La fachosphère islamophobe gagne du terrain : halte aux promoteurs de haine !

Mis a jour : le mercredi 15 novembre 2017 à 16:20

Mot-clefs: Racisme Répression antifascisme
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Nous assistons ces dernières semaines à une offensive sans précédent visant celles et ceux qui défendent les droits, le respect et la dignité de leurs concitoyens musulmans. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Il s’agit d’une nouvelle vague d’islamophobie qui prend prétexte des accusations de viol portées contre Tariq Ramadan, détournées au plus grand mépris des plaignantes pour attaquer celles et ceux qui préfèrent faire émerger du commun et s’opposer au climat de fascisme qui vient.

C’est ainsi que sont violemment interpellés Edwy Plenel, Edgar Morin et Pascal Boniface, sans parler de la véritable chasse aux sorcières qui vise le PIR et sa porte-parole Houria Bouteldja tout en s’en prenant à la députée de la France Insoumise Danièle Obono. Cette fois-ci encore plus qu’à l’accoutumée, la fachosphère peut compter sur le zèle d’une pseudo-gauche identitaro-laïcarde menée par un Manuel Valls en quête d’existence politique et la mobilisation sans faille de la presse du grand patronat. Que leurs cibles soient d’ailleurs de farouches opposant-e-s au détricotage du droit du travail et à la constitutionnalisation de l’état d’urgence ne relève certainement pas du hasard. Autant faire d’une pierre deux coups.

Deux déclarations attirent particulièrement notre attention, par ce qu’elles ajoutent d’ignoble et de mortifère à cette dérive. Celle tout d’abord de Michel Onfray : « Concrètement, [les collabos d’aujourd’hui] sont les islamo-gauchistes qu’on trouve ici ou là au NPA, dans la France Insoumise, dans l’aile gauche du PS, au PCF, ou à EELV. Il y en a également dans l’aile gauche des Républicains - chez les juppéistes par exemple. [1] » qui vient ajouter de l’huile sur le feu de l’offensive tout en faisant parler de lui à peu de frais. En assimilant les « islamo-gauchistes » à des « collabos », il fait de l’islam le nouveau nazisme et de ses fidèles des nazis. Avec l’assurance d’un nanti se sachant en pleine conformité avec l’esprit de son temps, Michel Onfray rejoint avec enthousiasme la chasse aux sorcières que livre une certaine classe politico-médiatique contre celles et ceux qu’elle accuse de complaisance avec leur vision fantasmée de l’islam radical ou « l’islamosphère » (sic).

Et celle, plus récente, de Karl Lagerfeld : « On ne peut pas, même s’il y a des décennies entre, tuer des millions de Juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après », a-t-il déclaré. « Je connais quelqu’un en Allemagne qui a pris un jeune Syrien, qui parlait un peu anglais. Au bout de quatre jours, vous savez ce qu’il a dit à la dame ? "La meilleure invention de l’Allemagne, c’est l’Holocauste." Il était dans la rue la minute qui suit, je vous le dis tout de suite [2]. » Et là c’est l’inconscient qui parle. Ce que nous dit Lagerfeld dans sa première phrase, c’est que l’Europe ne s’est pas débarrassée de tous ses Juifs pour les remplacer par des Arabes ou des Musulmans. La seconde rachète le crime nazi sur le dos des migrants musulmans, désignés comme les « pires » ennemis des Juifs. Ce que contient potentiellement cette déclaration, c’est à la fois la possibilité d’un autre génocide – cette fois contre les nouveaux « intrus » - et l’idée que le grand remplacement serait celui des Juifs par les Musulmans. Et la « solution » est connue.

Certes Lagerfeld n’a pas la stature d’« intellectuel » de Onfray, mais ce qu’il exprime participe du même air du temps irrespirable. Et il le dit au moment même où 60 000 néonazis, avec des représentants de toute l’extrême droite européenne et américaine, défilent tranquillement dans Varsovie aux cris de « Pologne pure ! » et « Pologne Blanche ! » Juifs et Musulmans ne peuvent que frémir devant l’avenir que ces déclarations et campagnes médiatiques dessinent pour une Europe qui cherche à construire son unité autour du racisme. La bonne nouvelle, c’est que comme les suprémacistes blancs aux Etats-Unis ont réussi par leur racisme tous azimuts à créer les conditions du rapprochement des communautés juives et afro-américaines. Juifs et Musulmans français feraient bien, eux aussi, de saisir leur intérêt commun face à la résurgence des extrêmes-droites européennes.

En ces temps de brouillage idéologique et de recomposition politique, nous nous devons de faire preuve de la plus grande clarté : l’UJFP sera toujours du côté de celles et ceux qui exigent l’égalité, la justice sociale et le respect des libertés civiles, au côté de nos concitoyens stigmatisés au nom de leur appartenance religieuse réelle ou supposée, ou de leur couleur.

Le Bureau national de l’UJFP le 14-11-2017

http://www.ujfp.org/spip.php?article5982

Commentaire(s)

> ???????????

Sérieusement Indy Nantes laisse publier des textes qui défendent des violeurs ??????
What the helllll ?
Maintenant la religion, la race, la taille du sexe du violeur (bah ouais, tant qu'on y est, chaque petit détail devient important), ou pourquoi pas ses idées politiques, seront ce qui prime sur le fait qu'UN VIOLEUR EST UN VIOLEUR !!!!!

Genre, quand il s'agit de dire que des antifas de Parme sont des sales violeurs de merde ça gène personne, quand il s'agit de dire qu'un idéologue religieux qui se comporte comme un gourou, et qui en plus a depuis des années des propos complètement misogynes (vous avez déjà écouté ce sale type au moins ????) est un violeur, là ça coince.
Pourquoi ????? Ça vous gêne quand les curés pédophiles sont pointés du doigts ? C'est quoi le truc ?? On ferme les yeux sur ce que font certains et pas d'autres ? Certains auraient le droit de violer ? AU nom de quoi ?

Un bon violeur est un violeur mort, peu importe sa couleur, combien il a de poils de cul ou sa religion !

> faits

L' UJFP défend des positions bourgeoises, nationalistes etc

> La fachosphère à l’oeuvre

Si on pouvait douter de l’utilité de cet article, voilà qui lève tous les doutes : la fachosphère réagit avec ses méthodes, la langue de bois, la calomnie et les amalgames. Je ne vois pas où il est question de viol là-dedans, mais il faut bien trouver quelque chose à dire pour défendre ses amis dénoncés ici : Onfray, Lagerfeld, et celles et ceux qui profitent de la moindre occasion pour déverser leur islamophobie haineuse, les Valls, Fourest, Charlie Hebdo et la presse du pouvoir.

Le problème n’est pas Tariq Ramadan, mais le DÉTOURNEMENT « au plus grand mépris des plaignantes » par la fachosphère islamophobe d’une affaire de viol pour régler ses comptes avec ses ennemis déclarés : les antiracistes et les antifascistes.

> Une mise au point salutaire d'Edgar Morin

Tariq Ramadan avant pendant après, par Edgar Morin

Le philosophe et sociologue Edgar Morin s'exprime pour la première fois sur l'affaire Tariq Ramadan. Pour avoir publié deux livres de discussion intellectuelle avec ce dernier, il fait l'objet d'une campagne de calomnie visant son refus de toute diabolisation de la religion musulmane.

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/071117/tariq-ramadan-avant-pendant-apres-par-edgar-morin

> .

L'equipe d'indy nantes n'a pas les capacités de moderer un site comme celui-ci, ils ne sont pas capables de demasquer des fachos qui se la jouent antifa chez les anatisémites. Pour celail faudrait avoir une culture politique et historique plus large que la ZAD et les tampons DIY...

> Article en débat.

Ce texte est gravissime mais il n'y a pas consensus pour le refuser.

Des modos estiment que ne pas dire explicitement son soutien aux personnes agressées par Ramadan c'est ne pas être solidaire et que l'UFJP instrumentalise cette histoire de la même façon que ceux qu'ils dénoncent.

Alors que d'autres estiment que faire porter une non-solidarité implicite à ce texte participe du même fonctionnement qui est (très mal) dénoncé : détourner l'attention d'un problème en sur-visibilisant un autre sujet.

> .

Ce texte dit :

- "offensive sans précédent visant celles et ceux qui défendent les droits, le respect et la dignité de leurs concitoyens musulmans"

et

- "nvlle vague d'islamophobie"

alors que l'actualité porte sur les VIOLS et Violences Sexuelles commis-es par T Ramadan

> Qui instrumentalise qui ?

Quand le sujet de cette campagne de diffamations n’est pas le viol mais Tariq Ramadan ET SURTOUT PAR AMALGAME CELLES ET CEUX QUI DÉNONCENT L’ISLAMOPHOBIE et ne participent pas à la chasse aux sorcières, c’est bien qu’il y a instrumentalisation.

Quand on voit QUI mène cette campagne, on ne peut pas avoir le moindre doute. Vous nous excuserez de préférer l’UJFP et Edgar Morin à Caroline Fourest, Manuel Valls, Onfray, Lagerfeld ou la « pensée Charlie ».

Et quand on voit l’indigence des commentaires qui n’argumentent que sur le viol en insinuant que dénoncer la fachosphère islamophobe serait une complicité avec les violeurs, on comprend où tout ce beau monde veut en venir.

Ce n’est pas la première fois que des campagnes de ce genre sont menées contre les antiracistes, et les poubelles d’Indymedia sont pleines de la prose des anti-racialisateurs, il ne faudrait peut-être pas l’oublier.

On est en plein dans la même veine de saloperies :

"Sérieusement Indy Nantes laisse publier des textes qui défendent des violeurs ?????? "

On peut plutôt se demander "sérieusement" comment Indy Nantes laisse publier des commentaires mensongers aussi crapuleux !

> Affaire Ramadan : la croisade des imbéciles

Un texte intéressant qui répond aux accusations de soutien aux violeurs et autres amalgames

Voilà Mediapart et quelques autres précipités sur le bûcher au nom d’une « complicité » supposée avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Pire même, peut-être aurions-nous délibérément ignoré les actes d’un homme aujourd’hui accusé de viols et d’agressions sexuelles. Cette campagne ignominieuse à la Donald Trump, emmenée par Manuel Valls, porte un projet politique où se rejoignent une partie d’une gauche en ruines et la droite identitaire.

Edgar Morin, l’un des plus grands intellectuels français, serait donc le complice d’un criminel sexuel. Son tort ? Avoir publié en 2014 et début octobre 2017 deux livres de dialogue (nous avons rendu compte du deuxième ici) avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, depuis accusé de viols et d’agressions sexuelles. Mesure-t-on l’inanité comme l’abjection d’un tel amalgame ? C’est pourtant ce que Mediapart, son président Edwy Plenel, d’autres médias (Les Inrockuptibles, le Bondy Blog), journalistes (Frédéric Taddéi) et intellectuels (Pascal Boniface) doivent subir depuis plusieurs jours.

Nous voilà la cible d’une campagne nauséabonde où se retrouvent la « fachosphère », quelques journalistes chroniqueurs et éditocrates, des responsables politiques d’une partie de la gauche socialiste en ruines et de l’extrême droite. Tout ce joli monde est emmené par Manuel Valls, qui s’est livré dimanche 5 novembre à d’indignes déclarations. Nous ne nous y trompons pas : au-delà d’une campagne imbécile et diffamatoire qui vise à nous faire les complices de toujours d’un présumé criminel sexuel, c’est bien un projet politique qui tente de se remettre en selle.

Sous couvert de défense de la laïcité, de lutte contre le terrorisme et aujourd’hui de défense des femmes, les croisés de la discrimination, de la stigmatisation des musulmans, les enragés de la réaction relancent leur chasse aux sorcières. Donald Trump a franchi l’Atlantique. Sur son modèle, voici les incendiaires qui chassent en meute, avec leurs journalistes à la Fox News, leurs amalgames, leurs « fake news », leurs tweets injurieux.

Et au moment où les dispositions de l’état d’urgence entrent dans la loi ordinaire (lire notre article ici), ces nouveaux maccarthystes, qui ont troqué l’anticommunisme contre l’islamophobie, veulent créer un nouveau délit. Un délit d’opinion, celui de « complicité » intellectuelle, selon Manuel Valls. Celui d’être des complices ou « idiots utiles du ramadanisme », selon Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne, qui a fait de la vulgarité anti-musulmane son fonds de commerce.

Mediapart a rendu compte et informé ces lecteurs de ce scandale Ramadan, du dépôt des plaintes (lire notre article ici) et de l’accumulation de témoignages. Nous poursuivons notre enquête sur ces faits présumés, avec nos règles de travail (ici expliquées par Lénaïg Bredoux) et les obstacles classiques que nous rencontrons dans ce type de recherche : la protection des sources ; la difficulté des femmes de témoigner ; la nécessité de croiser les témoignages recueillis et d’en vérifier la véracité. Enfin, cette affaire Ramadan s’inscrit dans une couverture plus large que nous consacrons au séisme provoqué par le scandale Weinstein. Voilà notre dossier complet : DSK, Baupin, Weinstein. La fin du silence ?

Au cœur des engagements éditoriaux de Mediapart se trouve précisément cette volonté d’installer au centre du débat public la question des violences faites aux femmes, du sexisme ordinaire, des discriminations permanentes.

Nous l’avions fait lors de l’affaire Strauss-Kahn, en 2011, non sans provoquer quelques remarques courroucées de politiques et d’éditocrates (les mêmes qui s’indignent aujourd’hui de notre « complicité » !) dénonçant cette soudaine « tyrannie de la transparence ». C’était en mai 2011 et un certain Manuel Valls estimait alors que les images de DSK, inculpé pour tentative de viol, sortant menotté du commissariat de Harlem à New York étaient d’« une cruauté insoutenable », tandis que Jean-Christophe Cambadélis, autre fidèle strauss-kahnien, protestait contre « cette humiliation planétaire ».

Le même Manuel Valls, devenu premier ministre, ne s’est pas plus ému du sort des femmes lorsque Mediapart et France Inter ont révélé en mai 2016 plusieurs témoignages sur des faits pouvant être qualifiés d’agression et de harcèlement sexuels impliquant le député écologiste Denis Baupin. Il n’a pas eu un mot lorsque trois femmes ont déposé plainte contre le parlementaire (notre dossier sur l’affaire Baupin est ici). Et il n’a pas plus réagi quand il a été révélé qu’un de ses ministres, Jean-Michel Baylet, avait fait en 2002 l’objet d’une plainte pour violences de la part de son ancienne collaboratrice parlementaire (lire l’enquête de Buzzfeed et notre article est ici).

Notre récente enquête sur le sexisme et les harcèlements commis par le député Jean Lassalle n’a pas davantage provoqué l’indignation ou au moins l’inquiétude de nos croisés d’aujourd’hui. Est-ce parce qu’il s’agit de cette « gauloiserie » si française qu’elle en deviendrait tolérable, même si ce quotidien de sexisme et de harcèlement est le quotidien des femmes ? De même, le Machoscope, que nous publions depuis 2012 et qui tient la chronique ordinaire du sexisme en politique, n’a jamais ému ni même intéressé nos belles âmes d’un jour.

Le camp de la nouvelle Inquisition

Depuis 2003 au moins, année où Tariq Ramadan est sans doute au faîte de son influence, une partie de la gauche alliée à la droite et à l’extrême droite mène une guerre sans merci à l’intellectuel musulman. Le principe est assez simple : exercer une censure préalable. Ne pas voir, ne pas lire, ne pas débattre et disqualifier tout propos public de cette personnalité comme étant le fruit d’un double langage systématisé, d’habiletés rhétoriques visant à dissimuler l’essentiel : un islam politique radical, faisant tout à la fois le lit du terrorisme, du salafisme, des Frères musulmans…

Pour avoir croisé deux fois Tariq Ramadan et s’être retrouvé à débattre avec lui à l’occasion d’une invitation lancée en 2015 par une association musulmane, voici Edwy Plenel et Mediapart avec lui accusés d’être les « idiots utiles des barbus intégristes », les nouveaux fourriers d’un agenda islamiste. Nous voilà « islamo-gauchistes », ce concept creux brandi par Caroline Fourest, le journaliste Renaud Dély (Marianne), Pascal Bruckner, Élisabeth Lévy, Alain Finkielkraut, Manuel Valls, encore lui, et les reliquats perdus d’un PS effondré réfugiés dans Le Printemps républicain (Laurent Bouvet, Gilles Clavreul), un mouvement identitaire avançant masqué derrière l’étendard de la laïcité.

Il est vrai qu’aux excommunications édictées au nom de la République pour faire taire une voix qui dérange, nous préférons connaître, interroger, débattre, enquêter, bref faire notre métier de journaliste. Surtout quand il s’agit de Tariq Ramadan, dont l’influence intellectuelle a été importante auprès de musulmans en recherche de nouvelles façons de pratiquer leur religion.

https://www.mediapart.fr/journal/france/061117/affaire-ramadan-la-croisade-des-imbeciles?onglet=full

> Encore des "soutiens" des violeurs ?

En défense de Mediapart et d’Edwy Plenel

« Il semble bien que nous soyons confrontés ici à une campagne politique qui, loin de défendre la cause des femmes, la manipule pour imposer à notre pays un agenda délétère, fait de haine et de peur », écrivent plus de 160 personnalités signataires de ce texte en réponse à la Une de « Charlie Hebdo ».

Tout doit avoir le droit de se dire, de s’écrire et de se représenter, et cela doit être dit et répété, particulièrement pour Charlie Hebdo.

Nous avons aussi le droit d’écrire que la Une de Charlie de cette semaine est diffamatoire, et haineuse.

Elle relaie une campagne de délation, dont « l’argumentaire » défie la logique, la justice, et la morale. Il y a quelques années, on a reproché à Mediapart d’avoir publié les informations au sujet de Cahuzac lorsqu’il en avait les preuves, aujourd’hui on (parfois le « on » est le même) lui reproche de ne pas avoir publié ce qu’il ne savait pas.

Edwy Plenel et Mediapart se sont exprimés, preuves et vidéos à l’appui, sur leurs « relations » avec Tariq Ramadan. Cela n’empêche pas la délation de se développer, en utilisant, entre autres, des photo-montages truqués, et des affirmations non vérifiées.

Mediapart est l’un des rares grands moyens d’information français à avoir publié une enquête fouillée sur Tariq Ramadan, dans une série de cinq longs articles. Les délateurs, tout en affirmant que eux « savaient » (mais quoi ?), reprochent aujourd’hui à Mediapart de ne pas avoir publié des informations dont les faits sont apparus il y a quelques jours. Comme l’écrit Mathieu Magnaudeix, le journaliste qui a mené l’enquête sur Ramadan pour Mediapart : « la question intéressante dans tout ça, la vraie question journalistique, [...] c’est pourquoi il a fallu autant de temps, et Weinstein, pour que ces témoignages atroces soient connus. Pourquoi ces femmes ne voulaient pas témoigner. Amener des victimes de violences sexuelles à la parole, c’est le vrai enjeu pour les journalistes. »

Nous défendons et respectons l’attitude conforme à l’éthique qui est, et a été, celle de Mediapart dans le cadre de cette enquête comme dans les autres, et notamment pour celles menées sur les sujets de harcèlements sexuels.

Il semble bien que nous soyons confrontés ici à une campagne politique qui, loin de défendre la cause des femmes, la manipule pour imposer à notre pays un agenda délétère, fait de haine et de peur. Cette campagne s’attaque au journal qui, depuis bientôt dix ans, combat avec constance cette politique de la peur, défendant les causes communes de l’égalité contre toutes les discriminations, qu’elles visent les femmes, les LGBT, les musulmans, les noirs, les juifs, les victimes du racisme et de la xénophobie, les migrants et les réfugiés, etc.

Nous défendons et respectons toute attitude qui mène à la fraternité plutôt qu’à l’affrontement, au rassemblement plutôt qu’à l’exclusion, au respect plutôt qu’à la chasse en meute.

La campagne inique menée contre Mediapart et sa rédaction est dangereuse : elle vise le symbole d’une presse libre, indépendante des pouvoirs quels qu’ils soient, au service du droit de savoir des citoyennes et des citoyens.

Voir la liste des signataires :

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/121117/en-defense-de-mediapart-et-d-edwy-plenel

> pour prendre la mesure de la campagne islamophobe actuelle

"La solidarité est une nécessité politiquement vitale
Face à l’ampleur de l’offensive la question de la solidarité sans condition n’est pas une option mais une nécessité. Des procès contre Houria Bouteldja, Saïd Bouamama et Saïdou de ZEP, aux attaques actuelles contre Houria Bouteldja et Danièle Obono, en passant par les tentatives d’annulation du festival Nyansapo et du camps d’été décolonial, par les procès contre des militants de la campagne BDS ou par l’annulation récente d’un colloque contre l’islamophobie à Lyon, ce qui se dessine c’est bien une réassignation violente à l’invisibilité et au silence politique qui se révèle.
Sans solidarité politique c’est le suicide politique collectif que nous permettons "
http://www.reperes-antiracistes.org/2017/11/de-la-chasse-aux-sorcieres-en-general-et-de-celle-contre-houria-bouteldja-en-particulier-soutien-sans-faille-du-fuiqp-59/62.html
cette conclusion, et le texte qui la précède, est nettement plus limpide que le texte de l'UJFP.

Mais pour comprendre l'ampleur du problème, à quel point il monopolise et doit être dénoncé, faites un tour sur twitter, par exemple, et cherchez ce qui se passe autour de chacun des noms cités dans l'article extrêmement mal écrit de l'UJFP, ou reprenez juste tout ce qui s'est passé autour de Daniele Obono et peut-être serat-il plus facile de se faire une opinion sur ce dont il est question ici (ladite campagne islamophobe) et de ce dont il n'est, hélas, pas question, les agresions sexuelles d'un vraissemblable prédateur. Un passage comme "Que leurs cibles soient d’ailleurs de farouches opposant-e-s au détricotage du droit du travail et à la constitutionnalisation de l’état d’urgence ne relève certainement pas du hasard." peut-il s'appliquer à T. Ramadan ? Non ! La suite du texte parle-t-elle de T. Ramadan ? Non ! Le fin du texte est-elle solidaire avec T. Ramadan, c'est effectivement une bonne question. Mais difficile d'avoir une certitude là dessus. Cependant, si on lit attentivement l'introduction, il est dit que les accusations de viol contre T. Ramadan SERVENT à déchainer une campagne islamophobe... contre Edwy Plenel, Edgar Morin et Pascal Boniface, ce qui est effectivement le cas.
Que l'UJFP peine à se distancier de T. Ramadan est un véritable problème. Mais certifier que ce texte n'est qu'un soutien à T. Ramadan est un mensonge.

> « Complicité intellectuelle » : l’invention du nouveau délit d’opinion

Il se trouve que le texte du FUIQP a PRÉCISÉMENT été reproduit intégralement par l’UJFP, ce qui devrait couper court à toutes les calomnies déversées par les islamophobes dans leur chasse aux sorcières et clarifier les positions de l’UJFP.

http://www.ujfp.org/spip.php?article5995

Car il faut avoir de la merde dans les yeux pour ne pas voir que les agressions sexuelles et la lutte des femmes n’intéressent absolument pas les inquisiteurs, d’ailleurs ils n’en parlent pratiquement plus.

Leur obsession, c’est Tarik Ramadan par rapport à l’islamophobie, qui leur a fait inonder les médias depuis une vingtaine d’années avec les mêmes arguments, les mêmes calomnies, les mêmes insultes, sans attendre des accusations de viol.

Mais surtout, c’est toutes les personnes qui ne critiquent pas Ramadan AVEC LEURS MÉTHODES qui sont visées. Car de même que les agressions sexuelles ne sont qu’un prétexte, le cas Ramadan est aussi prétexte pour régler leurs comptes avec toutes les personnes qui ne sont pas alignées sur « l’esprit Charlie » et la pensée dominante. Et quand on voit QUI soutient Médiapart et QUI soutient Charlie, on ne peut pas avoir le moindre doute sur la chasse aux sorcières.

> Une démonstration très limpide

Pourquoi Mediapart est l’ennemi n°1 de Charlie Hebdo et Valls (plus que tous les agresseurs sexuels)

Mardi 5 novembre, l’ex-premier ministre Manuel Valls, en mal de reconnaissance après son double échec politique de 2017 lançait, sur Europe 1, l’offensive contre Mediapart et Edwy Plenel, en accusant ce dernier de « complicité intellectuelle » avec les agressions sexuelles dont est accusé l’islamologue suisse Tariq Ramadan. S’en suivait la Une diffamante de Charlie Hebdo contre l’ex-rédacteur en chef du Monde. Une semaine plus tard, ce mercredi 15 novembre, Manuel Valls, sur BFM-TV, persiste et signe contre le journal dans des termes d’une rare violence : « je veux qu’ils rendent gorge, je veux qu’ils soient écartés du débat public ». Mais pourquoi tant de haine ?

Parce que Mediapart est le média à la pointe des dénonciations des violences faites aux femmes

Mediapart, quotidien en ligne, uniquement financé par ses lecteurs, et dirigé par Edwy Plenel, ex-directeur du Monde, a fait de la question des violences faites aux femmes et des agressions sexuelles un des axes majeurs de sa ligne éditoriale. En mai 2016, en collaboration avec France Inter, le journal est à l’origine des révélations concernant Denis Baupin, élu pour Europe Ecologie Les Verts. Un véritable travail d’enquête réalisé permet de recueillir huit témoignages de collaboratrices et d’élues, dont la porte-parole du parti, Sandrine Rousseau, attestant avoir été victime de harcèlement sexuel et d’attouchements de la part de l’homme politique. Depuis mai 2016, et dans l’émoi des révélations de l’affaire Weinstein, le quotidien multiplie les articles et les plateaux pour débattre de la question du harcèlement sexuel, dans le monde du spectacle, sur l’affaire Polansky et la polémique de la Cinémathèque, dans le monde du travail, au Medef, dans les syndicats. Pas moins que pour les autres, Mediapart a également écrit sur l’affaire Tariq Ramadan, l’islamologue suisse, accusé d’agressions sexuelles par le biais de différents témoignages d’admiratrices ou d’anciennes étudiantes.

Sur ces questions, et depuis l’exposition de cette problématique dans le débat public avec l’affaire Weinstein, Manuel Valls n’a pas pris publiquement position. Il faut dire qu’en 2011, à l’occasion de l’affaire Dominique Strauss-Kahn et du Sofitel, ce dernier était extrêmement bienveillant à l’égard de son coreligionnaire du PS, allant même jusqu’à dénoncer l’atteinte à la présomption d’innocence faite par les médias. Et il aura fallu que les révélations d’agressions sexuelles portent sur Tariq Ramadan pour que Manuel Valls sorte de l’ombre et s’inquiète du sort fait aux femmes. Une indignation à géométrie très variable, donc.

Parce que Mediapart n’est ni complaisant envers Tariq Ramadan, ni dans le déni d’un racisme antimusulman

En avril 2016, Mediapart sortait, sous la plume de Mathieu Magnaudeix, une enquête fouillée sur la personnalité, la pensée et l’influence de Tariq Ramadan. Une enquête sans grande complaisance, le décrivant pour ce qu’il est, un intellectuel islamique, profondément réactionnaire et conservateur, proche des Frères Musulmans. Un islamiste ayant une interprétation politique et sociale de l’Islam. Mais pas un djihadiste. Un « Zemmour à l’envers » comme le dit Mathieu Magnaudeix, qui a, avec les polémistes néoconservateurs qui inondent les plateaux télés, de Zemmour à Finkelkraut en passant par Elizabeth Levy et Natacha Polony, le point commun d’être profondément antiféministe. Ces derniers peuvent d’ailleurs dire haut et fort que le #balancetonporc a créé un climat de « délation », de « lynchage », sans que Manuel Valls vienne leur voler dans les plumes.

Car ce qui dérange Manuel Valls et Charlie Hebdo, ce n’est pas que des femmes soient agressées sexuellement au quotidien : c’est bien que Mediapart ne concède rien à cette fausse gauche qui se cache derrière la laïcité pour donner libre court aux amalgames et aux propos racistes. Mediapart a tout autant dénoncé les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan que la vague d’actes islamophobes qui est survenue en France à leur suite. Mediapart utilise le terme d’islamophobie au même titre que celui d’antisémitisme quand il est justifié. Mediapart reste intransigeant sur les valeurs de la gauche, là où Manuel Valls et Riss tombent dans l’ignoble. On se souvient des propos de Valls à Evry – où il y avait, à son goût, pas assez de « white, de blancos » - et des caricatures de Riss, dont celle sur « le petit Aylan, tripoteur de fesses » – enfant syrien mort noyé retrouvé sur une plage grecque en 2015 – reprise sur le site néo-nazi d’Aube Dorée.

Parce que Mediapart parle des violences policières, du racisme, des irrégularités judiciaires

Face à cette « gauche » nationaliste et raciste, Mediapart tient la tranchée et ses valeurs, maintient un regard critique sur les politiques gouvernementales, va parfois jusqu’à critiquer l’État, au travers de sa police – en couvrant les questions de violences racistes et ouvrant son plateau à Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, mort asphyxié lors d’une interpellation – et de sa justice lorsque celle-ci s’exempte des règles de droit (voir la couverture de Mediapart sur l’affaire Antonin Bernanos). Et c’est en vertu de cela que Manuel Valls et Charlie Hebdo – aussi paradoxal que cela puisse paraitre – veulent faire taire Mediapart.

Parce que Valls et Charlie Hebdo veulent créer un délit d’opinion

« Je veux qu’ils reculent, je veux qu’ils rendent gorge, je veux qu’ils soient écartés du débat public » a déclaré Manuel Valls au sujet d’Edwy Plenel, face à Bourdin sur BFM-TV. Le nouveau délit d’opinion est en place, et il s’appelle la « complicité intellectuelle ». Riss de Charlie Hebdo n’y va pas non plus de main morte : « Plenel condamne une deuxième fois à mort Charlie Hebdo » a-t-il déclaré dans une nouvelle offensive contre le directeur de Mediapart conjointement menée avec l’ex-premier ministre.

Valls et Riss veulent black-lister Mediapart, faire tout simplement taire un média, incontrôlable car indépendant, dont la ligne éditoriale autant que l’audience grandissante dérange profondément la classe politique et médiatique. Leur outil : la diffamation. Il n’y a pas plus de « complicité intellectuelle » – un chef d’accusation pour le moins délirant - de Mediapart avec les agressions commises par Tariq Ramadan que de complaisance de la part de Plenel et de son équipe à l’égard de l’islamologue suisse accusé de crime sexuel. Après s’être attaqué aux libertés publiques et au droit de manifester alors qu’il était premier ministre, Manuel Valls, déchu, cherche à s’en prendre à la liberté d’expression en créant un précédent de délit d’opinion. Un comble pour Charlie Hebdo, devenu véritable chien de garde de l’ordre moral.

http://www.regards.fr/web/article/la-liberte-de-la-presse-confisquee-par-charlie-hebdo