Le récit mensonger de la préfecture à propos d’une "jeune enfant dans une voiture en feu"

Mis a jour : le lundi 13 février 2017 à 13:33

Mot-clefs: Médias Racisme quartiers populaires
Lieux: paris

La préfecture de police communique sur une prétendue petite fille dans une voiture en feu qui nécessitait une intervention des flics. Voici un témoignage qui contredit cette version policière éhontée.

Ce soir, une partie de la presse reprend un communiqué de la préfecture tentant de manipuler la réalité afin de justifier une intervention policière. Dans ce communiqué il est dit :

« Des effectifs de police ont dû intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu », écrit la préfecture de police dans un communiqué de presse ce samedi soir.

Il convient donc de rétablir la vérité.

Vers 17h 45, les jeunes revenaient vers le rassemblement après s’être affrontés aux flics au niveau de la dalle de la préfecture. Les (très) jeunes revenaient très chauds de cet affrontement. Dans une certaine excitation, ils faisaient un peu n’importe quoi en s’en prenant notamment aux poubelles, les cramant et les faisant rouler ensuite le long de la rue Pablo Picasso.
A un moment, les jeunes ont renvoyé rouler une poubelle enflammée sur une voiture en mouvement. La poubelle ne s’est pas renversée, le feu n’a pas pris. Autour, des projections de feu ont eu lieu, un peu. Mais la voiture n’a pas pris feu.
De la voiture, une femme paniquée est sortie en se jetant sur la plage arrière où étaient ses deux enfants. Je l’ai notamment vue sortir son enfant.

Je répète qu’il n’y avait pas de feu. La petite fille a été sortie par d’autres gens qui ont réagi direct.

Suite à ça, les jeunes qui avaient fait cette connerie se sont fait grave embrouiller par la foule, et notamment des plus grands qui les ont accusés de faire n’importe quoi. Parallèlement à ça, des gens ont poussé la voiture de manière à l’écarter du feu. Un mec s’est d’ailleurs fait écraser le pied à cette occasion par les pneus.
Tout le monde a réagi et a aidé la maman à retrouver sa fille, qui avait été perdue dans la mêlée. Mais à ce moment là on n’a pas été très aidé par la police parce qu’ils ont gazé massivement jusqu’à ce qu’on ne puisse littéralement plus respirer dans la rue. A ce moment là, la maman n’était plus du tout en danger...

Donc plusieurs éléments sont à sortir de ça :

- La voiture n’était pas en feu. Elle ne l’a d’ailleurs jamais été. Une voiture a bien brûlé plus tard au même endroit mais il s’agissait d’une Renault Clio grise alors que la voiture de la dame était (me semble t’il ) une Peugeot.

- La maman n’était pas en danger, il n y a pas eu d’agression physique sur sa personne, ni sur les enfants évidemment.

- Il y a eu une grande solidarité des gens auprès de la maman. Les gens ont tout fait pour retrouver sa fille.

- La préfecture joue un rôle louche puisqu’elle tire sur la corde affective. On a connu ce procédé pendant la manif du 14 juin contre la loi travail à propos de l’hôpital Necker. Pareil durant la COP21, où la préfecture avait tenté de camoufler les violences policières en utilisant les morts du 13 novembre.

Link_go http://paris-luttes.info/le-recit-mensonger-de-la-7538?lang=fr

Commentaire(s)

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Article Mis à jour le 12 Février à 10h

12 février 11h : La préfecture de police revient déjà sur sa version dans un tweet ce matin :
[embed de https://twitter.com/prefpolice/status/830701578319458306]

Ce ne sont donc plus les unités anti émeutes qui ont aidé la jeune fille mais "un jeune homme". Ils vont bientôt devoir avouer que la voiture n’était pas en feu.
Sur la fiabilité du témoignage :
Paris luttes est un outil qui fonctionne sur la confiance. Nous nous basons sur la bonne foi des personnes qui nous transmettent des témoignages et nous refusons éthiquement de promouvoir des informations fausses.
Sur ce témoignage précis, nous nous appuyons sur les confirmations d’au moins 4 personnes différentes qui ont vu la scène sous différents angles.
Ce témoignage, sorti hier à 21h45, soit environ 1h30 après le communiqué de la préfecture de police est d’ailleurs en parti corrélé par un autre récit publié plus tard sur "Le Bondyblog".