Ni amies, ni famille ; nos peaux !

Mis a jour : le lundi 23 mai 2016 à 15:09

Mot-clefs: -ismes en tout genres (anarch-fémin…)
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Sur le péril, pour d'aucunes avant d'autres, de la glu inclusiviste politique et identitaire. Pour ne pas dire que ça n'aura pas été évoqué. Après...

On ne se dépêtre guère, ici et là, de la tradition d'exotisme politique léniniste, subjectiviste et messianiste de l'avènement du vrai et des vraies, des classes comme des identités pures et dures, se suivant et se bousculant sur la « scène historique », censées à chaque fois porter enfin en elles, par essence, situation ou volonté, la purge du monde de ses détestables travers, et avec lesquelles il urge de se trouver, pour faire partie des rescapées ; ce qui est déjà de l'esbrouffe méta-sociale à une « fusion des intérêts » bien problématique dans le distributif du même où elle se campe. Et conséquemment ces nous inclusifs-conditionnels, dont il faut bien sûr tâcher d'être, de l'un ou de l'autre, pour ne pas être avec eux (et réciproquement vu la configuration binaire actuelle) ; nous en rien descriptifs, nous normatifs, impératifs moraux-politiques, intégraux (la politique du pack), qui entendent rassembler (mais dans la discipline, attention), simplifier, conséquemment ordonner, éliminer - et ce, bien sûr, les gentes, ces en-trop récurrentes, ces outres de justification ou de culpabilité, jamais les formes sociales, naturalisées, réappropriables et reproductibles à merci. Avec les plus sympathiques raisons du monde, évidemment. Et les habituels lendemains qui chantent, au milieu de leur cortège armé de nécessités ou priorités historiques, qu'on a pourtant déjà abondamment expérimentées, comme leurs retours.

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Franchement, de ce point de vue, les universalistes m'effraient moins, du fait qu'elles ne vont en ce moment à peu près nulle part. Ce qui paradoxalement laisse des possibilités que le justicialisme bouche souvent pour des décennies avec les dégâts et les décombres de ses cités idéales ; et le dégoût durable comme l'incrédulité qu'ils suscitent ainsi à chaque fois pour des tentatives de sortie effective du rapport social, qui ne vont jamais d'elles-mêmes, puisque comme son sujet nous le (re)constituons activement. Je ne trouve pas que le bilan de la modernité, des Lumières, ne soit que du pourri - ne serait-ce que parce qu'elles ont développé les conditions de ce pari sur de possibles sorties (L. Goldman). Et devrait avoir enseigné que rien n'est promis, acquis, écrit. Il est vain de se lamenter du dirigisme campiste qui résume pour le moment les positions en présence, comme de leurs entrismes ou de leurs prétentions hégémoniques, vu qu'on ne peut vraiment pas dire qu'en pensée sociale et politique il y ait du choix, de la profondeur et des perspectives - c'est précisément à construire. Et si on reste là à chouigner, à « réagir », à ressentimenter (sport très partagé et qui mène, de tous les côtés, à des conséquences très fermées et très sales) ; à « s'indigner » ou à se dignifier (la dignité, c'est la monnaie de singe qu'imprime l'économie politique en berne pour éviter qu'on aille voir ailleurs), à ne rien piocher, eh bien on (je parle d'abord pour certaines, c'est clair) sera bouffées ou ensevelies, et même on l'aura en partie mérité. Je dis en partie parce que la faiblesse est aussi une conséquence du rapport social.
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Quand est-ce qu'ici et là, à feminist- ou tpglande par exemple, d'aucunes arriveront à se désengluer des fatalités, des manques d'audace, des facilités de regroupement, à lancer d'autres approches (et d'autres media) critiques, sans exigence de consensus, que les bordées binaires d'anathèmes, injonctions, intimidations actuelles qui occupent la place, convergent pour fermer toute échappée, et couvrent bien mal la pure et simple concurrence entre citoyennes et identitaires pour l'intégration au monde systémiquement hétérocis' de l'appropriation obsessionnelle et de la valorisation masculine (masculin comme ensemble d'éléments référents, neutres, « évidents » et surtout désirables) ? Rien que pour ça, il n'y a pas de convergence ni de formule magique en l'état, ni de communauté humaine possible sur des principes intrinsèquement clivants, hiérarchiques et autodévorants. Ce sont ces principes qu'il faut revoir. Ça c'est le Marx par exemple que les léninistes, néo ou paléo, dénoncent comme « égaré », « philosophique », pas pratique quoi... La pratique comme primat c'est la reproduction permanente. L'extrémisme, avec son simplisme attributif, réduit au pur politique essential supposé déterminer le social (vieille croyance de droite depuis le 18ème, qui a largement infusé à gauche - de l'insurrectionnalisme au légalisme.), est tout autant que le « juste milieu » conservateur, tout autant que les « retours à », à l'opposé des radicalités possibles, qui prendraient le rapport social à la racine et en tant que tel, à l'origine du sujet, et non l'inverse. Et qui causeraient de vivre comme condition première. Là c'est la lutte entre gardiens idéologiques (et qui peuvent devenir, ne l'oublions pas, au gré des circonstances des gardiens tout à fait tangibles) pour que « personne ne sorte ». Et c'est beaucoup plus pratique, pour parquer question et questionneuses, de tout ramener à un schéma de volontarisme politicard, à une idéologie de la mauvaise volonté quoi, qui est précisément celui où se tiennent les institutions, afin de court-circuiter la question sociale, de jouer aux dames avec les pions de l'identité, et de tout bonnement négocier, brutalement, le pouvoir en l'état. Effectivement, ça paraît tout à fait mal parti pour autre chose. Il faut donc en tirer conséquence, se prendre en compte, boucher ses oreilles aux sirènes, et se protéger, voire se défendre si on le peut, quand on fait partie des cibles consensuelles. Et se méfier de toutes les bonnes volontés affichées autant que des ouvertement mauvaises. L'expérience historique a de quoi documenter à cet égard. On est alors souvent victime des désirs, illusions, de l'unification fraternelle, des radeaux de survie bariolés, et tout ce genre de choses, qu'avancent à dessein les pseudintégrationnistes pour mieux séparer et naufrager.
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En tant que transse, et quelques autres dévaleurs associées, on apprend (toujours trop lentement - et comme qui dirait la transmission ne se fait guère, à cause entre autres des illusions genre « moi je serai sauvée », auxquelles on tient déraisonnablement et qui ont amplement contribué à l'efficacité de bien des exterminations) à se méfier fortement des qui se définissent amies, alliées, bienveillantes, « viens avec nous », la grande famille, etc. Surtout quand elles sont bardées de cuirasses de vérité, de légitimité. Dans ce genre de rapport rendu inévitablement condescendant et malhonnête par la transmisogynie qui est planétaire, comme tout le rapport social, ça veut dire des qui vont t'instrumentaliser et t'exploiter (l'exotisme a rebours des vilaines petites bêtes pitoyables) puis t'éliminer. En gros comme au détail. Tu penses bien que le fameux monde rêvé de demain, enfin remis sur ses pieds, ramené aux traditions, réordonné selon la justice, qu'elle soit productive, naturelle, transcendante ou populaire (avec, dans son dos, encore une fois son amie la « nécessité » et son grand couperet), aura encore moins besoin de transses que celui-ci, et qu'il n'y aura plus de laxisme à ce sujet : pas besoin, pas de vie ! La logique économique transfigurée en rectitude totale, inéchappable, voilà le ciel, la terre et le sous-sol des cités idéales post-ou anti-. C'en sera fini des « décadences bourgeoises et occidentales » ou « remises en cause des différences essentielles », selon les différentes options antimodernes aujourd'hui opposées, mais qui finiront à terme par se tendre les bras, dans l'apothéose, ou dans l'apocalypse, de la remasculinisation (finale ?) du monde, au dessus des cadavres des illégitimes, au sens très large du terme, à commencer par tout l'assigné féminin ! Bref, là encore, de quelque côté que ça vienne, il faut bien se garder des politiques de la main tendue. Vivre encore un peu pour nous-mêmes, au moins, et si ça continue à glisser ne pas mourir consentantes, le consentement c'est l'intériorisation de l'injonction, rien d'autre. Si écouter, comme on sous entend aujourd'hui, c'est consentir, et consentir à son anéantissement, en mettant même la main à la pâte, eh bien on se bouche les oreilles. Et on aiguise ce qu'on pourra trouver d'objets contondants.
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Les nous inclusifs, de fait comme de logique hiérarchisés et conditionnels, ça esquinte, ça isole et ça tue. Autonomie(s) ; les unitarismes sont mortels pour les loquedues, moins-valant, sans famille et autres en-travers. Et novations. Il n'y a rien dans les passés qui mène ailleurs qu'aux impasses présentes, et à ce qu'elles ont déjà entraîné. Bref, refuser la surenchère permanente dans le fond social en pleine croissance de la brutalisation et du ressentiment. Et les rhétoriques de la totalisation qui n'existe jamais qu'imposée et meurtrière, quel que soit son origine. Que ce soit sincère ou roublard n'a aucune importance, les pires choses ont généralement été commises avec sincérité, dévouement et même abnégation. L'affectif lui-même, avec ses avatars, n'est probablement qu'un aspect du pouvoir, de la contrainte, de la valorisation et des chantages qui les parsèment, ainsi que le soupçonnait Atkinson. Les amies qui se définissent activement telles d'emblée entendent surplomber et rafler la mise (encore une fois pour le « bien commun », les autojustifications de ce genre fort répandu d'abus sont souvent incroyables de candeur...) Il y faut cependant les moyens ; le pouvoir le plus effectif, c'est quand vous n'avez (plus) ni à bouger ni à demander, et que les autres viennent à vous et à vos volontés. De même alors que se retrouver l'amie [...] de- signe l'autre côté du rapport, lequel reste inaboli. J'en fus. Plus envie d'en être.

Commentaire(s)

> Article en débat.

j'ai essayé de le lire, sans succès. J'hésite entre un générateur automatique ou bienr un copié-collé de plusieurs textes ensembles sans signaler leurs provenances (on retrouve par exemple des extraits de https://nantes.indymedia.org/articles/33878 )
Ou un habile melange des deux...
Je mets ça en débat: aucune envie d'y consacrer des heures pour tenter de comprendre.

> Indy viriliste (ce n'est pas une surprise)

Décidément, indy grosses c...es, c'est pas l'endroit où espérer mettre des textes féministes, surtout qui demandent cinq minutes d'attention. A part ça le milieu ne sombre pas dans la régression.

> article validé

L'article a été validé, on l'a mis en débat parce que ça nous mets aussi du temps à lire les textes assez longs (parce que la modération ça prends beaucoup de temps), surtout quand on rajoute à ça des manières d'écrire qui peuvent être un peu aride ou difficile, ou qui parle de contexte qu'on maîtrise pas forcément. Bref, tout ça fait qu'on a mis du temps a le valider.