Anarchisme et nationalisme, ou le triangle des Bermudes

Mis a jour : le samedi 7 octobre 2017 à 16:35

Mot-clefs: Répression libérations nationales
Lieux: catalogne

L'actuelle situation politique catalane nous incite à explorer un simili du fameux triangle des Bermudes, qui aurait ici pour sommets le séparatisme, le nationalisme et le droit de décider. Il s'agit d'un mystérieux triangle où naufragent, l'une après l'autre, les nefs libertaires qui s'aventurent dans ses eaux, naïvement attirées par le doux chant des sirènes. Le but de cet article n'est autre que d'essayer de repérer quelques-uns des écueils qui guettent ces navires et de cerner certaines indications fallacieuses qui convertissent les cartes de navigation en pièges fatidiques.

L'ARGUMENT FALLACIEUX DE LA NATION

Dans son célèbre livre Nationalisme et culture, Rudolf Rocker écrivit il y a longtemps : « Tout nationalisme est réactionnaire. » Cette affirmation, largement reprise par une grande partie de l'anarchisme et que je fais mienne sans réserve, a été stigmatisée comme étant simpliste parce qu'elle ignore le large éventail de significations que renferme le concept de nation et parce qu'elle ne prend en compte que l'acception développée par le discours du romantisme. Il faut donc reprendre la question de la nation et du nationalisme avec un intérêt d'autant plus vif que le natio­nalisme représente non seulement l'un des sommets de l'inquiétant triangle auquel je faisais allusion, mais constitue de plus le dangereux courant de fond qui agite ses eaux.

Précisons tout d'abord que le fait de dénoncer l'argument fallacieux de la nation ne conduit pas à nier l'existence des nations ni la réalité du fait national. La réalité des nations est mise en évidence par les multiples effets qu'elles produisent sur les populations et sur les individus, aussi bien dans les domaines politiques et sociaux que dans la sphère économique. La question n'est pas celle de son indéniable existence, mais celle de son mode d'existence. En effet, à une certaine période historique un ensemble d'opérations de divers types a fait naître quelque chose qui n'existait pas auparavant : la Nation, et ce sont ces opérations qu'il faut prendre en compte si l'on veut comprendre la nature de cette nouvelle entité.

Le mode d'existence de la réalité nationale exige que nous distinguions, d'une part, les pratiques aussi bien matérielles que discursives impliquées dans le processus de sa construction et, d'autre part, celles qui assurent son maintien.

Le fait d'être une catégorie socio-historique relativement récente et un produit passager et circonstanciel de l'histoire n'a pas empêché la nation d'être sacralisée comme un objet intemporel. Qu'elles aient un État ou qu'elles luttent pour l'obtenir, toutes les nations fondent leur légitimité sur leur supposée transcendance par rapport aux avatars conjoncturels de leur propre configuration. Cela n'est pas étonnant car les nations perdraient une grande partie de leur légitimité et de leur capacité exiger des loyautés si elles ne se présentaient pas comme l'aboutissement d'un projet construit sur d'innombrables sacrifices de nos ancêtres les plus lointains. Projet et sacrifices qui, dit-on, préfiguraient déjà la future nation, et même la contenaient sous une forme étrangement préexistante à sa propre création.

Cependant, contre ces conceptions organistes et essentialistes, il convient de rappeler que, loin d'être des réalités naturelles, toutes les nations se sont constituées avec le sang et les larmes des gens du peuple. Ce furent les affrontements pour le pouvoir et la richesse qui élargirent et augmentèrent progressivement certaines possessions, qui assemblèrent des territoires et qui placèrent sous une seule autorité des populations plus ou moins disparates. Luttes, guerres, pactes, alliances... jusqu'à parvenir à mettre en place un comté, un royaume ou une république, ou toute autre structure politique centralisée qui devint une nation quand elle acquit un statut de naturalité pour ses sujets.

Les nations sont un artefact du pouvoir et constituent un dispositif de domination qui se construit en homogénéisant des hétérogénéités, en effaçant des singularités, y compris sur le plan linguistique, et en décimant la diversité. C'est la force politique qui transforme les collectifs humains en nations, en les assemblant dans une catégorie abstraite qui sert à proclamer la légitimité d'une manière particulière de gouverner. Lorsqu'on revendique l'existence politique d'une nation, on assume, implicitement, l'histoire de sanglants affrontements pour le pouvoir et de laminage de la diversité, et on légitime tout à la fois la logique qui a guidé cette histoire et le résultat auquel elle a abouti.

Les nations ont été construites non seulement par des pratiques matérielles (guerres, traités, annexions, procédures juridiques et administratives, etc.), mais aussi au moyen de pratiques discursives qui les ont instituées en tant que telles dans l'espace symbolique. Ce processus, qui a été fondamental pour naturaliser la nation en dissimulant sa dimension de réalité socialement et politiquement construite, a trouvé de puissants outils dans le folklore et les récits populaires, mais aussi dans la littérature, la philosophie et les sciences sociales. Un ensemble de théories et de recherches sur la « psychologie des peuples », le « caractère national », « l'esprit du peuple (Volksgeist) », etc. ont construit le récit de la nation, en lui donnant une âme, une conscience, de l'esprit, de la volonté, du génie, du caractère et en lui attribuant finalement des traits humains qui nous permettent de nous identifier avec elle et même de tomber amoureux de son visage.

Puisque j'ai fait allusion aux sciences sociales, il convient de noter en passant que le discours scientifique qui construisit le concept de race d'une manière qui ouvrait sur des conceptions racistes se déroulait en gros la même époque et en parallèle avec le discours qui construisit le concept de nation d'une manière qui ouvrait, elle, sur le nationalisme. Cela explique peut-être la multitude de connecteurs qui permettent de transiter entre ces deux constructions si étroitement liées.

La nation est non seulement un objet qui a été construit, c'est aussi un objet qui se maintient grâce à certaines pratiques, et qui n'existe que tant que ces pratiques le produisent et le reproduisent constamment. En effet, comme c'est le cas pour tous les objets sociaux, la nation cesse d'exister lorsque cessent les pratiques qui la maintiennent, ces pratiques consistent, par exemple, à susciter le sentiment national au moyen d'un ensemble d'opérations symboliques. Les sources de la production symbolique de la réalité nationale vont du système public d'enseignement aux compétitions sportives entre nations, en passant par la création d'un vocabulaire spécifique et d'emblèmes identitaires.

L'énorme effort investi dans la création et la constante recréation de la réalité nationale dans la sphère symbolique atteste le caractère artificiel de cette réalité et affaiblit ainsi la force avec laquelle le fait national s'impose à nous comme une réalité naturelle. De toute évidence, le nationalisme est l'un des éléments les plus efficaces pour maintenir l'existence des nations et, si la nation a besoin de masquer sa nature contingente et sa généalogie pour susciter des loyautés, ces loyautés ont besoin à leur tour du nationalisme pour émerger avec force.

LE PIÈGE DU NATIONALISME

Tout comme la mise en question de la nation n'implique pas la négation de son existence, la mise en question du nationalisme n'entraîne aucune minimisation de l'importance que revêt le sentiment d'appartenance à une communauté. Il est évident que le lien communautaire est essentiel et que le fait de vivre dans un même lieu, de partager une langue, d'avoir des expériences communes, développe des relations solidaires et crée un sentiment de communauté qui s'incruste très profondément dans notre subjectivité et qui mobilise intensément toute notre affectivité. Dans un certain sens, nous sommes la langue que nous parlons et la culture qui nous imprègne, cependant, il n'y a aucune raison d'aller au-delà de cette simple reconnaissance.

Le fait que nous appartenions à une certaine culture n'implique pas que nous devons nous identifier à elle et assumer par exemple, dans notre cas, son arrière-fond patriarcal, homophobe et raciste. Le fait que nous parlions une certaine langue n'entraîne pas que nous devons nous battre pour la préserver et même pour étendre son usage, à moins que nous soyons nationalistes.

La grande ruse du nationalisme est d'assimiler l'amour pour le terroir et l'amour pour la nation, en traçant une équivalence entre eux, et de nous faire croire qu'ils constituent un seul et même sentiment. Cepen­dant, l'affection pour le lieu qui nous a vu naître et grandir n'est pas du tout la même chose que l'amour de cette abstraction qu'est la nation, et extrapoler ce sentiment à une entité abstraite le fausse et le transforme en quelque chose d'autre.

L'attachement à la terre natale, ne s'apprend ni ne s'enseigne, il advient, tout simplement, dans le contact quotidien sans que personne ne doive l'exalter ou le récompenser, tandis que le patriotisme, inséparable du nationalisme, doit être élaboré, enseigné et inculqué au moyen d'opérations sophistiquées qui produisent la réalité nationale dans la sphère du symbolique et au moyen aussi d'un subtil endoctrinement. Le nationalisme doit être engendré et maintenu de manière constante par un ensemble de dispositifs institutionnels attachés à la production de subjectivité. Accepter le nationalisme ou, plus encore, l'impulser est exactement le contraire de ce que représente une façon libertaire d'habiter le monde.

NATIONS OPPRESSIVES ET NATIONS OPPRIMÉES, L’ARGUMENT FALLACIEUX DES LUTTES DE LIBÉRATION NATIONALE

La différenciation classique entre les nationalismes oppresseurs et les nationalismes opprimés est tout à fait valable, cependant, ce qui semble moins judicieux c'est de prétexter que comme l'anarchisme s'oppose à toute forme d'oppression, il doit s'aligner avec les nations opprimées et soutenir les luttes pour la libération nationale. En effet, une chose est de s'engager dans les luttes contre la domination nationale et une autre, bien différente, de soutenir les luttes de libération nationale.

Il s'agit d'une distinction qui est parfaitement compréhensible si nous reformulons l'approche simpliste qui dessine comme situation de départ celle d'une nation opprimée luttant pour se libérer et si nous considérons que ce qui existe initialement c'est une source d'oppression constituée par une nation qui veut dominer un collectif particulier, contrôler son territoire et qui a assez de force pour le faire. Certes, il est évident que nous devons fournir le même soutien à ce collectif lorsqu'il se révolte contre la domination nationale qu'il subit (comme Bakounine, entre autres, l'avait bien saisi) que celui que nous nous sommes engagés prêter à toutes les luttes contre la domination.

Cependant, soutenir la lutte contre la domination nationale ne signifie pas du tout qu'il faille soutenir également la lutte pour la libération nationale, c'est-à-dire la lutte pour substituer une forme de domination par une autre puisqu'elle implique la création d'une nouvelle nation indépendante.

Position complexe qui exige de différencier la lutte contre la domination nationale et la lutte pour la libération nationale, même si les deux sont souvent liées et semblent s'impliquer mutuellement ? Eh bien oui, certainement, une position complexe mais personne n'a jamais prétendu que l'anarchisme soit simple. En tout cas, s'il y a un lieu où aucun anarchiste ne devrait jamais se trouver c'est précisément dans une guerre entre nations et entre nationalismes.

La confrontation actuelle entre la nation espagnole (oppressive) et la nation catalane (opprimée) est un choc entre deux réalités artificielles qui n'existent que comme résultats de certains dispositifs de domination, et c'est précisément lorsqu'on commence à considérer positivement l'une quelconque de ces deux inscriptions identitaires que l'on ouvre largement la porte à une xénophobie rampante.

LA LÉGÈRETÉ DE L'ARGUMENT INDÉPENDANTISTE

Tout le monde sait que l'actuel mouvement souverainiste catalan est extrêmement hétérogène. Il se trouve en son sein des secteurs explicitement et farouchement nationalistes qui exaltent les vertus de la nation, mais il y a aussi des secteurs qui ne manifestent qu'un nationalisme réactif qui consiste principalement à se rebeller contre certaines pratiques de domination et à rejeter les agressions et les impositions du nationalisme espagnol.

Cependant, ceux qui appartiennent à ce deuxième secteur ne se rendent pas compte que leur lutte réactive en faveur de l'indépendance de la nation catalane représente, paradoxalement, le succès de cela même qui l'a réprimé, c'est-à-dire du nationalisme de l'État espagnol, lequel loin de disparaître conservera son principe fondamental en le transmutant en un nationalisme de l'État catalan. Cela ne fait que mettre en évidence la nature hégémonique, sur le plan symbolique, du système oppresseur puisque l'indépendance ne peut être pensée que sous la forme d'une autre nation.

Un troisième secteur refuse explicitement l'encadrement dans le nationalisme et insiste sur le fait qu'il ne vise qu'à briser la dépendance à l’égard de l'État espagnol et à obtenir que la population faite de multiples nationalités et de diverses langues qui habite ce territoire puisse décider librement la forme politique de sa société. Cet indépendantisme soutient que son catalanisme est inclusif, ouvert, non identitaire, et qu'il est fier de son impureté ethnique. La base de son argumentation est qu'il ne vise pas à rendre indépendantes des nations, sinon des peuples et des territoires.

Cela dit, de quel peuple parle-t-on exactement ? Est-ce du peuple des travailleurs ? Et de quel territoire s'agit-il ? Comment sont définies ses limites ?

Or, ce qui est exigé ce n'est pas l'indépendance d'une commune ou d'un collectif particulier, mais de la Catalogne, et c'est bien l'indépendance de cette entité profilée en tant que nation, qui est revendiquée. Cet indépendantisme qui déclare ne pas être nationaliste présuppose l'existence de la nation de la même manière que le fait le nationalisme, et c'est précisément parce qu'il considère que la nation représente l'unité naturelle au niveau politique qu'il affirme que la Catalogne, comme toute autre nation, devrait être indépendante.

Plutôt que de parler d'indépendantistes non nationalistes, il serait plus exact de qualifier les membres de ce secteur en termes de nationalistes politiquement réticents à se définir comme tels.

Un quatrième secteur se compose de libertaires qui, sans se sentir spé­cialement motivés par l'indépendance de la nation catalane, voient néanmoins « el Procés »2 comme une occasion pour créer une rupture capable de déclencher un processus constituant qui soit politiquement émancipateur, et ils soutiennent en conséquence qu'il faut s'impliquer dans le mouvement souverainiste pour élargir la brèche qu'il est susceptible d'ouvrir.

D'autres encore recourent à la vétuste théorie de l'ennemi principal et des « pas en avant » pour soutenir qu'il faut vaincre d'abord le nationalisme dominant, l'espagnol, même s'il faut s'allier pour cela avec un autre nationalisme, le catalan, afin de déblayer la voie pour de nouveaux pas en avant vers l'émancipation. Certains, qui ne craignent pas les paradoxes, vont même jusqu'à dire qu'il faut se battre pour que la Catalogne obtienne son indépendance car c'est la meilleure manière pour en finir avec les revendications nationalistes, et pouvoir aborder enfin les questions réellement importantes.

Ce que ne parviennent pas à voir les indépendantistes qui ne partagent pas une ferveur nationaliste explicite c'est que la participation à la lutte pour l'indépendance, conduit inévitablement, et quelles que soient les motivations sous-jacentes, à imprimer une très forte impulsion au nationalisme. On ne peut pas soutenir l'indépendantisme sans exciter des sentiments nationalistes qui se sont avérés suffisamment dangereux pour que toutes les options progressistes évitent comme la peste cette étiquette.

On ne peut pas participer non plus au processus indépendantiste en faisant valoir que son succès éventuel ne donnera pas nécessairement lieu à la création d'un nouvel État. Sans pouvoir l'affirmer avec certitude, je pense qu'il n'existe pas sur la planète un seul espace géographique habité qui ne fasse pas partie d'un État particulier. Cela entraîne que l'accès d'un territoire à l'indépendance conduise, nécessairement, à la construction d'un nouvel État, parce que c'est la condition pour qu'un territoire constitué comme unité géopolitique indépendante puisse s'intégrer dans son environnement et interagir avec les entités politiques qui le structurent et qui revêtent toutes la forme d'un État.

L'indépendance de la Catalogne ne saurait déroger à cette règle et elle se traduirait, si elle se concrétisait, par la création de l'État catalan (qu'il soit centralisé où fédéral) quoi qu'en disent les indépendantistes anti-étatistes (une confédération supra-étatique de régions, dans le genre de ce que certains envisagent au Pays basque, ne supprime pas l'appareil d'État).

Heureusement, cela ne condamne pas tout projet d'indépendance. La condition de possibilité d'une indépendance qui ne comporte pas la création d'un nouvel État est que l'on ne prenne pas un territoire comme objet à rendre indépendant, mais plutôt une configuration politique particulière. Bien entendu, cette configuration se situe nécessairement dans un espace déterminé, mais elle ne fait pas de cet espace son principe recteur et ne le convertit pas en l'objet qui doit accéder à l'indépendance. En conséquence, son environnement relationnel n'est pas formé par d'autres États, mais par d'autres configurations politiques similaires, situées ou non dans son propre espace géographique. Ce sont donc des critères politiques (modes de vie, d'échanges, de projets, etc.) et non des critères de localisation territoriale qui doivent définir l'entité luttant pour son indépendance, si elle ne veut pas finir par adopter la forme d'un État.

LE MIRAGE DU DROIT DE DÉCIDER

David Fernandez, notable militant indépendantiste situé sur des positions anticapitalistes, radicales, autogestionnaires, et proches de la sphère libertaire, déclarait récemment que « la question de l'autodétermination ne pointe à rien d'autre qu'à la capacité de nous gouverner par nous-mêmes et à ce que l'avenir de ce peuple soit démocratiquement décidé par lui-même ». Une déclaration qui, apparemment, ne peut soulever aucune objection de principe. L'autodétermination est, en effet, un principe politique qui entérine le droit à la libre union et séparation en dehors de toute imposition, c'est-à-dire, en fin de compte, le droit de décider librement.

Toutefois, si le droit de décider est une valeur indiscutable, par contre, sa mise en contexte, son inscription dans un domaine particulier et l'usage qui en est fait se prêtent tout à fait à discussion car il peut se transformer en un simple piège.

En effet, en tant que principe général le droit de décider acquiert une valeur déterminée et un sens bien précis au sein d'un cadre explicitement axiologique où il peut être évalué et comparé aux autres valeurs qui le composent. Cependant ce même principe général transféré à un autre contexte prend un sens différent qui exige une nouvelle évaluation. Le piège consiste à traiter ce principe général comme si sa valeur et sa signification demeuraient toujours les mêmes que celles qu'il présente sans le cadre purement axiologique. Cela revient à masquer le fait que son extraction hors de ce cadre et son insertion dans un contexte différent lui confèrent un autre sens et une autre valeur.

En effet, comment peut-on ne pas défendre ardemment le principe général du droit de décider ? Mais, n'est-il pas vrai que si nous l'insérons dans un contexte entrepreneurial le droit des multinationales de décider librement leurs fusions et leurs séparations n'apparaît plus aussi précieux et aussi indiscutable ?

Le droit de décider qui est revendiqué dans el Procés ne se formule pas dans l'abstrait ni par rapport à n'importe quel domaine de décision. Le droit de décider qui est revendiqué c'est spécifiquement le droit que l'on a parce que l'on est une nation, c'est le droit de décider de devenir indépendant ou non en tant que nation. Si, par ailleurs, cette autodétermination est parrainée par les instances de pouvoir, est établie par le biais des urnes institutionnelles et se trouve limitée à une seule question décidée par les élites dirigeantes, ce ne peut être qu'un simu­lacre d'autodétermination et une manipulation flagrante du droit de décider.

Autodétermination ? Bien sûr, mais pour de vrai, sans suivre les consignes dictées par les institutions et conduisant à des transformations dans de nombreux domaines, effectuées directement par les groupes concernés. Un droit de décider qui se limite à changer un drapeau pour un autre et à créer un nouvel État-nation ne nous concerne pas et ne saurait motiver notre lutte.

EN CONCLUSION

Il est clair que nous devons lutter contre le nationalisme espagnol, et que l'un des jougs dont nous devons nous libérer est l'oppression de l'État espagnol. Mais non pas parce que cette oppression nous contraindrait en tant que membres d'une nation, d'un pays, d'un peuple, d'un territoire, ou comme on voudra l'appeler, sinon parce qu'elle est un instrument de domination et que nous voulons le briser mais sans lui donner la satisfaction de reproduire de façon mimétique ses propres principes fondés sur le fait national.

Il ne s'agit pas d'entraver l'indépendance de la Catalogne, pas plus que de la favoriser, mais plutôt de ne pas masquer la tromperie que représente le fait d'entraîner ceux d'en bas dans ce combat et de montrer le substrat nationaliste sur lequel il repose.

Le plus probable est que nous ne puissions pas éviter d'être andalous ou catalans, où même que nous ne désirions pas l'éviter, mais ce que nous pouvons éviter c'est de transformer ce trait identitaire en un élément primordial. Parce que ce qui importe c'est le poids que nous accordons à nos références identitaires, à notre inscription dans une langue, dans un territoire, ou dans une nation, ainsi que le poids que nous accordons à ses inscriptions dans les valeurs que nous assumons, ou dans les actions politiques que nous développons.

Ce poids va de zéro à l'infini. Il est connu que le poids que lui accorde l'anarchisme est très proche du zéro, tandis que le poids que lui donne, par exemple, le national-socialisme tend vers l'infini. Le point exact où nous nous situons entre ces deux extrêmes dépend de notre degré de nationalisme, conscient ou inconscient.

En Catalogne, nous devons choisir aujourd'hui entre nous draper, soit matériellement soit symboliquement, dans une estelada3 ou bien lutter sur la base des idées libertaires. Et à partir de là, que chacun choisisse légitimement ce qu'il préfère. Cela dit, si nous choisissons de nous engager dans el Procés, nous ne pouvons pas choisir en même temps l'autre option, car cette dernière consiste à lutter pour éradiquer toutes les formes de domination y compris celles qui s'appuient sur la nation. Cela serait aussi incompatible que de nous draper dans le drapeau espagnol, plutôt que de le rejeter avec mépris, et se proclamer anarchiste en même temps.

Cela dit, si les nations ont été faites, elles peuvent également être défaites, et une de nos tâches est justement de les défaire. Nous devons être résolument nationalicides, lutter contre le rôle politique du concept de nation et dénoncer les énormes ressources de toute sorte qui sont investies dans la construction symbolique et dans le maintien de la réalité nationale, qu'il s'agisse de nations avec État comme sans État, parce que depuis les idées libertaires ce n'est pas une nation sans État que nous voulons. Nous ne voulons ni un État ni une nation.

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Source : IBÁÑEZ, Tomás, 2017. Nouveaux fragments épars pour un anarchisme sans dogmes. Éditions Rue des cascades. p. 257-273

1 Publié en 2015, « El triángulo de las Bermudas », Libre Pensamiento n° 83.

2 « El Procés » est le nom donné en Catalogne au processus déclenché par les institutions, par certains partis politiques et par un large secteur de la société civile pour avancer vers l'indépendance.

3 Le drapeau arboré par les indépendantistes catalans.

Pièces jointes

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Commentaire(s)

> Ni Catalogne, ni Espagne ! Lutte de classe !

« L’autodétermination » et le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ont toujours été des revendications BOURGEOISES qui trouvent leur source dans les révolutions nationales de 1848. Le mouvement ouvrier - à part les Bolcheviks, dont c’est l’une des plus grossières erreurs - a toujours refusé de soutenir ce soi-disant « droit », sauf dans des cas bien particuliers, comme Marx en Irlande, et dans des buts bien spécifiques.

Pour le reste, Rosa Luxemburg par exemple a toute sa vie bataillé pour DÉNONCER ce soi-disant « droit des peuples » qui n’est que le droit pour une bourgeoisie d’exploiter « ses » prolétaires sans être embêtée par le voisin ! La Guerre froide a de toute façon montré de façon définitive que ce soi-disant « droit à l’autodétermination » est un jouet des grandes puissances dans leurs combats les unes contre les autres. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce soi-disant « droit » est soutenu PAR TOUTES LES BOURGEOISIES DANS LE MONDE.

Donc, pour en revenir à ce que l’on peut attendre d’une lutte nationaliste, il doit être clair que pour les exploités, c’est : rien, nichts, nada, nothing ! Rosa Luxemburg expliquait déjà il y a un siècle que quand le but est pourri, la lutte l’est aussi. Il n’y a donc rien à attendre pour les exploités de cette empoignade risible entre bourgeois catalans et espagnols, qui ne peut qu'aboutir à un nouvel Etat, avec ses flics, son armée, sa clique administrative, sa gestion du Capital national, et du plomb pour tous les mécontents qui le feraient un peu trop savoir !

Quand le texte vient nous parler de grands principes - « décider » par exemple - sans nous parler des classes sociales qui les mettent en œuvre, il parle dans le vide, même si ses auteurs comprennent bien qu’il y a anguille sous roche. Pour tout dire, la question de l’indépendantisme catalan ne concerne pas les exploités : c’est une explication entre exploiteurs, et rien d’autre. Notre force est dans notre unité, et l’idée de « décider dans son coin » aboutit inévitablement à celle de « se faire réprimer tout seul dans son coin »! Tout soutien à une clique nationale ne peut que nous forcer à renoncer à nos principes, comme le dit très bien le texte.

Donc, soutien à ce texte et à sa conclusion, même s’il y parvient par un autre chemin que le mien : ni Espagne, ni Catalogne, lutte de classe ! Les prolétaires n’ont pas de patrie ! Transformation de la guerre impérialiste en guerre civile !

> .

"Notre force est dans notre unité"
Tu veux dire cette unité qui a fait que des communistes ont assassiné et foutu en prison des anarchistes en Espagne en 36 ?

> Une légère erreur vite corrigée…

Pas des communistes ! Des staliniens, et ça n'a absolument rien à voir !

Les communistes ont été assassinés aussi en Espagne, comme Andres Nin, pour ne citer que lui, et par les mêmes staliniens au pouvoir.

Tout comme il n'y a rien à voir avec les quelques anarchistes internationalistes qui ont refusé de soutenir un camp en 1939-45, comme Voline, et ceux qui sont devenus ministres dans le gouvernement espagnol en 1936…

> Internationalisme

Ouep ! C'est toujours bon de rappeler des évidences,alors le nationalisme, c'est l'Etat nation,si je me souviens bien ...
L'internationalisme c'est bien etre contre le nationalisme !
Donc si de prétendus anarchistes vont foutre leur nez dans la merde nationaliste,ça les regarde .
Nous aurions une situation comparable en Bretagne, que l'on ne manquerait pas d'assister à un spectacle dûment légitimé par de petits chefs nanars qui lavent plus blanc que blanc.

Des noms ?

> Commentaire caché

Un commentaire sans lien avec la contribution a été caché. Même si on aime bien James Carr, on voit pas le lien avec la contribution.

> Communisme à géométrie variable

Le CCI a la fâcheuse manie de récupérer n’importe quel événement pour régler ses comptes avec les mouvements révolutionnaires, à la tête du client et sans peur des contradictions.

Les victimes de la révolution espagnole doivent se retourner dans leur tombe en voyant un représentant du CCI trouver d’un seul coup des vertus « communistes » à Andres Nin et à « quelques anarchistes internationalistes » après les avoir rangés dans le camp de la réaction.

« Le 4 mai et les jours suivants se commémorait le 70e anniversaire des tragiques événements de mai 1937 où le gouvernement de la République - AVEC LA COMPLICITÉ DIRECTE DES DIRIGEANTS DE LA CNT ET DU POUM - ont massacré les ouvriers de Barcelone qui s'étaient soulevés, exaspérés par une exploitation brutale accrue par "l'effort" de guerre. »

http://fr.internationalism.org/ri380/1937_le_frente_popular_contre_les_ouvriers_de_barcelone.html

Il est cocasse de remarquer que le CCI, après avoir abondamment calomnié le POUM et la CNT, a choisi de s’allier pour des raisons stratégiques à la tendance de la CNT représentant le courant pro-Montseny, ministre dans le gouvernement de la République :

Gauche communiste et anarchisme internationaliste : ce que nous avons en commun
https://nantes.indymedia.org/articles/21290

Les anarchistes savent très bien faire leur autocritique sans que des anti-anarchistes primaires viennent leur distribuer des notes de « révolutionnarité ». Et il est évident que leurs critiques et leurs analyses n’ont rien avoir avec celles de léninistes attardés.

Texte complémentaire :

"Alors que la Catalogne est en proie à des changements aussi impressionnants que ceux qui sont survenus depuis les manifestations multitudinaire du 15 mai 2001, il est difficile de ne pas éprouver une certaine perplexité.

Qu’est-il arrivé pour que des secteurs parmi les plus combattifs de la société catalane soient passés du “rodear el Parlament” (“encercler le Parlement catalan”) durant l’été 2011 à la défense des institutions de la Catalogne en septembre 2017 ?

Qu’est-il arrivé pour que ces secteurs soient passés de faire face devant les mossos d’escuadra [policiers catalans] sur la place de Catalunya, en leur reprochant leurs sauvageries, comme celles qu’ils ont infligées à Esther Quintana ou à Andrés Benítez, à applaudir maintenant la présence de ces policiers dans les rues en craignant qu’ils ne soient dessaisis d’une pleine autonomie policière ?

Qu’est-il arrivé pour qu’une partie de ces secteurs soient passés de la dénonciation du Govern [gouvernement catalan] à cause de ses mesures politiques anti sociales au vote récent de son budget ? Et également, qu’est-il arrivé pour que certains secteurs de l’anarchosyndicalisme soient passés de l’affirmation qu’on n’obtiendra jamais de libertés en votant à la défense actuelle de cette possibilité pour les citoyens ?

On pourrait rallonger énormément la liste des questions et on pourrait présenter de multiples réponses à celles qui ont été formulées ici. En effet, on peut évoquer des facteurs comme l’épuisement du cycle de 1978 (vote de la constitution espagnole), la crise économique et ses coupes sombres et la précarisation, l’installation de la droite dans le gouvernement espagnol et ses politiques autoritaires, la corruption scandaleuse du parti majoritaire, etc.

Cependant, il me semble qu’il serait naïf d’exclure de ces réponses celle qui tient compte, également, de la poussée extraordinaire du sentiment nationaliste. Une poussée que les facteurs auxquels je viens de faire allusion ont contribué à renforcer, mais qui a reçu également des doses très importantes de combustible de la part des structures mêmes du gouvernement catalan et de son contrôle des télévisions publique catalanes. Ces années de persistante excitation de la fibre nationaliste ne pouvaient ne pas avoir d’effets importants sur les subjectivités, d’autant plus que les stratégies afin d’élargir la base de l’indépendantisme nationaliste catalan ont été, et continuent de l’être, d’une extraordinaire intelligence. La puissance d’un récit construit à partir du droit à décider, avec l’image des urnes, et à exiger la liberté de voter, était extraordinaire et réussissait à dissimuler parfaitement le fait que c’était tout l’appareil d’un gouvernement qui se mettait en branle pour promouvoir ce récit.

L’estelada (rouge ou bleue) est aujourd’hui sans le moindre doute le symbole chargé d’émotivité sous lequel les masses se mobilisent. Et c’est précisément cet aspect que ne devraient pas sous- estimer ceux qui, sans être nationalistes, voient dans les mobilisations pour le référendum une occasion que les libertaires ne devraient pas laisser passer afin de tenter d’ouvrir des espaces chargés de potentialités, sinon révolutionnaires, du moins porteuses d’une forte agitation sociale. Et ils se lancent donc dans la bataille qui oppose les gouvernements de l’Espagne et de la Catalogne.

Ces libertaires ne devraient pas sous-estimer cet aspect car lorsqu’un mouvement de lutte inclut une importante composante nationaliste, et c’est, indubitablement, le cas dans le conflit actuel, les possibilités d’un changement de caractère émancipateur sont strictement nulles.

J’aimerais partager l’optimisme des camarades qui veulent essayer d’ouvrier des brèches dans la situation actuelle pour permettre des issues émancipatrices, cependant je ne peux fermer les yeux devant l’évidence que les insurrections populaires, et les mouvements pour les droits sociaux ne sont jamais transversaux, ils se heurtent toujours aux classes dominantes qui se regroupent d’un côté des barricades. Alors que dans les processus d’autodétermination, et le mouvement actuel est clairement de cette sorte, une forte composante interclassiste intervient toujours.

Ces processus entraînent une fraternisation entre exploités et exploiteurs en quête d’un objectif qui n’est jamais celui de dépasser les inégalités sociales. Le résultat, corroboré par l’histoire, est que les processus d’autodétermination des nations finissent toujours par reproduire la société de classes, en soumettant à nouveau les classes populaires après qu’elles aient été la principale chair à canon dans ces combats.

Cela ne signifie pas qu’on ne doit pas lutter contre les nationalismes dominants et tenter de les détruire, mais il faut le faire en dénonçant constamment les nationalismes ascendants, au lieu de confluer avec eux sous le prétexte que cette lutte commune peut offrir des possibilités de débordements de leurs positions et d’écarter ceux qui ne recherchent que la création d’un nouvel État national soumis à leur contrôle. Personne ne peut avoir de doutes sur le fait que ces compagnons de voyage seront les premiers à nous réprimer dès qu’ils n’auront plus besoin de nous, et nous devrions avoir tiré des leçons des cas où nous leurs avons tiré les marrons du feu."

Evidemment, RIEN à voir avec ça :

http://fr.internationalism.org/ri405/les_anarchistes_et_la_guerre_l_internationalisme_une_question_cruciale.html

http://fr.internationalism.org/icconline/2009/la_participation_des_anarchistes_a_la_seconde_guerre_mondiale_les_anarchistes_et_la_guerre_2.html

http://fr.internationalism.org/icconline/2009/les_anarchistes_et_la_guerre_3_de_la_seconde_guerre_mondiale_a_aujourd_hui.html

http://fr.internationalism.org/rint133/l_antifascisme_la_voie_de_la_trahison_de_la_cnt.html

> Pour répondre au commentaire précédent…

C’est toujours rigolo de tomber sur des gens qui attaquent systématiquement celui qui parle plutôt que ce qu’il dit ! En l’occurrence, je ne suis pas le CCI et aux dernières nouvelles le CCI et la CNT-AIT sont toujours des organisations indépendantes et aucunement « alliées »…

Il est tout-à-fait clair que le POUM et la CNT étaient des organisations opportunistes qui soutenaient l’Etat capitaliste espagnol, et la Gauche communiste italienne à l’époque ne s’est pas privée de l’écrire - on peut lire la revue Bilan à ce sujet, par exemple http://archivesautonomies.org/spip.php?article2576. A côté de cela, la Gauche communiste italienne faisait campagne pour connaître le sort de Nin quand il a été enlevé par les milices staliniennes.

Mais si l’intervenant précédent veut défendre la CNT et le POUM CONTRE LES OUVRIERS DE BARCELONE, il faudrait qu’il le dise ouvertement.

La participation de ministres anarchistes à l’Etat, le soutien du POUM à l’Etat contre les intérêts de la classe ouvrière sont autant de trahisons de leur part, et quand on vient raconter que les Bolcheviks ont trahi, on peut constater simplement qu’eux n’ont jamais envoyé de ministres dans un gouvernement ouvertement bourgeois !

Mais le problème est un peu plus vaste ; le texte ajouté par le commentateur précédent est très clair sur le danger du nationalisme : je constate simplement qu’il est d’accord avec ce que j’ai écrit dans mon premier commentaire. Il faut juste en tirer quelques conclusions de principe : TOUTES LES LUTTES NATIONALES SONT RÉACTIONNAIRES, OÙ QUE CE SOIT SUR TERRE. On reparle de la Palestine ?…

L’autre problème posé est celui de l’antifascisme, qui n’a jamais été autre chose qu'un soutien à la démocratie bourgeoise. Ce dans quoi la CNT, le POUM et les Trotskystes se sont par ailleurs noyés politiquement. Il est « historiquement démontré » que toute lutte antifasciste ne mène qu'à défendre l'Etat démocratique bourgeois. Ce que la Gauchie italienne disait déjà dans les années 30. Une autre remarque à ce sujet ?…

> Merci pour la leçon

On connaît la vieille rengaine du CCI : personne n’est révolutionnaire sauf nous, donc il faut dénigrer tous les autres. Mais un tel degré de langue de bois ça ne s’est jamais vu que chez les stals ou les jésuites ! Jusqu’a parler à la place des « ouvriers » et écrire des saloperies comme ça :

« Le 4 mai et les jours suivants se commémorait le 70e anniversaire des tragiques événements de mai 1937 où le gouvernement de la République - AVEC LA COMPLICITÉ DIRECTE DES DIRIGEANTS DE LA CNT ET DU POUM - ont massacré les ouvriers de Barcelone qui s'étaient soulevés, exaspérés par une exploitation brutale accrue par "l'effort" de guerre. »

Les affabulations du CCI pour essayer d’adapter l’Histoire à ses théories sont ahurissantes : il y aurait d’un côté la République, la CNT et le POUM, et de l’autre les « ouvriers » , qui se font massacrer par les premiers. Chapeau ! Personne ne saura jamais qui étaient ces « ouvriers », pas « exaspérés » du tout par les staliniens qui leur tiraient dessus, non, mais par « une exploitation brutale accrue par "l'effort" de guerre ». Et comme le CCI n’existait pas à l’époque, les « ouvriers » (dont aucun bien sûr n’était à la CNT ou au POUM) n’ont pas pu avoir les conseils éclairés de la seule avant-garde authentique, et c’est comme ça que la révolution espagnole a échoué…

THE END

> Un tissu de contradictions

Bonjour à l’autiste précédent qui ne comprend toujours pas ce qu’on lui dit : je ne suis pas le CCI et il s’adresse à une organisation qui n’est aucunement intervenue ici. Mais pour lui et les Gauchistes dans son genre, celui qui parle est plus important que ce qu’il dit. La preuve : le commentaire précédent répond à tout et n’importe quoi, mais pas à ce que j’ai écrit ! Et son laïus est dépourvu, totalement, du moindre argument…

La classe ouvrière est une classe HISTORIQUE, elle n’existe donc pas à travers des organisations politiques quelconques, mais à travers sa conscience et son action. Le but historique de la classe ouvrière est le renversement du capitalisme, pas la construction d’un Etat capitaliste ! Lorsque l’Etat espagnol a tiré sur les ouvriers barcelonais au printemps 1937, il était soutenu par la CNT et par le POUM qui ne s’en sont pas désolidarisés que je sache à la suite de ces événements. Donc c’est AVEC LE SOUTIEN DU PC, DE LA CNT ET DU POUM que l’Etat espagnol a réprimé des ouvriers qui refusaient d’accepter tout et n’importe quoi, notamment de laisser tomber LEURS INTÉRÊTS DE CLASSE au profit de la lutte contre le fascisme.

La question est bien là : l’antifascisme ne défend aucunement les mêmes intérêts que la classe ouvrière, il défend les intérêts d’une clique de bourgeois - ici les Staliniens, Sociaux-patriotes ET ceux qui les soutenaient à l’époque, qu'ils le veuillent ou pas - contre une autre - les Franquistes en l’occurrence.

Défendre l’antifascisme revient à défendre la démocratie bourgeoisie, et le commentateur précédent a évidemment un peu de mal à avaler ça ! Du reste, historiquement, c’est toujours ce qui s’est passé, aussi bien pendant la Seconde Guerre mondiale qu’au Chili en 1973, pendant la Guerre d’Espagne comme aujourd’hui face au FN !

Le commentateur précédent en revient de lui-même à se contredire dans son discours : s’il soutient les ouvriers barcelonais contre les Staliniens, il faudrait qu’il les soutienne aussi contre la CNT qui ne s’est pas désolidarisée de cette action - voir le communiqué de cette organisation à la fin des combats - et CONTRE L’ETAT ESPAGNOL antifasciste, ce qu’il n’a pas du tout l’intention de faire…

C’est soit l’un, soit l’autre : les ouvriers OU l’Etat et ceux qui le soutiennent, CNT et POUM compris. Et ça, les révolutionnaires l’ont compris, depuis longtemps ; c'est même à ça qu'on les reconnaît…

> Merci encore pour la leçon…

Notre bouillant idéologue « qui n’est pas le CCI » mais qui défend toutes les positions du CCI sur Indymedia, continue sa désinformation et sa langue de bois en tant que Commissaire aux affaires anarchistes.

Mais les anarchistes n’ont pas attendu les anti-anarchistes primaires pour analyser la guerre d’Espagne et en tirer les enseignements, notamment sur les erreurs de la CNT, qui ont fait l’objet d’une quantité de critiques dans la mouvance libertaire et provoqué des scissions. Et à ce propos, il est intéressant de constater que le CCI a choisi de s’allier stratégiquement précisément avec la tendance qui représente la position de la CNT historique, celle des ministres anarchistes. Et on n’a pas vu l’idéologue « qui n’est pas le CCI » se « désolidariser » du CCI sur cette basse manœuvre politicienne.

L’équivalant des cécéistes étaient totalement absents de la révolution espagnole, puisque dans ses analyse le CCI condamne absolument tous les protagonistes, alors il invente une entité abstraite, les « ouvriers », qui seraient les victimes à la fois de fascistes, des républicains, des antifascistes, de la CNT, du POUM, etc. Sans préciser que ces « ouvriers » étaient pour leur grande majorité à la CNT. Le CCI S’APPROPRIE les « ouvriers » ou les « révolutionnaires » sans plus de précisions, c’est le seul moyen pour lui de pallier son absence totale sur le terrain.

Si la critique des dirigeants libertaires est parfaitement justifiée, et les anarchistes n’ont pas attendu leurs ennemis pour le faire, l’interprétation des journées de mai 1937 par le CCI est parfaitement crapuleuse et digne des procès staliniens.

> Une très belle diatribe de Stalinien honteux !

Quelle rigolade ! Non seulement « l’interprétation parfaitement crapuleuse et digne des procès staliniens » est inconnue au bataillon du « commentateur » précédent, qui n’a rien d’autre à nous donner qu’une affirmation creuse et sans l’ombre d’une démonstration, mais en plus il ne sait pas que la classe ouvrière existe et n’a aucun besoin d’organisations politiques visibles pour avoir une conscience politique ! Que voilà une idée bien stalinienne que de nous dire que les « ouvriers » sont une « entité abstraite »; pour les bourgeois et petits-bourgeois qui ont forcément besoin de « chefs » et « d’organisations » pour exister, on comprend très bien la remarque. Et quand Marx parle de la « vieille taupe » qui « creuse » dans les soubassements du vieux monde, il s’agit évidemment d’une « entité abstraite »…

Rajoutons qu’on va juste demander d’où l’intervenant précédent sort l’idée d’une quelconque « alliance stratégique » entre le CCI et la CNT ! Là encore le caractère parfaitement bourgeois de sa pensée ressort : deux organisations ne peuvent avoir comme relations que des « basses manœuvres politiciennes »… Mais il a sûrement toute la documentation pour nous expliquer tout ça ! Passons sur la remarque sur « l’absence totale sur le terrain », je crains qu’on ne soit là encore sur le terrain bourgeois démocratique : jamais les révolutionnaires du passé n’ont posé la chose ainsi, sauf… les Staliniens qui ont toujours reproché la même chose aux Gauchistes pour les décrédibiliser ! On peut d'ailleurs lui retourner son emballage : l’UJFP et la CNT Vignoles, combien de divisions ?…

Quant à dire que les « révolutionnaires » seraient une « entité abstraite » eux aussi, il s’agit encore une fois d’éviter le débat sur le FOND, c’est-à-dire sur les POSITIONS POLITIQUES : sont révolutionnaires ceux qui défendent et mettent en pratique les principes révolutionnaires définis par le mouvement ouvrier, notamment ceux qui dénoncent le nationalisme pour ce qu’il est, c’est-à-dire l’idéologie de la classe dominante ! Ce qui interdit il est vrai au précédent « commentateur » de se dire révolutionnaire tant qu’il soutiendra bec et ongles que le nationalisme, c’est pas bien chez les Catalans, mais ça va très bien aux Palestiniens !

Rassurons donc ce triste personnage : il ne peut pas être et ne sera jamais une « entité abstraite » révolutionnaire…

> Les bouffonneries continuent

Les « révolutionnaires » et les « ouvriers » ne sont pas des entités abstraites, c’est le CCI qui essaie de les transformer en entités abstraites pour se les APPROPRIER, puisqu’il est par principe contre TOUT ce qui n’est pas CCI. Il ne peut donc pas NOMMER la moindre organisation qui serait sur ses bases idéologiques sectaires et autoritaires.

L’« alliance stratégique » entre le CCI et la CNT-AIT non plus n’a rien d’abstrait, on la voit à l’œuvre dans toute sa splendeur ici : https://nantes.indymedia.org/articles/21290

où l’on voit le CCI « oublier » le rôle soi-disant « contre-révolutionnaire » de la CNT en Espagne pour ne pas fâcher sa tendance montsenyste.

C’était pas seulement une alliance stratégique, c’était surtout une erreur stratégique des petits chefs DES DEUX CÔTÉS, qui n’a fait que susciter des réactions indignées DES DEUX CÔTÉS. Et on n’en entend plus beaucoup parler…

L'élan du CCI actuel vers la CNT-AIT aboutit à l'abandon de sa plateforme politique et à la "révision" du marxisme`
http://fractioncommuniste.org/fra/bci03/bci03_10.php

CNT-AIT ET CCI : JAMAIS !
http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?f=25&t=6519

Le CCI n’a pas besoin de l’alibi des journées de mai 37 à Barcelone pour dénigrer les révolutionnaires, puisque lui et ses ancêtres sont contre tout le monde par principe, avant même juillet 36. Le rôle qu’il essaie de faire jouer au POUM et à la CNT est en effet crapuleux. Eh, oui, « la classe ouvrière existe », c’est le CCI qui n’existe pas, sinon pour juger APRÈS COUP ceux qui ont fait quelque chose.

Encore une fois, il faut que le porte-parole du CCI cesse de parler À LA PLACE DES AUTRES. Les anarchistes ne l’ont pas attendu pour faire leur autocritique quand c’était nécessaire, un mot que lui ne connaît pas.

Un texte pour instruire les néo-staliniens du CCI :

Si c’était à refaire

Ce serait cependant une grave erreur d’aborder la question en termes de "trahison" de la direction de la CNT par rapport à ses objectifs. Le bilan serein et non dogmatique de l’action de la confédération et des positions de ses dirigeants pendant la guerre civile reste encore à faire chez les libertaires. Il faut garder à l’esprit que la révolution espagnole n’était pas la révolution russe.

On peut considérer cette dernière comme l’ultime révolution du XIXè siècle en termes de moyens techniques mis en œuvre. La révolution espagnole a été la première du XXè siècle, avec l’utilisation des blindés, de l’aviation, de la radio, etc.

Elle a été le terrain d’entraînement de l’Allemagne hitlérienne pour la Seconde Guerre mondiale. En Russie, l’État était en déliquescence, toutes les forces sociales opposées à la révolution étaient en état de dissolution. La société russe tout entière était en état de dissolution, après plusieurs années d’une guerre terrible. C’est cette situation qui a permis à un petit groupe d’hommes -quelques milliers en 1917- de prendre le pouvoir. L’extrême degré d’organisation et de discipline de ce petit groupe d’hommes ne peut à lui seul expliquer l’efficacité de son action, ce qui ne retire rien au génie stratégique de Lénine, en tout cas au début.

La société espagnole ne présentait pas ce caractère de déliquescence. Les forces sociales en présence étaient précisément caractérisées et ancrées dans leur mode de vie. La bourgeoisie espagnole, et en particulier la bourgeoisie catalane, était puissante, influente. Des classes intermédiaires nombreuses faisaient tampon et épousaient d’autant plus les idées de la classe dominante qu’elles craignaient la prolétarisation. Une telle situation n’existait pas en Russie.

La révolution prolétarienne en Espagne a dû faire face à des adversaires autrement plus redoutables que ceux auxquels les révolutionnaires russes se sont affrontés, car les puissances capitalistes occidentales, après la Première Guerre mondiale, étaient elles aussi épuisées par la guerre, et les corps expéditionnaires qu’elle envoyait, étaient minés par les désertions.

Les libertaires espagnols ont dû affronter à la fois les fascistes, les staliniens et les républicains. Ça fait beaucoup. La révolution russe a eu lieu à une période d’effondrement général, où les puissances, au plan international, susceptibles de la combattre étaient elles-mêmes épuisées par quatre années d’une guerre terrible.

La révolution espagnole au contraire a eu lieu à une période de montée en puissance de forces réactionnaires d’une puissance jamais vue -le nazisme en Allemagne, le fascisme mussolinien- qui ont soutenu sans réserve de ses armes le fascisme espagnol.

Parmi ces forces réactionnaires figurait le stalinisme, dont les marxistes révolutionnaires qui accusaient la CNT de tous les maux sont sinon directement, du moins intellectuellement responsables. Si les libertaires l’avaient décidé, ils auraient pu aisément liquider les communistes en mai 37, et le comité régional, dans une certaine mesure, avait raison de dire qu’il n’avait pas besoin de dégarnir les divisions anarchistes du front (5).

Les miliciens de Barcelone et de la région, les ouvriers insurgés, les comités de défense des faubourgs auraient largement suffi à la tâche. Mais la situation se serait limitée à la Catalogne, car à Madrid la CNT ne dominait pas. La direction de la CNT ne voulait pas risquer de se retrouver seule face à une coalition fascisto-stalino-républicaine. Par ailleurs, spéculer sur un phénomène d’entraînement dans la classe ouvrière espagnole, qui dans un grand élan d’enthousiasme, aurait soutenu les libertaires catalans, était un risque que la Confédération n’a pas voulu prendre.

L’Espagne aurait éclaté en plusieurs blocs antagonistes, devenant une proie facile pour les franquistes. C. M. Lorenzo a sans doute raison de dire qu’un " triomphe de l’anarchisme espagnol entraînant l’effondrement de la légalité républicaine aurait provoqué à coup sûr contre lui la formation d’une coalition internationale allant de l’Union soviétique (suppression de toute aide en armes et en munitions) aux États occidentaux démocratiques (reconnaissance immédiate du gouvernement fasciste, blocus économique (6)." Le mouvement ouvrier international, et en particulier le mouvement ouvrier français largement influencé par les staliniens, auraient-ils soutenu une révolution anarchiste en Espagne qui se serait opposée par les armes aux communistes espagnols ? Certes, les libertaires se sont de toute façon trouvés face à une coalition fascisto-stalino-républicaine…

La question, dans ces conditions -qu’il est facile de poser soixante ans après-, est : est-ce qu’il ne valait pas mieux tenter le coup ?

Il est facile, lorsqu’on vit constamment "en plein délire d’identification avec la révolution russe", comme dit Carlos Semprun-Maura, lorsqu’on traîne un schéma de révolution qui se limite à la prise du Palais d’Hiver, de reprocher aux libertaires espagnols de ne pas l’avoir fait. On peut, aujourd’hui, reprocher aux libertaires d’avoir fait une mauvaise analyse à la fois de la nature du stalinisme et de celle du républicanisme bourgeois.

On est, aujourd’hui, confondu par leur naïveté (7) : ils sont les seuls à avoir joué honnêtement le jeu de l’antifascisme. Ils étaient les seuls authentiques antifascistes. Ils étaient les seuls dont l’objectif prioritaire réel était la liquidation du fascisme en Espagne sans préconditionner cet objectif à leur monopole du pouvoir.

Au nom de l’unité antifasciste, la CNT, majoritaire en Catalogne, a accepté dans tous les organes de décision une représentation infiniment moindre que celle correspondant à ses effectifs réels, en gage de sa bonne foi… Les libertaires ont fait, tragiquement et à leurs dépens, la preuve que l’antifascisme sans la révolution sociale n’a aucun sens. Ils ont démontré que la liquidation du fascisme ne peut pas se faire avec l’alliance avec un autre fascisme -le stalinisme-, ni avec la bourgeoisie républicaine.

C’est une leçon qui vaut encore aujourd’hui.

http://1libertaire.free.fr/RBerthier12.html

> gesticulations procédurières

Le « Vieux sympathisant » essaie de nous refourguer chaque fois qu’il en a l’occasion, en bon allié du sionisme, sa rengaine sur le « nationalisme palestinien », dont on se demande ce que ça vient faire ici, sinon démontrer que sa haine des Palestiniens n’a d’égale que sa haine des anarchistes.

En bon adepte de la langue de bois stalinienne, le Vieux utilise leurs méthodes pour essayer de faire croire que les anarchistes soutiendraient un nationalisme contre un autre. Ce qui est évidemment faux aussi bien pour la Catalogne que pour la Palestine. Pour la Catalogne, c’est évident dans tous les textes ci-dessus que l’ambassadeur du CCI feint de ne pas voir, continuant à nous débiter ses dogmes surannés.

Et pour la Palestine, il s’agit de nettoyage ethnique et d’apartheid, mots absents de son vocabulaire car Lénine ne les a jamais employés. Ce que demandent les anarchistes et tous les révolutionnaires conséquents, c’est la fin de l’apartheid et du nettoyage ethnique AVANT MÊME LA RÉVOLUTION, sans considérations sur ce que sera LE ou LES Etats que les Palestinien-n-es décideront eux-mêmes sans demander la permission au CCI. Autrement dit que les non-juifs aient exactement les mêmes droits que les juifs AVANT MÊME LA RÉVOLUTION, ce qui est insupportable aux sionistes et à leurs soutiens, adeptes de l'inégalité des peuples.

> Des petits-bourgeois nationalistes hypocrites !

On tourne toujours autour du pot de la question du nationalisme, et il ne faut pas compter sur les deux précédents commentateurs pour nous donner une idée claire de la question ! Tout ce qu’on peut retenir du salmigondi des deux précédents commentaires, c’est que ces messieurs dénoncent le nationalisme catalan mais soutiennent les Palestiniens tout en n’assumant pas qu’en fait, ils défendent un Etat - la Palestine - contre les autres ! C’est la bouillie que nous servaient déjà les social-patriotes pendant la Première Guerre : on soutient le combat de la France contre l’envahisseur allemand, mais on ne soutient pas l’ultra-nationalisme de la Droite ! Les Staliniens nous ont fait le coup aussi pendant la Seconde : on défend la France contre la barbarie nazie, sans soutenir le Capital national français. C’est un tissu de mensonges ! Le soutien à un « peuple » ou à une « nation opprimée », c’est TOUJOURS le soutien à une clique bourgeoise, au nationalisme, aux intérêts du Capital national. Lénine et Rosa Luxemburg dénonçaient déjà ce discours pourri du SPD et de la Social-démocratie en 1914 ! Comme le dit le commentateur précédent, les « anarchistes » (qui ça ? L’OCL ? AL ? Les Vignoles ? Ce sont des anarchistes ???) ne soutiennent « évidemment » pas le nationalisme en Catalogne, mais c’est effectivement beaucoup moins « évident » en ce qui concerne la Palestine !

Quant aux buts que ces messieurs nous proposent, il s’agit simplement de mettre fin à la guerre et à la barbarie au Proche-Orient, et de donner les mêmes « droits » à tout le monde. En gros, c’est la défense de la démocratie bourgeoise, c’est-à-dire que ces soi-disant « révolutionnaires » qui vont « évidemment » nous dire qu’il faut dénoncer la démocratie en France la trouvent très bien dans le même temps en Palestine ! On est toujours dans le même tissu de foutaises des petits-bourgeois gauchistes, trotskystes, maoïstes, anars d’Etat, qui nous recyclent les absurdités des Staliniens et des Social-patriotes !

Les révolutionnaires, les vrais, ont une autre idée de la démocratie bourgeoise ; il lui ont réglé son compte il y a un siècle, dans le texte suivant :

https://www.marxists.org/francais/inter_com/1919/ic1_19190304a.htm

Nos petits-bourges gauchistes viennent nous parler de « droits » sans nous parler de classes sociales, alors même que les « droits » des bourgeois n’ont jamais été ceux des ouvriers ! Tout comme le nationalisme catalan est soutenu par les petits-bourgeois et la paysannerie les plus réactionnaires, une soi-disant « démocratie » en Palestine ne sera profitable qu’aux exploiteurs palestiniens. De « droits », les prolétaires n’en verront jamais la couleur ! Et dire qu’il faut rappeler ces évidences à nos soi-disants « révolutionnaires »! En fait, ces messieurs défendent l’Etat capitaliste démocratique et le mensonge qu’il véhicule, celui de la soi-disant « égalité » de tous, mensonge dénoncé il y a déjà 150 ans par Marx, puis à nouveau par la Troisième Internationale il y a un siècle ! Et pourtant, nous sommes bien placés en France pour savoir à quoi nous en tenir sur ledit mensonge !

Nos petits-bourgeois soi-disant « révolutionnaires » mais complètement réactionnaires sont en fait de vaillants défenseurs de la démocratie d’Etat, de l’Etat capitaliste démocratique. Ils ne l’assument pas, tant pis pour eux, mais au moins c’est très clair maintenant ! Qu’ils nous disent à côté de ça qu’ils ne soutiennent pas le nationalisme catalan n’est qu’une hypocrisie, puisque cette « dénonciation » est basée sur du vent !