Continuer notre sédition

Mis a jour : le dimanche 28 janvier 2018 à 16:09

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Une réponse à l’article de lundi.matin : "Contre" l’anarchisme : un apport au débat des identités.

Continuer notre sédition

« Je prends plaisir au vacarme
Aux fracas des vitres quand tout crame.
Les cris des jeunes deviennent des armes, qui désarment
Das Booga, relève le gant, quand il le faut devient brigand
Cramer le système est mon slogan » 2 Bal et Mystic

« Si nous ne sommes plus aujourd’hui cette force
Qui jadis remua ciel et terre,
Ce que nous sommes nous le sommes,
Des cœurs héroïques d’une même trempe,
Affaiblis par le temps qui passe et la fatalité mais fort par la volonté
De lutter, d’explorer, de découvrir et de ne rien concéder. » Alfred Lord Tenyson

Une réponse à un article bien naze de lundi.matin du 22 janvier 2018

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I
Lundi 22 un article intitulé :"Contre" l’anarchisme. Un apport au débat sur les identités, était publié sur lundi.matin. Sous prétexte de réfléchir à la question des problèmes et des limites des identités militantes, l’article attaquait le fait que certains osent encore se dire anarchiste. (En vrais il se cachait pas trop hein puisque le titre commence par : Contre l’anarchisme). Difficile de comprendre pourquoi l’auteur s’est arrêté là. Pourquoi ceux qui se disent communistes révolutionnaires, féministes ou autonomes ne prennent-ils pas le même tarif ? Pourquoi on tape toujours sur les vieux nanars ? Peut être que dans le marché des « identités révolutionnaires » celle d’anarchiste est la moins classe du moment. Ou peut être que c’est celle qui gêne le plus lundi.matin et ses amis ? Celle qui va le moins avec la construction de leur commun ? On avoue qu’on sait pas trop, mais bon pour ne pas tacler l’article en dessous des jambes, on va rester sur le sujet de l’identité anarchiste.

II
Il nous semble important avant de fouiller cette question de l’identité, de casser la rhétorique de cet article. Alors on va pas vous le cacher plus longtemps, l’argument le plus béton de l’article c’est de dire que quand un groupe ou un individu se dit anarchiste, ça arrange bien le pouvoir. Deux raisons à cela : d’abord parce que cela reviendrait à se mettre dans une case bien définis sur laquelle l’État peut taper tranquillement sans se faire trop de soucis quant aux répercussions. Et pour cause, point numéro 2, parce que des répercussions il n’y en aura pas puisque en se disant anarchiste, les groupes ou individus qui s’en réclament se sont isolés de la société.

« En quelques mots, au moment ou quelques individualités ou collectifs se désignent comme “anarchistes” (ou une quelconque étiquette similaire, cela s’entend), ils se dotent ainsi volontairement d’un visage reconnaissable aux yeux du pouvoir et, de fait, se séparent du reste de la population. […] Pour le pouvoir il est alors beaucoup plus simple d’isoler, de réprimer mais aussi d’ériger un monstre aux yeux des plus nombreux pour pouvoir maintenir la séparation que ces mêmes anarchistes ont créé. Les résultats prévisibles d’une telle stratégie sont l’isolement, l’identification et la répression. Et surtout, en définitive : une incroyable impuissance. » (article lundi.am)

Parce que c’est bien connus l’anarchiste ne vit qu’avec ces congénères, dans des caves ou de grottes et ne sort dans le monde réel que les jours de manifs. Alors là on avoue que devant la pauvreté de l’argument on se marre. On a envie de dire : Mais l’anarchiste ne saigne-t-il pas, l’anarchiste ne pleure-t-il pas, n’a-t-il pas de père de mère ou de potes ? L’anarchiste ne va-t-il pas au ciné ou en teuf, ne bouffe-t-il pas de Kebabs les soirs de grande dalle, ne va-t-il pas de temps en temps à la rue de la soif, histoire de pendre des pintes ?

Il est évident qu’il est bien des espaces où refuser que le pouvoir nous nomme et nous définisse est important. Typiquement : le tribunal. C’est sûr que là clamer qu’on est un gros anars qui va tout cramer alors que le juge ne demande que ça ; bah c’est pas malin malin. D’ailleurs c’est ça qu’on appelle une défense de connivence, accepter de rentrer dans le jeu du juge et du tribunal, qui utilise les imaginaires sociaux pour condamner les gens. Ce type est un anarchiste, donc forcément il est coupable. Faire une défense de rupture ou une défense insoumise, c’est se soustraire à ce jeu.

« Nous, justiciables, qui avions adopter « De la stratégie judiciaire » d’abord parce que toute la stratégie de défense que nous exposait Verges était basé sur notre capacité à nous défendre, à participer entièrement à notre défense et à ne pas accepter le jeu des règles judiciaires imposées pour nous détruire, nous, ces justiciables en luttes dans les tribunaux pénaux comme devant les T.F.P.A., avons trop souffert du galvaudage de l’expression « défense de rupture ».
C’était à qui faisait de la rupture, la rupture devenait le dernier chic de « gôche ». « Mes chers, venez aujourd’hui à la 16eme je fais de la rupture. » [….] Pour cela le CAPJ qui aime gagner cous informe que pour lui la défense de rupture c’est terminé !!! Le CAPJ crée la défense insoumise […]. Cela veut dire qu’il y a des défenses soumises, dont beaucoup se cachaient derrière l’expression de rupture, et le souvenir fantomatique de Verges. » (Archives Getaway, Liasse 8 Se Défendre, page 6, Défense insoumise)

Mais bon tout ça, ça à pas grand-chose à voir avec la pensée politique dans laquelle tu peux te reconnaître toi, et peut être toi avec des camarades, qui te feras dire je suis, ou, nous sommes des anarchistes. C’est une question de temporalité et d’espaces. Quand on est face au pouvoir et à la répression il vaut mieux être le moins identifiable possible, mais le reste du temps…. L’argument de l’identification ne tient pas à moins de dire que la police est là partout tout le temps. Mais bon jusqu’à preuve du contraire, ici ou en Espagne on ne se fait pas chopper dans la rue parce qu’on se considère anarchiste.

Enfin prétendre que le fait de ne pas annoncer une identité politique comme celle-ci serait serait un gage de sécurité vis-à-vis du pouvoir c’est quand même un peu gros. A Tarnac par exemple Sarko et sa police n’ont pas eu trop de mal à construire, médiatiquement la figure, du monstre (la mouvance anarcho-autonome à l’époque). Pourtant les gens qui s’y trouvaient ne s’affichaient pas anarchistes. Mais ça n’a pas suffit.

III
Si l’argument du type « ne pas se dire anarchiste pour que le pouvoir ne puisse pas nous avoir » tombe alors reste l’autre celui de « c’est l’identité anarchiste qui nous sépare du reste de la population ». Cette identité qui nous pousserais à ne plus comprendre ce que sont les vrais préoccupations des gens.

« Finalement, nous souhaitons signaler le divorce qui se produit en de multiples occasions entre le monde militant nous apparaissant comme un ghetto (avec toutes ses identités idéologiques) et la vie quotidienne que nous voyons comme centrale. En d’autres mots : ces espaces n’abordent pas des aspects basiques et nécessaires à la vie de tous comme le sont par exemple le logement, le transport ou le travail. » (article lundi.am)

Mais c’est vrais ça, qu’est ce qui foutent tous ces anarchistes à en avoir rien à foutre du logement, du transport ou du travail. (Ouais nous on reste sur les anarchistes hein, on dérive pas.) Ils pourraient je sais pas moi : ouvrir des squats, organiser des mutuelles de fraudeurs, organiser la résistance au travail en s’alliant avec des syndicats, en faisant des blocages etc..

- Pardon Jeffrey ?.. Quoi ?… Ah ! ...On me dit dans l’oreillette qu’ils le font déjà. Très bien autant pour moi.

Non seulement les anarchistes partout où ils sont continuent à s’intéresser à ces sujets et à s’organiser pour faire face aux problèmes du logement, du transport et du travail, mais c’est en plus un des aspects historique les plus important de leur histoire. Maisons du peuple, coopératives d’achats ou tentatives de colonies anarchistes sont autant de réponses historiques parmi d’autres que l’anarchisme à tenter d’apporter à ces problèmes. Nier cette réalité c’est vraiment se foutre de la gueule de ses lecteurs et peut être encore plus quand on est espagnole puisqu’il existe dans ce pays une tradition d’anarcho-syndicalisme qui a pris ces questions à bras le corps. Et que les anarchistes aient ajoutés au fil de leur histoire des préoccupations écologistes, féministe ou anti-racistes à leur priorités je doute que ce soit quelque chose que les auteurs de lundi.am souhaitent leur reprocher.

Après on peut discuter, mais sur un mode stratégique, pour savoir si les formes de lutte que produisent les anarchistes aujourd’hui sont pertinentes pour faire face aux problèmes de « la vie quotidienne », mais pas nier qu’ils s’en chargent. En même temps, en lisant cet article, on se demande exactement de quelles organisation il nous parle. Parce que c’est sure que dans le cas Français, par exemple, si on limite l’anarchisme à la F.A., c’est plus simple de taper dessus.

« Faire des conférences, débats et se mobiliser pour des organisations croulantes en se situant dans un cadre purement idéologique et identitaire est une part du problème. »
(article lundi.am)

Enfin, disons le simplement prétendre que c’est juste parce que les anarchistes se disent anarchistes qu’ils sont peu suivis dans leurs actions relève de l’arnaque intellectuelle. C’est faire peser la responsabilité du peu d’engouement pour les luttes aux « anarchistes identitaires » qui donneraient envie à tout le monde de se barrer. On est pas loin de l’image du casseur qui déssert la lutte que l’on nous sert tout le temps, mais bon passons.
Est ce que l’échec de nos luttes à parler à plus de gens n’aurait pas plus à voir avec, le succès du discours et de la mythologie libérale ou la fin des grandes structures d’oppositions collectives (syndicats, partis communistes) entre autre. Bien sûr on ne souhaite pas pousser les groupes anarchistes à ne pas réfléchir à leur positionnement stratégique. Mais prétendre que c’est de leur seul positionnement stratégique que l’on peut comprendre l’échec de nos lutte c’est plus que facile. L’exemple de la Grèce où un mouvement anarchistes extrêmement fort (et très identitaire hein, drapeau rouge et noir, cocktails molotov se tout le bazar) n’a eu de cesse de s’accroître depuis la crise de 2007 devrait pousser, au minimum, à un peu plus de retenu et de réflexion.

IV
En fait peut être que la meilleure façon de comprendre ce texte, assez flou, c’est de s’intéresser à ce qu’il cherche faire émerger comme position politique. Le « Pourquoi taper sur les anarchistes en mentant tranquillement sur ce qu’il font et souhaiteraient faire ? ».

« Les relations de proximité et d’amitié, simples et immanentes, constituent le ciment sur lequel construire un appel à l’insurrection. Ces liens sont les seuls à même de soutenir une situation d’urgence révolutionnaire ; nous encourageons aussi la prolifération de ces liens et leur mise en avant dans nos différentes manières de nous organiser. Le jeu des identités idéologiques fait peser une charge sur ces liens qui nous freine dans la construction d’une autre manière d’habiter le monde. » (article lundi.am)

On l’a compris, on est ici dans la tendance : « il n’y a plus d’amitié, pour toi, que politique » qui se renverse en : « il n’y a de politique et de révolutionnaire que l’amitié ». Déso les groupes non-affinitaires mais vous répondez pas à l’urgence révolutionnaire donc va falloir faire votre autocritique hein, et puis changer un peu si vous voulez vraiment faire la révolution.
Mais il y a un truc qu’on comprend mal, amitié avec qui ? Car non toute amitié ne porte pas en elle une étincelle révolutionnaire. Et puisque cet article invite à faire tomber le mur entre les anarchistes et le reste du monde, alors il faut admettre qu’on va avoir des amitiés avec des gens qui politiquement sont cons. Peut être même des macronistes. Donc pas forcément du genre très très révolutionnaire. A moins que ce qui soit révolutionnaire ce soit d’être pote avec un macroniste ? Non franchement là faut mieux nous expliquer, parce qu’on ne comprend pas bien.

Alors c’est quoi le plan ? On essaye en même temps qu’on devient copain avec le plus de monde possible de bien leur dire que la révolution c’est chouette ? Et on parie que comme c’est nos potes ils vont la faire avec nous. Terrible. Trait de génie. On n’y avait pas pensé.
Que l’amitié qui naît dans les groupes de camarades soit un ciment solide permettant d’affronter les moments dure de la lutte, et ce à des niveaux que l’on n’aurait pas imaginé, là dessus nous sommes d’accord. Mais n’y a pas « L’amitié », comme une essence, qui serait en elles mêmes quelque chose de bousculant, de révolutionnaire.

Pourtant c’est vrai que des relations d’amitié, non-politique, émergent parfois une colère commune inattendue. Beaucoup ont du s’en rendre compte en 2016 quand d’un seul coup plein d’amis et de connaissances qu’on n’avait jamais vu dans la rue y était. Oui mais c’est « parfois » et depuis beaucoup de ces amis sont repartis à leurs tafs, à leurs maisons etc.. Donc plutôt que de se dire que renforcer les amitiés va forcément renforcer les possibilités d’insurrection, il serait intéressant de s’interroger sur pourquoi certains de « nos amis » ne sont plus là ? A une époque où l’enquête militante grattouille l’oreille de tout le monde, cette question ouvre un champ d’enquête possible et qui sera sûrement riche en surprise.

V
Dans le résonnement de ce texte l’idéologie (un choix de vocabulaire intéressant) anarchiste ne peut être qu’une barrière à l’émergence de liens révolutionnaires. C’est le grand retour de la figure de l’anarchiste identitaire arc-bouté sur ses positions et incapable de se lier avec d’autres. On imagine qu’en lisant ceci beaucoup de gens vont penser que le contraire de ce genre de cette image c’est bien sûr ce qui s’est passé sur la ZAD. Les liens qui s’y sont tressés et qui dépassent les clivages politiques « traditionnels », qui ont vu des élus ou des gens de l’ACIPA discuter et parfois s’organiser avec des autonomes ou des anarchistes. Faire tomber l’idéologie ce serait permettre l’émergence de ce lien qui serait en lui même révolutionnaire.

Ce qu’il nous semble c’est que les gens qui croient à ça se font en parti arnaquer par l’effet com’ de la ZAD. Le projet à peine abandonné les dissensions renaissent. Que ce soit autour de sujets comme la route des chicanes, ou celui du choix de l’interlocution ou non avec l’État sur l’avenir de la ZAD. Quant aux liens qui se sont créés ont-ils permis l’émergence d’une pratique ou d’une pensée particulièrement révolutionnaire ? On en doute. Voilà par exemple une remarque dans un communiqué, post-abandon du projet, de l’Atelier Citoyen relayé par l’ACIPA

« Merci, bien sûr, aux médiateurs et à leur rapporteur pour leur écoute et l’objectivité de leurs travaux qui ont été déterminants.
Loin d’être un recul, cette décision est bien une évolution majeure de notre société, une prise de conscience de la fragilité des ressources, des terres agricoles, de la biodiversité et de l’environnement. Il s’agit aussi, nous l’espérons, d’une prise de conscience des autorités qui devrait permettre d’améliorer la sincérité du débat public, l’écoute des citoyen·ne·s et l’étude des alternatives. […]
Quoi qu’en disent certains, l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes n’est pas la victoire d’une poignée de « voyous » mais bien une grande victoire populaire et citoyenne. La parole des citoyennes et des citoyens en sort renforcée pour construire ensemble un monde compatible avec l’équilibre de notre planète. » (Atelier citoyen, 21 janvier)

Ah bah là c’est sûr qu’idéologiquement c’est pas très anarchiste. Mais on voit pas trop en quoi c’est révolutionnaire non plus. Peut être faut encore quelques années avant que ça germe ? Mais on croyait justement que l’argument de base pour clasher les anarchistes c’est qu’il y avait urgence et même « urgence révolutionnaire ».
Après tant d’année à se battre sur le projet de l’aéroport Notre-Dame des Landes, que certains acteurs de la lutte pensent encore en termes de citoyenneté, de rapport à l’État voilà ce qui nous questionne. Ils arrivent encore à croire que les autorités en ont quelque chose à foutre « d’améliorer la sincérité du débat public, l’écoute des citoyen.ne.s et l’étude des alternatives ». Nous on serait du genre à dire que si dans une lutte aussi dure les idées révolutionnaires n’avancent pas c’est quand même un peu triste. Et si elle n’avance qu’un tout petit peu, c’est triste aussi.
Pour ne pas prêter à une critique facile disons le tout de suite nous n’opposons pas le fait de renforcer son camp (celui des révolutionnaires) et le fait d’avoir des liens avec d’autres groupes, syndicats, assos etc... A rennes d’ailleurs des structures telles que l’AGI tiennent ce rôle ; réunir des gens qui n’ont pas forcément tous les mêmes objectifs politiques, mais qui souhaitent avoir un lieu de discussion et d’organisation commun, parce que à certains moments une convergence peut être intéressante dans les actions. Ça c’est la composition pratique de la lutte. Sur certaines luttes parfois on se retrouve et on construit ensemble. L’occupation de la Maison du Peuple avec la présence de syndicalistes témoigne d’une certaine réussite de ce type d’organisation. Néanmoins ces alliances ne doivent pas nous faire oublier que les objectifs à plus long termes sont parfois radicalement différent, et que sur certaines luttes nous n’auront pratiquement jamais le soutien de nos alliés momentanés (le squat est un exemple parlant) d’où une composition théorique de la lutte, temps et espace, où l’on construit ses réflexions et son discours avec les camarades qui partagent des objectifs similaires au nôtre.

« Nous partons du point suivant : le contenu d’une lutte réside dans les pratiques, les moyens qu’elle adopte plus que dans les finalités qu’elle proclame. » (article lundi.am)

Prétendre ceci est une arnaque car il n’y a pas un tel décrochage, au sein des groupes anarchistes, entre discours et pratique. C’est parce que les anarchistes pensent le système (voire l’existant) et son rejet qu’ils construisent et théorisent des outils de lutte (du squat au discours safe, du vol à l’émeute). Autrement dit c’est en pensant la fin souhaitée (niquer l’existant par exemple) que les gens se donnent des moyens (ensemble des pratiques des anarchistes dans ce cas). Il y a d’ailleurs un regain d’intérêt chez les anarchistes pour ce qu’ils appellent un anarchisme de la praxis, un anarchisme qui veut se vivre plus dans les pratiques que dans les discours sans que l’un ne vienne supprimer l’autre. Le second aspect de cette remarque qui nous gêne c’est qu’elle laisse entendre qu’une lutte qui ne pense pas sa fin à toutes les chances d’être pertinente, novatrice, efficace. Nous croyons le contraire. Que toutes luttes un peu longue ou un peu dure charrie son propre dépassement et ne cesse de bousculer et transformer la fin souhaitée ok. Mais si au cours d’une lutte ses acteurs ne se projettent pas vers une fin il y a toutes les chances qu’ils dérivent grandement, s’allient avec n’importe qui et que finalement la lutte initiée perde son sens dans la vacuité et la bêtise des pratiques commise au nom de : « ouais mais si on veut gagner il faut bien ça, arrête d’être trop idéologique Michel. »

En fait on trouve étrange de désarmer à ce point le camp révolutionnaire en lui demandant d’arrêter d’être idéologique pour rencontrer les vrais gens (c’est pas écris comme ça mais presque). Comme si le fait d’arrêter cela allait nous ouvrir tous les bras bien grand devant nous, que les gens allaient se mettre à squatter, résister, voler etc. d’un seul coup. Voilà ce qu’écrivait quelques anarchistes italiens en 2009.

« Nous savons tous que la gauche (et sa gauche) a toujours été l’ennemi historique de toute lutte insurrectionnelle : partis et syndicats, récupérateurs, médiateurs, intellectuels conseillers des Princes modernes, alliés rusés de la répression, habiles à diviser en « bons » et « mauvais ». Dans des circonstances particulières et face à une « Justice injuste », ils peuvent même aller jusqu’à défendre les camarades qui les ont toujours attaqués. Permettre que ces charognes réacquièrent la moindre force à partir de nos incarcérés est une erreur qui n’est pas sans conséquences. Qu’il n’y ait pas que des camarades qui s’opposent aux crapuleries de l’« antiterrorisme » mais un milieu plus large comporte des aspects positifs (c’est le reflet du constat effrayé que la terreur d’Etat nous écrase chaque jour davantage). Mais notre perspective n’avance que dans la clarté avec les autres exploités et rebelles, c’est-à-dire dans une ferme inimitié envers la gauche et ses medias. Pour le dire autrement, la manière de réagir à la répression fait aussi partie de cette guerre sociale qui n’admet pas de trêve. En n’assumant pas et en ne défendant pas certaines positions, on cède du terrain à l’ennemi. La solidarité démocrate et l’espace dans les journaux ne s’offrent jamais gratuitement [...] » (Lettre ouverte aux camarades français à propos des arrestations de Tarnac et pas seulement, infokiosque, Contre l’unité)

Remplacez « nos incarcérés » par « nos luttes » et vous comprendrez notre logique. Céder sur notre vision, notre discours, notre pensée au sein même de nos luttes ne peut à notre sens que nous faire reculer et certainement pas faire advenir une nouvelle forme de lien révolutionnaire. Ceci dit on rappelle à toute fins utiles qu’être exigeants vis à vis de son « idéologie », ça ne veut pas dire être con. Entre la délicatesse et une organisation formelle entre les différents acteurs d’une lutte il existe mille façon d’interagir de façon intéressante avec les gens qui ne partagent ni nos idées, ni notre « identité révolutionnaire. »

VI
Certains nous rétorquerons avec la pus grande mauvaise foi qu’il ne s’agit que de changer de nom, d’abandonner une identité clairement définie. Que ce n’est que cela que l’article nous invite à changer. Alors déjà on leur dira d’aller fouiller du côté de l’anthropologie du langage, de l’hypothèse de Sapir-Whorf et de Marcuse (on va pas vous mentir on est pas des oufs dans ce domaine). L’idée que nous on en ressort c’est que notre représentation du monde vient de notre langage. Et que donc notre capacité à nous opposer à ce monde est en partie tenue par la langue elle même. Sans mot pour désigner le capitalisme, difficile de s’opposer à celui-ci. Dans le sens inverse l’existence du concept d’anarchisme et tout ce qui colle avec est en partie ce qui nous permet de nous opposer au pouvoir. Ah et puis on vous invitera à relire les petites lignes en dessous des effets d’annonces.

« Au cœur de ce conflit, cela nous surprend qu’une question essentielle comme « Que nous apporte exactement le fait de nous déclarer anarchistes ? » Ne se formule pas. Nous sommes ancrés et embourbés dans des vieilles traditions révolutionnaires, nous perdons la clarté de l’évidence qui est sous nos yeux. » (lundi.am)

Ouais c’est bien une des « vieilles traditions révolutionnaires » qu’on veut nous faire lâcher et sans doute aussi les vieux concepts qui vont avec : lutte des classes, libération individuelle, mutualisme et insurrection (ah non pas celui-ci déso). Qui peut consciemment accepter d’être désarmer à ce point face à un pouvoir (notamment étatique) toujours aussi fort et protéiforme ? Qui est assez crétin pour vouloir jeter toute une myriade d’analyses sur la Justice, la Démocratie, l’Etat, le Pouvoir qui non seulement ont déjà démontré leur capacité à penser efficacement l’opposition au pouvoir et à agir contre lui mais qui en plus ne cessent de se renouveler ? On va peut être faire des déçus mais être contre l’aéroport et son monde, la loi travail et son monde etc.. ad nauseam, pour nous c’est pas suffisant pour si on veut faire face de façon conséquente au capitalisme, au patriarcat, aux keufs, aux institutions religieuses etc...

Alors nous on va répondre pourquoi on se dit anarchiste. On se dit anarchiste parce qu’on veut tout cramer de ce monde, de la façon la plus efficace possible et que pour ça on a besoin des gens qui ont pensé avant nous et ceux qui pensent en ce moment avec nous. Parce que faire face à la police ou à la justice de façon efficace ça s’invente pas complètement. Parce que continuer la révolution jusque dans nos cercles en travaillant nos pratiques et nos attitudes, en mettant à l’amende les faux-penseurs et les nouveaux tartuffes de la gauche, c’est faisable principalement avec les camarades qui souhaitent le même monde que nous, qui cherchent la même finalité. Parce que pour construire des solidarités et des luttes intelligentes on sera toujours mieux avec nos camarades qu’avec d’autres gens qui en fait s’en foutent de pas mal de chose. On se dit anarchiste pour se trouver des camarades qui pensent le monde un peu comme nous, qui ont envie de le cramer et de le vivre un peu comme nous. Parce que c’est avec ces camarades qu’on arrive jour après jour, luttes après luttes à continuer la sédition. On se dit anarchiste parce qu’on a pas peur de se rattacher à une galaxie de pensée aussi divers, pertinente, structurée, efficace, innovante, bordélique, marrante que celle de l’anarchisme. On se dit anarchiste pour continuer à brûler et ne pas s’éteindre un jour dans un appart devant sa télé ou dans un champ avec des navets.

On se dit anarchiste parce que la révolution n’est pas un mot dans nos bouche, mais un feu dans notre cœur.

VII
Rompons un éventuel malentendu. La question de l’identité nous intéresse vraiment. Il nous semble qu’elle à de façon trop importante été capturé par les pensées réactionnaires et que par conséquent dans nos milieux elle est soit ignorée, soit, comme dans ce texte pensée comme quelque chose de négatif à supprimer. Pour ceux qui ont vécus le mouvement de 2016 à Rennes il semble évident que « l’identité » a été un élément déterminant de la mobilisation, au moins en ce qui concerne les étudiants et les lycéens. Que ce soit via l’identité émeutière propre au mouvement d’une façon générale (k-way noir, banderoles renforcés, vitres cassés ou médics) ou un celle de Rennes 2, renvoyant soit aux mobilisations passées (Rennes 2 la rouge, Vive la commune) soit à son présent (B8istan ou le crocodile comme symbole de ralliement). .

Souvent lorsque les textes militants s’intéressent à question de l’identité ils ne parlent en fait que de ce que nous appellerons le folklore. Les aspects les plus esthétiques de notre identité, le chose qu’on fait pour la gueule et pour que ça est de la gueule (drapeaux, chants, vêtements, banderoles etc..). De toute évidence le folklore peut être un frein pour nos luttes. Lorsque l’on remobilise sans cesse l’image du cortège de tête, qu’on en fait jusqu’à l’épuisement il devient difficile d’en sortir, de le déborder et de retrouver une façon efficace et intelligente de saboter, bloquer ou de faire l’émeute. Mais des aspects peut être plus inoffensifs du folklore sont parfois d’une redoutable efficacité pour transmettre, la lutte son esprit, sa nouveauté et appeler à se rallier. Il nous semble que c’est par exemple la cas du crocodile à Rennes ou des chants inventés par les manifestants du genre « Et on fait tourner l’hélico.. » où la plus fameuse « Mais elle est où, mais elle est où, mais elle est où la main de Gérard.. ». A chaque groupe, chaque individu de se demander ce qui est à abandonner dans le folklore. Ce qui est sûr c’est que sans cesse se construiront dans nos luttes de nouveaux folklores et qu’à travers ce moyen peuvent être diffusées des idées importantes pour celles-ci tel que l’antijudiciarisme, le refus de la connivence avec les keufs etc.

Pour nous l’identité, au sens d’identité anarchiste c’est bien plus que le folklore. Ce serait plutôt l’ensemble des pratiques, des tentatives et des pensées qui forment la conscience collective des gens se rattachant à l’anarchisme. La distinction entre folklore et identité ne peut être celle entre l’oral et l’écrit, car pour beaucoup d’entre nous l’identité anarchiste s’est massivement transmise par l’oral. Cette conscience collective que l’on retravaille sans cesse et à partir de laquelle on réimagine régulièrement c’est à la notre mémoire contre le pouvoir. c’est ce qui nous permet de nous garder des conneries du genre « la démocratie (et donc macron) est le meilleur rempart face au fascisme » ou d’autres venant de nos milieux « cessez d’être idéologues alliez vous à n’importe qui ».

« Face au rouleau compresseur qu’est la civilisation, notre réalité sociale actuelle, j’entends de plus en plus de radicaux dire : « Il est nécessaire d’être réaliste ; je vais faire ce que je peux de ma vie ». Cette déclaration n’est pas celle d’une individualité forte qui se place au centre d’une révolte contre un monde de domination et d’aliénation, mais celle d’une acceptation de la résignation, une retraite pour s’occuper de son petit jardin alors que les monstres continuent de déforester. Les projets « positifs » mis au point au nom de ce type de réalisme ne sont rien d’autre que des manières alternatives de survivre dans la société actuelle. Ces projets échouent non seulement à menacer le monde du capital et l’État, mais ils relâchent aussi la pression qui pèse sur ceux qui détiennent le pouvoir en fournissant des services sociaux basés sur le volontariat présentés comme un moyen de créer des institutions alternatives. En considérant la réalité actuelle comme le point d’observation du monde, ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de penser que la destruction révolutionnaire de la réalité dans laquelle nous vivons est impossible (et donc dangereuse) se résignent à maintenir une alternative dans la réalité actuelle » (Contre la logique de soumission, Wolfi Landstreicher, Ravage Éditions)

Voilà par exemple une part de notre identité, le refus de toute soumission, clairement exprimé par un anarchiste américian et qui nous semble particulièrement intéressant à mobiliser vu l’ambiance actuelle des luttes.

L’identité c’est aussi par toutes les expériences passées et actuelle des anarchistes, le contre-monde, celui que l’on veut après, qui est du coup est déjà un peu là : dans nos squats, dans nos groupes, dans nos luttes. Ceci étant dit il doit être bien claire que l’anarchisme n’est pas qu’un folklore ou une identité mais aussi un vaste système de pensée qui avec le communisme dans sa version autonome fourni des outils de lecture pour comprendre le pouvoir et s’y opposer.

IX
Est-ce que le maintien de notre identité, dans les termes dans lesquels on l’a décrit plus haut, nous empêche, nous, anarchistes, d’être en contact avec la vie. La question est un peu étrange, surtout lorsque l’auteur fait semblant qu’il y a un sens commun et immédiatement perceptible dans le concept : La vie.

« Il est impossible de dissocier la lutte et la vie, de la même manière que nous ne pouvons nous séparer de notre entourage au nom d’on ne sait quelle identité idéologique. » (article lundi.am)

Alors les philosophes du dimanche soir, c’est quoi « la vie » ? Allez on va tenter de définir par nous même ce que l’auteur peut entendre par là. Bah la vie c’est tout. Tout ce qui nous arrive, vient nous toucher, nous traverse dans notre existence : nos amitiés, nos colères, le travail, l’école, une mort, un voyage inoubliable, un froissement de draps ou une bagarre. C’est l’existant quoi. Dans ses aspects qu’on aime le moins et ceux qu’on aime le plus, dans ces aspects qui nous effleurent, nous ignorent et ceux qui nous chamboulent. Mais du coup qui chez les anarchistes pense que ça, ça n’a rien à voir avec la lutte ? Que non seulement la vie n’est pas ce qui nous donne envie de lutter, l’espace où on lutte, parfois même dans ses plus fines anfractuosité, et justement l’enjeu même de ce pourquoi on lutte. D’ailleurs à une époque où le marxisme s’intéressait aux structures et aux superstructures, l’anarchisme trop épris de l’idée d’’individu et de liberté pour s’en contenter, s’intéressait à tous les espaces que délaissaient les marxistes.

A lire la remarque citée précédemment on en oublierait presque que ce sont des anarchistes italiens qui ont écrit, Dix coups de poignards à la politique, texte qui a sans aucun doute inspiré une telle remarque.

« La politique est l’art de la séparation. Là où la vie a perdu sa plénitude, où la pensée et l’action des individus ont été sectionnés, catalogués et enfermés dans des sphères séparées, là commence la politique. Ayant éloigné certaines activités des individus (la discussion, le conflit, la décision en commun, l’accord) en une zone en soi qu’elle prétend gouverner, forte de son indépendance, la politique est en même temps séparation parmi les séparations et gestion hiérarchique du cloisonnement. » (infokiosque, Dix coups de poignards à la politique)

Être réellement anarchiste, c’est déjà refuser de faire de la politique. Refuser qu’il y ait un espace qui sera toujours un espace limité et à entrée sélective, où se règlent les questions de nos vies. Être et se reconnaître comme anarchiste c’est vouloir que les individus ou les groupes d’individus puissent retrouver la maîtrise de leurs vies face aux structures qui les oppressent. C’est s’armer contre ces structures et les combattre. En quoi cela nous séparerait-il de la vie. Au contraire nous sommes toujours dedans, nous ne nous élevons jamais au dessus, nous ne nous en coupons jamais en nous retirant mais nous continuons à nous battre justement parce que nous croyons et ne nous intéressons qu’à cette vie. Mais peut-être que quand l’auteur parle de la vie, il veut parler de la médiocrité ambiante. De l’espace où les gens acceptent subissent, annonnent, travail et ne font rien. Peut-être même que par respect il faudrait « arrêter de stigmatiser » cet espace et les gens qui s’y trouvent. On se propose même d’arrêter d’être énervé et de réfléchir si ça peut arranger les gens ! Que l’on soit clair : nous sommes assez fou pour penser que toutes personnes est potentiellement un futur révolté mais pas assez pour croire que c’est maintenant.

X
Une dernière remarque pour conclure. La révolution que les gens croyaient atteignables jusque la fin des années 70 ne s’est pas pointée. Et aujourd’hui le monde entier à une sale gueule. Que ce soit sous des aspect sociaux, écologiques, au niveau du racisme ou du patriarcat il y a peu d’éléments qui pris comme ça donnent envie de faire la fête. Face aux mythologies du libéralisme (entre autres) nous galérons à imposer nos désirs, nos visions, notre monde. Contre les pensées millénaristes qui nous annoncent sans arrêt un monde qui s’effondre sur lui-même nous pensons que la merde peut sans doute durer un peu plus longtemps que prévu et que donc il est important de s’armer intellectuellement afin d’être plus efficace pratiquement. C’est pourquoi on demandera aux camarades de ne pas détruire un moyen efficace de s’opposer au pouvoir avant de nous avoir fournis autre chose d’aussi valable. Pour comprendre le monde et s’y opposer nous restons attachés à l’anarchisme.

L’impression que nous fait ce texte c’est qu’il va à rebours d’armer le camp des révolutionnaires. Il ne donne pas réellement de nouvelles pistes intéressantes politiquement (comme le fait parfois lundi.matin) mais ils cherche à mettre à terre une partie non négligeable du camp révolutionnaire, ce qui ne pourra avoir que comme effet de le vider un peu plus de sa substance et d’en casser sa vitalité. Et comme on est anarchiste mais pas trop identitaire on finira par cette remarque du bien Marxiste Cornélius Castoriadis qui peut être intéressante à réfléchir dans le cas présent.

« Mais ce qui est fascinant dans l’époque, c’est comment ça conspire, […] et il y a quelque chose d’intrinsèque entre cette espèce de, comment dire, de cette nullité de la politiqu,e de devenir nulle de la politique, et cette insignifiance dans les autres domaines. Dans les arts, dans la philosophie etc.. etc.., n’est ce pas, dans la littérature…. ? Et c’est ça l’esprit du temps. Sans aucune conspiration d’une puissance quelconque que l’on pourrait désigner, tout conspire, au sens respire, dans le même sens pour les mêmes résultats c’est à dire l’insignifiance. » (Cornelius Castoriadis Post-scriptum sur l’Insignifiance - YouTube)


Le Groupe d’Orientation Universitaire de Débats Anarchistes
pour jeudi.copains (filiale de midi les zouzous)

Commentaire(s)

>  Les chiens aboient. La caravane passe.

Quelle triste époque pour l'anarchisme, quand certains ont tellement envie de se faire des "amis" et de rester bien intégrés au milieu qu'ils ressentent le besoin de rajouter "autonome" derrière le mot anarchiste (anarchistes autonomes, quelle merveilleuse tautologie), sans comprendre que l'Autonomie est issue du marxisme, et qu'à un moment donné on peut pas bouffer à tous les rateliers.
En parallèle des anarchistes qui n'en ont plus que le nom s'acoquinent avec les pires marxistes anti-anarchistes, parce qu'il faut l'avouer, il faut avoir une certaine force personnelle pour supporter la solitude à laquelle mène souvent l'anarchisme, et les sirènes de l'assimilation sont bien tentantes pour les esprits faibles.

Les lundi-matineux ne font pas dans l'originalité, ils se contentent de suivre le mouvement actuel, qui n'est pas seulement inhérent à la France, de tentative de destruction ou d'assimilation de l'anarchisme ... l'anarchisme a toujours gêné le pouvoir, quel qu'il soit, et ça n'est donc pas une surprise qu'il gêne aussi celui des divers rejetons du marxisme (appelistes ou leurs collègues autonomes-autoritaires).

Personnelement je n'ai pas été capable de lire la plupart des bouquins appelistes, parce que sans doute je n'ai pas un doctorat en philosophie et je n'ai pas grandi dans une maison cossue avec des beaux livres dans la bibliothèque ... mais je n'ai jamais eu aucun problèmes à comprendre les vieux textes anarchistes, écrits par des gens qui n'ont pas eu beaucoup d'éducation et écrivaient pour leurs semblables, et pas pour des fils à papa du quartier latin.
La pensée anarchiste est accessible à tout le monde, et je ne pense pas que l'Appelisme puisse en dire autant.

Les chiens aboient. La caravane passe.

> -

L'appropriation ou la méconnaissance du concept d'Autonomie est typique des autoritaires marxistes

> 0

La reappropriation ou l'affirmation de concepts incompris est typique des imbéciles ressentimenteux.

Mais le cerveau est plus utile que les couilles.

> moderation

un commentaire "merdique" a été refusé (non l'insulte n'est pas un argument politique)
la suite fait un peu bizarre après un tel texte, mais bon, "c'est pas hors charte" !

> le silence est souhaitable

Pour information, les marxistes autoritaires étaient en guerre avec les autonomes, et inversement. C'est une des raisons pour lesquelles l'anarchisme et l'autonomie française dans ses franges les plus libertaires ont toujours été en connexion. Les anarchistes italiens des années "Marini" étaient bien content de connaitre les autonomes, et inversement.
Après c'est sur qu'avec la FA, ça n'a jamais été la lune de miel, mais il me semble que c'est également le cas des anars des années post-CPE.

Un peu de mesure et moins de compulsivité seraient donc la bienvenue, je seconde donc le commentaire "28 janvier 2018 à 14:11 par 0".

> 8 ?

il manque la partie VIII dans votre texte.