LA CNT SALUE LA MEMOIRE D' UN COMPAGNON

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Lieux: Limoges

Etienne Roda-Gil, auteur-compositeur, s'en est allé et avec lui, c'est un peu de notre histoire que nous perdons...
Confédération Nationale du Travail
Bureau confédéral
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Paris, le 1er juin 2004
communiqué :

{{Mort d'Etienne Roda-Gil :

La CNT salue la mémoire d'un compagnon.}}


<>Etienne Roda-Gil, auteur-compositeur, s'en est allé aujourd'hui et avec lui, c'est un peu de notre histoire que nous perdons.

Ses parents, Leonor Gil et Antonio Roda, connaissent les luttes ouvrières de Badalona, dans la banlieue industrielle de Barcelone. Militant de la CNT, Antonio Roda fut, pendant la guerre civile, commissaire général des armées de l'Est, avant de devoir fuir le fascisme de Franco. Réfugié en France en 1939, le couple connaît les persécutions et les privations ; Leonor donne naissance à leur fils Etienne à Montauban, en 1941. Le père d'Etienne sera, en France, peintre dans un garage et mourra d'un cancer du poumon, dû aux vapeurs toxiques. Etienne ne quittera plus sa famille idéologique : libertaire, familier de cette "mémoire des vaincus", et de la répression franquiste qui a poussé ses parents à l'exil, il participe au congrès de la CNT espagnole en exil, en 1961, à Limoges. C'est à cette occasion qu'il dépose à Oradour-sur-Glane, en compagnie de notre compagnon Joaquin Delgado, une gerbe en souvenir des victimes du nazisme. Il ne savait pas encore que Joaquin serait garrotté dans la prison de Carabanchel à Madrid, deux ans plus tard, victime innocente d'un franquisme meurtrier et aveugle...

Etienne Roda-Gil fréquentera aussi les situationnistes. Sous les bannières rouge et noir de la CNT, il fut de ce Premier Mai 2004 comme de ceux qui l'ont précédé, ravivant cette mémoire ouvrière qui, unie, fit vaciller tant de dictatures... A l'ombre du parolier qui connut tous les succès, l'âme du libertaire et le coeur de l'anarchiste saignaient. Sa chanson à la mémoire des Makhnovistes, libertaires ukrainiens écrasés par les "rouges" dans les années 1920, nous revient plus forte encore...Ce soir, "nos drapeaux sont noirs dans le vent, ils sont noirs de notre peine, ils sont rouges de notre sang..."
Ensemble, nous referons des barricades. Et la même utopie nous portera.

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