Note sur les actions autonomes ayant eu lieu à Hamburg, et sur la répression de ces dernières.

Mis a jour : le lundi 10 juillet 2017 à 12:39

Mot-clefs: Contre-sommets Répression
Lieux: hambourg

Je commencerai par la situation actuelle [9 juillet à 13h]. Depuis hier, la Polizei est en mode arrestation. Les forces d'intervention et les USK (CRS) ont masqué leurs matricules et arrêtent arbitrairement des camarades dans tout le centre-ville. Fouilles des sacs et pression psychologique, parfois des coups reçus (c'est mon cas, coups de poing dans les côtes), et parfois matos perso arraché ou jeté.
Après n'avoir cherché en priorité qu'à blesser des camarades lors des actions, la police rôde dans la ville à la recherche d'activistes italiens et français. Beaucoup de gardés à vue, les espaces à cet effet (3m2, tout en blanc) sont saturés. Quelques arrestations plus longues aussi, je crois qu'un camarade parisien s'est fait prendre le 7 dans la nuit. Un certain nombre d'interpellations débouchent sur un fichage Identité + Photo. La legal team semblait débordée hier soir. Même une euro-députée italienne a été un instant arrêtée, c'est pour dire la pression qu'il y a dans le centre-ville, où tout le monde est un suspect. La presse filme les actions illégales de la police (fouilles sur des étrangers en dehors du cadre d'une manifestation / d'un "trouble à l'ordre publique", par exemple). La violence policière s'étend, en cette fin de G20, à tous-tes. On compte quelques journalistes bousculés voire agressés. Edit 1: selon la legal team, les cellules de GAV (gesa) sont trop pleines (8 personnes pour 5 places), il y a des transferts à la prison.

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toute ressemblance avec un ancien ministre français serait purement fortuite.

Je reviens maintenant sur une description chronologique des faits.

Le 6/07 : manifestation Welcome To Hell au Fischmarkt. Immense cortège autonome, des milliers de camarades de tous les horizons lancent des slogans en allemand, français, grec, italien, anglais, russe. Attaque de la police sur le bloc révolutionnaire, la manifestation n'ayant même pas commencé. Cause ? manifestants masqués, la préfecture a ordonné de taper dans le tas. Le replis est difficile, énormément de blessés (au moins 300), les camarades montent un premier muret puis en sautent un de quelques mètres avant de se positionner contre le fleuve. Certains s'accrochent même au dessus du fleuve. La police essuie des tirs de bouteilles en verre et de fumigènes ce qui permet aux camarades tout devant, tenant la banderole, de s'en "sortir". Les milliers de policiers font régner l'ordre au port, à côté de passants évanouis, ou faisant des malaises. Beaucoup de manifestants tombés au sol lors des mouvements de foule sont frappés au poing. Des manifestations sauvages de moins de 50 personnes à chaque fois partent et font des dégâts sur leur chemin avant de se replier.

Le 7/07. Colour the red zone. Le Messenhalten (où se trouvaient les dirigeants) est bouclé par la police et par des militaires. Impossible de peindre la zone interdite. 8 hélicoptères au dessus de ce petit espace, dont 3 hélicos militaires américains. La manifestation du soir à Reeperbahn est interdite. La police poursuit des camarades devant le squat Rote Flora, ce qui fait que tous les camarades se pressent à Sankt Pauli. Débute une nuit émeutière. Pour l'anecdote, on se retrouvait entre français en criant "camembert" dans la foule, entre les brasiers et les dizaines de barricades dans de nombreuses rues. Les plus grosses sont dans le quartier de Schanze où la police essuie de nombreux blessés (la préfecture parle de 197 blessés graves à ce moment, en comptant les jours précédents, mais en expliquant que ce jour ci a fait la plupart des dégâts). Une banque détruite, avec les grilles arrachées, des supermarchés pillés : tout le monde se sert, on peut enfin dîner, 3-4h après le début de l'émeute. La situation se calme un peu vers 1h45 quand les camions à eau peuvent enfin avancer. Le Rote Flora a fonctionné en coordination avec les pompiers et les médics pour aider des camarades. Du jamais vu à Hamburg depuis 20 ans, les zones de repli sont nombreuses, les squats ouverts pour se protéger.
Dans la nuit, au camp au Volkspark, la police a harcelé les militants et activistes avec des hélicoptères se relayant, et en se positionnant autour du camp de quelques centaines de camarades, elle a mimé 2 probables descentes à 3h05 et 6h10 pour nous empêcher de dormir et d'aller à la manifestation du 8.

Le 8/07. Début de la chasse des keufs. Manifestation sans black bloc. Les plus radicaux sont interpellés individuellement par la police, on a retrouvé au moins une dizaine de banderoles abandonnées dans un fossé au bord de la route de la manifestation. Harcèlement des militants, la police se lâche. Elle sait qu'elle a perdu. 22000 policiers, les forces spéciales autrichiennes, des chiens, tanks, canons à eau, ça n'a pas suffit à faire régner l'ordre spectaculaire policier dans le centre-ville, désormais rempli d'un grand ressentiment contre la préfecture et ses hommes.

Soutien aux potes et camarades en GAV et en prison, à celles et ceux qui ont pris des coups. Remettons ça le 12 décembre à Paris contre le sommet "climat" macronien.