Contre HOURIA BOUTELDJA : une REACTIONNAIRE antiféministe, antisémite, homophobe, interclassiste, sexiste à l'université RENNES 2

Mis a jour : le jeudi 4 mai 2017 à 19:30

Mot-clefs: antifascisme
Lieux: Rennes

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C'est avec une certaine consternation que nous avons appris que le vendredi 5 mai prochain, allait se tenir à la fac de Rennes 2 une présentation du livre "Les blancs, les juifs, et nous" de la porte-parole du Parti des Indigènes de la République, sur invitation du collectif de doctorants, jeunes chercheurs et précaires DOCARèNE, évènement relayé sur la page du comité de mobilisation.
Nous considérons comme très grave la présence dans un lieu de luttes de celle qui incarne et porte le message de la frange la plus réactionnaire du mouvement dit "décolonial", et ce pour les raisons suivantes :

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1 - Houria Bouteldja développe un discours tendanciellement antisémite  :

A grand renfort d'essentialisme, elle explique dans son livre (p49) qu'on reconnait les juifs (qu'elle présente comme un corps social, concept organiciste cher au national socialisme) à "leur capacité à se fondre dans la blanchéité". Elle parle ainsi de "leur zèle" à devenir les "dhimmis de la République" qu'elle considère comme "une trahison". Selon elle "vous [les juifs] avez renoncé à déchoir les blancs de leur trône et leur avez prêté allégeance.". Lors d'un de ses discours publics à Paris, elle a expliqué qu'il y avait un "sous-problème juif" imbriqué au "problème blanc".

Comme Alain Soral, elle assimile les juifs à la politique coloniale israélienne (p.51), et entretient une confusion constante entre antisionisme et antisémitisme notamment par la dénonciation d'un "philosémitisme d'Etat". Dans un tweet du 30 mai 2015, le PIR déclare que "les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe".
Tout au long de son livre, Houria Bouteldja entretient un rapport obsessionnel à Hitler et la Shoah, qu'elle considère comme "une religion civile européenne" ("le temps du blasphème est venu", affirme-t-elle p59).

L'essai devient carrément glauque quand elle écrit p.54, toujours au sujet des juifs : "Après tout, vos renoncements vous regardent. Le pire, c'est mon regard, lorsque dans la rue, je croise un enfant portant une kippa.Cet instant furtif où je m'arrête pour le regarder."

2 - Houria Bouteldja et le PIR sont farouchement opposés aux couples mixtes et rejettent le concept de métissage, qu'ils considèrent comme une arme coloniale. Dans un entretien avec la revue Vacarme, Houria Bouteldja défend à nouveau le "corps social indigène" en affirmant que "la perspective décoloniale, c'est s'autoriser à se marier avec quelqu'un de sa communauté", avec la centralité absolue du mariage comme modèle de relation de couple.
Dans son livre (p.76), elle brosse un tableau apocalyptique des unions mixtes : "Sait-on combien de nos sœurs se sont suicidées, prises dans le feu de la bataille des deux patriarcats ?"
La solution qu'elle propose pour rendre possible les mariages mixtes est la conversion religieuse, qu'elle considère comme la seule option crédible au rééquilibrage des dominations coloniales dans le couple.
Lien : http://www.vacarme.org/article2738.html

3 - Houria Bouteldja et le PIR considèrent que l'homosexualité en tant que catégorie politique comme une arme de la colonisation, utilisée pour diviser le "corps social indigène".
Elle affirme page 81 : "Les blancs lorsqu'ils se réjouissent du coming-out du male indigène, c'est à la fois par homophobie et par racisme. Comme chacun sait "la tarlouze" n'est pas tout à fait un "homme", ainsi, l'Arabe qui perd sa puissance virile n'est plus un homme. Et ca c'est bien. [...] on ne s'étonnera pas de la compétition viriliste et homophobe qui s'installera dans le camp d'en face et qui prendra un plaisir vicieux à surjouer une sexualité fabriquée par le regard colonial "
C'est tout au long de ce passage qu'elle valide l'idée que le virilisme homophobe puisse être une arme "décoloniale", et qu'assumer son homosexualité puisse être considéré comme une trahison.
Lors d'un passage page 81, elle s'extasie sur l'intervention d'Ahmadinejad à l'ONU où ce dernier affirme "Il n'y pas d'homosexuels en Iran" (après qu'il ait été questionné au sujet d'une série de pendaisons publiques). Dans sa grille de lecture anti-impérialiste et décoloniale, elle qualifie cette réponse de "mensonge artisanal", de "mauvaise foi exquise" face au "mensonge industriel" des américains sur le scandale de la prison d'Abou Ghraib.

4 - Houria Bouteldja défend des positions fortement anti-féministes et profondément réactionnaires en ce qui concerne le statut des femmes, quand elle ne s'oppose pas frontalement aux féministes qu'elle accuse dans son livre p82 de s'attaquer aux «mecs de banlieue » uniquement par « solidarité de race » avec les « hommes blancs », elle n'hésite pas à affirmer à plusieurs reprises que le corps de la « femme indigène » ne lui appartient pas : p72 :"Mon corps ne m'appartient pas. Aucun magistère moral ne me fera endosser un mot d'ordre conçu par et pour des féministes blanches. [...] J'appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l'Algérie, à l'islam"
Elle dit ainsi à propos du féminisme que « Nous reprocher de ne pas être féministes, c'est comme reprocher à un pauvre de ne pas manger de caviar. » (http://indigenes-republique.fr/pierre-djemila-dominique-et-mohamed/). Comme si lutte contre le patriarcat était un luxe...
Lors de la soirée de présentation de son livre au lieu dit elle affirme que « les hommes sont sexistes parce qu'ils sont le produit d'un système patriarcal, tout simplement. Pour les hommes de notre communauté, parce qu'en plus il y a le racisme, ils développent un virilisme sans doute plus accentué. » Elle considère ainsi que le sexisme des hommes de « sa communauté » est le fruit du racisme : « Comment agir quand la stratégie de survie du dernier consiste à exposer ses pectoraux, à faire étalage de sa virilité ?» Ainsi les seules perspectives de lutte contre le patriarcat pour les femmes « indigènes » seraient de passer d'une part par l' « allégeance communautaire » afin d'envoyer un « message clair à la société blanche » et par la simple « négociation entre les hommes et les femmes ». Elle donne ainsi deux exemples de libération de la femme, l'un étant le port du hijab qui serait « l'une des expressions de ce compromis », l'autre étant le mariage avec un homme de sa communauté : « Le sms d'une copine quand elle s'est mariée avec un homme de sa communauté : « Enfin libre ! ». » Quelle autonomie laissée aux luttes féministes !

5 - Houria Bouteldja défend une une conception interclassiste essentialiste et délirante de son fameux "corps social". Page 26 de son livre, cette attachée commerciale parisienne déclare :
"Je fais partie de la strate la plus basse des profiteurs. Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. Le peuple blanc, propriétaire de la France : prolétaires, fonctionnaires, classes moyennes. Mes oppresseurs. Ils sont les petits actionnaires de la grande entreprise de spoliation du monde.
Au dessus, il y a la classe des grands possédants, des capitalistes, des grands financiers qui ont su négocier avec les classes subalternes blanches en échange de leur complicité une meilleure répartition des richesses du gigantesque hold-up et la participation très encadrée au processus de décision politique qu'on appelle fièrement la démocratie"

6 - Houria Bouteldja et le PIR défendent l'alliance avec des organisations réactionnaires nationalistes ou religieuses :
- des groupes comme l'UOIF (qui a lancé des fatwas contre les émeutiers en 2005) et le CCIF, qui compte parmi les principales officines des Frères Musulmans en France, puissante organisation politique, religieuse et conservatrice originaire d'Egypte, aujourd'hui proches d'Ennahdha en Tunisie et de l'AKP de Erdogan.
- des groupes comme Participation et Spiritualité Musulmane, qui a appelé à la Manif pour Tous, soutient l'Alliance Vita (l'un des principaux lobbys français anti-IVG), et dont l'organisation a assassiné des militants étudiants au Maroc dans les années 90.
- le Hezbollah, groupe islamiste chiite et un parti politique libanais qui combat en Syrie au côté de Bachar el-Assad.
Sur Dieudonné : Lorsque le PIR s'exprime sur Dieudonné, il ne lui reproche essentiellement que son alliance avec Alain Soral, en déniant à la fois ce qui précède sa rencontre avec Egalité et Réconciliation, sur le fait qu'il puisse avoir une pensée propre, comme si ne pouvait être antisémite, nationaliste, homophobe et néo-fasciste que sous l'influence du "blanc soralien".

Voir p.73 à 85 de l'ouvrage "la fabrique du musulman" de Nedjib Sidi Moussa (éditions Libertalia) : https://drive.google.com/file/d/0Bw8s7gWZJrE3dWFNR3NueHV6MkE/view

Sur l'UOIF : https://www.streetpress.com/sujet/1425034331-pourquoi-je-n-irai-pas-au-rassemblement-contre-l-islamophobie-aux-cotes-de-l-uoif
Sur Participation et Spiritualité Musulmane : http://confusionnisme.info/2015/03/03/assez-de-participation-et-spiritualite-musulmanes-dans-nos-luttes/
Sur le PIR et Dieudonné : http://indigenes-republique.fr/dieudonne-au-prisme-de-la-gauche-blanche-ou-comment-penser-linternationalisme-domestique/

7 - Le PIR est un parti autoritaire, réformiste, dont le principal objectif est la captation du pouvoir et l'encadrement des luttes:

Toute la stratégie du PIR et du mouvement décolonial se base sur le fait de promouvoir la race comme catégorie politique, en partant du principe qu'il existerait une démarcation consubstantielle entre ce qu'ils appellent la gauche blanche et les "indigènes", regroupés "naturellement" derrière les militants décoloniaux.

Plus globalement, ce rôle de représentants de la race se concrétiserait par le fait d'assurer la médiation avec les organisations de gauche, qui ne serviraient pour Houria Bouteldja que les intérêts des blancs   (spéciale dédicace aux camarades syndicalistes).

Cet objectif est assumé explicitement dans le point V de leur programme "Un Parti pour construire une Direction politique indigène", dans lequel le PIR décrète : " La constitution d'une identité politique commune des indigènes exige l'existence d'un pôle unifié représentatif." qu'ils concrétisent en affirmant que "Le PIR se donne pour tâche de contribuer à la formation d'une Direction politique unifiée."

C'est depuis ces positions qu'Houria Bouteldja et les cadres du PIR tentent de mettre la main sur la mémoire de la guerre d'Algérie, sur les mouvements de l'immigration des années 70, sur la Marche de 83, et les émeutes de 2005 qu'ils tentent de faire passer pour une révolte raciale et décoloniale.
C'est évidemment autour des meurtres policiers que le PIR essaye aujourd'hui de poser son assise sur la mobilisation via le label de "l'antiracisme politique". Cette hégémonie et cette fonction de récupération politique est d'ailleurs amèrement constatée jusque dans les groupes et les organisations qui partagent ses analyses sur la race et l'oppression coloniale.
https://quartierslibres.wordpress.com/2017/03/17/tribune-libre-ils-ont-commence-indigenes-ils-sont-maintenant-indigestes-ils-finiront-indignes/

Contrairement à se qu'il prétend vendre par l'amour, le PIR n'a donc absolument rien de révolutionnaire, comme en témoigne son programme (http://indigenes-republique.fr/le-p-i-r/nos-principes/ ) :

• "Le PIR a pour objectif politique l'avènement d'une majorité politique contrôlant les principaux leviers institutionnels et déterminée à engager les profondes réformes institutionnelles, sociales, économiques et culturelles, nécessaires pour poursuivre le processus décolonial, dans ses différentes dimensions, et combattre les inégalités raciales."

• La fonction d'encadrement, elle, est pleinement exprimée dans le point suivant : " Le PIR agit pour former et développer un réseau de cadres et de militants politiques aguerris, sérieux, responsables, créatifs et disciplinés."

• C'est dans cette idée que le PIR a embauchée une société de sécurité privée pour encadrer la Marche pour la Justice et la Dignité du 19 mars 2016. Ce n'est pas une pratique nouvelle : en novembre 2015, durant la Marche pour l'Egalité et la Dignité (annoncée à l'occasion des dix ans du PIR), Houria Bouteldja et les membres du MAFED avaient déjà embauché une société privée pour faire le service d'ordre du cortège.
• Dans une émission radio internet au sujet de la Marche de 2015, Stella Magliani-Belkacem (soutien inconditionnel du PIR dont elle a préfacé l'ouvrage de lancement aux éditions la Fabrique) le clame d'ailleurs haut et fort : "Il n'y pas plus légaliste que nous, on marche en rangs serrés !" (minute 53 : https://soundcloud.com/user28001656/marche-de-la-dignite-kiyemis-et-stella-magliani-belkacem-chez-bienvenue-chez-oam-radio-fpp)

  • Pour toutes ces raisons, nous appelons à critiquer et s'opposer le plus largement possible à l'intervention d'Houria Bouteldja et des membres du PIR à Rennes 2, ainsi que dans les espaces où le mouvement s'organise.

• Des révolutionnaires rennais-es

PS : Nous pouvons mettre en ligne l'intégralité des pages que nous citons, afin de prouver que ces phrases ne sont en aucun cas "sorties de leur contexte".

Commentaire(s)

> Les contre-exemples ne manquent pas

[…] "C’est en parallèle de ces rapprochements, et probablement en réaction, qu’une poignée de militants a mis en place une campagne de dénigrement de l’antiracisme politique, sur fond de négation du racisme structurel. Ainsi, nous avons pu, ces derniers mois, voir circuler à Rennes un pamphlet intitulé La race comme si vous y étiez ! signé des « amis de Juliette et du Printemps ». La cible de cet ouvrage n’est autre que l’antiracisme politique, ici renommé « racialisme ». Aussi surprenant que cela puisse paraître, la thèse centrale de l’ouvrage consiste à affirmer que l’antiracisme serait « racialiste » quand il ne se limite pas à l’affirmation que « les races n’existent pas » mais qu’il prend en compte les effets du racisme, la racialisation des rapports sociaux et les différentes assignations qui en découlent.

Si le Parti des Indigènes de la République (PIR) et Houria Bouteldja, sa porte-parole, sont les principales cibles du livre, ses rédacteurs ne cachent pas leur opposition à tous ceux qui « considèrent qu’ils n’ont rien à voir avec le PIR mais s’appliquent à en utiliser les catégories et la novlangue » (page 216). Comme le disent eux-mêmes les rédacteurs de La race comme si vous y étiez, « au delà des outrances de l’égérie du PIR, c’est bien aussi à l’ensemble de ces milieux qui lui servent de près ou de loin de caisse de résonance que ce livre entend s’opposer » (pages 218-219), le principal reproche fait à « ces milieux » étant la reprise du concept de « race » pour penser les rapports sociaux liés au racisme structurel et au continuum colonial en France.” […]

Si le refus de l’usage du mot « race » est le plus souvent uniquement argumenté par le fait que sa simple prononciation relèverait du racisme, ceux qui refusent l’usage de ce terme montrent pourtant, de manière assez fréquente, leur refus de prendre en compte les effets du racisme institutionnel et structurel. Ainsi, dans « Contre le racisme, contre l’État, sa police et sa justice », publication de quatre pages distribuées à Rennes contre l’appel à la marche du 19 mars, il est affirmé que « n’en déplaise aux tenanciers de l’ethno-différencialisme politique, de Patrick Buisson à Houria Bouteldja, la grande révolte de novembre 2005 n’était ni « décoloniale » ni « raciale » ». Si nous notons là aussi la supercherie consistant à reprendre un terme élaboré par l’extrême-droite (l’ethno-différencialisme étant un concept théorisé par la Nouvelle droite pour justifier son racisme) pour amalgamer racistes et militants de l’antiracisme politique, nous souhaitons surtout nous attarder sur l’affirmation selon laquelle « la grande révolte de novembre 2005 n’était ni « décoloniale » ni « raciale » ».

Toutes les organisations de l’antiracisme politique sont ainsi diabolisées pour le simple fait d’exister. La voix des Rroms, en plus d’être accusée d’être un faire-valoir du PIR, se voit ainsi reprocher de porter des « intérêts victimaires » (page 21) en luttant contre la rromophobie de l’État français. Paroles non blanches, expérience antiraciste non-mixte à l’université Paris 8, est qualifiée, dans une rhétorique proche du conspirationnisme, de « tentative d’OPA bancale sur le mouvement contre la loi El Khomry » menée par « quelques étudiants racialistes » (page 51). Là aussi, ces procès d’intention ne sont pas sans rappeler l’angoisse de ceux qui, au même moment, disaient qu’il était « sexiste » de faire un comité féministe non-mixte à l’université Rennes 2 pour imposer une autre répartition des tâches et de la parole à l’intérieur du mouvement. […]

Si la négation de la structuration raciste des rapports sociaux est présente au cœur de la prose de ceux qui considèrent l’antiracisme comme « racialiste », cette négation a pour corollaire un refus d’analyser l’histoire du colonialisme. Dans La race comme si vous y étiez !, il est ainsi reproché à Houria Bouteldja et au Parti des Indigènes de la République de trop s’intéresser à l’histoire de l’Algérie coloniale et de ne pas condamner la politique menée par le FLN après l’indépendance ni les crimes des islamistes algériens (page 133). Au delà des procédés douteux consistant à demander à chaque personne saluant la lutte anticoloniale de « condamner » la politique mise en place par le gouvernement algérien après l’indépendance, et de suspecter chaque personne faisant référence à l’Islam de complaisance avec des crimes commis par des islamistes, nous notons ici une ignorance du fait que les militants du PIR analysent l’histoire du colonialisme car ils considèrent que des rapports coloniaux sont encore présents dans la politique menée par l’État français. […]

Sans avancer un seul argument pour remettre en cause le constat de la persistance de rapports coloniaux, ou simplement tenter d’invalider une analyse de l’influence des guerres coloniales dans l’histoire de la République, les « amis de Juliette et du Printemps » reprochent par exemple à la Maison de la Grève d’avoir rappelé lors d’un séminaire intitulé Contre l’état d’urgence, penser l’état du monde que le premier vote de l’état d’urgence (en 1954) était lié à la situation en Algérie (page 109). A propos du PIR, on apprend aussi qu’exiger la reconnaissance des crimes du colonialisme par l’État français serait une erreur car … « nous ne savons pas ce qu’est la France, concrètement » (page 74). En outre, les personnes qui, comme Houria Bouteldja, considèrent le soutien des porteurs de valise aux militants du FLN comme un exemple d’« amour révolutionnaire » se voient reprocher de « continuer à jouer de la fascination anti-impérialiste, à faire encore miroiter les vieux mirages d’un peuple en lutte derrière quelques combattants courageux. » (page 125), sans que nous ne comprenions en quoi les Algériens qui se sont opposés en masse au colonialisme ne constituaient pas « un peuple en lutte ».

Aussi, les développements sur la cause palestinienne sont éclairants quant au peu d’attention portée par les « amis de Juliette et du Printemps » à la question coloniale. Reprenant la propagande de l’État israélien, il est ainsi écrit dans La race comme si vous y étiez ! que les accords signés à Camp David entre les pouvoirs israélien et égyptien pour liquider le soutien à la résistance palestinienne avaient permis d’ « entrevoir des perspectives de paix (vite oubliées) dans le conflit israélo-arabe », les accords étant uniquement « impopulaires dans les cercles de pouvoir panarabes ou islamistes » (pages 168-169) et non, par exemple, dans les rues de Palestine ou des camps de réfugiés. De plus, si la deuxième intifada est critiquée car définie comme « religieuse », la révolte en cours en Palestine que certains nomment « troisième intifada » est dénoncée comme « raciale », et les membres de l’Union Juive Française pour la Paix seraient « de bons gros antisémites » (page 30) car ils la soutiennent. […]"

https://expansive.info/Non-l-antiracisme-politique-n-est-pas-racialiste-395

> pas mal

mais dur de pas rire quand on lit des antipiristes citant quartiers libres et sidi moussa l'auteur d'un livre aussi creux que la wertkritik et défenseur d'alternative libertaire orga trostkonationaliste

> -

Dans une époque de crise généralisée propice à la confusion, dans laquelle prospèrent des courants contre-révolutionnaires, menaçants voire meurtriers comme les rouges-bruns, les boutiquiers racistes Soral et Dieudonné ou différentes variantes de l’islam politique, certains ne trouvent donc rien de mieux à faire que de ressusciter la théorie des races en réhabilitant les assignations culturelles, sociales et religieuses dans la droite ligne de l’ethno-différentialisme de la nouvelle droite. Le retournement est allé au point que le simple questionnement de l’idéologie racialiste devient impossible, tant dans les réunions publiques que sur les sites internet des milieux militants, qui opèrent à cet endroit une véritable censure. L’ensemble prospère et tient notamment par un chantage à la culpabilité que manient très bien les tenants de cette idéologie. Ironiquement, aujourd’hui, refuser les termes de « race » ou « d’islamophobie » expose à l’infamante accusation de racisme, visant à étouffer ainsi toute possibilité de débat, de critiques et de refus. Certains anarchistes en sont rendus à proscrire le slogan « ni dieu ni maître » sous prétexte d’« islamophobie » et certains marxistes pensent que pour être antiraciste il est urgent d’ajouter la « race » à la classe. De fait le terme de « race » qui était jusqu’à peu l’apanage de l’extrême droite se retrouve aujourd’hui à toutes les sauces. La promotion des identités, le communautarisme culturel ou religieux n’ont jamais eu d’autres fonctions que de maintenir la paix sociale.

Le clivage à l’œuvre autour de ces questions se doit donc d’être clarifié et travaillé de manière réfléchie. À plus forte raison dans la situation actuelle, le racialisme ne peut mener qu’à la guerre de tous contre tous. Cette offensive politique est lourde de conséquence pour tous, et d’un point de vue révolutionnaire c’est un point de rupture. Où en serons nous dans quelque temps si elle s’avérait victorieuse ? Tôt ou tard, il va bien falloir choisir son camp et le plus tôt sera le mieux.

Été 2016

Assemblée en mixité révolutionnaire et non-mixité de classe

> Le retour des anti-racialisateurs

A lire :

Pourquoi les « anti-racialisateurs » (et aussi celleux qui les soutiennent) font partie du problème... et non de la solution

https://nantes.indymedia.org/articles/36245

> Des antiracialisateurs qui ont l'air d'avoir pas mal d'influence sur l'Etat et les municipalités

Samedi 6 mai : Discussion avec Houria Bouteldja déplacée à la Maison de la Grève

"Suite à l'annulation de la réservation d'une salle auprès de la Maison des associations de Rennes (sur ordre de la Mairie), la Maison de la Grève s'est proposée d'accueillir l'évènement organisé le 6 mai par le Collectif Racisé et Décolonial, l'Union Juive Française pour la Paix et le collectif "Vérité et Justice pour Babacar". Nous les en remercions.

Le samedi 6 mai, c'est donc la Maison de la Grève (37 rue Legraverend, métro Anatole France) qui accueillera à partir de 14h la discussion organisée par nos trois collectifs en présence d'Houria Bouteldja. Nous republions ci-dessous notre communiqué à propos de cet évènement."

CRED, UJFP, Vérité et Justice pour Babacar

https://nantes.indymedia.org/articles/37645

Contre les anti-racialisateurs et le racisme d'Etat, nous ne nous laisserons pas faire !

> Le racisme ne passera pas !

Construire le PIR comme épouvantail et diaboliser l’antiracisme politique dans le but d’empêcher les convergences.

Si, comme nous l’avons constaté, les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! ne disent pas grand chose du racisme, nient son caractère structurel et alignent les invectives contre ceux qui utilisent le mot « race », nous avons dans les trois premières parties de notre développement choisi d’ignorer leur obsession à l’encontre du Parti des Indigènes de la République. Notre priorité était de démontrer que l’enjeu de cet opuscule est moins la critique du discours d’un parti politique que la négation du racisme structurel et la diabolisation de l’antiracisme politique sous toute ses formes. Dans La race comme si vous y étiez !, après une première partie rendant compte avec plus ou moins de mauvaise foi d’une soirée de présentation du livre Les blancs, les Juifs et nous de Houria Bouteldja dans un bar parisien, et listant nommément les personnes présentes dans un style qui s’apparente au rapport de police, la seconde partie de l’ouvrage attaque tous ceux qui entretiennent des liens avec l’antiracisme politique, ou simplement acceptent d’en débattre.

Dans la majorité des cas, il s’agit bien plus d’étiqueter et de créer des réputations que d’argumenter. Ivan Segré, auteur d’un article critiquant de manière virulente le chapitre « Vous, les Juifs » du livre de Houria Bouteldja, est défini comme un « talmudiste « philosémite » de service » et est attaqué pour son texte « s’inscrivant dans le cadre de la campagne marketing de promotion du brûlot antisémite » (page 113). Malgré sa charge à l’encontre de la porte-parole du PIR, Ivan Segré se voit donc considéré comme une caution à l’antisémitisme que les « amis de Juliette et du Printemps » prêtent à Houria Bouteldja, et ce pour le simple fait qu’il lui « distribue bons et mauvais points » (page 113), c’est à dire qu’il reconnaît une certaine pertinence aux constats du PIR à propos des structures racistes de la France post-coloniale.

Thierry Schaffauser, militant d’Europe-Écologie et du Strass, est quant à lui assigné au rôle d’ « homo du PIR » par les « amis de Juliette du Printemps », qui lui reprochent d’avoir écrit une tribune de soutien aux Indigènes de la République sur le « site LGBT controversé, Yagg » (page 99). Autre reproche fait à Thierry Schaffauser, le fait d’être proche de « mouvances racialistes et « antisionistes » borderlines dont il diffuse régulièrement la propagande sur les réseaux sociaux (PIR, LMSI, BDS, CRAN, etc) ». (page 102) Nous ne saurons pas pourquoi Les Mots Sont Importants (collectif luttant contre le racisme d’État, créé en 2004 dans le contexte de la lutte contre la loi d’interdiction du voile à l’école), la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions à l’égard d’Israël ou le Conseil Représentatif des Associations Noires seraient « borderlines », pas plus que nous ne saurons pourquoi nous devons considérer Yagg comme un « site LGBT controversé ». Nous sommes simplement enjoints à croire les rédacteurs de l’ouvrage, sous peine d’être bientôt nous-même « controversés » ou dénoncés comme liés à la « mouvance racialiste » si nous venions à en « diffuser la propagande sur les réseaux sociaux ». […]

http://www.reperes-antiracistes.org/2017/04/non-l-antiracisme-politique-n-est-pas-racialiste.html

> Le titre seul montre les intentions des anti-racialisateurs

Contre HOURIA BOUTELDJA : une REACTIONNAIRE antiféministe, antisémite, homophobe, interclassiste, sexiste à l'université RENNES 2

ça donne même pas envie de le lire, on dirait les titres de Marianne ou de la LDJ !

ça ne devrait pas impressionner les antiracistes, mais plaire à la mairie de Rennes

> Modération à priori

vu le trollage incessant sur le sujet, passage en modération à priori.

> Article en débat.

Article mis en débat en attendant discussion avec les autres modo

> trollage !!!!

article deja publié là : https://nantes.indymedia.org/articles/37638

franchement quand on voit l'acharnement des gens et le nombre de trollages et forcing qu'ils sont prets a faire, ça donne déjà une bonne indication de leur but, et quand on lit certains mensonges facilement vérifiable, c'est limite pathétique qu'ils se rendent pas compte à quel point ils se ridiculisent et sont contre-productifs...
Sauf que la Mairie de Rennes n'attendait que ça pour anuler l'évènnement, et là, franchement, c'est la police et les fachos qui doivent se frotter les mains...

> Article refusé.

Effectivement doublon de l'article https://nantes.indymedia.org/articles/37638
merci !

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