Plateforme des ONG pour la Palestine : 12 idées reçues sur le BDS

Mis a jour : le dimanche 8 octobre 2017 à 22:26

Mot-clefs: Racisme Répression antifascisme anti-repression
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Le « BDS » (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) est souvent sujet aux fantasmes. Parmi le grand public, les institutions françaises ou même au sein de la société civile, l’acronyme suscite l’incompréhension, le rejet… « c’est illégal en France », « c’est de l’antisémitisme »… Mais qu’est-ce qui se cache réellement derrière ces trois lettres ?

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BDS, C’EST QUOI ?

« BDS » fait référence aux termes Boycott, Désinvestissement, Sanctions. Il a pour origine une campagne lancée en 2005 par une très large coalition d’organisations de la société civile palestinienne, un an après l’avis de la Cour internationale de justice qui rappelait les obligations internationales d’Israël et notamment l’illégalité du Mur de séparation (en réalité d’annexion) et des colonies. Devant le refus israélien de se conformer au droit, la société civile palestinienne a lancé un appel au boycott, désinvestissement et aux sanctions contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international et donc reconnaisse les droits des Palestiniens (1). Ce mouvement s’inspire du boycott qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud.

Il se fixe 3 objectifs : 
 La fin de l’occupation et de la colonisation de toutes les terres arabes et le démantèlement du Mur ; 
 La reconnaissance des droits fondamentaux des Palestiniens citoyens d’Israël et de leur égalité avec les autres citoyens israéliens ; 
 Le respect, la protection et la promotion du droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leur foyer d’origine et propriétés tel que prévu par la résolution 194 de l’ONU.

A partir de cet appel, des campagnes de sensibilisation et d’action « BDS » ont été menées partout dans le monde.
Pour la campagne palestinienne, le boycott est un engagement citoyen en faveur du droit. Il s’agit de rompre les relations avec les entreprises israéliennes et internationales qui sont impliquées dans les violations des droits de l’Homme des Palestinien.nes, ainsi qu’avec les institutions sportives, culturelles et académiques complices.

Les campagnes de désinvestissement exigent, elles, des entreprises, banques, conseils municipaux, églises, fonds de pension et universités, de retirer leurs investissements de toute entreprise israélienne ou entreprise internationale impliquée dans la violation des droits des Palestinien.nes.

Les campagnes de sanctions visent à ce que les gouvernements et organismes institutionnels exigent d’Israël le respect du droit en suspendant ou mettant un terme à la coopération militaire, à des accords de libre-échange, ou d’autres formes de coopérations, et qu’ils excluent l’Etat israélien des forums internationaux tels que des organes des Nations unies ou la FIFA, l’Eurovision, des organismes de recherche etc.

Il existe une diversité de comportements par rapport au BDS ; certaines organisations n’ont pas rejoint l’appel BDS de 2005 mais pratiquent quand-même une forme de boycott. Certaines prônent un boycott total tel que demandé par les Palestiniens, d’autres rejettent le boycott culturel. Certaines n’acceptent que le boycott des produits des colonies, d’autres ne pratiquent que le désinvestissement etc.

Voici les 12 idées reçues les plus courantes sur le BDS, et des éléments d’explication permettant de lutter contre ces fausses affirmations.

1) « Le BDS est illégal »
2) « BDS est antisémite »
3) « BDS est violent, BDS incite à la haine »
4) « BDS nuit aux Palestiniens »
5) « Le boycott nuit aux négociations de paix »
6) « BDS est un obstacle au progrès scientifique »
7) « BDS est trop radical »
8) « BDS s’acharne sur Israël alors qu’il existe des régimes bien pires. »
9) « L’UE a interdit le boycott »
10) « La défense du BDS est minoritaire dans la société civile internationale »
11) « Si je boycotte les produits israéliens, cela ne signifie-t-il pas que je dois jeter mes ordinateurs, cesser d’utiliser des médicaments israéliens etc. ? »
12) « Plusieurs mairies ont interdit le BDS dans leur ville »

https://www.bdsfrance.org/article-de-la-plateforme-des-ong-pour-la-palestine-12-idees-recues-sur-le-bds/

Commentaire(s)

> Le BDS dérange décidément beaucoup de monde

QUI SOMMES-NOUS ?

La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid.

Les Palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde, afin que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente, en leur demandant de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire.

Ils nous demandent également de faire pression sur les entreprises étrangères, notamment européennes, afin qu’elles arrêtent leur collaboration avec cet Etat criminel.
Enfin, ils nous demandent de faire appliquer par nos Etats les sanctions qui auraient dû être appliquées depuis des dizaines d’années devant ce déni de droit intolérable.

Il apparaît aujourd’hui que, loin des grands débats théoriques, la campagne BDS est une arme efficace pour faire plier Israël, d’autant que nous ne pouvons rien attendre de l’Onu ou des autres pays.

De nombreuses associations et organisations françaises ont répondu à l’appel au « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » (BDS) lancé par les palestiniens le 4 juillet 2005 et se sont regroupées au sein de la Campagne BDS France. De plus en plus les y rejoignent. Toutes les organisations qui sont en accord avec l’Appel de la campagne BDS France, et avec la Charte de la Campagne, peuvent rejoindre la Campagne. Il s’agit d’organisations et d’associations nationales, et peu à peu de comités BDS ou groupes locaux de certaines associations de solidarité avec la Palestine.

La Campagne BDS France fonctionne de manière souple et décentralisée. Des réunions de coordination nationale ont lieu une fois par mois, à Paris pour des raisons pratiques. Les représentants des différents membres de la Campagne y discutent de l’état de la Campagne, des objectifs, fixent des priorités, choisissent éventuellement des dates d’action nationales, qui peuvent tout à fait refléter une demande locale. Des groupes de travail sont parfois constitués par des militants des différentes organisations, sur la base du volontariat, pour coordonner telle ou telle action, ou travailler sur un sujet particulier. Les décisions se prennent au consensus dans un esprit unitaire. Les organisations membres de la Campagne paient chaque année une cotisation.

Pour les aspects techniques, et par souci d’efficacité et de réactivité, un petit groupe de coordination a été mis en place et organise la vie pratique de la Campagne, fait le lien avec le local, propose des outils et des actions et suit les affaires juridiques. Ce groupe est composé de militants des différentes organisations et associations et il est basé sur un principe de volontariat. Les membres du groupe de coordination sont amenés à tourner régulièrement, mais dans un souci de continuité et d’efficacité sur le long terme.

Pour contacter la Campagne BDS France, cliquez ici :

https://www.bdsfrance.org/qui-sommes-nous/?option=com_contact&view=contact&id=1&Itemid=46