Nous sommes dans un laboratoire de la répression pour les années qui viennent

Mis a jour : le mercredi 22 juin 2016 à 01:11

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Aujourd'hui ils en sont à interdire les manifestations, prétextant le fait que de nombreuses personnes aient décidé d'exprimer leur colère...

Aujourd'hui ils en sont à interdire les manifestations, prétextant le fait que de nombreuses personnes aient décidé d'exprimer leur colère, d'être un tant soit peu offensifs par rapport à la violence quotidienne de l'ordre existant, et surtout de résister à l'agressivité très forte des flics. Espérons que cette colère et cette détermination se propagent, parce que ce qui se joue dans cette lutte n'est pas seulement l'abandon d'une loi ou un coup d'arrêt à une exploitation qui se durcit, mais surtout la possibilité même de continuer de lutter.
Des milliers de personnes ont déjà subi les nouveaux atours du maintien de l'ordre, le fait que manifester est désormais prendre le risque d'être blessé à tout moment, les difficultés de se réunir pour s'organiser, les expériences répressives (voltigeurs, nouvelles armes, interdictions de manifester etc.), et bien d'autres fantaisies. Aller toujours plus loin, taper le plus fort possible, et voir jusqu'où cela peut passer. La France est devenue un laboratoire de la répression pour les années qui viennent. La gestion du durcissement des conditions de vie s'annonçant sera à l'image de ce que nous subissons aujourd'hui : la brutalité policière.
D'ailleurs, des interdictions de manifestation, il y en a déjà eu. Dès décembre à Caen, une manif contre l'état d'urgence a été empêchée par les flics. Depuis, c'est devenu une mauvaise habitude, les cortèges trouvant régulièrement un mur policier au bout de la rue... Pourtant, la  lutte continue et va continuer. Espérons que nous serons nombreux et nombreuses à ne rien lâcher, ou même à rentrer dans la bataille.

Quelques comptes-rendus de la manif du 14, montrant une autre réalité de cette manifestation:

https://paris-luttes.info/street-medics-bilan-provisoire-du-6180Street Medics : Bilan provisoire du mardi 14 juin - Paris ...paris-luttes.infoPour commencer, nous tenons à souligner que cette manifestation était d'une ampleur exceptionnelle, tant par le nombre de manifestant-es présent-es que par la ...

https://paris-luttes.info/temoignage-en-tete-de-cortege-6146

https://paris-luttes.info/ce-que-j-ai-vu-a-la-manifestation-6157

Que crève ce monde !

Commentaire(s)

> Une idée très juste, mais incomplète.

Ce que dit ce texte est très juste - l'État expérimente effectivement aujourd'hui différentes tactiques de répression - mais oublie une chose : la répression est fonction de la force du mouvement, d'une façon inversement proportionnelle ! Autrement dit : la bourgeoisie ne s'amuse pas à réprimer un mouvement fort et qui se développe, elle sait très bien ce qu'elle risque à le faire ! Un mouvement social est un rapport de force, par définition fluctuant et qui peut basculer sur très peu de choses.

Historiquement, c'est toujours face à des mouvements faibles ou en voie de déstructuration que s'exerce la répression la plus forte, afin d'approfondir la défaite. Si les CRS sont présents en ce moment partout dans les manifestations, c'est bien que la bourgeoisie sait qu'elle ne risque absolument rien à le faire, parce que le « mouvement » en ce moment est en train de s'enfoncer dans la défaite !