à balle de réel

Mis a jour : le jeudi 9 février 2017 à 15:05

Mot-clefs: Répression
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MOURIR POUR AULNAY ?

Aulnay c’est moi, Aulnay c’est toi, Aulnay c’est nous, Aulnay c’est  tout !

Ça y est. C’est arrivé dans la nuit du 6 au 7 février 2017. Désormais, en France « métropolitaine », la police maintient de nouveau l’ordre à balles réelles. Pour le baptême, 17 coups de feu ont été tirés, ils en annoncent bien d’autres.

Nous ne sommes pas dupes de la provocation que réalise l’Etat en déclenchant des émeutes pendant la campagne présidentielle et ce en pleine débandade de la classe politique corrompue qui dirige le pays ou espère le diriger à nouveau. Depuis cinq  jours Aulnay-Sous-Bois (lieu de résidence de la victime des violeurs en uniformes) vit sous l’oppression de centaines de policiers, équipés d’armes automatiques et de fusils de snipers.

Quatre jours de provocations, de menaces et d’insultes, à Aulnay-Sous-Bois ! Aulnay-Sous-Bois, la sœur de Clichy d’où est partie la révolte populaire de 2005 après l’homicide de Zyed et Bouna par la police ! Aulnay-Sous-Bois où les travailleurs grévistes de PSA ont payé le prix fort pour leurs luttes, et ont eux-aussi été humiliés par les autorités, violentés par la police et punis par les juges !

Aulnay, c’est tout ce qu’il y a de pourri dans ce pays, l’impunité policière, la pauvreté, le racisme, le chômage, la violence,  la déprime : tout cela les habitants d’Aulnay le subisse, tout comme moi, tout comme toi, tout comme nous tous !

On nous parle de tirs de sommation ! Certes, nous les prenons comme tels, et nous entendons y réagir de la manière la plus ferme et déterminée qui soit. Face à cette sommation générale nous reprenons la rue ! Car elle est à nous, la rue, nous habitants de cette ville et de ce pays. Mais surtout, depuis la déclaration de l’état d’urgence, cette rue nous apparait trop souvent comme le terrain de jeu de la flicaille et des fascistes.

Nous accusons l’Etat et sa politique militariste à l’étranger d’être la source des attentats qui ont justifié la mise en place de l’état d’urgence. Nous dénonçons les parlementaires qui veulent aujourd’hui voter une loi qui autorise les policiers à assassiner qui ils veulent. Nous n’oublions pas les 2.000 blessés de la grève contre la loi travail, nous sommes solidaires des habitants d’Aulnay, nous voyons notre destin à tous et toutes, dans le malheur qui les frappe aujourd’hui.

Notre solidarité va au-delà de la compassion, ces 17 balles ont été tirées sur nous tous-tes. Il convient de savoir réagir à cette menace qui vient de nous être formulée. Il convient aussi de nous organiser pour lancer la lutte contre le piège tendu à toute une société par une stratégie de tension, par le nationalisme, le racisme et une ambiance de guerre civile. Il y a urgence.

UN SEUL MOT D’ORDRE : REVOLUTION