Rennes: Arrestations... et droit de manifester

Mis a jour : le mercredi 31 mai 2017 à 13:37

Mot-clefs: Répression
Lieux: Rennes

Le 30 mai au matin, les policiers sont intervenus dans plusieurs endroits de la ville pour interpeller 7 personnes qui auraient participé à la manifestation du 27 avril qui avait pour objectif : « ni Le Pen, ni Macron »

L’objectif du préfet et du directeur départemental de la police était d’interdire, de nasser et de réprimer la manifestation de ce 27 avril. La manifestation est marquée par une organisation militaire du dispositif policier, regroupant à nouveau la BAC, la BST, la SIR (la Brigade d’Intervention), un hélico et une escouade de gendarmes mobiles.
Dès le début de la manifestation, les interventions se sont multipliées :

* Rue de l’Alma à 13h45 le 27 avril 2017, 3 cars de la SIR ont foncé dans le cortège et traversé la manifestation pour prendre position boulevard Beaumont.

* Plus tard, une charge violente a eu lieu à proximité du pont de Nantes faisant plusieurs blessés dont un passant

* plusieurs nasses (notamment à la fin de la manifestation à Croix Saint Hélier) ont eu lieu ponctuées de fouilles et de provocations diverses.

* Plusieurs interpellations ont eu lieu au cours des charges de la part des CRS présents au Pont de Nantes.

Il s’agit bien d’un contexte d’affrontement. Et c’est dans ce contexte d’affrontement qu’a eu lieu l’altercation avec les motards ouvrant la voie aux brigades d’intervention..

Heureusement, il faut faire remarquer qu’aucun policier n’a été blessé et qu’aucun manifestant n’a été éborgné ou tué, un des motards ayant sorti son arme.

Nous rappelons que toutes les plaintes déposées contre les violences policières, pourtant circonstanciées ont été classées sans suite (sauf celle à l’encontre des policiers de la SIR qui ont éborgné l’étudiant en Histoire, semble-t-il) .

Cette stratégie de l’affrontement mise en œuvre par l’ex ministre de l’intérieur M. Cazeneuve lors des manifestations lors de la loi travail se poursuit de manière stérile. Le 27 avril, il y avait près de 3000 manifestants de 12h à 14h à Rennes.

Ne pouvant mettre fin au mouvement social et au mouvement de la jeunesse, la répression policière vise à multiplier les arrestations et les procédures judiciaires. 3 doivent passer en tribunal correctionnel le 2 juin à 16h. 7 sont en garde à vue aujourd’hui !

Demain, Amnesty International qui sort son rapport sur le droit de manifester en France, constate la mise en œuvre de restrictions disproportionnées à la liberté de réunions pacifiques sous couvert de l’état d’urgence en France.

La stratégie préfectorale de l’affrontement à Rennes que nous dénonçons illustre ce contexte analysé par Amnesty International.

La répression policière, pas plus que l’état d’urgence ne mettront fin au mouvement social commencé il y a plus d’un.

Rennes le 30 mai 2017

Sud PTT 35 - Le bureau départemental

Commentaire(s)

> .

les interpellés de Rennes ont refusé d'être jugés en comparution immédiate, ils ont été placés en détention provisoire jusqu'à fin juin. Ils dorment ce soir en taule sans procès. Solidarité !

source : https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/photos/a.336512019718311.70910.294803323889181/1350029775033192/?type=3&theater

> Non ! Braquer une manifestation n'est pas un geste responsable

Ce mardi 30 mai 2017, à 6h du matin, la police rennaise, armée et cagoulée, venait arrêter 7 personnes à la suite de la manifestation du 27 avril 2017 à Rennes. Quelques jours à peine après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2000 personnes avaient réussi à manifester dans le centre ville. Ce jour-là, un moment de confusion avec un motard de la police, visiblement trop près de la foule, fit vivre une extrême tension aux centaines de personnes de ce cortège. Alors que cette manifestation fût la seule à réussir à exprimer véritablement un dégoût des résultats du premier tour, elle se voyait pointée par l’arme d’un policier. Toutes les autres tentatives entre avril et mai avaient rapidement été écourtées par des violences policières, des nasses, des arrestations. Celle-là, voyait, en prime, la normalisation d’un geste insensé. Non ! Braquer une arme de poing sur une foule ne sera jamais un geste responsable, fut-elle en colère de se voir constamment réprimée pour avoir simplement essayée de manifester.

L’affaire qui se présente aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler les modes opératoires de la police lors d’assignations à résidences, d’interdictions de manifester et d’autres arrestations fallacieuses dans le cadre du mouvement contre la loi Travail. Nous percevons bien le double enjeu de ces opérations. D’un côté, il y a la répression de l’opposition politique afin d’assurer un début de mandat sans réaction, de l’autre, il y a l’augmentation et la consolidation de la marge de manœuvre des policiers.

Ce 31 mai, les sept personnes arrêtées s’apprêtent à passer en comparution immédiate. Le deux jours plus tard, trois autres personnes arrêtées le jour-même de la manifestation, passeront elles aussi devant le juge. Nous qui prendrons part aux mouvements sociaux qui s’annoncent, et qui comprenons bien le message lancé par le pouvoir, nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et exigeons l’abandon immédiat de toutes les poursuites dont il font l’objet. Nous appelons par ailleurs à prendre part au rassemblement de soutien aux trois camarades arrêtés le 27 avril, ce vendredi 2 juin à 16h devant la cité judiciaire, à l’occasion de leur procès.

Nous ne nous laisserons pas intimider.

La Maison de la grève. 31 mai 2017

https://maisondelagreve.boum.org/Non-braquer-une-manifestation-n

> Communiqué du Collectif contre la criminalisation du mouvement social

NON ! BRAQUER UNE MANIFESTATION N’EST PAS UN GESTE RESPONSABLE.

5 militants Rennais ont été envoyés en détention ce mercredi 31 mai, dans le cadre d'une opération politico-policière.

Mardi 30 mai, 6h, à Rennes. Des policiers font sauter des portes : bélier, boucliers, cagoules, armes de poing, fusils d'assaut. Des appartements sont retournés et sept personnes arrêtées.

Un mois plus tôt, lors d'une manifestation, un motard de la police nationale dégainait son arme de service et mettait en joue les manifestants qui lui hurlaient de baisser son pistolet.

La manifestation Ni Le Pen Ni Macron du 27 avril 2017

Pendant l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, le 27 avril dernier, des rassemblements et des manifestations ont lieu dans toutes les grandes villes de France avec pour mot d'ordre "Ni Le Pen Ni Macron". À Rennes, le centre-ville est complètement bouclé et occupé par des centaines de policiers casqués et armés. Malgré cela, 1500 à 3000 manifestants se retrouvent dans une ambiance festive. Afin d'éviter d'être nassés pendant plusieurs heures comme ce fût le cas lors de la manifestation précédente le 23 avril, le cortège s'élance dans un parcours improvisé.

N'étant pas parvenu à empêcher la manifestation de se tenir, le dispositif policier se met en branle et tente à plusieurs reprises de bloquer et d'encercler la marche. Deux motards de la police nationale se positionnent sur le pont Féval, au-dessus des voies ferrées, afin d'anticiper le parcours des manifestants. L'avant du cortège court en direction des deux policiers pour ouvrir la voie à la manifestation. Une des motos démarre, tandis que l'autre reste sur place. Des manifestants bousculeront le motard pour l'encourager à déguerpir.

C'est à ce moment précis que celui-ci descend de son véhicule, saisit son arme de service et menace la foule en la mettant en joue. Face à cette réaction aussi disproportionnée qu'effrayante, les manifestants partent en courant pendant que certains s'époumonent en lui criant de baisser son arme. Finalement, il remontera sur sa moto et partira comme il aurait pu le faire dès le début. Il se fera reconnaître 1 jour d'ITT pour dommage « psychologique ». Fin de l'épisode « agression d'un motard en marge d'une manifestation à Rennes ».

Mais la pression policière s'est encore accrue contre la manifestation, avec trois arrestations arbitraires (notamment pour récupérer la caméra d'un manifestant). Elles donneront lieu à des accusations fantaisistes : des pierres ont été glissées dans les poches des manifestants pour trouver une raison de les embarquer en l'absence de faits réels à leur reprocher. La fin de la manifestation s'est soldée par une nasse à la Croix Saint Hélier, où les derniers lycéens présents ont subis des violences graves de la part des policiers. Le communiqué de l'équipe médic' dénonce : « Plusieurs personnes ont été victimes de coups de pied dans les parties génitales, la cage thoracique, de clefs d’étranglement et de coups à la tête ».

Nous ne nous laisserons pas intimider

Toutes les autres tentatives de manifestations entre avril et mai avaient rapidement été écourtées par des violences policières, des nasses, des arrestations. Celle-là, voyait, en prime, la normalisation d’un geste insensé, à grand renfort de déclaration préfectorale et maintenant de montage judiciaire. Non ! Braquer une arme de poing sur une foule ne sera jamais un geste responsable, cette foule fut-elle en colère de se voir constamment réprimée pour avoir simplement essayée de manifester.

L’affaire qui se présente aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler les modes opératoires de la police lors d’assignations à résidence, d’interdictions de manifester et d’autres arrestations fallacieuses dans le cadre des mouvements contre la loi Travail ou contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Nous percevons bien le double enjeu de ces opérations. D’un côté, il y a la répression de l’opposition politique afin d’assurer un début de quinquénat sans réaction, de l’autre, il y a l’augmentation et la consolidation de la marge de manœuvre des policiers.

Ce 31 mai, cinq des sept personnes arrêtées la veille ont été présentées devant le tribunal en comparution immédiate, elles seront toutes envoyées en détention préventive en attente de leur procès le 21 juin après avoir demandé un délai pour préparer leur défense. Ceci leur sera notamment reproché par la juge comme une preuve de leur « dangerosité » qui justifie un mandat de dépôt, tout comme l'usage de leur droit de garder le silence en garde-à-vue.
Ce vendredi 2 juin, une des trois personnes arrêtées le jour même de la manifestation passera elle aussi devant le juge.

Nous qui prendrons part aux mouvements sociaux qui s’annoncent, et qui comprenons bien le message lancé par le pouvoir, nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et exigeons l’abandon immédiat de toutes les poursuites dont ils font l’objet.

Il n'est pas question de nous laisser intimider et nous appelons dans un premier temps à prendre part au rassemblement de soutien au camarade arrêté le 27 avril, ce vendredi 2 juin à 16h devant la cité judiciaire, à l’occasion de son procès. D'autres actions de solidarité seront organisées dans les prochains temps.

(Le collectif contre la criminalisation du mouvement social s'est formé à Rennes au printemps 2016 pour faire front contre la répression qui s'est abattue sur le mouvement contre la loi Travail, regroupant des organisations politiques et syndicales, des groupes et des individus)