des décisions politiques fortes ne sont par prises par l'Etat et les collectivités territoriales bretonnes au premier rang desquelles la région . En effet, la langue bretonne est toujours classée en sérieux danger d'extinction par l'UNESCO. Cela n'empêche nullement, par ailleurs, le gouvernement de promouvoir le plurilinguisme... à l'étranger seulement bien entendu !

Face à ces constats, il relève du devoir de l'ensemble des breton-ne-s, des élu-e-s et des services des collectivités territoriales, des associations, des partis politiques, des entreprises, de se mobiliser pour permettre à l'un des éléments fondamentaux de la Bretagne, la langue bretonne, de vivre. Car au-delà d'une composante essentielle de notre pays, c'est d'un trésor de l'humanité dont il s'agit. Chacun doit donc faire sa part et l'Etat doit accorder un statut officiel à la langue bretonne en Bretagne.

Malgré les menaces et la plainte toujours en cours du préfet de région, et car nous savons la légitimité de notre combat, nous avons donc décidé de prendre notre responsabilité et de mener une nouvelle action symbolique en démontant des dizaines de panneaux de signalisation méprisant la langue bretonne, de façon simultanée sur 10 tronçons de voies express en Bretagne (secteurs de Sant-Brieg, Gwengamp, Montroulez, Brest, Kreiz-Breizh, Kemper, Kemperle, An Oriant, An Alre, Gwened).

Nous affirmons une nouvelle fois que ces actions continueront tant qu'il ne sera pas accordé à la langue bretonne, la même place que celle accordée à la langue française en Bretagne. En un mot, A l'instar du français qui est langue oficielle au Québec, du gallois au Pays de Galles ou du galicien en Galice, la langue bretonne doit enfin être officielle en Bretagne, la langue Corse en Corse et la langue Basque au Pays Basque !

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Brezhoneg yezh ofisiel!

Degadoù a banelloù divrezhoneg hentoù-tizh ar Stad divontet
e 10 lec'h e Breizh

Ur wech ouzhpenn ez eus bet nac'het da gerent zo reiñ un anv e brezhoneg d'ho bugel. Goude afer Fañch 6 miz ‘zo, eo afer Derc'hen a lak war wel pegen gwallgaset e vez ar vrezhonegerezed hag ar brezhonegerien gant ar Stad C'hall e 2018. Ouzhpenn lezennoù ar Stad eo abalamour d'an diouer a youl a-berzh dilennidi ha servijoù ar strollegezhioù lec'hel hag ar Stad e vez miret d'ar Vreizhiz ober gant o yezh war ar pemdez en un doare normal.

N'eo ket skouerioù all a vank: dilamadur an implijoù skoazellet a lak en arvar ur bern kevredigezhioù a labour gant hag evit ar yezh, nac'het e vez atav panelloù hent divyezhek war an hentoù-tizh daoust d'ar c'henemglev bet sinet etre ar Stad hag ar rannvro e 2015, douget e vez klemm zoken gant prefed ar rannvro a-enep ar re stourm evit ar gwir-se, n'eus ket ouzhpenn 1 eurvezh hanter abadennoù e brezhoneg war ar skinwel publik bep sizhun, ne vez desket ar yezh da 3% eus bugale Breizh nemetken padal e tlefe bezañ desket en holl skolioù, n'eus ket tu ober gant ar brezhoneg dre gomz na dre skrid e lodenn vrasañ ar servijoù publik (treuzdougen a-stroll, ospitalioù, tiez-post, melestradurezh, mediaoù...), hag all. Benn ar fin eo bet aotreet an anv Derc'hen gant ur prokulor da heul an trouz graet gant ar Vretoned. Met gant an doare-se d'ober e vez lakaet mezh ouzhpenn warnomp: Penaos asantiñ e vefe hon gwirioù etre daouarn servijer ur Stad a lak ar galleg da vezañ ar yezh ofisiel nemeti e Frañs?

P'emaomp o stourm evit difenn gwirioù munut a oa bet gounezet bloavezhioù en a-raok e kendalc'h ar brezhoneg da vezañ en ur stad fall. Mervel a raio ma ne vez ket lakaet divizoù politikel kreñv e-pleustr gant ar Stad ha gant ar strollegezhioù lec'hel, gant ar rannvro da gentañ penn. Hervez an UNESCO emañ atav ar brezhoneg en arvar bras. E keit-se e vez ar gouarnamant C'hall o vrudañ al liesyezhegezh.... en estrenvro nemetken evel just!

D'an holl Vretoned, d'an dilennidi ha da servijoù ar strollegezhioù lec'hel, d'ar c'hevredigezhioù, d'ar strolladoù politikel, d'an embregerezhioù eo d'ober evit reiñ un dazont d'ar brezhoneg. Rak, ouzhpenn ul lodenn a-bouez eus hor bro eo ar yezh un teñzor hollvedel. Da bep hini d'ober e lod neuze ha d'ar Stad da lakaat ur statud ofisiel d'ar brezhoneg e Breizh!

Daoust da klemm ha da gourdrouzoù ar prefed rannvro, met dre ma ouzomp eo reizh hor stourm, ez eus bet dibabet ganeomp kas un oberenn arouezel da benn adarre: Degadoù a banelloù divrezhoneg a zo bet divontet an noz-mañ war vord an hentoù-tizh meret gant ar Stad C'hall e Breizh, e 10 lec'h a dreuz ar vro (Sant-Brieg, Gwengamp, Montroulez, Brest, Kreiz-Breizh, Kemper, Kemperle, An Oriant, An Alre, Gwened).

Giz 'm hon eus lavaret dija e kendalc'ho seurt oberennoù keit ma ne vo ket roet ar memes plas d'ar brezhoneg ha d'ar galleg e Breizh. Memes mod ma ‘z eo ofisiel ar galleg e Kebek, ar c'hembraeg e Kembre hag ar galizeg e Galiza e rank ar brezhoneg bezañ ofisiel e Breizh , ar c'horseg e Korsika hag an euskareg e Euskadi!

Email Email de contact: contact_AT_ai-ta.bzh

Commentaire(s)

> Et les créoles ? Et l'alsacien ?

C'est pas vraiment des langues mais des vulgaires dialectes, c'est ça qu'il faut comprendre à la fin de ce communiqué ? Elles sont pourtant beaucoup plus couramment parlées que le breton. Défendre seulement "le breton, le corse, le basque" ressemble plus à la défense d'un projet politique (autonomiste/indépendantiste) qu'à une défense sincère des langues minoritaires.

> argument biaisé

faire dire au texte qu'il ne défend que 3 langues au prétexte que les autres ne sont pas citées est un argument fallacieux, un biais malhonête.

> C'est cela

A qui allez-vous faire croire que vous avez trouvé par hasard le corse et le basque pour généraliser votre propos ! Ayez au moins l'honnêteté de reconnaître le projet politique qui se cache (mal) derrière votre revendication de faire de la langue bretonne une "langue officielle", et le vrai débat pourrait commencer.

> Langues minorisées

Seuls le Corse et le Basque ont été cités, de façon arbitraire et car elles sont dans des situations semblables que la langue bretonne. On aurait effectivement pu énumérer les 72 autres langues minorisées de France (Alsacien, Gallo, langues polynésiennes, de Guyanne...) avec lasquelle nous sommes également solidaires, et même les dizaines de langues qui disparaissent tous les ans dans le monde ou sont menacées de l'être, car nous sommes pour la diversité linguistique et contre l'uniformisation de nos vies et de nos manières de penser!

> a propos du projet politique

Ai'ta! ne s'est jamais caché d'être pour la co-officialisation du Breton au côté du Français en Bretagne. CA fait 10 ans qu'ils le disent et rien de nouveau. Je ne ois pas où est le pb de réclamer l'officialisation d'une langue en danger d'extinction. Ils sont complétement cohérent. Moi, j'adhère.